1 Pierre 3.9-17

Semaine 3 - jour 4

Première épître de Pierre

1 Pierre 3.9-17

19:22


Pour les chrétiens, la vengeance n'est jamais la bonne solution. C’est tout ! Pierre fait écho à l'enseignement de Jésus, ainsi qu'à celui de Paul, en affirmant clairement que ceux qui sont en Christ n'ont pas le droit de se venger.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre première lettre de Pierre ! Nous en sommes au quatrième jour de notre réflexion sur le troisième chapitre. Dans le passage que nous allons étudier aujourd’hui – les versets 9 à 17 –, nous verrons qu’il y a une chose à ne jamais faire, et une chose à toujours faire. Lisons ensemble ce que Pierre nous enseigne : « Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’insulte pour l’insulte ; bénissez au contraire. Vous le savez, c’est à cela que vous avez été appelés afin d'hériter de la bénédiction. ‘Si quelqu'un, en effet, veut aimer la vie et voir des jours heureux, qu'il préserve sa langue du mal et ses lèvres des paroles trompeuses, qu'il se détourne du mal et fasse le bien, qu'il recherche la paix et la poursuive, car les yeux du Seigneur sont sur les justes et ses oreilles sont attentives à leur prière, mais il se tourne contre ceux qui font le mal.’ Qui vous fera du mal, si vous avez pour modèle ce qui est bien ? D'ailleurs, même si vous deviez souffrir pour la justice, vous seriez heureux. ‘N'ayez d'eux aucune crainte et ne soyez pas troublés, mais respectez’ dans votre cœur ‘la sainteté de Dieu le Seigneur.’ Soyez toujours prêts à défendre l'espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. »

Pour les chrétiens, la vengeance n'est jamais la bonne solution. C’est tout ! Pierre fait écho à l'enseignement de Jésus, ainsi qu'à celui de Paul, en affirmant clairement que ceux qui sont en Christ n'ont pas le droit de se venger. Pierre écrit à des croyants qui subissaient probablement des violences physiques et des insultes en raison de leur foi en Christ. La nature humaine nous pousse naturellement à rendre la pareille. Pierre nous ordonne de rejeter catégoriquement cet instinct.

Au lieu de répondre au mal par le mal, à l'insulte par l'insulte, Pierre exhorte ceux qui sont en Christ à bénir. Une bénédiction est une affirmation positive. Pour un chrétien, c'est une demande à Dieu d'aider une autre personne à réussir, de lui accorder sa grâce. Pourquoi ferions-nous une telle chose pour quelqu'un qui nous a blessé ou insulté ? Pierre a répondu à cette question plus tôt, au chapitre 2, versets 21 à 25. Nous répondons au mal par une bénédiction, car c'est ce que Jésus a fait pour nous, et c'est lui que nous suivons. Nous marchons sur ses pas.

Pierre ajoute deux idées ici. Premièrement, en tant que chrétiens, nous sommes appelés à bénir en échange du mal et des insultes. Cela fait partie de notre mission, nous qui sommes le peuple élu de Dieu sur terre. C'est un puissant outil de transformation sociale, car seul le pardon peut briser le cycle de la vengeance.

Deuxièmement, et de façon plus mystérieuse, en bénissant pour les insultes et le mal, nous recevons ou « héritons » d'une bénédiction. Cette bénédiction peut désigner la vie éternelle qui nous a déjà été promise en Christ ou, plus probablement, elle annonce des récompenses supplémentaires de Dieu dans cette vie et/ou dans la vie à venir.

Aux versets versets 10 à 12, Pierre cite le Psaume 34 pour mieux faire comprendre son enseignement sur la vengeance. Les paroles de David dans l'Ancien Testament restent d'actualité. Ceux qui aspirent à aimer la vie et à connaître des jours heureux doivent faire des choix précis quant à leur mode de vie actuel. Pierre affirme-t-il que si nous vivons comme il s'apprête à le décrire, nous aimerons notre vie et connaîtrons des jours heureux ici-bas ? Ou fait-il seulement référence à la promesse de « jours heureux » dans la vie à venir ? Probablement que les deux affirmations sont vraies, dans une certaine mesure.

