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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la première lettre de Pierre ! Nous en sommes au quatrième jour de notre réflexion sur le premier chapitre, et nous concentrerons notre attention aujourd’hui sur les versets 13 à 17.
Où allons-nous placer notre espérance aujourd'hui : dans cette vie ou dans l'éternité ? C'est la question que Pierre aborde au verset 13 : « C'est pourquoi, tenez votre intelligence en éveil, soyez sobres et mettez toute votre espérance dans la grâce qui vous sera apportée lorsque Jésus-Christ apparaîtra. » Le « c’est pourquoi » sert de point de départ à l’appel des commandement qui suivent. Il rassemble toute la richesse des enseignements des versets 3 à 12. Les commandements découlent toujours de privilèges. Que signifie donc mettre son espérance en quelque chose ? C'est se demander vers quoi nous nous tournerons pour trouver un sens à notre vie, un soulagement à la souffrance, pour combler le vide que chaque âme ressent. Qu'est-ce qui occupera nos cœurs ? En quoi investirons-nous nos pensées, notre énergie et notre attention ? Si tout ce que Pierre nous a dit jusqu'ici dans cette lettre est vrai — que nous, chrétiens, ressusciterons comme Christ, que Dieu nous garde, nous et notre héritage auprès de lui pour l'éternité, et que notre salut est assuré —, alors il n'y a qu'un seul endroit logique où mettre toute notre espérance : la grâce de Dieu lors du retour de Jésus, le moment où tous les désirs de nos cœurs seront pleinement comblés !
Pourtant, même pour ceux d'entre nous qui croient, il est difficile de garder notre espérance fixée sur ce jour. En réalité, nous devons le faire intentionnellement, au lieu de fonder notre espoir sur des choses qui ne peuvent véritablement nous satisfaire, comme l'argent, le plaisir ou le prestige. Obéir à ce commandement exigera un effort mental. C'est pourquoi Pierre écrit que nous devons rester vigilants, préparant nos esprits à l'action. Nous devons maîtriser nos pensées et choisir où elles nous mènent. Si nous ne nous engageons pas pleinement dans la recherche intentionnelle de l'espérance, nous serons facilement distraits par le faux espoir de satisfaction que le monde nous offre sans cesse.
Non seulement devons-nous maîtriser nos pensées, mais nous devons aussi cultiver un équilibre mental sain. Être « sobre » a une connotation positive : c’est posséder un esprit calme et posé. Les personnes sobres sont modérées dans leurs jugements. Elles sont mentalement calmes, stables et constantes. Elles possèdent un état d'esprit qui leur permet de se contrôler et de voir les choses sans distorsion. La peur ou l'inquiétude ne faussent pas leur pensée. Le Nouveau Testament utilise ce mot au sens figuré : nous restons vigilants face à tous les dangers spirituels et à tous les ennemis ; nous restons modestes dans notre alimentation, notre boisson, notre habillement, nos loisirs, nos affaires et dans toute notre conduite. L'idée est que le croyant s'oppose à toute forme de pensée confuse. Nous valorisons le jugement lucide dans la vie personnelle comme dans la vie publique. Les attraits du monde peuvent enivrer notre esprit. Un esprit calme et posé sait peser et évaluer les choses avec justesse. Notre attention est limitée. Si nous la gaspillons pour autre chose que la volonté de Dieu, nous n'aurons que peu à lui offrir. Soyons donc sobres d'esprit, tant dans nos opinions que dans nos actes, et humbles dans notre jugement.
Dieu ne veut pas que notre espérance vacille. La seule façon de la maintenir est de la fortifier par la grâce. La grâce donne à notre espérance un fondement solide. Recevoir la grâce au moment de notre salut ne suffit pas. Nous en avons besoin pour notre vie quotidienne. Nous en avons besoin pour espérer la vie éternelle. Nous devons nous reposer entièrement sur la grâce. Lorsque Jésus reviendra, il nous apportera la grâce parfaite. Nous aurons besoin de cette grâce pour entrer en présence de Dieu. Il s'agit de la grâce du salut, qui nous affranchit du péché. Lorsque Dieu jugera les chrétiens devant le tribunal de Christ, nous ne nous appuierons pas sur nos œuvres. Nous nous appuierons uniquement sur sa grâce. C'est tout ce que nous invoquerons. Ceux qui sont avec Christ attendent avec impatience de rencontrer un jour leur Sauveur. Ils voient au-delà de la mort. Ils nourrissent une espérance bénie.
