1 Pierre 2.1-3

Semaine 2 - jour 1

Première épître de Pierre

1 Pierre 2.1-3

20:38


Pierre aborde la question de la croissance spirituelle. Avant de devenir des chrétiens épanouis, les croyants peuvent être vulnérables à certaines maladies infantiles. Ce sont toutes des manquements à l'amour du prochain.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la première lettre de Pierre en compagnie de Tom Holladay ! Nous en sommes à notre deuxième semaine et nous allons étudier ensemble le chapitre deux. Aujourd'hui, nous allons concentrer notre attention sur les trois premiers versets de ce chapitre.

À la fin du chapitre 1, Pierre exhorte ses lecteurs chrétiens à s'aimer profondément, sincèrement et sans relâche, d'un cœur pur. Ils sont nés de nouveau par la Parole de Dieu, qui est éternelle. Ils sont devenus des êtres éternels, capables de s'aimer véritablement, à l'image de Jésus-Christ. Autrement dit, l'amour du prochain est inhérent à notre identité chrétienne. Non pas par intérêt personnel, mais parce que c'est ce que fait notre Père. C'est l'une des manières dont il manifeste sa sainteté. Nous sommes donc appelés à faire de même.

Aux versets 1 à 3 du deuxième chapitre, Pierre aborde la question de la croissance spirituelle. Avant de devenir des chrétiens épanouis, les croyants peuvent être vulnérables à certaines maladies infantiles. Ce sont toutes des manquements à l'amour du prochain. L’apôtre les énumère au verset 1 et précise que nous devons désormais désirer autre chose que notre propre satisfaction égoïste. Écoutons ce qu’il nous demande : « Débarrassez-vous donc de toute méchanceté et toute ruse, de l'hypocrisie, l'envie et toute médisance, et comme des enfants nouveau-nés désirez le lait pur de la parole. Ainsi, grâce à lui vous grandirez [pour le salut], si du moins vous avez ‘goûté que le Seigneur est bon’. »

Les fidèles doivent se débarrasser de cinq attitudes et actions contraires à l'amour. Dans chaque cas, il s'agit d'un choix de privilégier son propre intérêt au détriment de celui d'autrui. La méchanceté, ou la malice, est une intention malveillante, qui vise à nuire aux autres. La ruse, ou la tromperie, est une malhonnêteté délibérée. L'hypocrisie est aussi une forme de mensonge : exiger des autres des normes que nous ne respectons pas, par orgueil. L'envie a été qualifiée de « mécontentement amer », concentrant notre angoisse sur celui qui possède ce que nous désirons. La médisance consiste à utiliser des paroles fausses ou trompeuses pour nuire à la réputation de quelqu’un ou d’un groupe de personnes.

Renoncer à ces attitudes et à ces agissements signifie ne pas se servir soi-même en premier ni au détriment des autres. L'Église – la communauté des chrétiens – est censée être un lieu où chacun de nous a confiance en la sollicitude et la providence de Dieu. Nos relations les uns avec les autres devraient nous libérer de toute volonté de nous mettre en avant ou de nous défendre, et nous permettre d'aimer pleinement et librement les uns les autres comme notre Père nous aime.

Le « donc » du verset 1 – débarrassez-vous donc – fait écho à notre nouvelle naissance. La vie nouvelle en Dieu exige une transformation profonde. La discussion se poursuit sur la notion de sainteté. Pierre énumère dans ce verset les péchés qui détruisent la communion fraternelle et entravent notre capacité à entendre Dieu nous parler à travers sa Parole. Ces cinq péchés affectent les relations. Ils les détruisent et nous rongent tous.

Remarquez le terme global que Pierre utilise : « toute ». Voilà une idée déconcertante ! Il s’agit d’éliminer entièrement de nos pensées toute méchanceté, toute ruse, toute hypocrisie, toute envie et toute médisance. Pas d’exception ! Pas de compromis ! Cela rappelle l’exhortation de l’apôtre Paul aux Éphésiens, au chapitre 4, verset 31 de la lettre qu’il leur a adressée : « Que toute amertume, toute fureur, toute colère, tout éclat de voix, toute calomnie et toute forme de méchanceté disparaissent du milieu de vous. » Cherchons-nous à communier avec Dieu tout en nous réservant certains péchés ? Si tel est le cas, nous nous trompons nous-mêmes. Dieu ne bénira pas la malhonnêteté, même envers soi-même. Dieu veut que nous nous attaquions à tous les péchés d’attitude.

