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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la première lettre de Pierre en compagnie de Tom Holladay ! Nous en sommes à notre troisième semaine et nous allons étudier ensemble le chapitre trois. Aujourd'hui, nous allons concentrer notre attention sur les six premiers versets de ce chapitre. La semaine dernière, tout au long de notre étude du chapitre deux, nous avons médité sur les différentes formes de responsabilité du croyant envers sa nation et son travail. Au cours des deux prochains jours, nous aborderons une troisième responsabilité : la responsabilité familiale. Chacune de ces trois responsabilités contient un mot-clé, le mot « soumission ». Dans chaque situation, l’enjeu est l’ordre.
Les sept premiers versets de notre chapitre traitent des relations entre mari et femme. Pierre aborde d’abord le rôle de la femme aux versets 1 à 6, puis le verset 7 traite du rôle du mari dans le mariage, où Pierre y consacre autant de matière que dans les six premiers versets. La plupart des hommes ne comprennent pas leurs femmes. Ils ignorent leurs besoins. Pierre aborde directement le besoin fondamental auquel le mari doit répondre pour aimer véritablement sa femme. Aujourd’hui, nous nous concentrerons sur l’enseignement de Pierre aux épouses, et demain celui qu’il donne aux époux. Écoutons donc ensemble ce que dit Pierre aux épouses : « Vous de même, femmes, soumettez-vous à votre mari. Ainsi, ceux qui refusent de croire à la parole pourront être gagnés sans parole par la conduite de leur femme, en observant votre manière de vivre pure et respectueuse : que votre parure ne soit pas une parure extérieure – cheveux tressés, ornements d'or ou vêtements élégants – mais plutôt celle intérieure et cachée du cœur, la pureté incorruptible d'un esprit doux et paisible, qui est d'une grande valeur devant Dieu. C'est ainsi que les femmes saintes qui espéraient en Dieu se paraient autrefois. Elles se soumettaient à leur mari comme Sara, qui a obéi à Abraham en l'appelant son seigneur. Vous êtes devenues ses filles en faisant ce qui est bien, sans vous laisser troubler par aucune crainte. »
Ce passage sur la soumission des épouses soulève bien des questions aujourd’hui ! Quel que soit le sens qu’on veuille lui donner, il ne signifie pas que le mari et la femme entretiennent une relation de domination et de subordination. C'est pourtant l'interprétation courante chez beaucoup d’hommes. Ce n'est pas ainsi que Dieu conçoit le mariage. Au contraire, la soumission est loin d’être une forme d'esclavage ; c’est une source d'épanouissement pour l’épouse. La soumission est l'expression d'une profonde harmonie. L’épouse a quelque chose d'incommensurable à donner à son mari.
En fait, ce passage poursuit les instructions de Pierre commencées au chapitre 2. Il s'adresse aux chrétiens persécutés – libres en Christ – et leur explique comment se comporter face aux autorités humaines, même celles qui sont injustes et dures. Au lieu de la rébellion, Pierre affirme clairement que la volonté de Dieu est que nous nous soumettions à toute autorité humaine, par amour pour lui.
Pourquoi ? D'abord, cela révèle notre confiance en la puissance, l'amour et la souveraineté de Dieu. Ensuite, cela témoigne de la transformation que Christ opère en nous lorsque nous refusons de nous soumettre à l'autorité humaine selon les principes du monde. Notre soumission volontaire et joyeuse, pour l'amour du Seigneur, même dans la souffrance, conduit le monde vers Christ, notre exemple.
Jusqu'ici, Pierre a exhorté les chrétiens à se soumettre à l'empereur, aux rois et aux gouverneurs. Pourtant, à son époque, toutes ces instances gouvernementales persécutaient activement les croyants. Pierre a également demandé aux esclaves chrétiens de se soumettre à leurs maîtres, souvent durs et injustes. Cela implique la soumission aux pouvoirs politiques et économiques. Pierre poursuit en abordant la question de l'autorité personnelle, affirmant que les épouses chrétiennes doivent se soumettre à leurs maris. Il dit aux épouses « vous de même », c’est-à-dire de façon similaire. Cela signifie que l'épouse doit se soumettre, tout comme les entreprises et les individus à leur gouvernement, et tout comme Jésus lui-même s'est soumis. Jésus s'est également soumis au Père. En se soumettant au Père, Jésus a démontré la dignité de la soumission. Celui qui se soumet n'est pas faible, mais fort. Notre société ignore tout cela.
