1 Pierre 3.18-22

Semaine 3 - jour 5

Première épître de Pierre

1 Pierre 3.18-22

17:57


Les chrétiens sont parfois appelés à souffrir, par la volonté de Dieu, pour avoir fait le bien. Nous en avons parlé hier. Pierre rappelle ensuite à ses lecteurs que c'est précisément ce que Jésus a fait pour nous.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la première lettre de Pierre ! Aujourd'hui, nous poursuivons notre réflexion sur le chapitre trois. Nous en sommes au cinquième et dernier jour de notre survol de ce chapitre, et nous étudierons ensemble les versets 18 à 22.

Les chrétiens sont parfois appelés à souffrir, par la volonté de Dieu, pour avoir fait le bien. Nous en avons parlé hier. Pierre rappelle ensuite à ses lecteurs que c'est précisément ce que Jésus a fait pour nous. Écoutons ce qu’il leur dit au verset 18 : « Christ aussi a souffert, et ce une fois pour toutes, pour les péchés. Lui le juste, il a souffert pour des injustes afin de vous conduire à Dieu. Il a souffert une mort humaine, mais il a été rendu à la vie par l'Esprit. »

Voici un résumé concis de ce qui s'est réellement passé lors de la mort de Jésus sur la croix. Tout d'abord, Jésus a souffert. Ensuite, sa souffrance était pour le péché – non pas le sien, mais le nôtre. Et, surtout, il n'a souffert et n'est mort qu'une seule fois. Jésus était le sacrifice pour les péchés, mais, contrairement au sacrifice annuel d'animaux pour les péchés dans l'Ancien Testament, Jésus était le sacrifice ultime pour le péché. Dieu n'exigeait plus de sang, plus de mort. Nous ne pouvons rien ajouter à l'œuvre accomplie par Christ sur la croix. Lui seul suffit au salut. Si cette bonne nouvelle touche votre cœur, vous entrerez en communion éternelle avec Dieu. Dieu effacera vos péchés pour toujours. Vous serez libéré du fardeau du péché. La mort de Christ efface tous les péchés de tous les temps.

Pierre révèle ensuite que la mort sacrificielle de Jésus était un sacrifice de substitution – le juste, c’est-à-dire Christ, pour les injustes, c’est-à-dire pour nous. Pourquoi l'a-t-il fait ? Pour nous amener à Dieu : voilà le but ultime de la croix ! Sans la mort de Jésus pour nos péchés sur la croix, nous ne pourrions pas aller à Dieu. Grâce à elle, tous ceux qui ont confiance en Christ sont amenés à son Père. Quel en a été le résultat ? La mort physique, mais pas la mort définitive. Nous aurions dû mourir sur la croix pour nos péchés. Jésus a pris notre place. La sainteté de Dieu exige qu'il réconcilie sa justice parfaite avec notre péché. La mort de Jésus sur la croix répond à cette exigence.

Après sa crucifixion, Jésus a été « vivifié par l'Esprit ». La Bible en français courant et la Bible du Semeur traduisent cette expression ainsi : « Il a été rendu à la vie par le Saint-Esprit. » Les commentateurs bibliques proposent plusieurs interprétations de cette expression, notamment à la lumière des versets suivants. L'explication la plus évidente est que Jésus est ressuscité des morts par le Saint-Esprit, un enseignement clairement établi dans le reste des Écritures. La résurrection est le fondement même du christianisme. Une autre explication est que, bien que Jésus ait été physiquement mort, son propre esprit – c’est-à-dire Jésus lui-même sous forme spirituelle – a été rendu vivant d'une manière ou d'une autre avant sa résurrection physique pour accomplir ce qui est décrit dans les versets 19 à 25, que je vous propose d’écouter ensemble : « C'est alors aussi qu'il est allé faire une proclamation aux esprits en prison, ceux-là mêmes qui avaient été rebelles autrefois, lorsque la patience de Dieu se prolongeait à l’époque de Noé, pendant la construction de l'arche. Un petit nombre de personnes, à savoir huit, sont entrées dans ce bateau et ont été sauvées à travers l'eau. C'était une figure: nous aussi maintenant, nous sommes sauvés par un baptême qui ne consiste pas dans la purification d’une impureté physique, mais dans l'engagement d'une bonne conscience envers Dieu. Il nous sauve à travers la résurrection de Jésus-Christ qui est monté au ciel, a reçu la soumission des anges, des autorités et des puissances et se trouve à la droite de Dieu. »

Au fil des siècles, les commentateurs bibliques ont proposé plusieurs interprétations de ce passage. Selon une première interprétation, ce verset décrit simplement la résurrection physique de Jésus. Selon une autre, il décrit une résurrection spirituelle antérieure à sa résurrection physique du premier dimanche de Pâques. Cela suggère que Jésus, sous une forme spirituelle, était vivant et a fait une « proclamation » aux « esprits en prison » avant de revenir à la vie terrestre. Il peut s'agir de personnes décédées avant le ministère de Jésus, d'anges déchus, ou de bien d'autres choses encore.

