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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la première lettre de Pierre ! Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur le verset 7 du troisième chapitre ; c’est notre deuxième étude sur ce chapitre.
Nous avons vu ensemble hier qu’aux versets 1 à 6, Pierre donne des instructions aux épouses chrétiennes sur la soumission à leurs maris et sur la manière de rechercher la véritable beauté. Cet enseignement aux épouses découle naturellement des commandements donnés à tous les croyants : se soumettre librement à toute autorité humaine pour l'amour du Seigneur. Mais avant de poursuivre, Pierre s'arrête brièvement pour donner des instructions aux maris sur la manière de vivre avec leur épouse. Ces instructions sont bienvenues car la plupart des hommes, chrétiens ou non, se marient sans vraiment savoir comment répondre aux besoins essentiels de leur femme. C'est pourquoi la plupart d'entre nous commettons des erreurs. Nous avons tendance à recréer le foyer dans lequel nous avons grandi. Écoutons donc ce que Pierre dit aux maris : « Maris, vivez de même en montrant de la compréhension à votre femme, en tenant compte de sa nature plus délicate ; montrez-lui de l’estime, car elle doit hériter avec vous de la grâce de la vie. Agissez ainsi afin que rien ne fasse obstacle à vos prières. »
Le cœur de ce bref passage est que les hommes doivent honorer et respecter leurs femmes. Rappelons-nous qu'il s'agissait d'une idée radicale à l'époque de Pierre. Comparée à la société moderne dans nos pays occidentaux, les femmes de cette période étaient opprimées, dévalorisées et souvent maltraitées. La soumission des femmes à leurs maris était alors une véritable subordination, comme c’est toujours le cas dans de nombreux pays. L'accent mis par le christianisme sur la « soumission » à Dieu avant celle du mari était en soi unique. Cependant, l'enseignement selon lequel les hommes doivent honorer leurs femmes comme leurs égales, cohéritières de la grâce de Dieu par la foi en Christ, était révolutionnaire.
Le mari a des responsabilités dans le mariage, tout comme la femme. Pierre appelle les maris à adopter la même attitude envers leur épouse que celle de leur femme à leur égard. « Vous de même », leur dit-il, comme il a dit aux épouses « vous de même » au premier verset de notre chapitre. L’attitude à adopter dans le couple est la même que dans l’Église et la société, celle d’une soumission réciproque. Le rôle de chacun est différent, mais l’attitude est la même.
Dieu souhaite que les maris maîtrisent l'art de la compréhension. La compréhension mutuelle approfondit la relation entre époux. La Bible du Semeur traduit le début du verset ainsi : « Vous de même, maris, vivez avec votre épouse en faisant preuve de discernement… » Le mari chrétien s'attache à comprendre sa femme. Les femmes peuvent avoir du mal à exprimer leurs besoins à leurs maris. Dieu attend d’eux qu’ils sachent ce que leur femmes désirent du mariage. En connaissant bien son épouse, le mari sait comment elle va réagir à son comportement. Il devient de plus en plus compréhensif, et il est capable de lui témoigner son amour avec bien plus d'efficacité. Il est censé appliquer cette compréhension au quotidien avec elle. C'est là que beaucoup d'hommes ont du mal à y parvenir. Parfois, ils peuvent comprendre leurs femmes, mais ils ne mettent pas cette compréhension en application dans leur vie commune. Et quand ils n’y parviennent pas, ils s’irritent contre elles. C’est pourquoi l’apôtre Paul leur demande ceci, dans sa lettre aux Colossiens, au chapitre 3, verset 19 : « Maris, aimez votre femme et ne vous aigrissez pas contre elle. » Le mari chrétien se doit d’honorer son épouse, reconnaître sa valeur, la chérir et lui faire savoir combien elle est précieuse. Voilà une conception de la soumission biblique bien différente de celle de beaucoup d’hommes ! L’enseignement de Pierre est en parfaite harmonie avec celui de Paul, qui dit aux maris, dans sa lettre aux Éphésiens, au chapitre 5, verset 33 : « Que chacun de vous aime sa femme comme lui-même et que la femme respecte son mari. » Comment une épouse peut-elle respecter de tout cœur son mari, si celui-ci ne l’aime pas comme il s’aime lui-même et s’il ne lui montre pas de l’estime ?