Le but du mariage selon Dieu est d'y instaurer un ordre afin qu'il ne sombre pas dans le chaos. La soumission n'implique pas l'infériorité. Le Nouveau Testament met en évidence la distinction entre position et personne dans les rôles de la Trinité. Le Fils, par sa position, est soumis au Père, et le Saint-Esprit, par sa position, est soumis au Fils. Dans leur personne, les membres de la Trinité sont égaux en essence. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un ! Il ne s’agit donc pas d’infériorité, mais de rôle. Par conséquent, une femme ne devrait jamais dépendre de son mari ou de quiconque pour son intégrité. Sa soumission relève de sa position, non de sa personne.
Notons – c’est important ! – que la soumission dont Pierre parle ne concerne pas les hommes en général, ni les maris des autres femmes. D’autre part, ce que dit Pierre s'applique même si les maris sont incroyants ou n'obéissent pas à la Parole.
Pourquoi ? Pierre écrit que la conduite respectueuse et pure d'une épouse peut amener son mari à la foi en Christ. Même sans explication de sa part, le mari peut remarquer la réaction particulière de son épouse face à l'autorité. Chez une chrétienne, cette réaction doit différer de sa conduite antérieure et de celle des autres épouses. Ainsi, le mari peut être convaincu que Christ est à l'origine de ce changement.
Il est nécessaire de bien comprendre que, dans ce contexte, « soumission » ne signifie pas « obéissance » absolue. La priorité d'un chrétien est d'obéir à Dieu avant toute autorité humaine. Nous avons vu que Pierre a désobéi aux ordres directs des chefs religieux juifs qui lui interdisaient de parler de Jésus. De même, tout croyant doit refuser d'obéir à des instructions contraires à la volonté révélée de Dieu.
Pierre exhorte les femmes à se soumettre même à leurs maris non croyants, en particulier à ceux qui n'obéissent pas à la Parole. À l'époque de Pierre, cela pouvait concerner les maris incroyants qui exigeaient de leurs femmes chrétiennes qu'elles adorent une idole, un faux dieu. La « soumission » implique d'accepter les conséquences de cette désobéissance. Le terme « parole » désigne ici l'Évangile de Jésus ou Jésus lui-même. Pierre écrit que la soumission d'une femme à son mari peut le « gagner » et le conduire à la foi en Christ, sans qu'elle ait besoin de le convaincre par des paroles persuasives. Cette « soumission » s'inscrit toutefois dans un contexte important. Comme nous l’avons dit, elle ne signifie ni domination, ni obéissance aveugle. En réalité, nous venons de voir que les chrétiens ont l'obligation de désobéir aux instructions humaines qui les inciteraient à pécher.
En d’autres termes, voici le message de Pierre aux femmes qui souhaitent que leurs maris croient en Christ : « N'essayez pas de le persuader de votre foi. Ne le suppliez pas de croire. Et ne pensez pas que, parce que vous êtes libres en Christ, vous n'avez pas à vous soumettre à son autorité. Montrez-lui plutôt la transformation que Christ a opérée en vous. Laissez-le voir la différence entre vous et le monde. Qu'il voie la pureté de votre vie : votre dévouement sans faille à Christ. Qu'il voie votre respect pour Dieu. Et qu'il comprenne que tout cela contribue à votre soumission à votre mari. »
Ce n’est pas l’apparence, la beauté extérieure d’une épouse qui peut influencer son mari et le convaincre de suivre Jésus, mais la beauté intérieure. C’est pourquoi Pierre dit aux épouses chrétiennes : « Que votre parure ne soit pas une parure extérieure – cheveux tressés, ornements d'or ou vêtements élégants – mais plutôt celle intérieure et cachée du cœur, la pureté incorruptible d'un esprit doux et paisible, qui est d'une grande valeur devant Dieu. »
Il faut bien comprendre que Pierre n'interdit pas aux épouses de se tresser les cheveux, de porter des bijoux en or ou de bien s'habiller ! Son commandement est que les épouses chrétiennes ne doivent pas chercher leur « parure », leur « beauté » ou leur identité dans ces choix vestimentaires et cosmétiques extérieurs. Hier comme aujourd'hui, les femmes subissaient la pression sociale liée à la mode et à la beauté. Nombre d'entre elles ont ressenti le poids de se conformer aux normes de beauté de leur culture. Malheureusement, cela impliquait parfois qu'une épouse devait rivaliser pour obtenir l'attention et l'affection de son mari. Comme aujourd'hui, cela exigeait du temps, de l'énergie et de l'argent. Pierre ne cherche nullement à inciter les épouses chrétiennes à la négligence ou à la vulgarité, mais souligne simplement que la véritable valeur d'une femme ne réside pas dans son apparence. Pierre, inspiré par Dieu, encourage les épouses à comprendre, entre autres, que leurs maris ne se convertiront pas à Christ par leurs efforts pour s'embellir extérieurement. En bref, les femmes chrétiennes ne doivent pas être obsédées par la beauté extérieure. Elles doivent plutôt mettre l'accent sur la beauté intérieure, celle du cœur. Pierre les met donc en garde contre la recherche de la véritable beauté à travers les apparences. Voilà ce sur quoi les épouses chrétiennes devraient se concentrer. La volonté de Dieu pour elles est de s'embellir intérieurement. Elles doivent laisser transparaître leur beauté intérieure, celle d'un esprit doux et paisible. Cette beauté ne se fane pas avec l'âge, elle est précieuse aux yeux de Dieu. Dans le contexte de notre chapitre, cultiver cette beauté intérieure, ce calme et cette douceur, et permettre à son mari de la percevoir en elle, est une manière pour une épouse chrétienne de le gagner à la foi en Christ.