Pierre poursuit en nous expliquant comment nous comporter face à cette réalité : par la grâce de Dieu, nous sommes ses enfants et notre véritable demeure est auprès de lui pour l'éternité. Au verset 14, il nous demande de cesser d'agir selon notre nature profonde : « En enfants obéissants, ne vous conformez pas aux désirs que vous aviez autrefois, quand vous étiez dans l'ignorance. »
Tout croyant en Christ a un avant et un après. Avant de mettre notre confiance en Christ, nous ignorions la vérité. Nous ne comprenions pas. Nous vivions dans l'ignorance de la réalité et de ce qui comptait vraiment. Aussi, nous suivions nos propres désirs plutôt que ceux de Dieu. Et nos désirs étaient mauvais : nous voulions nous procurer satisfaction et soulagement à tout prix.
Maintenant que nous sommes en Christ – dans notre « après » –, Pierre nous appelle des enfants obéissants – littéralement, « enfants de l'obéissance ». Un changement profond s'est opéré en nous. Nous sommes devenus héritiers de Dieu lui-même. Nous sommes faits pour obéir à notre Père. Ce n'est pas seulement ce que nous devrions faire, c'est ce que nous sommes. Aussi, Pierre écrit-il que nous devons vivre en accord avec notre identité. Nous devons cesser de nous conformer au modèle que nous suivions « avant ». Ce n'est plus nous. Nous suivons un nouveau modèle.
Ce passage nous met en garde contre le fait de nous conformer à quelque chose de changeant et, par conséquent, d'illusoire. Façonner nos vies à l'image du monde signifie les orienter vers quelque chose d'éphémère et d'instable. Si nous façonnons nos vies à l'image du Seigneur, elles seront sûres et stables. Dieu ne veut pas que nous façonnions nos vies selon les caprices des hommes.
Lorsqu'un enfant de Dieu désobéissant élabore un plan centré sur la convoitise, il ne permet pas à Dieu de le façonner. Lorsque le croyant se masque sous les atours du monde, il ne révèle pas sa véritable nature. Il contrôle sa vie, et non Dieu. Il adopte les codes du monde. Son apparence reflète sa vie. Or, Dieu ne veut pas que nous contrôlions nos vies. Il veut les guider. En tant que chrétiens, lorsque nous élaborons nous-mêmes nos propres plans de vie, nous risquons de les abandonner. Nous sommes alors comme un enfant désobéissant. Il nous faut lâcher prise et lui confier notre vie entièrement : laissons donc le Seigneur façonner nos vies selon ce qui est essentiel à notre caractère et donc complet et durable ! Ce commandement de Pierre rejoint celui de l’apôtre Paul qui dit dans sa lettre aux Romains, au chapitre 12, verset 2 : « Ne vous conformez pas au monde actuel, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence afin de discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. » Pour Paul comme pour Pierre la conformité extérieure aux choses de ce monde est opposée à la transformation intérieure par le renouvellement des pensées grâce à la puissance du Saint-Esprit. Voilà pourquoi il est si important de tenir notre intelligence en éveil.
Il est utile de savoir que le chrétien a toujours tendance à pécher. Ce sont les mauvais désirs qui le poussent à commettre des fautes. L’auteur de la lettre aux Hébreux, au chapitre 12, versets 1 et 2 nous dit qu'il existe certains péchés auxquels chaque chrétien est naturellement enclin. Mais il indique aussi comme les rejeter : « Nous donc aussi, puisque nous sommes entourés d'une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance l'épreuve qui nous est proposée. Faisons-le en gardant les regards sur Jésus, qui fait naître la foi et la mène à la perfection. » Si nous nous concentrons sur Jésus, nous y parviendrons !
Peut-on faire confiance à Dieu pour accomplir sa volonté dans sa vie ? Les jeunes ont toute la vie devant eux. Mais s’ils s’obstinent à faire des projets sans placer Dieu au centre, Dieu les fera dérailler. C’est au cœur de la volonté de Dieu que nous trouverons une satisfaction durable. L’ignorance nous empêche de découvrir le plan de Dieu pour nos vies. Nous faisons des projets dans l’ignorance. Nous choisissons l’université où nous allons étudier sans consulter Dieu. Nous planifions notre avenir sans demander au Seigneur. Nous rêvons du futur sans tenir compte de Dieu dans nos projets. Tôt ou tard, Dieu nous rappellera à l’ordre. Et il en va ainsi tout au long de notre vie.