Plus précisément, Pierre demande au mari d'honorer son épouse « en tenant compte de sa nature plus délicate. » Dans le texte original grec, Pierre compare l’épouse à un « vase plus fragile ». Le mari fait preuve de compréhension à l’égard de son épouse comme on prend soin d’un vase en porcelaine qui peut se briser facilement. Il est important de noter que cela ne signifie pas que les épouses soient plus faibles d'une manière ou d'une autre. Les maris doivent plutôt honorer leurs épouses « comme » ils honoreraient ou prendraient soin de quelque chose de plus fragile qu'eux-mêmes. La fragilité dont parle Pierre s’applique aussi bien pour l’époux que pour l’épouse. L’apôtre ne dit pas que les épouses sont fragiles et non les époux ! Elles sont simplement « plus » fragiles, plus délicates que les maris.
De quelle « faiblesse » s’agit-il ? Il peut être question de faiblesse physique. Les hommes sont de manière générale plus forts physiquement que les femmes, mais il pourrait y avoir aussi une autre explication. Une autre interprétation possible de ce passage est que la femme est soumise à son mari car Dieu l'a placé au-dessus d'elle pour la protéger. Dieu l'a créée femme. Son mari a autorité sur elle au sein du mariage. Rappelons-nous ce que Dieu dit à Ève dans le livre de la Genèse, au chapitre 3, verset 16 : « Tes désirs se porteront vers ton mari, mais lui, il dominera sur toi. »
Le mot « désir » signifie que la femme concentre toute son attention sur son mari. Sa vie entière tourne autour de lui. Le mari offre à sa femme quelque chose qu'elle ne peut trouver ailleurs que chez lui. Il doit comprendre cette orientation.
Mari et femme sont tous deux des vases, mais Dieu a placé l'homme au-dessus de la femme dans le mariage. La plus grande faiblesse de l’épouse réside dans le fait que Dieu a confié à l'homme la direction du foyer. En fait, l'essentiel réside dans la manière dont les maris doivent traiter leurs épouses : comme des protecteurs.
Dieu a si souverainement agencé la création qu'il y a intégré l'autorité. Il a conçu l'homme pour agir sous l'autorité. Cette autorité émane de la Trinité elle-même, car la Trinité agit par autorité. Dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 11, l’apôtre Paul montre comment ce principe s'applique à la relation entre mari et femme : « Christ est le chef de tout homme, l'homme est le chef de la femme, et Dieu est le chef de Christ. » Nous l’avons déjà souligné dans une étude précédente, mais rappelons-le ici car c’est important : Il existe une hiérarchie d'autorité au sein de la Trinité : Dieu le Père est le chef de Christ. L'ordre trinitaire est le suivant : Père, Fils, Saint-Esprit. Le Père a autorité sur le Fils. Le Fils a autorité sur le Saint-Esprit. Les trois personnes de la Trinité sont Dieu. Elles sont une en essence, tout en s'organisant selon une hiérarchie d'autorité. Chaque personne a un rôle. Le Père conçoit. Le Fils met en œuvre ce plan. Le Saint-Esprit le révèle au monde. Cela ne diminue en rien la divinité du Saint-Esprit par rapport au Père ou au Fils. C'est simplement son rôle.
Dieu a créé l'homme en premier. L'homme a donc la priorité dans son rôle. Il a besoin d'autorité pour assumer sa responsabilité de chef de famille. Comme le dit Paul dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 11, verset 10 : « Ce n’est pas l'homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme; et ce n’est pas l'homme qui a été créé à cause de la femme, mais la femme à cause de l'homme... Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'existe pas sans l'homme, ni l'homme sans la femme, car, de même que la femme a été tirée de l'homme, de même l'homme naît de la femme, et tout vient de Dieu. » L'homme dépend de la femme dans une certaine mesure, et la femme dépend de l'homme dans une certaine mesure.