Dans les Psaumes, David exprimait une sagesse : un principe général. Il soutenait que faire ces choix particuliers tend à nous mener à des jours meilleurs et plus nombreux dans cette vie. Pierre confirme l'affirmation de David, dans le cadre de sa propre réflexion. Les chrétiens qui vivent ainsi profiteront pleinement de cette vie et recevront des récompenses dans la vie à venir.

Alors, quels choix pouvons-nous faire pour connaître ces jours heureux pleins d'amour pour la vie ? Tout repose sur ce que nous, chrétiens, refusons de faire et sur ce à quoi nous nous engageons. Avant tout, nous refusons de proférer des paroles malveillantes ou trompeuses. Pierre fait probablement référence ici à la vengeance contre ceux qui calomnient et mentent à notre sujet. Dieu appelle les chrétiens à rejeter ces options. Nous devons refuser d'utiliser nos paroles pour nuire, aussi forte que soit la tentation.

Les paroles de David montrent combien cela nous est bénéfique. Ceux qui veulent aimer la vie et connaître des jours meilleurs refusent d'utiliser les paroles pour blesser, même envers ceux qui nous ont fait du mal. Pierre poursuit en disant qu'au contraire, nous devons nous détourner du mal et faire le bien. Ce « détournement » est probablement double. Dans la mesure du possible, nous nous éloignons de la souffrance endurée. Mais plus encore, nous nous détournons de notre réaction naturelle qui serait de rendre le mal à autrui.

Cependant, nous ne pouvons pas simplement nous détourner du mal, en général. Nous devons nous tourner vers quelque chose. Le peuple élu de Dieu est appelé à faire le bien. Face au mal, Dieu veut que notre réponse soit : « Quel bien puis-je faire ? » Plus précisément, nous devons nous demander : « Où est la paix ? » ou « Comment puis-je contribuer à instaurer la paix ? »

Remarquez le mot « poursuivre ». Trouver la paix, instaurer la paix, ne sera pas toujours facile. Cela exigera souvent de la recherche et de la persévérance. L'escalade du conflit, la vengeance, est toujours la voie la plus facile, la plus humaine. Se détourner du mal pour faire le bien et instaurer la paix sera toujours le choix le plus difficile. Mais c'est à cela que le peuple de Dieu est appelé, et c'est le chemin qui mène à aimer la vie et à connaître des jours meilleurs. Cela vaut aussi bien entre frères qu'avec les étrangers qui veulent nous nuire.

Ce qu'a écrit David décrit les choix très précis faits par ceux qui aspirent à aimer la vie et à connaître des jours heureux. Pierre confirme l'affirmation de David selon laquelle Dieu voit tout cela. Il observe. Il est attentif. Il sait, et il se soucie de ceux qu'il a choisis pour accomplir ses desseins. Plus précisément, Dieu est attentif aux justes. Pierre a déjà clairement affirmé au chapitre deux de sa lettre que Jésus, parfaitement juste, a payé le prix de nos péchés par sa mort sur la croix.

Ainsi, Dieu est attentif à tous les chrétiens, à tous ceux qui forment son peuple en Jésus. Il est à l'écoute de nos prières. Il est prêt à nous entendre lorsque nous refusons de rendre le mal pour le mal et choisissons plutôt de faire le bien. Nous sommes appelés à rechercher la paix. Mais Dieu voit aussi ceux qui font le mal. Les paroles de David et de Pierre sont un réconfort : Dieu ne reste pas indifférent aux actes blessants de ceux qui font souffrir son peuple. Il s'oppose aux méchants. Justice viendra, comme l’affirme Paul dans sa lettre aux Romains, au chapitre 12, verset 19 : « Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère de Dieu, car il est écrit : ‘C’est à moi qu’appartient la vengeance, c’est moi qui donnerai à chacun ce qu’il mérite, dit le Seigneur.’ »

