19:25
Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Paul aux Éphésiens ! Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur les versets 7 à 14 du chapitre 5 ; c’est notre deuxième étude sur ce chapitre. Après avoir invité les croyants à suivre l’exemple de Christ en renonçant à toute pensée et conduite immorales, Paul ordonne aux croyants d’Éphèse de ne pas être les partenaires de ceux qui vivent dans l’immoralité. Il dit au verset 7 : « N'ayez donc aucune part avec eux. » Ces paroles offrent un enseignement bref mais puissant. Il s’agit de ne pas collaborer dans une relation d'une forme ou d'une autre. Croyants et non-croyants ne doivent pas entretenir de relations étroites, car les actes pécheurs du non-croyant peuvent être associés au croyant, nuisant ainsi à la réputation de l'Église.
Bien sûr, cela ne signifie pas du tout que les chrétiens doivent éviter tout contact ou toute fréquentation des non-chrétiens ! Jésus était l'ami des pécheurs. L'imiter nous oblige à témoigner de l'amour et à donner le bon exemple aux non-croyants, tout en leur annonçant l’Évangile lorsque que l’occasion se présente. Cependant, certaines limites existent. Il arrive un moment où l'on franchit la ligne rouge et où l'on peut donner l'impression d'approuver ce que Dieu appelle le péché. Les croyants doivent être reconnus pour leur sainteté, qui les distingue du monde. L'Église, qui rassemble tous les croyants en Christ, est l'épouse de Christ et le pilier de la vérité. Les croyants ne peuvent donc plus vivre comme avant de connaître Jésus-Christ, mais doivent faire ce qui plaît à Dieu. La vie du croyant doit être nettement différente de celle du non-croyant. Dans bien des cas, cela implique de maintenir une certaine distance entre les sauvés et les non-croyants.
Les instructions de Paul aux versets 8 à 14 continuent de le souligner. Écoutons-les ensemble : « Car si autrefois vous étiez ténèbres, maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Conduisez-vous comme des enfants de lumière ! Le fruit de l’Esprit consiste en effet dans toute forme de bonté, de justice et de vérité. Discernez ce qui est agréable au Seigneur et ne participez pas aux œuvres stériles des ténèbres, mais démasquez-les plutôt. En effet, ce que ces hommes font en secret, il est même honteux d’en parler ; mais tout ce qui est démasqué par la lumière apparaît clairement, car tout ce qui apparaît ainsi est lumière. C'est pourquoi il est dit : ‘Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et Christ t'éclairera.’ »
Devenir chrétien implique un passage des ténèbres à la lumière. Avant leur conversion, les chrétiens n'étaient pas seulement dans les ténèbres, ils étaient ténèbres même. Maintenant que nous sommes croyants, nous sommes lumière. Un changement radical s'est opéré en nous. Les croyants ne sont pas seulement appelés à marcher dans la lumière, ils sont lumière incarnée ! Les chrétiens appartiennent au domaine de la lumière et ne peuvent donc pas partager les valeurs des pécheurs. Nous sommes la lumière du monde, nous dit Jésus dans son Sermon sur la montagne. Nous sommes la lumière de Dieu dans un monde plongé dans les ténèbres. Les personnes éclairées éclairent les autres.
Bien que nous soyons désormais enfants de lumière, une part de ténèbres subsiste en nous. La différence, maintenant que nous sommes chrétiens, réside dans le fait que nous ne sommes plus dans les ténèbres totales. Nous connaissons Dieu, sa grâce et son plan pour nous, d’où un changement radical dans nos vies.