Si le Seigneur Jésus-Christ et le Saint-Esprit agissent sous l'autorité de Dieu le Père, l'épouse ne devrait-elle pas en faire autant ? Il ne s'agit pas de sa personne, mais de son rôle. De même que le Saint-Esprit est Dieu au même titre que le Père ou le Fils, la femme est une personne au même titre que son mari. Pour qu'une société fonctionne correctement, l'autorité est nécessaire. L'autorité donne de l'ordre aux institutions. Le mari est également soumis à l'autorité de Christ dans la relation conjugale. Partant du principe de la Trinité, Pierre et Paul affirment que Jésus-Christ est le chef de l'homme.
Pierre rappelle que l'époux et l'épouse sont cohéritiers. L’épouse hérite avec son époux « de la grâce de la vie. » C'est une affirmation d'égalité. L'épouse est cohéritière de la communion, de l'unité et du partage. Dieu leur donne la grâce de vivre pleinement cette vie. L'épouse a les mêmes droits spirituels que son époux. En fait, d'un point de vue biblique, le mariage n'est pas une fin en soi. Dieu veut que le mariage serve la fin ultime de sa gloire.
La femme a la même dignité devant Dieu que l'homme. L'homme et la femme sont égaux. Nous l’avons dit, mais répétons-le : ils ne sont pas égaux en rôle, mais égaux en personne. Ils se tiennent égaux devant Dieu. L’épouse a autant de vie éternelle que l'homme. Elle a autant de promesses que l'homme. Elle possède tout ce que l'homme possède spirituellement. Elle est cohéritière avec lui. Elle est cohéritière avec son mari car elle possède tout ce que Jésus lui a donné. Le christianisme a bouleversé la culture de l’époque gréco-romaine. C'était une pensée révolutionnaire pour cette culture.
Pour bien faire comprendre la gravité de ce point, Pierre souligne une conséquence : les maris chrétiens qui refusent d'honorer leurs épouses verront leurs prières entravées. Pierre termine son exhortation en disant aux maris : « Agissez ainsi afin que rien ne fasse obstacle à vos prières. » S'il y a de l'amertume dans le mariage, Dieu ne répondra pas à leurs prières. L'essentiel est que le mari et la femme doivent être en harmonie pour que Dieu réponde à leurs prières. S'ils ne communiquent pas entre eux, ils ne peuvent pas communier avec Dieu. S'ils sont en conflit conjugal, ils peuvent prier jusqu'à la fin des temps, Dieu ne répondra pas à leurs prières. Si les maris n'honorent pas leurs femmes, s'ils ne vivent pas en harmonie avec elles, l’efficacité de leurs prières sera affectée. Soit Dieu ne les recevra pas pleinement, soit le mari aura des difficultés à prier, soit les prières qu’ils peuvent faire ensemble ne trouveront pas de réponse favorable. Tout mari violent, irrespectueux ou dénigrant envers sa femme défie la volonté de Dieu. Il doit se repentir et changer de comportement pour que le dialogue avec Dieu soit pleinement rétabli.
En terminant cette étude sur l’attitude et le comportement des époux chrétiens entre eux, prions pour les maris et les femmes que nous connaissons, prions pour les couples chrétiens afin qu’ils deviennent des modèles dans leur famille, dans l’Église et dans la société : « Notre Dieu et notre Père, toi qui a créé le couple pour qu’il t’honore dans ta création, tu vois combien il est difficile pour les époux et les épouses de bien s’entendre et de respecter le rôle que tu as voulu pour chacun d’eux. Tu vois combien l’harmonie manque, combien le désir de dominer l’autre est rampant dans les familles, même celles qui sont chrétiennes. Nous te remercions pour les conseils et les ordres que nous recevons de ta part grâce à ta Parole. Nous te remercions pour l’enseignement de Paul comme celui de Pierre dans les Écritures qui s’harmonisent parfaitement. Nous te prions pour que tu interviennes dans la vie des couples qui ne se comprennent pas ou ne s’acceptent pas mutuellement. Interviens dans la vie des maris qui s’aigrissent contre leur femmes, tout comme dans la vie des épouses qui n’acceptent pas le rôle que tu as instauré toi-même lorsque tu as créé l’homme et la femme, et qui sont querelleuses. Que les maris et les femmes chrétiens deviennent ainsi des exemples parmi leurs enfants, dans leur église et tout autour d’eux, et qu’ainsi ils voient leurs prières exaucées. Nous te le demandons avec confiance dans le nom de Jésus, amen. »