Revenons donc sur ces 5 péchés destructeurs de toute relation avec les autres :

La malice est le désir de nuire à quelqu'un qu'on n'aime pas. La malice est un péché de caractère qui blesse et fait du mal à quelqu’un. Ce péché est empreint de malignité, l'opposé de l'excellence. La malice est une intention malveillante. Malice et méchanceté sont la même chose. C'est le désir de nuire à une personne qui vous est indifférente. Vous ne lui feriez peut-être pas de mal vous-même, mais vous vous réjouissez lorsqu'un autre lui fait du mal. L’esprit méchant est un esprit malveillant. Reconnaissez-vous la malveillance en vous ? Souhaitez-vous faire du mal à quelqu'un ? Vous réjouissez-vous de l'échec de quelqu'un que vous n'aimez pas ? Ou bien, aspirez-vous à l'excellence en vous ?

Le mot « ruse » désigne un appât, un piège ; d'où les termes « tromperie », « fourberie ». Il signifie tromper avec habileté et par le mensonge. En grec, ce mot désigne un appât pour la pêche. Le « rusé » attire les autres dans un piège. Il leur nuit par malice. Il est hypocrite et conscient de sa tromperie pour atteindre ses propres objectifs. Il altère ses motivations, et elles sont rarement pures. Il induit les autres en erreur à son propre avantage. Il ne dit pas toute la vérité. C'est cela, la ruse. Elle concerne autant les paroles que les actes. Ceux qui rusent utilisent la tromperie par les mots ; ils ont recourt à la flatterie, au mensonge et à l'illusion. Ils exploitent habilement l'ignorance ou la faiblesse des autres à leur détriment. Ils cherchent à tromper et à induire les autres en erreur à leur propre avantage. Or, les chrétiens doivent parler et agir avec sincérité. Utilisez-vous la ruse ? Cherchez-vous consciemment à tromper les autres pour parvenir à vos fins ? Falsifiez-vous vos motivations dans vos relations avec autrui ?

Les hypocrites font semblant d’être de vrais chrétiens. Ils sont doubles, affichant une douceur trompeuse. Ce n'est qu'une façade, un masque, une imposture. L’hypocrite s'intéresse davantage aux pratiques publiques de l'Église qu'à l'essence même du christianisme. Son seul intérêt est de se présenter sous un jour favorable aux autres fidèles. Il se conforme aux normes affichées et en méprise totalement le caractère. En fait, l'hypocrite a peur de lui-même. Il n'ose pas se montrer tel qu'il est. Sa peur de la critique le contraint à porter un masque. Il est le contraire du courage. Il craint de révéler sa véritable nature. Il est à la fois naturel et artificiel. Le Seigneur Jésus était tout le contraire. Il était franc et authentique. Dieu veut que nous soyons nous-mêmes et que nous ne nous cachions pas derrière le masque d'une autre personnalité. L'un des exemples les plus frappants d'hypocrisie dans la Bible est l'histoire d'Ananias et de Saphira dans le livre des Actes au chapitre 5, que vous pouvez lire en entier. Ce couple a simulé la générosité. Ce n'était pas sincère, et Dieu les a fait mourir pour cela. Ils ont péché et sont morts physiquement. Certains d'entre nous sont de bons acteurs. Nous pouvons porter un masque, et personne ne sait qui se cache derrière. Or, Dieu veut que nous soyons transparents.

L'envie se manifeste par du ressentiment ou du mécontentement. La jalousie, quant à elle, convoite ce que possède quelqu’un d’autre. L'envie va plus loin : elle cherche à priver les autres de ce qu'ils ont. Il existe donc une distinction entre jalousie et envie dans la Bible. La jalousie désire posséder la même chose que l’autre. L'envie, elle, désire priver l’autre de ce qu'il possède. Elle nourrit de la rancune envers quelqu'un en raison d'un avantage réel ou supposé dont cette personne bénéficie. La jalousie nous fait craindre de perdre ce que nous possédons ; l'envie engendre la tristesse de voir les autres posséder ce que nous n'avons pas. Un sentiment négatif accompagne toujours l'envie. L'envieux s'attriste du bien-être d’un autre, de ses capacités, de sa prospérité, de sa renommée ou de ses succès. L'envieux éprouve de la rancœur en apprenant la bonne fortune des autres.