Il peut être tentant de se décourager en lisant les versets 15 et 16 de notre chapitre où Pierre déclare : « Au contraire, puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite. En effet, il est écrit: ‘Vous serez saints car moi, je suis saint.’ » Une lecture superficielle pourrait nous laisser croire que Dieu exige une perfection absolue de ses enfants, maintenant et pour l'éternité. Pourtant, il semble que nous ne trouvions aucun enfant de Dieu menant une vie parfaite. Alors, que signifie ce passage ? Il est utile de le comprendre comme traitant de notre identité en Christ, autant que de notre conduite. Dans sa lettre, Pierre a déjà décrit les croyants en Jésus comme des personnes sauvées, en cours de salut et qui seront sauvées. Il nous a exhortés à changer l'orientation de nos pensées et de nos actions, tout en nous qualifiant d'« enfants de l'obéissance ». Au verset 15, il réaffirme ce que nous savons déjà. Nous savons que notre Dieu est saint, différent du reste de la création déchue. Ce que nous ignorons peut-être, c'est que nous aussi, nous sommes faits pour être saints, c’est-à-dire entièrement consacrés à Dieu. Nous lui appartenons et n’appartenons plus au monde sans Dieu. Dans ce sens, nous sommes différents du reste de l'humanité. Et Pierre met l'accent sur le fait que nous devons vivre en accord avec ce que nous sommes déjà.
Nous n'atteindrons pas une conduite parfaitement sans péché de ce côté-ci de l'éternité. Cependant, nous sommes appelés dès maintenant à nous distinguer totalement du monde par notre conduite. En Christ, nous sommes saints. En Christ, nous devons donc vivre comme des saints. Nos bons choix ne suffiront pas à nous sauver. La lettre de Pierre a clairement établi que le salut est déjà accompli, uniquement par la grâce de Dieu, au moyen de la foi en Christ. Nous sommes sauvés. Nous sommes le peuple de Dieu. Il nous faut maintenant vivre comme le peuple de Dieu. C'est la norme que Dieu attend de nous, et elle devrait être la nôtre, même en sachant que nous faillirons parfois. Ressembler de plus en plus à Dieu, c’est devenir de plus en plus saint.
Pour conclure sa réflexion, Pierre cite un commandement de Dieu à son peuple Israël bien connu, qui se trouve répété plusieurs fois dans le livre du Lévitique. Il le fait pour bien faire comprendre un point essentiel, notamment à ses lecteurs juifs : Dieu a toujours ordonné à ses enfants d’être saints. Ce n’est pas une idée nouvelle.
Au premier abord, l’ordre d’être aussi saint que Dieu semble impossible. Mais Dieu ne nous impose pas une exigence démesurée. Il est utile d’examiner les passages cités par Pierre pour mieux comprendre ce que signifie le mot « saint » pour Dieu. Pour Israël, cela impliquait avant tout de vivre différemment des autres nations environnantes. Comme je viens de le dire, être « saint », c’est être consacré à Dieu, lui appartenir. Cela implique donc vivre différemment des autres nations sans Dieu, et signifie aussi refuser de suivre les us et coutumes qui les éloignent de Dieu. C’est ainsi que les Israélites refusaient de manger certains aliments et se comportaient différemment des autres nations. Les peuples voisins adoraient de faux dieux, c’étaient des idolâtres. Pour le peuple d’Israël, être saint, c’était aussi respecter ses parents. Être saint, c’était observer les commandements de Dieu. Le désir de Dieu pour son peuple était qu'il lui ressemble, car il est saint. Ce désir demeure le sien pour tous les chrétiens ! La différence entre la sainteté prescrite dans l'Ancien Testament et celle que nous connaissons aujourd'hui réside dans ce que Pierre a déjà écrit dans sa lettre. En effet, Dieu nous a déjà sanctifiés en Christ. Il nous a déjà consacrés à lui et nous a sauvés : nous lui appartenons ! À présent, il nous appelle à faire des choix qui reflètent notre véritable nature.
Autrement dit, les chrétiens sont appelés à transformer leur conduite pour qu'elle soit conforme à leur identité. En tant que personnes saintes, nous ne devons pas tolérer le péché. Nous ne devons pas accepter de retomber dans nos vieilles habitudes. Nous sommes appelés à agir comme des personnes saintes. Ferons-nous des choix parfaitement irréprochables dans cette vie, désormais ? Non. Nous dépendons toujours de la grâce et du pardon de Dieu. Dieu exige-t-il de nous, maintenant, une sainteté parfaite ? Oui, et cela devrait devenir notre propre norme, même si nous ne l'atteindrons qu'auprès de notre Père dans l'éternité. Et Pierre nous indique la marche à suivre pour y parvenir au verset 17 de notre chapitre : « Et si c’est comme à un Père que vous faites appel à celui qui ‘juge chacun conformément à sa manière d’agir’ sans faire de favoritisme, conduisez-vous avec une crainte respectueuse pendant le temps de votre séjour sur la terre. »
Pierre nous rappelle d'abord que notre relation avec Dieu – par sa grâce et par notre foi en Christ – est une relation entre un enfant et son Père. C'est une relation de communication ouverte. Il nous a appelés, et nous l'invoquons. Ce Père a prouvé son amour pour nous et, dès maintenant, il nous protège activement, ainsi que l'héritage qu'il nous a promis au ciel. C'est un Père aimant. Nous sommes sauvés ; nous sommes en sécurité. Mais ce Père n'approuve pas aveuglément chacun de nos choix. Il juge notre conduite avec impartialité et individuellement. Autrement dit, il juge nos actions avec une équité absolue et une compréhension complète de chacun d'entre nous. Dieu évaluera notre vie devant le tribunal de Christ.
