1 Pierre 2.13-17

Semaine 2 - jour 3

Première épître de Pierre

1 Pierre 2.13-17

18:06


Pierre exhorte les chrétiens à se soumettre à toute autorité humaine, y compris à l'empereur. Pourquoi ? Pour l'amour du Seigneur. La réputation de Christ se construit grâce à ses disciples, et Pierre insiste sur le fait que ses disciples doivent être connus pour leur soumission aux autorités.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre première lettre de Pierre ! Nous en sommes au quatrième jour de notre réflexion sur le deuxième chapitre, et nous concentrerons notre attention aujourd’hui sur les versets 13 à 17. Vous vous souvenez qu’hier nous avons vu que Pierre a qualifié les chrétiens d'étrangers et de voyageurs sur la terre. Il nous exhorte à nous abstenir des péchés que nous sommes tentés de commettre, et à choisir plutôt une vie vertueuse. Ainsi, même ceux qui accusent faussement les chrétiens de méfaits rendront gloire à Dieu.

Dans ce contexte, il est possible que certains des premiers chrétiens aient cru que, s’ils étaient accusés à tort et s’ils étaient des « étrangers » spirituels, ils n'étaient peut-être pas soumis à l'autorité des gouvernements humains. Ils ont peut-être suggéré qu'être chrétien les autorisait à ne pas obéir aux lois et aux juges humains. On sait que les Juifs estimaient qu'il était illégal d'obéir à un dirigeant qui n'était pas de leur propre sang. Pierre rejette cette approche et déclare sans ambigüité : « Pour l’amour du Seigneur, soumettez-vous à vos semblables, qui sont des créatures de Dieu : au roi qui détient le pouvoir suprême, comme à ses gouverneurs chargés de punir les malfaiteurs et d’approuver les gens honnêtes. – Car voici ce que Dieu veut : c’est qu’en pratiquant le bien, vous réduisiez au silence toutes les calomnies portées contre vous par les insensés, dans leur ignorance. Vous agirez ainsi en hommes libres, sans faire pour autant de votre liberté un voile pour couvrir une mauvaise conduite, car vous êtes des serviteurs de Dieu. – Témoignez à tout homme le respect auquel il a droit, aimez vos frères et sœurs en la foi, ‘craignez Dieu, respectez le roi’ ! »

Pierre exhorte les chrétiens à se soumettre à toute autorité humaine, y compris à l'empereur. Pourquoi ? Pour l'amour du Seigneur. La réputation de Christ se construit grâce à ses disciples, et Pierre insiste sur le fait que ses disciples doivent être connus pour leur soumission aux autorités. Le témoignage du chrétien lui causera déjà suffisamment de souffrances ; pourquoi devrait-il s'infliger davantage de malheurs en désobéissant au gouvernement ? Il est intéressant de noter que Pierre utilise cet argument dans un livre qui expose les raisons des souffrances des chrétiens. L'une de ces raisons est la persécution par le gouvernement. Or, Dieu a établi le gouvernement humain comme autorité dans nos vies.

La seule exception à l'obéissance au gouvernement est lorsque celui-ci viole l'autorité supérieure de Dieu. Dans le livre des Actes, aux chapitres 4 et 5, c’est Pierre lui-même, avec les apôtres, qui dit aux autorités juives qui veulent leur interdire de proclamer l’Évangile : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » Mais, même dans cette situation, ils sont restés soumis aux autorités. Lorsque le Grand Conseil les a fait battre et leur a interdit de parler de Jésus, les apôtres étaient « tout joyeux de ce que Dieu les ait jugés dignes de souffrir l’humiliation pour Jésus. » Ils ont accepté avec joie leur mauvais traitement sans se plaindre, au contraire. Ils ne se sont pas rebellés contre les autorités, tout en continuant d’obéir à Dieu. Même dans le cas de la persécution, nous restons soumis à une loi supérieure, à une autorité supérieure. C'est une question de priorité de principe, et accepter la punition infligée par le gouvernement pour avoir obéi à Dieu constitue, en soi, une forme de soumission légitime à l'autorité humaine. Vivons-nous sous l'autorité de Dieu ou sous la nôtre ? C'est un choix.