En définitive, nous ne sommes pas entièrement certains du sens de ce passage, et c'est normal. Nous rejoignons la conclusion du grand Réformateur Martin Luther dans son Commentaire sur Pierre et Jude, qui écrivait ceci : « Ce texte est merveilleux, et peut-être plus obscur que tout autre passage du Nouveau Testament, si bien que je ne sais pas avec certitude ce que Pierre veut dire. » Il est fascinant d'étudier les différentes explications proposées par les commentateurs bibliques, mais aucune ne change la vérité essentielle que Christ est mort puis ressuscité, qu'il a souffert pour nous et qu'il a ensuite été rendu victorieux pour toujours par la puissance de Dieu. Le Père manifeste la justification de son Fils par la résurrection. Lors de son ascension, Dieu l'a placé au-dessus de toutes les puissances angéliques. En embrassant la vie nouvelle en Christ, nous triomphons, nous aussi, de ce qui a fait chuter les anges.

Pierre poursuit en affirmant que les « esprits en prison » n'ont pas obéi lorsque Dieu a patiemment attendu. À l'époque de Noé, lors de la construction de l'arche, Dieu a patienté avant de sauver Noé et sa famille du déluge pendant des décennies entières. Notons en passant que, tout comme Jésus, Pierre reconnaît que Noé était un personnage historique et que le déluge de Noé était un événement historique.

Alors, que peut bien décrire Pierre dans ces versets ? Que signifie le fait que Jésus ait proclamé sa victoire aux esprits en prison qui avaient désobéi à Dieu au temps de Noé, lors de la construction de l'arche ? Les commentateurs bibliques proposent plusieurs interprétations. Deux des plus répandues sont que l'esprit de Jésus a prêché, par l'intermédiaire de Noé, à ceux qui vivaient dans la désobéissance à cette époque. Une autre interprétation est que Jésus est allé proclamer sa victoire sur la mort aux anges déchus, désormais emprisonnés, qui avaient désobéi à Dieu à cette époque. Une autre interprétation persistante soutient que Jésus a voyagé sous forme spirituelle après sa mort et avant sa résurrection pour annoncer un message aux âmes en enfer, décédées avant ou pendant le Déluge, mais on ne trouve pas de preuve véritable dans la Bible.

Toutes ces interprétations soulèvent de nombreuses questions, auxquelles il est difficile de répondre. En définitive, nous ignorons la signification exacte des versets de Pierre. Ce que nous savons, c'est que Jésus est mort physiquement puis ressuscité, qu'il a souffert puis a été victorieux pour l'éternité par le Père.

Pierre vient de conclure plusieurs versets difficiles à comprendre par une référence à l'arche de Noé. Dans cette embarcation, huit personnes « ont été sauvées à travers l’eau ». L’apôtre brosse ici un tableau saisissant. De même que le salut de Noé face au jugement de Dieu était lié à l'eau, le salut du chrétien l'est aussi, en l'occurrence l'eau du baptême. Les eaux du déluge ont lavé le péché et la méchanceté, inaugurant un monde nouveau, un nouveau départ devant Dieu. L'eau du baptême accomplit la même chose, marquant le passage de l'ancien au nouveau. Mais ce passage est également controversé ! Les commentateurs bibliques en proposent différentes interprétations. Une partie du problème réside dans le fait que le Nouveau Testament enseigne clairement et à plusieurs reprises que le salut de l'enfer ne s'obtient que par la foi en Christ, par la grâce de Dieu. Les chrétiens sont censés, et même tenus de se faire baptiser. Cependant, le baptême est une expression de foi et d'obéissance, et non le moyen du salut. Pierre contredit-il cette idée lorsqu'il écrit que le baptême nous sauve désormais ?

En fait, c'est l'arche, et non l'eau, qui a sauvé Noé et les siens ! Dans cette illustration, l'arche représente Jésus. Le prédicateur anglais Charles Spurgeon a bien expliqué ce qui s’est passé dans l’histoire de Noé et de l’arche : « Noé n'a pas été sauvé par une réforme progressive du monde, ni par un retour à son innocence originelle. Une sentence de condamnation a été prononcée, suivie de la mort, de l'ensevelissement et de la résurrection. Noé a dû entrer dans l'arche et se couper du monde ; les eaux ont dû descendre du ciel et jaillir de leurs sources secrètes sous la terre, l'arche a été submergée par les flots – c’était l'ensevelissement ; puis, après un certain temps, Noé et sa famille ont dû renaître dans un monde de vie nouvelle, celui de la résurrection. »

À propos du baptême, il est clair, d'après ses autres écrits, que Pierre ne suggère pas que l'acte même du baptême soit ce qui assure le salut éternel. Au contraire, si l'on considère le passage dans son ensemble, il semble affirmer que c'est la résurrection de Jésus-Christ qui nous sauve. C'est à cette résurrection que les chrétiens expriment publiquement leur foi lors du baptême. Cette interprétation est confortée par l'emploi de l'expression « c’était une figure », « une image », suggérant un parallèle plutôt qu'une identité.