Le cinquième et dernier péché mentionné est la médisance. Mé-dire, c’est dire du mal. Cela signifie parler contre et implique souvent la calomnie. Il s’agit de paroles malveillantes, de diffamation, de mensonges, de dénigrement, autant de vices propres à celui qui dit du mal des autres. Voici ce que l’apôtre Jacques dit à ce propos dans sa lettre, au chapitre 4, versets 11 et 12 : « Ne dites pas du mal les uns des autres, frères et sœurs. Celui qui parle contre un frère ou qui juge son frère parle contre la loi et juge la loi. Or, si tu juges la loi, tu ne la mets pas en pratique, mais tu t’en fais le juge. Un seul est législateur [et juge] : c'est celui qui peut sauver et perdre. Mais toi, qui es-tu pour juger ton prochain ? »

Dieu ne veut pas que nous parlions contre les autres : cela peut consister à répandre des mensonges ou des choses qu'il vaudrait mieux taire. Êtes-vous capable de garder pour vous une méchanceté entendue au sujet d'un autre chrétien ? Dieu nous appelle à rompre définitivement avec ces penchants coupables. Ce n'est pas parce que notre entourage est malveillant ou médisant que nous devons agir de même. Lorsque nous laissons ces comportements influencer notre vie chrétienne, nous nous éloignons de la volonté de Dieu. Le préjugé et l'intolérance doivent être bannis de la vie chrétienne.

On ne peut avoir une relation juste avec Dieu sans une relation juste avec son prochain. « Si quelqu'un dit : “J'aime Dieu”, et qu'il hait son frère, c'est un menteur ; car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ? » C’est l’apôtre Jean qui nous le dit dans sa première lettre, au chapitre 4, verset 20. Dans son Sermon sur la montagne, Jésus exhorte ses auditeurs à établir une relation juste avec les autres avant de chercher à établir une relation juste avec Dieu. Nous le lisons dans l’évangile selon Matthieu au chapitre 5.

Pécher contre son prochain, c'est pécher contre Dieu. Le péché commis contre quelqu’un témoigne d'une relation complexe avec Dieu. Les cinq péchés relationnels mentionnés dans notre passage peuvent paralyser notre vie chrétienne. Il nous faut de l'intelligence spirituelle pour les identifier et les confesser. Ces cinq fléaux nous mettront hors-jeu spirituellement. Nous faisons toujours partie de l'équipe de Dieu, mais nous ne sommes pas sur son terrain de jeu. C'est bien d'en faire partie et de recevoir un uniforme, mais qui a envie de jouer sur le banc ? Notre but est d'être sur le terrain. Nous sommes chrétiens ; il nous faut maintenant entrer dans le jeu. Nous sommes nés de nouveau, nous pouvons donc vivre la vie chrétienne et servir notre Seigneur. Hélas, trop de chrétiens restent sur le banc tandis qu'une poignée d'autres jouent le match.

Dieu veut que nous rompions définitivement avec le péché afin de pouvoir accueillir efficacement sa Parole. Il est inutile de nous nourrir de la Parole de Dieu si nous n'avons pas réglé nos problèmes relationnels. Débarrassons-nous donc du péché comme d'un vêtement. Débarrassons notre cœur de tout péché relationnel. Agir ainsi c'est faire preuve d'autocritique.

Dieu veut que nous nous débarrassions non seulement du péché, mais aussi des fardeaux et des handicaps qui entravent notre vie chrétienne. Une chose n'est peut-être ni sale ni grossière, ni vulgaire, mais elle constitue un obstacle à la vie chrétienne. C'est un défaut spirituel. Certains chrétiens s'handicapent eux-mêmes tout au long de leur expérience chrétienne car ils ne parviennent jamais à se défaire de leurs défauts.

Le verset 2 apporte une perspective positive : « désirez le lait pur de la Parole ». Les bébés se nourrissent de lait. Cela signifie que nous ne pourrons pas nous nourrir pleinement de la Parole de Dieu si ces cinq maux spirituels infantiles persistent en nous. Nous n’aurons pas soif de la Parole de Dieu pure si nous nous handicapons par ces cinq péchés d’attitude. Avant de goûter à la nourriture nourrissante de la Parole de Dieu, nous devons nous débarrasser des aliments toxiques pour l’âme. Une personne empoisonnée par des aliments toxiques doit se vider l’estomac. Avant de pouvoir absorber protéines, minéraux et vitamines, un chrétien doit se débarrasser des poisons de la malice, de la ruse, de l'hypocrisie, de l'envie et des médisances. Sans une rupture décisive avec le passé, il serait vain pour Pierre d'exhorter ses lecteurs à se nourrir de la Parole. Répétons-le : il est inutile de nous nourrir de la Parole de Dieu si nous n'avons pas réglé nos problèmes relationnels.