À l'époque où Pierre écrivait ces paroles, l'empereur était probablement Néron. Beaucoup d'empereurs romains étaient tristement célèbres pour leur cruauté et leur injustice, en particulier envers les chrétiens. Comme le montrent clairement les versets suivants, Pierre ne demande pas aux chrétiens de se soumettre aux autorités parce que ces dirigeants sont nécessairement bons, mais parce que, par leur attitude, ils manifestent ainsi la bonté de Jésus-Christ. La principale motivation pour obéir au gouvernement est d'honorer le Seigneur. Nous pouvons ne pas être d'accord avec nos gouvernements en place, ni même avec les lois de notre pays à un moment donné, mais nous obéissons aux lois du gouvernement par amour pour le Seigneur Jésus. Le croyant se doit d'être le meilleur citoyen possible vis-à-vis de son gouvernement. Dieu appelle les chrétiens à être le sel de la terre. Le sel freine la corruption.

Le rôle d'un gouverneur romain était de punir ceux qui agissaient mal – selon les directives du gouvernement – et de louer ceux qui agissaient bien. En agissant ainsi, un gouverneur accomplissait la mission que Dieu lui avait confiée. Comme Pierre l'a déjà suggéré, certains accusaient faussement les chrétiens de méfaits. Pourtant, il insiste sur la soumission aux autorités. Il encourage les chrétiens à se défendre en menant une vie vertueuse, en faisant les bons choix et en ayant confiance que Dieu prend soin d'eux. Les croyants ne doivent pas se rebeller contre l'autorité, même s'ils sont accusés à tort ou traités injustement. Cela est difficile à accepter pour certains chrétiens, mais c'est l'enseignement clair des Écritures. Jésus a lui-même enseigné et démontré cette soumission à l'autorité humaine, tout comme l’apôtre Paul ; et Pierre va expliquer dans sa lettre pourquoi Dieu veut que nous vivions ainsi.

Pourquoi Dieu demanderait-il aux chrétiens de se soumettre aux autorités humaines, même à celles qui nous accusent à tort ou nous traitent injustement ? Le verset 15 de notre chapitre apporte un élément de réponse. Écoutons-le : « Car voici ce que Dieu veut : c’est qu’en pratiquant le bien, vous réduisiez au silence toutes les calomnies portées contre vous par les insensés, dans leur ignorance. » Pierre l’affirme clairement : telle est la volonté de Dieu. Il ne s’agit pas ici d’une stratégie pratique pour vivre en tant que persécuté. Pierre indique sans équivoque aux chrétiens ce que Dieu attend d’eux. Pourquoi Dieu veut-il que nous recherchions le bien de cette manière ? Eh bien, pour faire taire les propos ignorants des insensés. Remarquez que Pierre ne dit pas que notre soumission à l’autorité aboutira à un traitement équitable ou même à l’absence de tout préjudice. Au contraire, Dieu prévoit d’utiliser nos bons choix pour réduire au silence les personnes pleines de préjugés.

Qu’est-ce que cela signifie ? Ceux qui connaissent suffisamment bien les croyants pour voir notre foi se manifester au quotidien reconnaissent que nous faisons le bien parce que nous sommes chrétiens. Ils cesseront de croire que les chrétiens sont une force destructrice dans la société, qu’ils font le mal ou qu’ils sont dangereux. Ils cesseront d'ignorer la véritable nature des chrétiens, car ils la connaîtront mieux par expérience directe. Dieu veut que nous vivions selon les principes chrétiens, sans nous soucier de la folie des hommes, pour les raisons les plus nobles.

Pierre a donné ce commandement d’obéir aux autorités en place tout en sachant que les chrétiens seraient parfois accusés à tort et traités injustement par les autorités. Mais les chrétiens n'ont-ils pas une autorité supérieure ? Ne sommes-nous pas avant tout les serviteurs de Dieu et de sa volonté ? Pierre répond par l'affirmative. C'est précisément le point qu'il souligne. Les chrétiens sont libres en Christ. Nous ne sommes plus soumis à la loi de l'Ancien Testament, et notre véritable raison d'être et notre avenir ne sont déterminés par aucun gouvernement humain.

