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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre première lettre de Pierre ! Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur les versets 9 à 12 du deuxième chapitre ; c’est notre troisième étude sur ce chapitre. Pierre nous exhorte de manière émouvante à vivre la vie chrétienne en fonction de notre position devant Dieu. Voici ce qu’il nous dit aux versets 9 et 10 : « Vous, au contraire, vous êtes ‘un peuple choisi, des prêtres royaux, une nation sainte, un peuple racheté afin de proclamer les louanges’ de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière. Vous qui autrefois n'étiez ‘pas un peuple, vous êtes’ maintenant ‘le peuple de Dieu’; vous qui n'aviez ‘pas obtenu compassion, vous avez’ maintenant ‘obtenu compassion’. »
Quatre titres expriment notre position et exposent nos privilèges devant Dieu. Sans connaître ces privilèges, nous ne pouvons pas nous orienter correctement vers Dieu. Dans ces versets, Pierre présente la position du croyant, puis il en explique le but : nous sommes un peuple choisi, des prêtres royaux, une nation sainte, et un peuple racheté !
Par opposition à ceux qui rejettent Christ et sont voués à « trébucher », Pierre décrit maintenant le peuple choisi par Dieu. Tout chrétien est né dans la famille de Dieu. Cela commence par la seconde naissance, la naissance spirituelle. Nous entrons dans la vie par la naissance physique. Nous entrons dans la vie éternelle par la naissance spirituelle. Lorsque nous acceptons Jésus-Christ, nous entrons en union avec lui. Dieu change notre statut à jamais lors de notre seconde naissance. Pour nous orienter dans le plan de Dieu, nous devons savoir qui nous sommes. Si nous avons personnellement accepté Jésus-Christ comme notre Sauveur, nous faisons partie du peuple élu. Cela nous rend-il supérieurs aux autres ? Non, cela rend Christ supérieur aux autres. Les chrétiens ne sont pas supérieurs en eux-mêmes ; par conséquent, ils ne doivent pas se comporter de manière supérieure envers les autres. Nous n’avons pas le droit de regarder les autres de haut.
L’apôtre Pierre utilise un langage qui avait déjà servi à décrire la relation privilégiée de Dieu avec Israël. Dans le livre de l’Exode, au chapitre 19, verset 6, Dieu a déclaré à Moïse au Sinaï de dire à Israël : « Vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte. » Comme Israël, nous – les croyants, l’Église – sommes aussi un peuple choisi. Cependant, contrairement à Israël, nous ne sommes pas un peuple au sens de notre famille, de notre ethnie, de la couleur de notre peau ou de notre pays d’origine. Nous sommes un peuple spirituel, en ce sens qu’en Christ, nous partageons un seul Père spirituel.
Ensemble, les chrétiens forment des prêtres royaux. En Israël, sous la Loi, une tribu – celle des Lévites – était chargée d’exercer le sacerdoce, accomplissant la fonction de médiateur entre Dieu et le reste de la nation. Sa mission était d’amener les autres à Dieu. Très peu avaient l’honneur et la responsabilité d’entrer en présence de Dieu. Le prêtre ouvrait la voie à Dieu. Mais en Christ, le Roi, et par lui, tous les croyants sont prêtres et ont un accès direct à notre Père. Nous n’avons besoin d’aucun autre médiateur. Libérés du péché par Jésus-Christ, nous lui offrons notre consécration et notre service, rendus agréables en Jésus-Christ. Nous formons donc une prêtrise royale grâce à notre relation avec Jésus-Christ, qui est à la fois Roi et Prêtre. L'Église est un royaume de prêtres. Les prêtres d’Israël conduisaient leur peuple en présence de Dieu. Le chrétien a donc le privilège et le devoir d’amener les autres au Sauveur.
Le prêtre était aussi celui qui offrait des sacrifices à Dieu. Dans l’Ancien Testament, les croyants offraient des sacrifices d’animaux, tandis que dans le Nouveau Testament, il s’agit de sacrifices spirituels. Tout ce que nous faisons est accompli pour Dieu. Même la plus petite action manifeste sa gloire. Le chrétien lui-même est une offrande, un sacrifice vivant ! Nous avons vu que l’apôtre Paul le souligne dans sa lettre aux Romains, au chapitre 12, verset 1.