Paul explique ce qui se produit lorsque la lumière entre dans nos vies. Le « fruit de l’Esprit » est un fruit qui provient de la lumière. Les trois caractéristiques de ce fruit sont la bonté, la justice et la vérité. Ces trois traits spirituels manifestent ce qu’est un véritable chrétien. Le mot grec traduit par « bonté » désigne l’excellence morale ; c’est le bien par nature et par son efficacité. Il s’agit d’un bien actif qui profite aux autres. C’est un bien tourné vers les autres. Le deuxième fruit de l’Esprit est la « justice ». Puisque nous possédons la justice de Dieu, nous recherchons la justice. L’idée est d’adhérer à ce qui est juste. La « justice » est centrée sur Dieu. La « bonté » se rapporte à Dieu, tandis que la « justice » se rapporte à notre relation avec Dieu. Cependant, la « vérité » se rapporte à l’intégrité personnelle du chrétien. Nous sommes appelés à pratiquer la vérité en tout point : nous y croyons, nous la proclamons, nous la vivons.
Paul nous demande de discerner ce qui est agréable au Seigneur. Ici, l'idée est de mettre à l'épreuve afin d'approuver. Il est important de constamment déterminer ce qui plaît au Seigneur. L’apôtre l’exprime ainsi dans sa lettre aux Romains, au chapitre 12, verset 2 : « Ne vous conformez pas au monde actuel, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence afin de discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » Les chrétiens examinent comment la bonté, la justice et la vérité se manifestent dans leur vie. Nous devons nous assurer que ce que nous sommes et ce que nous faisons est conforme aux exigences de Dieu.
Les chrétiens doivent éprouver ce qui est acceptable pour le Seigneur. Déchiffrer ce qui plaît au Seigneur demande un certain effort. Les non-croyants tentent de dissimuler le péché. Les chrétiens sont appelés à manifester la lumière de ce qui glorifie le Seigneur. Nous devons savoir ce qui s'applique à la vie chrétienne en sachant que le but suprême de la vie du croyant est de glorifier Dieu. La norme ultime pour discerner ce qui plaît au Seigneur, ou ce qui est sa volonté, est la Parole de Dieu. Connaître la volonté de Dieu n'est pas une expérience mystique. C’est une chose objectivement et clairement exposée dans les Écritures par le Saint-Esprit pour nous aider à « marcher d'une manière digne du Seigneur et lui plaire entièrement », comme Paul le recommande dans sa lettre aux Colossiens, au chapitre 1, verset 10.
La lumière est fondamentalement incompatible avec les valeurs des ténèbres. Nous ne devons pas éviter l'amitié avec les non-chrétiens, mais nous pouvons rejeter leurs valeurs. Les chrétiens marchent dans la lumière, tandis que les non-chrétiens marchent dans les ténèbres. Les ténèbres ne portent pas de fruit ; elles sont « stériles » par leurs valeurs. Le péché tend à s'éteindre de lui-même. Au contraire, on sait que le fruit s'épanouit grâce à la lumière. Comme Paul l’affirme dans sa lettre aux Galates, au chapitre 5, versets 19 et 20, les « œuvres de la nature humaine » sont au pluriel – elles sont nombreuses mais ne produisent rien –, tandis que le « fruit de l’Esprit » est au singulier. Le fruit a besoin de lumière pour croître ; il ne peut pas mûrir en son absence.
La lumière expose les ténèbres. Les chrétiens, enfants de la lumière, sont appelés à « exposer » les ténèbres. L'idée n'est pas que le croyant devienne un réformateur moral dans la société, mais que la lumière qu'il porte en tant que croyant réfute ceux qui ne croient pas. Exposer les ténèbres ici ne signifie pas les dénoncer d’une manière accusatrice, supérieure ou moralisatrice, mais y projeter la lumière de la vérité divine. La vérité ne tolère aucune justification du péché, mais le révèle au grand jour ; sa véritable nature est dévoilée. La condamnation, aussi négative soit-elle, est insuffisante pour engendrer un changement fondamental ; seule la lumière de la vérité éternelle de Dieu peut le réaliser.
