1 Pierre 3.8

Semaine 3 - jour 3

Première épître de Pierre

1 Pierre 3.8

18:42


Le passage que nous allons examiner mérite en effet une attention toute particulière. Les vérités qu’il contient sont essentielles pour chacune de nos relations au quotidien. La vérité est que nos relations sont fragiles dans ce monde.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre première lettre de Pierre ! Aujourd’hui, nous allons concentrer toute notre attention sur le verset 8 du troisième chapitre ; c’est notre troisième étude sur ce chapitre. Le passage que nous allons examiner mérite en effet une attention toute particulière. Les vérités qu’il contient sont essentielles pour chacune de nos relations au quotidien. La vérité est que nos relations sont fragiles dans ce monde.

Nul besoin d'être un génie ou un psychologue pour le comprendre. Et les cœurs brisés sont souvent le fruit de relations fragiles. Cela vaut non seulement pour les relations amoureuses et le mariage, mais aussi pour toutes nos relations : avec notre famille, nos collègues, nos amis. Trop souvent, nos relations semblent apporter plus de souffrance que de joie. Alors, que faire ? Renoncer aux relations ? Renoncer à vivre parmi les autres ? Vivre isolé serait fuir le problème et se priver d'une des plus grandes sources de joie dans notre vie. Non, vivre séparé des autres n'est pas une solution. Au verset 8 de notre chapitre, nous découvrons, en termes simples, cinq directives pour renforcer les relations fragiles. Pierre passe des exhortations spécifiques adressées à différentes catégories de personnes, comme les esclaves, les maîtres, les maris et les femmes, aux exhortations adressées à tous les chrétiens. La question qui se pose désormais est celle des relations entre tous les croyants. Ce passage nous donne les clés pour vivre en véritables chrétiens. Nous abordons ainsi les responsabilités de tous les membres du peuple de Dieu. Écoutons ensemble ce que Pierre nous recommande : « Enfin, ayez tous les mêmes pensées et les mêmes sentiments, soyez pleins d'amour fraternel, de compassion, de bienveillance. » Chaque croyant est appelé à obéir à ces cinq commandements dans ses relations avec les autres. Chaque commandement requiert la soumission telle que Pierre l’a décrite ainsi que l’absence de tout égoïsme entre tous les chrétiens.

Premièrement, « ayons tous les mêmes pensées ». La Bible du Semeur dit « visez tous le même but », et la Bible en français courant « ayez les mêmes dispositions ».

L’harmonie spirituelle entre les enfants de Dieu est vitale pour le bien-être du corps de Christ. Les chrétiens doivent vivre en harmonie, penser ensemble dans la même direction. Avoir les mêmes pensées évoque l'unité au sein de notre diversité. Nous sommes tous différents, mais nous avons la capacité de construire des relations malgré nos différences, et même à la lumière de nos différences ; nous sommes capables d’entretenir des relations fondées sur une parfaite harmonie et un accord total.

Nous vivons de nos jours dans un monde individualiste où tout tourne autour de soi. Nous attendons de tous qu'ils se soumettent à notre façon de penser. Dieu a un dessein pour la vie qui transcende notre petit monde. Il désire que l'Église fonctionne dans un seul cœur, et non dans l'uniformité. L'unité produite par la puissance du Saint-Esprit abolit les différences entre les chrétiens. C'est préférable à une unité extérieure.

Le péché éloigne les gens de leur famille en Christ. Le péché nous éloigne non seulement de notre Seigneur, mais aussi de nos amis. Les organisations de tout genre se désagrègent à cause de la suspicion, de la rivalité et des représailles. Nous le constatons dans le monde comme dans l’Église et nos familles. L’absence d’harmonie révèle un manque de maturité psychologique et spirituelle. On sait que le bébé est le centre de son univers. Il exige que nous répondions à ses besoins. Il veut une satisfaction immédiate. Et il est tout à fait normal et impératif de répondre à ses besoins. Cependant, en grandissant, il prend progressivement conscience qu'il y a d'autres personnes dans l'univers. Il doit s'adapter à elles. De même, le développement de la vie chrétienne se fait en partie grâce à cette interaction naissante avec d'autres chrétiens. Le nouveau chrétien prend de plus en plus conscience des besoins des autres. Il découvre rapidement que les autres chrétiens ont des droits. Plus nous faisons l'expérience de l'amour du prochain, plus nous mûrissons. Cette maturité s'acquiert par l'interaction. On ne progresse pas en ignorant les problèmes relationnels que l'on peut avoir avec les autres.