Il faut vraiment bien comprendre cela. Il ne s'agit pas d'un jugement sur notre admission au ciel ou sur une éventuelle punition. Déjà, dans cette lettre, Pierre a clairement indiqué que la décision est prise et irrévocable. Notre Père a reconnu la justice parfaite de Jésus à ses enfants croyants et a permis que la mort de son Fils efface nos péchés. Mais notre Père juge. Il juge nos œuvres. Il observe si nos actions sont celles de « saints » qui se soumettent à sa volonté ou si nos choix restent guidés par les « mauvais désirs » de notre ignorance. Cette prise de conscience devrait transformer notre vie. Nous devrions cesser de nous convaincre, nous et le monde qui nous entoure, que nous avons notre place ici. Nous devrions cesser de chercher à nous intégrer, et accepter plutôt notre condition d'étrangers, d'exilés. Nous devrions vivre à l'image du Père avec lequel nous aspirons à être unis.
Et, oui, nous devrions vivre avec une saine crainte. Non pas la terreur de la colère de Dieu ou du châtiment éternel, cela va de soi. Il s’agit plutôt d’une crainte de la discipline parentale aimante et d’une conscience solennelle que le Dieu de l’univers nous observe et attend de nous que nous fassions des choix qui lui rendent gloire. Comme l’auteur de la lettre aux Hébreux nous le dit en reprenant un proverbe de l’Ancien Testament : « ‘Mon fils, ne méprise pas la correction du Seigneur et ne perds pas courage lorsqu'il te reprend. En effet, le Seigneur corrige celui qu'il aime et il punit tous ceux qu'il reconnaît comme ses fils.’ Supportez la correction : c'est comme des fils que Dieu vous traite. »
Le terme « crainte » désigne ici la crainte inspirée par la vénération. Il ne s’agit pas d’une peur paralysante, ni d’une phobie. Ce n’est pas de l’anxiété, mais un profond respect pour Dieu et son autorité. Ce n’est pas la méfiance envers soi-même ni la crainte de traverser une période terrible sur terre, mais la conscience de la présence de Dieu. Dieu désire que nous passions notre temps sur terre à l’adorer ; il veut que nous vivions chaque instant en étant conscients de sa présence. La « crainte » n’est donc ni un tourment, ni une émotion envers Dieu. C’est l’appréciation objective de qui est Dieu. Lorsque nous reconnaissons Dieu pour ce qu’il est et que nous nous reconnaissons pour ce que nous sommes, alors la sainteté se manifeste. Pour cela, nous avons besoin de la Parole de Dieu.
La révérence envers Dieu engendre la sainteté. Dieu est-il insignifiant à nos yeux ? Un simple détail de notre vie ? Ou, au contraire, est-il au centre de notre existence ? Lui accordons-nous une importance capitale ? Puisque nous comparaîtrons un jour devant le tribunal de Christ, avons-nous fait un bilan spirituel récemment ? Continuons-nous à progresser dans notre vie spirituelle ? Quel est notre état spirituel ? Sommes-nous plus avancés que l’an dernier ? Prions ensemble notre Dieu, lui qui sonde nos cœurs et connaît toutes nos intentions : « Notre Dieu, c’est vers toi et toi seul que nous nous approchons, parce que c’est toi notre Père. Tu nous aimes à l’extrême, et tu as montré à quel point tu nous a aimés par Jésus-Christ notre Seigneur et notre Sauveur, Dieu lui-même. Nous sommes loin de comprendre qui tu es vraiment, mais nous croyons en toi avec la foi que tu nous as donnée. C’est avec un profond respect que nous nous approchons de toi. Nous t’aimons et voulons t’aimer davantage en observant tes commandements de mieux en mieux, le plus fidèlement possible. Pardonne nos égarements, reprends-nous quand nous nous trompons ou quand nous nous égarons. Nous acceptons ta discipline, parce que c’est le signe que tu nous aimes. Continues-donc de nous discipliner comme tes enfants, nous en avons toujours besoin. Acceptes-notre prière au nom de Jésus, amen. »
Demain, nous continuerons d'examiner ensemble nos différences de caractère.