Pierre ne veut pas que ses lecteurs chrétiens perçoivent la soumission aux autorités humaines comme une forme d'esclavage. C’est pourquoi il leur dit au verset 16 de notre chapitre : « Vous agirez ainsi en hommes libres, sans faire pour autant de votre liberté un voile pour couvrir une mauvaise conduite, car vous êtes des serviteurs de Dieu. » Nous nous soumettons à l'autorité humaine de notre plein gré, non par loyauté envers les gouvernements ou les hommes, mais par obéissance et fidélité à Dieu. En tant que ses « serviteurs », nous suivons son commandement de nous soumettre aux lois humaines. C'est Dieu que nous servons en nous soumettant à toute autre autorité. C'est ce qui nous rend véritablement libres. Les croyants ne sont pas de ceux qui se soumettent aux gouvernements par peur ou par loyauté terrestre. Nous nous soumettons parce que Dieu nous le demande. Nous ne devons jamais, écrit Pierre, invoquer notre liberté de peuple de Dieu pour justifier des choix mauvais, pécheurs ou « mauvais ». Il ne faut pas non plus utiliser la « soumission » comme excuse pour commettre un acte répréhensible, simplement parce que le gouvernement nous l'a ordonné. Agir ainsi témoignerait d’une profonde incompréhension de ce que signifie être un serviteur libre de Dieu.

Comment un citoyen du ciel doit-il vivre sur terre ? L’apôtre Pierre le résume ainsi en quatre brefs commandements au verset 17 de notre chapitre : « Témoignez à tout homme le respect auquel il a droit, aimez vos frères et sœurs en la foi, ‘craignez Dieu, respectez le roi’! » Ces quatre commandements simples nous disent brièvement ce que Dieu attend de nous dans nos interactions avec les autorités humaines, nos voisins et les autres croyants.

Premièrement, « respectons les autres sans distinction ». C'est une affirmation générale, mais elle simplifie grandement la vie des croyants. Au lieu de choisir qui est digne de notre respect, Dieu veut que nous respections chaque personne. Tout le monde mérite-t-il un tel traitement ? Évidemment non. Mais les chrétiens sont censés être reconnus pour leur respect envers autrui, par obéissance à Christ. Point final ! Dieu a tant aimé le monde. Christ est mort pour tous. Si Dieu accorde cette valeur à tous les êtres humains, le chrétien ne devrait-il pas, lui aussi, accorder la juste valeur à chaque être humain sur terre ? Avez-vous une juste appréciation de la valeur d’un être humain ?

Deuxièmement, « aimons tous les chrétiens », la famille des autres chrétiens, sans exception. Nous respectons tous les humains, et nous aimons tous les chrétiens. Là encore, il s'agit d'une affirmation générale. Pierre n'exige pas de sentiments forts. Il ne dit pas « s'apprécier les uns les autres ». Il décrit une action : un acte de volonté d'aimer chaque chrétien. Jésus a dit que le monde qui nous entoure reconnaîtrait que nous sommes ses disciples à l'amour que nous avons les uns pour les autres. Jésus disait à ses disciples « A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres. » C’est dans l’évangile selon Jean, au chapitre 13, verset 35, que nous le lisons. C'est probablement à cela que Pierre fait référence. Aimer tout le peuple de Dieu, y compris les récalcitrants, ceux qui sont difficiles à aimer et ceux qui nous agacent, n’est certainement pas facile. Tous les membres de la communauté ne sont pas aimables. Certains ne désirent même pas être aimés. Libre à eux de répondre à notre amour.

Pour notre part, nous ne devons rien laisser altérer notre amour pour eux. Nous devons les aimer même s'ils ne sont pas aimables. Dieu les appelle à nous aimer aussi. Il leur est tout aussi difficile de nous aimer que nous de les aimer. Dieu nous appelle à manifester un amour véritable, un amour qu'il nous donne, comme l’affirme Paul dans sa lettre aux Romains, au chapitre 5, verse 5 : « Dieu a versé son amour dans notre cœur par l’Esprit Saint qu’il nous a donné. »

Nous ne nous soucions que de notre petit groupe. La communauté en général nous importe peu. Elle ne nous intéresse pas. Certains disent aimer le Seigneur, mais n'aiment pas l'Église. Ils n'aiment pas les saints. Ils ne ressentent aucun besoin de communier avec eux. Ils pensent pouvoir se passer des encouragements des autres croyants. Ils pensent pouvoir se passer de l'Église. Si tous les chrétiens étaient ainsi, qu'adviendrait-il de l'Église ?