Les valeurs des enfants de lumière sont fondamentalement incompatibles avec celles des enfants des ténèbres et leur péché. Tout compromis avec la lumière assombrit notre témoignage. Paul a même mis en garde les croyants contre la fréquentation d'autres croyants qui marchent dans les ténèbres dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 5, verset 11 : « Ce que je vous ai écrit, c'est de ne pas entretenir de relations avec quelqu'un qui, tout en se disant votre frère, vit dans l'immoralité sexuelle, est toujours désireux de posséder plus, idolâtre, calomniateur, ivrogne ou voleur, de ne pas même manger avec un tel homme. Est-ce à moi, en effet, de juger les gens de l’extérieur ? N'est-ce pas ceux de l’intérieur que vous devez juger ? Les gens de l’extérieur, Dieu les jugera. Chassez le méchant du milieu de vous. » Il ne suffit donc pas de rester passif face aux ténèbres ; nous devons faire briller la lumière là où elles règnent. Cela est particulièrement vrai concernant les péchés de décadence. Nous devons préciser ici que tous les incroyants ne sont pas enclins à vivre dans la décadence, loin de là ! Beaucoup d’entre eux se comportent bien moralement, personnellement et en société, parfois même mieux que beaucoup de chrétiens. C’est une grâce qu’ils ont reçu de Dieu, même s’ils ne reconnaissent pas l’œuvre de Dieu en eux, et prennent le risque de s’attribuer l’honneur de leur bonne conduite. Or, le respect des valeurs morales et la pratique des bonnes œuvres n’ont pas le pouvoir de nous délivrer du mal et des griffes du malin : rappelons-nous que la grâce seule nous sauve par le moyen de la foi ! Il est donc important que les chrétiens se consacrent à propager le message de la Bonne Nouvelle afin que chacun reconnaisse son besoin de la grâce et de la foi pour être accueilli éternellement dans la famille de Dieu, en sachant que Dieu ne tient pas compte des temps d’ignorance.
Mettant en pratique ses propres avertissements, Paul ne décrit pas chaque péché possible dans des détails sordides. Il souligne plutôt que ce que les incroyants tentent de dissimuler au reste du monde est encore plus dépravé que ce qu'ils font ouvertement. Cette approche offre une sagesse précieuse quant à la manière d'aborder les questions délicates liées au péché et à son impact parmi les croyants.
Premièrement, les croyants peuvent condamner certains péchés sans entrer dans les détails. Par exemple, le viol est clairement un acte pécheur. Cependant, il n'est pas nécessaire d'en donner des détails crus lorsqu'on en parle. En réalité, cela peut même être contre-productif. Il en va de même pour les péchés d'immoralité sexuelle ou de violence. Il suffit d'enseigner contre le péché et d'éviter les détails honteux. Concrètement, cela signifie aussi que les chrétiens n'ont pas besoin d'examiner chaque détail sordide d'une chose pour déterminer si elle est acceptable ou non.
Deuxièmement, les croyants peuvent dénoncer le péché sans en avoir fait l'expérience personnelle. Il est devenu courant d'entendre dire : « Tu ne peux pas parler de ce problème, comme le péché sexuel, la dépendance, etc., car tu ne l'as jamais vécu. » Ou encore, suggérer que ceux qui n'ont jamais commis certains péchés ne sont pas en mesure de dissuader les autres de les commettre. S'il est vrai que ceux qui ont partagé une épreuve peuvent être plus à même d'aider les autres dans le même domaine, il est tout simplement illogique de suggérer que nous devrions nous abstenir de parler de tout péché que nous n'avons pas personnellement vécu. Il n'est pas nécessaire d'avoir une expérience personnelle du meurtre, du viol, de la dépendance, du vol ou d'autres problèmes pour avoir raison de condamner ces actes. Jésus-Christ était sans péché sur terre, et pourtant il a dénoncé de nombreux actes pécheurs. Il est l'exemple parfait que tous les croyants doivent suivre. L'humilité et la grâce sont importantes, mais elles ne signifient pas que nous ne pouvons pas parler d'un péché particulier si nous n'en avons pas fait l'expérience directe.