Le premier défi réside dans notre attitude. Dieu souhaite que tous les chrétiens soient unis dans la pensée. Il ne s'agit pas d'une uniformité de pensée où chacun se conforme à l'avis des autres. C'est la dernière chose que Pierre envisageait ! La diversité des points de vue est une valeur chrétienne fondamentale. Dieu ne désire pas que les chrétiens partagent nécessairement les mêmes opinions sur tout, mais plutôt les mêmes attitudes. Son but n'est pas l'uniformité ni l'adoption des mêmes schémas de pensée, d’autant que ceux-ci varient d’un pays à l’autre, d’une culture à l’autre. L'essentiel est que, malgré la diversité des opinions, nous ayons une fidélité commune au Seigneur Jésus. À l'image du corps humain, qui présente à la fois variété et unité, l'Église possède à la fois variété et unité. Il s'agit d'une unité dans la diversité, et non d'une uniformité fondée sur la similitude. Il s'agit d'une ressemblance de disposition ou de sentiment plutôt que d'une opinion. Les chrétiens peuvent diverger quant aux méthodes, mais nous devons être unis dans l'esprit. L'unanimité exige que nous nous attaquions à la racine des problèmes qui peuvent se poser à nous. Une telle unité n'est pas le fruit de l'indifférence. C'est l'unité spirituelle.

L'une des raisons de la fragmentation au sein du mouvement évangélique est que si une église ne nous convient pas, nous pouvons en rejoindre une autre. C'est la liberté et la flexibilité. Nul besoin d'être malheureux dans une église qui ne correspond pas à nos valeurs. Si la musique d'une église ne nous plaît pas, nous pouvons en choisir une autre. Si les sermons d'une église ne nous conviennent pas, nous pouvons en choisir une autre. Si nous préférons un culte moins formel, nous pouvons aller là où nous le trouverons. Là, nous serons une bénédiction et nous pourrons vivre en paix. Nous coopérerons et vivrons en harmonie avec l'église de notre choix. Là, nous pourrons servir sans que cela ne nous pèse ni ne nous empêche de le faire.

Voici la formule divine pour l'unité spirituelle : l'harmonie sur l'essentiel et la liberté sur le non-essentiel.

Deuxièmement, « nous avons les mêmes sentiments ». La Bible du Semeur traduit cette expression ainsi : « Partagez vos peines ». Les chrétiens unis par cette « unité de pensée » font preuve de compassion envers ceux qui sont en détresse. Les chrétiens à l’esprit stable sont capables de penser à la place de ceux qui, sous la contrainte, en sont incapables. Nous devrions être touchés émotionnellement et sincèrement intéressés par les sentiments des autres croyants qui subissent des épreuves. Souvenons-nous que, déjà à l’époque de Pierre, les chrétiens dont les membres de leur famille ou de leur entourage n’étaient pas croyants subissaient souvent de leur part de mauvais traitements. Leur vie était difficile et ils pouvaient être découragés.

Dieu souhaite que les chrétiens qui ont souffert fassent preuve d'empathie envers ceux qui souffrent actuellement. Il ne veut pas que les chrétiens traversent la vie en restant indifférents aux besoins des autres, car l’empathie et l’égoïsme sont incompatibles. Dieu attend de nous que nous adoptions le point de vue de ceux qui souffrent. C'est cela, l'empathie, par opposition à la simple sympathie. Vous arrive-t-il de vous identifier à ce que vit une autre personne ? Avez-vous déjà pleinement partagé sa douleur ?