La résurrection de Jésus nous donne confiance en Dieu et nous accueille en sa présence. Aujourd'hui, comme au temps de Noé, nous sommes sauvés par le baptême issu de la mort de Christ. En lui, Dieu nous offre une nouvelle vie, nous donnant une conscience pure devant lui. Lorsque nous entrons dans la véritable arche – c’est-à-dire la mort de Christ pour nos péchés –, Dieu sauve nos âmes. La résurrection est la garantie que Dieu nous accueillera en sa présence pour l'éternité.

Une autre lecture possible est que le mot « sauve » ne se réfère pas du tout au salut éternel. Selon cette perspective, Pierre dirait plutôt que le fait de s'identifier publiquement à Christ par le baptême nous préserve de la tentation de dissimuler notre foi pour éviter les souffrances et les persécutions dont les chrétiens sont victimes, souffrances auxquelles il fait référence.

Quoi qu'il en soit, ce baptême d'eau ne vise pas à purifier physiquement une personne. Il s'agit de demander à Dieu une bonne conscience, ou de s'unir à Dieu en toute conscience. Au verset 16 de notre chapitre, Pierre a écrit que les chrétiens doivent vivre dans le monde avec une bonne conscience afin que personne ne puisse les accuser de mal agir. Le baptême public participe à l'établissement de cette bonne conscience devant Dieu et devant le monde. Et tout cela est rendu possible par la résurrection de Jésus, qui révèle la puissance de Dieu pour donner la vie éternelle.

Au dernier verset de notre chapitre, Pierre poursuit en décrivant où se trouve Jésus actuellement. L’apôtre était présent le jour de l'ascension de Jésus au ciel et l'a vu de ses propres yeux. Il révèle maintenant où Jésus est allé et ce qu'il fait. Le Seigneur « est monté au ciel, a reçu la soumission des anges, des autorités et des puissances et se trouve à la droite de Dieu. » Aujourd'hui, Jésus est au ciel, à la place d'honneur suprême, à la droite de Dieu. Il a retrouvé son Père et y demeure. Le Père a conféré à Jésus l'autorité suprême dans l'univers. Il règne sur les anges, les autorités et les puissances, tant humaines que surnaturelles. En réalité, Jésus règne sur toute la création, comme l’apôtre Paul l’affirme dans sa lettre aux Colossiens, au chapitre 1, versets 15 à 18 : « Le Fils est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. En effet, c’est en lui que tout a été créé dans le ciel et sur la terre, le visible et l’invisible, trônes, souverainetés, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. Il existe avant toutes choses et tout subsiste en lui. Il est la tête du corps qu’est l'Église ; il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, afin d'être en tout le premier. »

L'ascension de Christ au trône du Père nous assure une place de choix en sa présence. L'opposition des hommes ou des démons ne peut contrecarrer le plan de Dieu pour le salut de ceux qui lui appartiennent. Jésus a remporté la victoire en ressuscitant et en proclamant sa victoire aux démons déchus. La preuve ultime en est son ascension, lorsque Dieu lui a conféré l'autorité sur toute la terre. Nous vivons dans une culture de liberté. Jésus triomphe des forces mauvaises qui veulent nous écarter de lui. Dieu nous justifie en lui. Nous n'avons rien à craindre, car nous vivons dans la lumière de la résurrection et de l'ascension de Jésus-Christ.

Remercions-en Dieu dans la prière et la reconnaissance : « Seigneur, notre Dieu et notre Père, merci pour l’œuvre que Jésus a accomplie en notre faveur, en faveur de tous ceux qui t’ont accepté par la foi dans leur cœur. Ton œuvre est si merveilleuse que nous ne parvenons pas à la comprendre. Ce que nous savons, c’est que Jésus-Christ, ton Fils unique, est en tout le premier. Seigneur, qu’il le soit dans nos vies au quotidien ! Que sont nos souffrances à côté des siennes ? Il s’est donné entièrement pour nous délivrer une fois pour toutes du mal et de Satan. Pardonne-nous quand nous oublions le prix que Jésus a dû payer pour notre salut, et que nous refusons de faire ta volonté. Ramène-nous à toi, toi qui nous as amenés à Dieu grâce à l’œuvre de Christ pour nous. Nous débordons de joie à l’idée de te rencontrer un jour pour l’éternité ! Malgré le mal qui sévit dans le monde entier, nous savons que Jésus règne, que toi, notre Père, tu es patient avec nous. Délivre-nous du mal et du Malin. Continues de bâtir ton Église et de la purifier du mal. Prépare-là à la rencontre finale, et donne-nous la force, en attendant, de te suivre fidèlement et d’être ainsi entièrement consacré à toi. C’est au nom de Jésus lui-même que nous te le demandons, amen. »