Pierre écrit que nous devons désormais désirer autre chose que notre propre satisfaction égoïste. Remarquez que les chrétiens reçoivent un commandement quant à ce qu'ils doivent désirer. Il est nécessaire de nous le dire, car cet appétit ne nous vient pas toujours naturellement. Ce « lait spirituel pur » est précisément ce dont nous avons besoin : ce qui comble nos besoins les plus profonds. En réalité, nous n'en avons pas toujours envie.

Comment développer cet appétit ? Il faut commencer à boire. Les nouveau-nés refusent parfois le lait qu'ils réclament en pleurant, jusqu'à ce qu'ils y aient goûté. Et alors, ils le boivent goulûment. Dans l’image de Pierre, tous les chrétiens, même les croyants plus mûrs, doivent désirer ce lait comme des nouveau-nés. Aucun chrétien n'atteint, de ce côté-ci de l'éternité, le stade où la croissance spirituelle est achevée.

Alors, qu'est-ce que ce « lait spirituel pur » dont nous devons avoir soif ? Le mot « pur » signifie simplement non dilué ou non contaminé. Le lait dont Pierre parle ici comprend l’ensemble de l’enseignement biblique. Nous devons apprendre à désirer ardemment la parole de Dieu pure, comme un nouveau-né désire le lait. En buvant ce lait, en nous imprégnant de la parole de Dieu, en nous rapprochant de Christ, les croyants continueront de grandir dans leur salut. Se nourrir de la Parole de Dieu est la voie prévue pour la croissance spirituelle.

Le verset 3 conclut cette réflexion en faisant référence au Psaume 34, verset 8 : « Si du moins ‘vous avez goûté que le Seigneur est bon.’ »

Selon les traductions, le verset commence soit par « si », soit par « puisque ». Certains, comme la Bible du Semeur, choisissent « puisque », supposant que les lecteurs de Pierre avaient effectivement goûté à la bonté du Seigneur. C’est aussi le cas de la Bible en français courant qui dit : « En effet, vous avez constaté combien le Seigneur est bon.» Cependant, le mot « si » nous invite à réfléchir à notre réponse à cette question.

Comment avons-nous goûté à la bonté du Seigneur ? Avons-nous trouvé réconfort et confiance en sachant que Dieu nous a fait naître de nouveau à une espérance vivante ? Avons-nous éprouvé de la joie en croyant en lui ? Avons-nous trouvé un sens profond à notre existence en témoignant un amour sincère envers les autres ? Pierre présuppose que ces choses sont vraies pour ses lecteurs et pour tous les chrétiens. Avoir goûté à la bonté du Seigneur devrait accroître notre désir de lui. Cela devrait nous donner encore plus soif de la Parole de Dieu.

Ne vous laissez pas tromper. Pierre ne suggère pas que nous « goûtions » aux circonstances du moment pour discerner la bonté du Seigneur. Il a déjà écrit que ses lecteurs peuvent traverser de grandes souffrances. En réalité, nous souffrons tous. C’est dans et par nos souffrances que nous « goûtons » à la bonté du Seigneur, en comptant sur ses promesses que celles-ci prendront fin si nous restons attachés à lui.

Prions donc ensemble notre Seigneur, nous qui avons goûté combien il est bon : « Notre Dieu et notre Père, nous te remercions pour ta bonté envers nous. Nous avons soif de ta Parole, nous voulons nous en nourrir, et pourtant, nous la lisons souvent avec un cœur mal préparé, avec des ressentiments contre les autres, même envers ceux qui t’appartiennent et qui sont nos frères et sœurs. Nous les critiquons, et parfois nous trouvons difficile de les supporter. Que ton Esprit nous aide à renoncer à toute attitude méchante, trompeuse, hypocrite, envieuse et médisante, pour que nous puissions puiser dans ta Parole la vérité qui nourrit nos pensées, nos sentiments et nos actions. C’est avec confiance que nous te le demandons, en te remerciant pour ta patience envers nous. C’est dans le nom de Jésus que nous t’adressons notre prière, amen. »

Eh bien, rejoignez-nous demain. Nous parlerons ensemble de la manière dont Dieu fortifie notre foi.