Les chrétiens forment aussi une seule nation avec un seul Roi. Dieu nous gouverne selon les lois de son Royaume. Ce privilège ne nous est pas naturel ; nous le recevons par la naissance spirituelle. L’Église est une nation au milieu des nations. Cette appartenance nationale repose sur notre union avec Jésus-Christ, et non sur la géographie. Une nation est un ensemble de personnes de même nature. Les croyants se rassemblent en une entité nationale pour fonctionner comme un peuple royal et un peuple saint. L’Église est un peuple consacré à Dieu. Les chrétiens forment un peuple qui appartient à Dieu. Nous sommes sa propriété particulière. Nous sommes entièrement à sa disposition et pour son usage personnel. Le chrétien a des normes, des motivations et des idéaux différents des autres humains. Il se distingue d’eux dans le fait qu’il se consacre à la volonté et au service de Dieu. Enfin, Dieu a formé cette nation, ce peuple, ce sacerdoce, pour prendre possession de nous. Nous sommes son peuple de manière très réelle. Il ne s'agit pas seulement de lui prêter allégeance ; il nous a pris possession de nous. Nous lui appartenons, nous sommes saints !
Pourquoi ? D'abord, il nous a créés pour proclamer ses louanges. C'est bien plus qu'une simple réaction naturelle à la bonté de notre Père ou une simple politesse. Proclamer la grandeur de Dieu est une raison d'être de notre existence. Lorsque nous le louons, nous accomplissons notre mission. Le Seigneur nous a appelés des ténèbres d'une vie vide de sens et d'une éternité loin de lui, à sa lumière merveilleuse. Parce que nous lui appartenons, nous appartenons à sa lumière.
Au verset 10, Pierre fait référence au deuxième chapitre du livre d’Osée. Ce prophète de l'Ancien Testament était un symbole vivant de la volonté de Dieu de pardonner les péchés et de racheter l'humanité. Bien que la femme d'Osée lui ait été infidèle à maintes reprises, il lui a pardonné et l'a délivrée de l'esclavage. À l'image d'Israël, tous les chrétiens – l'Église – ont été transformés. Il y a un avant et un après. Avant, nous n'étions pas un peuple. Nous étions repliés sur nous-mêmes et ne servions que nos propres désirs. Mais en Christ, nous sommes devenus le peuple de Dieu. Nous avons trouvé notre place. Nous avons un but. Nous partageons avec lui une destinée éternelle.
Sans la compassion – la bonté immense de Dieu –, nous aurions subi la pleine punition pour nos mauvais choix. Mais par la foi en Christ, nous avons ‘obtenu compassion’. Notre statut a été transformé à jamais. Remarquez que les deux affirmations sont au présent. Nous ne cherchons pas à devenir le peuple de Dieu et à obtenir compassion. En Christ, nous sommes le peuple de Dieu et bénéficions de sa bonté. L'œuvre est accomplie !
Le but de ces privilèges élevés n'est pas de nous rendre orgueilleux, mais de nous permettre de proclamer les louanges de celui qui a accompli de si grandes choses pour nous. Puisqu'il est vrai que les croyants possèdent un principe de vie nouveau, - la génération élue -, un accès nouveau à Dieu - le sacerdoce royal -, un gouvernement nouveau - la nation sainte -, et un nouveau maître - son peuple élu -, cela influence leur manière de vivre. Cette influence est décrite dans les versets suivants. Écoutons ensemble les versets 11 et 12 de notre chapitre : « Bien-aimés, je vous encourage, en tant que résidents temporaires et étrangers sur la terre, à vous abstenir des désirs de votre nature propre qui font la guerre à l'âme. Ayez une bonne conduite au milieu des non-croyants, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous faisiez le mal, ils remarquent votre belle manière d’agir et rendent gloire à Dieu le jour où il interviendra. »
Comment le peuple de Dieu doit-il vivre ? Comment ceux qui, en Christ, sont un peuple élu, un sacerdoce royal et une nation sainte, doivent-ils vivre au quotidien sur cette terre ? Pierre répond à cette question dans ce passage, tout en révélant deux vérités essentielles sur ce que signifie vivre en chrétien.