Les personnes qui manquent d'empathie sont souvent rigides dans leurs relations. Elles sont généralement indifférentes et réservées. Elles restent à l'écart car elles ont du mal à ressentir ce que vivent les autres. Elles se font difficilement des amis. Leurs relations sociales sont limitées et formelles. Elles ne peuvent se donner aux autres car elles sont incapables de se mettre à leur place. Tant que nous restons centrés sur nous-mêmes, l'empathie est impossible, car celle-ci repose sur la volonté de s'oublier. Dieu nous appelle à sortir de notre propre personne et à nous identifier à la souffrance des autres. L'empathie naît dans nos cœurs lorsque Christ y règne. C’est parce que nous aimons le peuple de Dieu que ses malheurs, maladies, ou accidents nous touchent. Nous sommes préoccupés par les épreuves qu’il traverse. Nous comprenons ses tribulations et ses revers. Notre premier réflexe par rapport aux épreuves des autres est de nous demander : « Puis-je leur être utile ? Peut-être puis-je alléger leur fardeau pendant cette période difficile ? » Cela fait partie de notre responsabilité envers nos frères et sœurs en Christ.

Troisièmement, Pierre nous exhorte à nous aimer comme des frères s'aiment. Autrement dit, à partager un amour fraternel. Bien sûr, les frères et sœurs ne s'apprécient pas toujours. Mais, dans la plupart des cas, leur attachement mutuel prime sur celui qu'ils portent aux personnes extérieures à la famille. Les chrétiens devraient manifester cet engagement envers les autres chrétiens. L'expression « aimer comme des frères » vient d'un seul mot grec. Le mot « amour » désigne ici l'amour de la relation, une amitié fondée sur la réciprocité. Nous rendons l'amour parce qu'on nous aime. C'est l'amour réciproque. Il ne s'agit pas d'amour sacrificiel, mais d'affection humaine. L'amour sacrificiel est la recherche active du bien des autres, indépendamment de tout mérite ou réciprocité. Ici, ce terme désigne le fait de rendre l'amour qu'on a reçu. L'amour de Dieu et l'amour du prochain sont indissociables. Sans amour du prochain, il n'y a pas d'amour de Dieu. Aimer est une chose, aimer comme des frères en est une autre. Aimez-vous la famille de Dieu ?

Quatrièmement, nous Pierre nous invite à faire preuve de compassion et de bienveillance. Cela s'apparente à la sympathie, mais implique que nous sommes prêts à témoigner de la gentillesse les uns envers les autres, animés par le désir du bien de ceux qui nous entourent, et même de ceux que nous ne connaissons pas. La bienveillance nous pousse à répondre aux besoins des autres. Dieu ne souhaite pas que nous soyons insensibles à leur égard. Il veut que leur souffrance nous touche. La compassion, qui se manifeste par la tendresse, est une attitude bienveillante envers la famille de Dieu.

Êtes-vous insensible ? Êtes-vous indifférent à la souffrance d'autrui ? Ou bien êtes-vous capable de vous mettre à la place de quelqu'un d'autre ? Pouvez-vous vous projeter dans sa situation ? C'est ce regard qui permet de voir l'invisible. Certains d'entre nous ont perdu leur compassion. Nous sommes insensibles aux besoins des autres, tout comme les médecins peuvent s'endurcir face à la douleur de leurs patients ; les chrétiens peuvent devenir insensibles à la souffrance de leurs frères et sœurs. Nous pouvons perdre la capacité de ressentir leur douleur. Nous sommes exposés à tant de souffrance par les médias que nous devenons insensibles aux besoins des autres. Lorsque nous entendons quotidiennement parler des tragédies et des souffrances de l'humanité, nous sombrons dans un sentimentalisme superficiel qui ne nous permet de ressentir que furtivement le chagrin de ceux qui souffrent. Nous vivons dans une société sophistiquée où chacun se forge une carapace.