Au verset 13, Pierre pose une question qui peut paraître étrange : « Qui vous fera du mal, si vous avez pour modèle ce qui est bien ? » On peut l’interpréter de deux manières. Premièrement, ceux qui sont désireux de faire le bien, même à ceux qui leur font du mal, ont beaucoup moins de risques d’être maltraités. C’est certainement vrai dans la plupart des époques et des lieux. Faire le bien aux autres suscite rarement chez eux un désir de vengeance. Mais, comme Pierre le dira au verset suivant, les chrétiens peuvent souffrir même lorsqu’ils sont désireux de faire le bien. Parfois, nous pouvons souffrir parce que nous faisons le bien au nom de Jésus. Ce que cette question signifie très probablement, c’est que les chrétiens ne peuvent véritablement être blessés par personne. Autrement dit, nous pouvons être blessés, et même tués pour Jésus dans cette vie, mais personne ne peut nous enlever ce qui nous est vraiment précieux. Tout cela est en sécurité entre les mains de notre Père pour l’éternité.

Pierre reconnaît que les chrétiens peuvent très bien souffrir pour la justice lorsqu’il dit, au verset 14 : « D'ailleurs, même si vous deviez souffrir pour la justice, vous seriez heureux. ‘N'ayez d'eux aucune crainte et ne soyez pas troublés’. » Les chrétiens qui accomplissent des œuvres bonnes au nom de Jésus peuvent, en effet, être maltraités pour cette raison même. Pierre écrit à un groupe de chrétiens qui ont probablement enduré de grandes souffrances pour Jésus-Christ. D'autres, lisant les paroles de Pierre aujourd'hui, ont certainement souffert pour la foi. Pierre lui-même a été persécuté et mis à mort pour le Seigneur.

Jusqu'à présent, dans sa lettre, Pierre a clairement exposé plusieurs points. Les chrétiens ont un avenir sûr et abondant auprès du Père dans l'éternité. Nous sommes appelés à vivre différemment du monde, en menant une vie bonne, dès maintenant, pour l'amour de Jésus. Jésus, notre exemple, a souffert pour nous, nous ne devrions donc pas être surpris de souffrir pour lui. En fait, dans ce verset, Pierre écrit que souffrir ainsi est une bénédiction. C'est un privilège.

Pierre fait ensuite référence à une citation de la Prophétie d’Ésaïe, au chapitre 8, verset 12, un passage qui nous invite à craindre Dieu plutôt que les hommes. En tant que chrétiens, nous sommes appelés à résister à notre instinct naturel de craindre ceux qui pourraient nous faire du mal à cause de notre foi en Christ. Il nous est demandé de rejeter notre anxiété. Le verset suivant nous révèle ce que nous devons faire au lieu de céder à la peur : « Respectez dans votre cœur ‘la sainteté de Dieu le Seigneur.’ Soyez toujours prêts à défendre l'espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. »

Pierre révèle ici comment les croyants devraient choisir de réagir. Tout d'abord, nous devons consacrer notre cœur à la pleine gloire de Jésus-Christ comme Seigneur. Pierre s'adresse à des croyants. Ses destinataires reconnaissent déjà Jésus comme le Seigneur de tous. Pourtant, il exhorte les chrétiens à se concentrer intensément sur le rôle de Christ comme notre Maître, en vivant comme si cela était une vérité absolue en toutes circonstances, même dans la souffrance. Pierre nous appelle à une soumission totale à Christ. Lorsque nous le reconnaissons comme Seigneur, nous sommes transformés. Pierre affirme que ceux qui nous observent remarqueront la différence. Cette différence, c'est l'espérance. Même au cœur de la souffrance, notre espérance est manifeste. Aussi, Pierre nous invite-t-il à être prêts à répondre à la question que notre vie devrait inspirer : « Comment pouvez-vous garder autant d'espérance dans des circonstances si difficiles ? » Pierre anticipe la curiosité. L'espérance et la joie contrastent fortement avec la réaction humaine habituelle face à la souffrance. À tel point que l'on cherchera à les comprendre. Que répondrons-nous à cette question ? Nous devons être prêts à défendre notre foi, à la présenter. Il nous faut rejeter la pression culturelle qui nous pousse à garder nos convictions pour nous, et oser parler au contraire de la bonne nouvelle du salut par la foi en Christ.