Tout d'abord, appelant ses lecteurs « bien-aimés », Pierre les appelle aussi « étrangers », « voyageurs », « exilés », selon les traductions. Il les invite à ne plus se considérer comme des locaux, mais comme des personnes qui ne sont pas d'ici. La transformation que Dieu a opérée en nous, les croyants, par Christ est si profonde, si complète, que notre monde a changé. Ce qui était autrefois normal pour nous est désormais étranger. Nous ne nous intégrons plus naturellement aux pensées et aux pratiques du monde qui nous entoure. Et nous ne devons pas chercher à nous y conformer ; nous retournerons bientôt chez nous ! Nous ne serons pas ici éternellement. Nous ne sommes pas liés à la terre. Pourquoi donc s'accrocher si fort à cette vie ? Un jour, nous devons partir. Nous ne pouvons rien emporter avec nous. Il faut prendre du recul sur les choses de ce monde. Le succès et l'argent n'auront pas d'importance au ciel.
Avez-vous le mal du pays pour le ciel ? Les chrétiens ne correspondent pas à l'ordre établi ici-bas. Le monde essaie de nous modeler à son image. Il n'aime pas qu'on lui rappelle qu'il existe des valeurs supérieures. Nous rejetons leurs valeurs. Nous rejetons leur façon de vivre. Nous suivons un chemin différent de celui des non-chrétiens, car nous suivons une autre voie. Nous allons ailleurs. Nous ne sommes pas là pour demeurer ici-bas. Nous ne faisons que passer. Nous ne suivons pas le mouvement de ce monde. Nous sommes destinés au ciel.
Dieu nous laisse ici comme lumière et sel. Nous sommes ici pour influencer les autres pour Jésus-Christ. Mais, comme le reconnaît Pierre, cela peut être difficile. Notre nature humaine nous pousse à pécher, comme c'est si naturel chez les humains, chez ceux qui se sentent chez eux ici. Autrement dit, nous n'avons pas perdu le désir de pécher. Même conscients de son pouvoir destructeur, ce désir continue d'assaillir notre âme. Pierre ne dit pas que nous risquons de perdre le salut que Dieu nous a donné. Il dit que nous sommes engagés dans un combat pour faire des choix conformes à notre statut de peuple de Dieu. Il nous exhorte donc à mener ce combat. Ne cédons pas ! En tant que personnes sauvées et saintes en Christ, nous devons simplement dire non au désir de pécher. Pierre a clairement indiqué que nous avons été sauvés de la peine due à nos péchés en Christ. Nous avons été libérés de l'emprise du péché ; nous avons la capacité de choisir de ne plus pécher, par la puissance du Saint-Esprit.
Nous avons vu que Pierre exhorte ses lecteurs, tous chrétiens, à s'abstenir du péché qu'ils désirent commettre. Une des raisons de cette exhortation se trouve au verset 12 de notre chapitre : le monde nous observe. Pierre nous demande donc ceci : « Ayez une bonne conduite au milieu des non-croyants, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous faisiez le mal, ils remarquent votre belle manière d’agir et rendent gloire à Dieu le jour où il interviendra. » Le chrétien doit rendre sa vie si belle à voir que les calomnies de ses ennemis puissent être indéniablement démontrées comme fausses. Le meilleur argument en faveur du christianisme est une vie chrétienne authentique. Qu'on le veuille ou non, chaque chrétien est un témoignage de sa foi. Par notre vie, nous recommandons Christ aux autres, ou bien nous incitons à le critiquer ou à le mépriser.
Puisque le mot « honorable » signifie « beau », nous embellissons notre témoignage par notre comportement. C'est notre vie extérieure qui frappe le regard. Votre vie chrétienne est-elle attrayante ? Est-elle séduisante ? Dieu veut que nous menions une vie digne de notre vocation. Notre vie doit être en accord avec l'Évangile.