Les non-chrétiens aiment les ténèbres, même si la lumière brille autour d'eux. La lumière du Seigneur et du chrétien dévoile leurs tentatives de dissimuler leur péché dans les ténèbres, mais ils ne peuvent se cacher de la lumière. La lumière expose le mal. Nous voyons les choses telles qu'elles sont réellement en les exposant à la révélation de Dieu. La lumière contraste fortement avec les ténèbres. La lumière de la Parole de Dieu expose clairement ce qui se cache dans l'obscurité. Tout ce qui est rendu public est révélé pour ce qu'il est. La meilleure façon de confondre les ténèbres est donc de faire briller la lumière. C’est pourquoi les chrétiens ne peuvent rester neutre face aux ténèbres ; ils doivent les exposer pour ce qu'elles sont. Nous nous opposons aux ténèbres en manifestant la vraie lumière. La rencontre avec Dieu et sa Parole dissipe les ténèbres.
La lumière se reproduit d'elle-même. Ceux qui aiment la vérité recherchent la lumière. Ceux qui aiment les ténèbres fuient la lumière de Dieu et de sa Parole. Les ténèbres sont vaincues par la lumière. Le chrétien dissipe les ténèbres en étant et en diffusant la lumière, non en dénonçant les actions obscures. Nous ne gagnons pas les âmes en dénigrant leur péché ; nous les gagnons par la lumière de notre message. Notre mission, est de faire jaillir la lumière de la vérité divine. Lorsque la lumière pénètre une personne, elle dissipe les ténèbres et révèle toute chose. La lumière éclaire le monde et met en lumière la véritable nature du péché.
Paul conclut son contraste entre les ténèbres et la lumière par l'affirmation : « Tout ce qui est démasqué par la lumière apparaît clairement, car tout ce qui apparaît ainsi est lumière. » Lorsque le péché est mis à nu, un changement peut s'opérer et les péchés peuvent être pardonnés. Les croyants doivent confesser leurs péchés pour être en communion avec le Seigneur. Paul fait ensuite référence à une parole commune par l'expression : « C'est pourquoi il est dit. » Les paroles qui suivent sont souvent interprétées comme un ancien cantique ou poème connu à la fois de Paul et des croyants d'Éphèse :
« ‘Réveille-toi, toi qui dors,
relève-toi d'entre les morts,
et Christ t'éclairera.’ »
Ces paroles étaient peut-être connues d'autres personnes, notamment si cette lettre aux Éphésiens était destinée à plusieurs Églises. Les mots grecs traduits par « dormir » et « mort » ont la même rime. Le troisième vers se termine par le mot Christos, Christ, concluant ainsi ce cantique. L'emploi de ces mots vise à communiquer l'idée que lorsque nous nous détournons de nos péchés pour nous tourner vers le Seigneur, Christ nous redonne vie et rayonne sur nous, renouant ainsi avec le thème de la lumière.
Je vous invite donc à terminer notre réflexion de ce jour en adressant cette prière à notre Dieu de lumière pour qu’il nous inonde de sa lumière : « Notre Dieu et notre Père, nous t’adorons, toi la Lumière du monde. Ta lumière nous éblouit ; elle met au jour ce que nous sommes et révèle les ténèbres que nous devons vaincre. Mais ta lumière a pénétré en nous, elle nous inonde et nous révèle comment nous pouvons vivre dans la lumière. Gardes-nous éveillés, nous t’implorons ! Que Jésus-Christ nous éclaire ! Nous avons renoncé à notre ancienne manière de vivre ; aide-nous à résister à la tentation de retomber dans nos anciennes habitudes contraires à ta volonté. Que nous ayons de plus en plus horreur du mal et que nous fassions briller ta lumière autour de nous afin que le mal soit démasqué par l’exemple que nous montrerons. Qu’il soit toujours conforme à la vérité de ta Parole, et que le fruit de l’Esprit mûrisse en nous : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur et la maîtrise de soi. Nous avons encore tant de progrès à faire, mais nous comptons sur ta compassion et ta patience envers nous, toi qui es si bon et nous aimes comme tes enfants. C’est au nom de Jésus que nous te louons et t’adressons notre prière, amen. »
Eh bien, rejoignez-nous demain. Nous étudierons ensemble les versets 15 à 20 du chapitre 5 de la lettre de Paul aux Éphésiens.