Pierre précise comment nous devons le faire aux versets 16 et 17 de notre chapitre : « Faites-le avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience, afin que là même où ils vous calomnient [comme si vous faisiez le mal], ceux qui critiquent votre bonne conduite en Christ soient couverts de honte. En effet, il vaut mieux souffrir, si telle est la volonté de Dieu, en faisant le bien qu'en faisant le mal. »

La manière dont nous présentons notre foi en Christ est essentielle. Nous devons le faire avec douceur et respect. Les chrétiens ne sont pas appelés à condamner ceux qui s’interrogent sur notre espérance. Nous ne devons pas non plus être vindicatifs ou insultants envers ceux qui ne partagent pas nos convictions : expliquons humblement notre foi sans dureté ni mépris.

Pierre explique pourquoi cette attitude est essentielle. Tout d'abord, elle nous permet de préserver notre conscience. C'est la certitude intérieure de n'avoir commis aucune faute, même minime, en parlant de Jésus-Christ. Ensuite, ceux qui nous blessent injustement pour notre bonne conduite devraient en avoir honte. Sans raison valable de nous accuser, ils prendront conscience de leur propre erreur. En tout cas, il sera au moins évident pour les autres que nous sommes attaqués sans raison valable.

Pierre poursuit son enseignement sur la manière dont les chrétiens doivent réagir face à la souffrance endurée pour Christ en abordant la persécution subie en raison de la foi en Jésus. Il révèle alors une idée qui pourrait surprendre : il se peut que Dieu nous fasse souffrir. Contrairement à ce que prétendent de nombreux faux prophètes, la volonté de Dieu pour la vie chrétienne n'implique pas toujours richesse, santé et confort. Elle peut exiger des épreuves et des mauvais traitements. Pourquoi Dieu voudrait-il que cela arrive ? Au chapitre précédent Pierre a expliqué que Jésus, notre exemple, a énormément souffert pour nous. Nous ne devrions pas être surpris d'être appelés à souffrir de la même manière pour lui. Notre passage décrit aussi une situation où ceux qui persécutent les chrétiens peuvent être attirés par notre message. L'espérance face à la souffrance peut les amener à reconnaître leur propre péché et leur responsabilité dans cette souffrance. Dieu peut se servir de notre souffrance pour amener même nos persécuteurs à la foi en Christ. Ou encore, pour prouver aux autres que c'est nous, et non ceux qui nous oppriment, qui suivons la volonté de Dieu.

Quelle que soit la raison de la volonté divine, Pierre enseigne clairement qu'il vaut mieux souffrir pour avoir fait le bien que pour avoir fait le mal. Pour un chrétien, souffrir pour Christ est source de bénédiction, pour lui-même et pour le monde qui l'entoure. Souffrir pour avoir mal agi, en revanche, signifie que la souffrance n'est que la conséquence de notre propre péché. Pour un croyant, c'est particulièrement odieux, car cela peut nuire à la réputation de Christ dans le monde.

Prions donc ensemble pour que, quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons, notre comportement invite ceux qui nous entourent à croire au message de la Bonne Nouvelle : « Seigneur notre Dieu, nous nous approchons de toi humblement. Tu sais combien il nous est difficile de réagir avec douceur et respect lorsque nous sommes accusés injustement, lorsqu’on nous veut du mal ou qu’on nous fait mal. Il nous est difficile de ne pas vouloir nous venger. Nous te demandons pardon pour les fois où nous ne t’avons pas honoré, où nous avons cherché à nous venger, même quand ce qui nous arrivait n’avait rien à faire avec notre foi en toi. Nous te demandons de nous aider à respecter dans notre cœur ta sainteté afin de toujours désirer de te ressembler et de ne plus t’offenser par nos paroles comme par nos actes. Qu’en toute circonstance nous sachions garder bonne conscience en nous rappelant constamment comment Jésus a réagi face aux critiques, aux insultes et aux mauvais traitements qu’il a subis. Nous voulons te plaire, Seigneur, toi que nous adorons, et c’est au nom de Jésus que nous te prions, amen. »

Rejoignez-nous demain ! Nous réfléchirons ensemble sur l’un des passages les plus difficiles à comprendre du Nouveau Testament.