Pierre invite les épouses chrétiennes à suivre l'exemple d'autres épouses de l’Ancien Testament, qui, elles aussi, espéraient en Dieu et lui étaient consacrées : elles étaient saintes. Il leur dit : « C'est ainsi que les femmes saintes qui espéraient en Dieu se paraient autrefois. Elles se soumettaient à leur mari comme Sara, qui a obéi à Abraham en l'appelant son seigneur. Vous êtes devenues ses filles en faisant ce qui est bien, sans vous laisser troubler par aucune crainte. » Puisque toutes les femmes chrétiennes sont elles aussi « saintes », elles devraient également trouver leur véritable beauté, en partie, en se soumettant à leurs maris.
Pierre cite l'exemple de Sara, la femme d'Abraham. Les lecteurs juifs ont grandi en apprenant l'histoire d'Abraham et de Sara. Sara a suivi Abraham depuis la ville d'Ur, dans la vallée de Mésopotamie, jusqu'en Palestine. Dieu a changé son nom de Saraï – qui veut dire « amère » – en Sara – qui veut dire « princesse ». Avant cela, elle était une épouse querelleuse, se disputant constamment avec Abraham. Pourquoi Dieu a-t-il changé son nom ? Saraï était amère car elle ne pouvait pas avoir d’enfant. Mais Dieu, dans sa grâce, lui en donna un. Elle a trouvé la paix dans la grâce de Dieu, comme le souligne l’auteur de la lettre aux Hébreux, au chapitre 11, verset 11, en disant que c’est « par la foi que Sara elle-même a été rendue capable d'avoir une descendance. Malgré son âge avancé, elle a donné naissance à un enfant parce qu'elle a cru à la fidélité de celui qui avait fait la promesse. » Les lecteurs de Pierre savaient aussi que Sara était réputée pour sa grande beauté, et qu'Abraham n'était pas exactement un mari modèle. En fait, lors de son long voyage vers la Terre promise, Abraham a eu peur d'être tué par des hommes qui convoitaient sa femme. Alors, il leur a fait croire qu'il n'était pas marié avec elle, et il les a laissé l'emmener chez eux, à deux reprises !
Pierre insiste sur le fait que Sara a obéi à Abraham et l'a appelé son « seigneur » parce qu'elle plaçait sa confiance en Dieu, et non en Abraham. Les femmes qui font ce même choix et refusent de céder à la peur de manquer de ressources, de douter de leur propre valeur ou de ce qu'elles estiment mériter, deviennent les filles de Sara en lui ressemblant. Remarquez que c'est Sara, et non Abraham, que Pierre présente comme une figure honorable dans ce passage. Celles qui suivent son exemple reçoivent également l'honneur, acquièrent une beauté éternelle et réussissent à plaire à Dieu.
Prions ensemble à la fin de cette étude dans la reconnaissance pour l’exemple de foi en Dieu que Sara a laissé à toutes les femmes qui appartiennent à Dieu : « Seigneur notre Dieu, nous te remercions pour l’institution du mariage que tu as toi-même instauré lors de la Création et que tu as voulu de toute éternité. Tu vois combien il nous est difficile de nous soumettre les uns aux autres, dans nos communautés comme dans nos familles. Aide-nous à mieux comprendre le sens de la soumission dans le couple et à mieux saisir le rôle de chaque époux au quotidien. Que la soumission de l’épouse soit bien expliquée aux femmes chrétiennes dans nos églises, pour que disparaisse le spectre de l’infériorité de la femme par rapport à son époux et que le rôle de chacun soit vécu dans la paix et la douceur. Qu’elle soit bien comprise dans le contexte de la foi en Christ, et que les épouses vivent leur soumission selon le modèle de Jésus qui a montré à tous comment être soumis et obéissant au Père en toutes choses dans l’harmonie parfaite avec son Père du ciel tout en étant son égal, Dieu lui-même. C’est en son nom que nous te le demandons, amen. »