Nous devons respecter tous les hommes, mais nous devons aimer nos frères et sœurs en Christ. « Les liens du sang sont plus forts que tout. » Les proches sont plus forts que les amis. Dieu unit les chrétiens par un lien plus fort encore que les liens du sang : le sang de Christ.

Troisièmement, « craignons Dieu ». Lorsqu'il est employé en référence à Dieu, le mot « crainte » n'implique pas de vivre dans une terreur paralysante, craignant qu'il ne décide à tout moment de nous anéantir. Dieu a déjà manifesté son amour pour nous et nous a promis une place éternelle dans sa famille. Cependant, le commandement de Pierre nous rappelle de continuer à contempler avec respect et émerveillement sa puissance, sa majesté et sa souveraineté. Nous devons continuer à nous soumettre pleinement à lui comme d'humbles serviteurs, ou « esclaves ». Craindre Dieu, c'est vivre de telle sorte qu'on n'oserait pas l'offenser par sa propre vie. Pour un chrétien, craindre Dieu, c'est vivre en témoignant d'un profond respect pour son intégrité et sa sainteté. Il le respecte trop pour mener une vie misérable. Il l'aime et le respecte tellement qu'il ne ferait rien qui puisse l'offenser. L'enfant de Dieu ne veut pas attrister le Saint-Esprit. Parfois, nous l'offensons par nos actes. Notre conduite est un affront à Dieu, qui ne tolère pas le péché, même le plus infime.

Enfin, « respectons l’autorité suprême sur la terre », qu’il soit roi ou empereur, premier ministre ou président. Là encore, comme nous l’avons dit, l'empereur ou le roi n'est peut-être pas une personne honorable. Néanmoins, le commandement demeure. Néron a fait massacrer plus de chrétiens que tout autre César. Humainement, il était inconcevable de l’honorer. C’était un monstre, un assassin. Ce n’est pas la personne, mais la fonction royale que nous devons honorer. Comme l'écrit Paul dans sa lettre aux Romains, au chapitre 13, verset 1, il n'y a pas d'autorité qui ne vienne de Dieu : « Que tout homme se soumette aux autorités supérieures, car il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été instituées par Dieu. » Il est de notre devoir d’honorer, de respecter le chef d’État en place dans notre pays en tant que citoyens libres et étrangers, responsables devant l'autorité qui lui a permis d'accéder à sa fonction.

Que peuvent dire les hommes contre nous si nous respectons au quotidien les quatre préceptes de notre passage ? S'il y a bien une personne qui se doit d'être patriote et un bon citoyen, c'est un chrétien. Où que nous vivions sur terre, ce verset s'interprète de la même manière. Peu importe la forme de gouvernement sous laquelle nous vivons ; son sens reste le même. Ce verset est particulièrement difficile à accepter si l'on vit dans un pays gouverné par un tyran, mais nous devons honorer le chef de l'État, quelles que soient ses actions ponctuelles.

Prions donc ensemble, nous qui voulons appliquer au quotidien les principes qui font de nous de véritables citoyens du ciel et de vrais citoyens de notre pays sur terre : « Notre Dieu et notre Père, toi qui règnes dans nos vies, nous te louons et nous te craignons. Nous nous soumettons à ta volonté et donc à ton commandement de respecter sans distinction ceux avec qui nous sommes en contact, au travail comme dans nos communautés et notre voisinage ; nous nous engageons à aimer nos frères et sœurs dans la foi sans exception, et à respecter nos autorités en place. Seigneur, tu sais que ce n’est pas facile dans un monde où les principes de ta parole sont rejetés ; nous implorons donc le soutien de ton Esprit Saint chaque jour. Pardonne nos erreurs, nos manquements et notre égoïsme. Que Jésus-Christ soit de plus en plus notre modèle. C’est en son nom que nous te le demandons, amen. »

Demain, nous approfondirons ce sujet en nous penchant sur Jésus, le seul qui puisse

nous donner la force de vivre selon sa parole.