Malheureusement, ce type de société imprègne notre façon de penser, et nous importons cette attitude à l'église. Nous ne sommes pas aussi compatissants que nous devrions l'être. Nous sommes au contraire inflexibles. Notre cœur ne bat pas à l'unisson avec celui de Dieu. Si tel était le cas, nous serions plus nombreux à envoyer des cartes de prompt rétablissement aux malades ? La plupart d'entre nous n'avons pas de temps pour les autres. Pourquoi attendre qu'une personne soit hospitalisée pour lui témoigner notre reconnaissance ? Or, la compassion est au cœur même de l'être de Dieu. Son cœur plein de compassion a envoyé Jésus mourir sur la croix pour nos péchés. Seul l'amour débordant de Dieu et la capacité de comprendre la souffrance peuvent nous donner un cœur véritablement compatissant.

Enfin, cinquièmement, les chrétiens doivent faire preuve de bienveillance. La Bible du Semeur dit plus clairement « soyez humbles », ainsi que la Bible en français courant, « soyez humbles les uns à l’égard des autres ». Le mot grec vient de deux mots : humble et mesuré. C’est pourquoi il n’est pas facile de le traduire en un seul mot. Il s'agit d'avoir une opinion modeste de soi-même. Nous sommes des créatures, non le Créateur. Nous dépendons entièrement de Dieu. Par nous-mêmes, nous sommes impuissants. Notre seul critère de comparaison est Dieu lui-même, et c'est pourquoi nous sommes humbles. Cette attitude est synonyme d'absence d'orgueil. Par conséquent, la personne humble ne cherche pas à impressionner autrui. Nous sommes appelés à être humbles d'esprit, à être prêts à nous effacer et à nous tourner vers les autres. Les chrétiens doivent s'encourager mutuellement, se faire oublier pour se soutenir les uns les autres.

Une personne humble traite les autres avec bienveillance. La bienveillance dans la pensée conduit à la bienveillance dans l'action. Si vous êtes bienveillant dans votre façon de penser, vous traiterez les autres avec bienveillance, car c'est ainsi que vous vous considérez. Les autres peuvent être de mauvaises personnes, mais la bienveillance dans la pensée engendrera la bienveillance dans l'action.

Les humbles d’esprit ne jugent pas les autres sur leurs préjugés. Ils ne s'abaissent pas à leur niveau de pensée. Ils pardonnent comme Christ pardonne. Ils ne gardent aucune rancune, et ne se laissent pas entraîner dans une querelle. Ils n'éprouvent jamais d'amertume envers autrui. Une personne humble fait preuve d'assurance et de confiance en soi. Nous pouvons toujours nous comparer à ceux qui n'ont pas atteint notre niveau. Nous n'avons rien à craindre de cette comparaison. Cependant, la norme chrétienne de comparaison est Christ, notre modèle, qui a fait preuve d’une humilité parfaite, au point de s’humilier jusqu’à la mort sur la croix.

Prions ensemble à la fin de cette étude notre modèle d’humilité : « Seigneur Jésus, nous n’osons pas nous comparer à toi, car toi seul est ‘amour’. Nous désirons pourtant t’imiter dans nos pensées, nos émotions et nos actes, et comptons sur ta grâce pour y parvenir. Nous voulons vivre en harmonie les uns avec les autres, et être en communion de pensée avec nos frères et sœurs dans la foi. Nous voulons les aimer comme de véritables frères et sœurs. Permets que cet amour fraternel grandisse et nous pousse à faire preuve de compassion avec ceux qui ont besoin de notre soutien. Que l’humilité nous oriente vers les autres et que nos tendances égoïstes fassent place au service bienveillant des autres. Nous comptons sur toi pour nous aider à mettre en pratique les cinq principes dont nous venons de parler aujourd’hui. Toi qui nous as aimés plus que tout autre au monde, c’est parce que nous t’aimons et voulons te plaire en te servant que nous voulons aimer et aider les membre de ta famille, notre famille. Et c’est en ton nom que nous te le demandons, amen. »

Eh bien, rejoignez-nous demain ; nous parlerons d'une chose à ne jamais faire et d'une chose à toujours faire dans nos relations.