Il est particulièrement important de mener une vie cohérente au sein de nos familles. Prêcher sans cesse à ses proches ne les convertira pas. Vivre pleinement sous leurs yeux aura un impact bien plus grand. Ils nous observent et nous analysent. Plus nous sommes proches des autres, moins nous avons besoin de parler. Il y a certaines choses que nous évitons, même si elles ne sont pas considérées comme des péchés. Elles peuvent être grossières, vulgaires, douteuses et indignes d'un enfant de Dieu. Le chrétien est un reflet de Dieu. Par indiscrétion, nous pouvons éloigner les autres de Christ.
Dieu ne souhaite pas que nous devenions des reclus religieux, des ermites. Il désire que nous nous préservions du péché, et non que nous nous isolions de ceux qui ne le suivent pas. Les chrétiens doivent s'attendre à être perçus comme des originaux ou des marginaux par ceux qui ne connaissent pas Jésus-Christ. Parce que nous ne participons pas à leurs fêtes parfois débridées ni n'adoptons leurs modes de vie, ils nous considèrent comme étranges. Pierre nous invite à faire coïncider notre témoignage avec nos actes. Nous ne pouvons pas évangéliser si notre comportement n'est pas en accord avec nos paroles. Dieu veut que nous témoignions par nos vies pour gagner les âmes perdues. Les paroles ne suffisent pas.
Nous ne pouvons pas influencer le monde en adoptant ses valeurs. Nous l'influençons comme des pèlerins. Nous ne pouvons pas nous enraciner dans ses valeurs si nous voulons le convertir à un autre point de vue. L’assimilation au monde nuit non seulement au chrétien, mais elle réduit aussi notre impact sur le monde. Pourtant, Pierre reste réaliste et sait que beaucoup de non-croyants accuseront les chrétiens de mal agir, même s’ils agissent bien. Jésus avait dit à Pierre et aux autres disciples que le monde les haïrait, notamment parce qu'ils ne seraient pas du monde. Nous ne devrions donc pas être surpris d'être accusés à tort par des non-croyants.
Cependant, nous avons une défense puissante : nous choisissons de faire le bien. Ce choix a une réelle importance. En effet, un jour, ceux qui nous entourent remarqueront nos bonnes actions. Ce « jour où Dieu interviendra » est le jour qui arrivera dans la vie de chaque personne non sauvée. Il peut s'agir d'une tragédie, d'un accident terrible, d'une opération chirurgicale, d'une profonde déception, d'une perte financière considérable. Dieu peut utiliser ces épreuves pour amener les gens à Christ. Ils se souviendront alors de la réalité de notre vie. La Bible du Semeur traduit « le jour où Dieu interviendra » par « le jour où Dieu interviendra dans leur vie ». La Bible en français courant dit « le jour où Dieu viendra ». D’autres traduisent par « le jour où Dieu viendra les juger ». En fait, ce que sera ce jour, seul Dieu le sait.
Même si ceux du monde s’irritent contre les chrétiens parce que nous refusons de participer aux pratiques mauvaises auxquelles ils s’adonnent, nos œuvres bonnes les attireront d’une manière ou d’une autre vers notre Père. En tout cas, un jour, ils le reconnaîtront. Les non-chrétiens remarqueront votre vie si elle est cohérente. Si notre préoccupation porte sur notre vie intérieure, cela se reflétera dans notre vie extérieure.
Prions donc ensemble pour que la manière dont nous vivons donne envie à ceux qui nous connaissent de se tourner vers Dieu et de le louer : « Seigneur, notre Dieu et notre Père, merci d’être intervenu dans nos vies pour nous transformer et faire de nous tes enfants. Nous te louons pour ta compassion, nous qui ne la méritons pas. Nous voulons intercéder pour tous ceux que nous aimons et qui ne t’ont pas encore reconnu comme leur Seigneur et leur Sauveur. Permets que notre vie devienne un modèle qu’ils voudront suivre le jour où tu interviendras et qu’ils te louent avec nous pour ta grandeur, ton amour et ta bonté envers nous. Nous désirons tant qu’ils fassent partie de ta nation sainte, de ton peuple choisi et qu’ils deviennent des prêtres royaux qui t’adorent et intercèdent à leur tour pour ceux qui ne sont pas encore sauvés. C’est au nom de Jésus que nous te le demandons, amen. »