1 Pierre 4.1-3

Semaine 4 - jour 1

Première épître de Pierre

1 Pierre 4.1-3

20:10


C'est un passage qui traite de ce qu'il faut croire face aux épreuves et aux souffrances que nous traversons dans cette vie. En réalité, trop de chrétiens disent croire sans vraiment savoir pourquoi.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la première lettre de Pierre en compagnie de Tom Holladay ! Nous en sommes à notre quatrième semaine et nous allons étudier ensemble le chapitre quatre. Aujourd'hui, nous allons concentrer notre attention sur les trois premiers versets de ce chapitre. C'est un passage qui traite de ce qu'il faut croire face aux épreuves et aux souffrances que nous traversons dans cette vie. En réalité, trop de chrétiens disent croire sans vraiment savoir pourquoi. C'est pourquoi beaucoup de disciples de Christ sont susceptibles de tomber dans le piège des sectes ou des faux enseignements, car ces enseignements, parfois même de faux enseignements, peuvent s'implanter dans une église. En effet, si notre foi n’est pas solidement fondée sur les Écritures, nous ne pouvons pas raisonner comme Dieu veut que nous pensions. Tout au long de notre chapitre, Pierre nous enseigne qu’il est primordial de savoir ce que l'on croit, car il existe de nombreux faux enseignements, et il est facile d'y succomber. Que dit la Bible sur les chrétiens confrontés à la souffrance ? Certains affirment que ceux qui ont la vraie foi échapperont à la souffrance sur cette terre. C'est une idée séduisante. Qui ne serait pas attiré par la promesse d’une vie sans souffrance ? Mais il se trouve que c'est un mensonge lorsqu'on étudie les Écritures, en particulier lorsqu'on étudie l’enseignement de Pierre sur la souffrance dont nous allons parler tout au long de la semaine.

Disons-le d’emblée : la Bible n'est pas un manuel pour nous aider à échapper à la souffrance sur terre. C'est un manuel qui nous enseigne comment endurer la souffrance sur terre, et vivre dans la joie parfaite, que nous soyons ou non dans la souffrance. Il suffit de lire ce que l’apôtre Pierre dit à propos de la souffrance pour être convaincu que ceux qui enseignent que la vraie foi signifie qu'on peut échapper à la souffrance dans ce monde se trompent et trompent les autres. Ce qui transparaît dans la Bible, c’est que Dieu intervient et agit favorablement dans nos vies à travers les souffrances que nous endurons. Et nous verrons comment Pierre nous enseigne à gérer notre souffrance quelles que soient les circonstances que nous traversons. Il présente en fait trois vérités simples qui peuvent orienter nos attitudes, notre vie entière, dans la bonne direction. Nous allons les examiner ensemble tout au long de cette semaine : la souffrance est nécessaire, la souffrance est passagère et la souffrance est partagée.

Commençons aujourd'hui par examiner la vérité selon laquelle la souffrance est nécessaire, notamment la souffrance de Jésus. Celle-ci étaitt nécessaire à notre pardon et à notre fidélité. C’est pourquoi, au premier verset, Pierre nous dit ceci : « Ainsi donc, puisque Christ a souffert [pour nous] dans son corps, vous aussi armez-vous de la même pensée : celui qui a souffert dans son corps en a fini avec le péché. » Le « ainsi donc » reprend l’idée selon laquelle Jésus a souffert injustement. Jésus a souffert sans le mériter. Il n’a ni gagné ni mérité la souffrance. En portant la croix, il est mort pour nos péchés. Il est devenu péché et a été jugé pour nous. Il est devenu notre substitut et, par conséquent, il est le seul chemin du salut.

Pierre en tire maintenant une nouvelle conclusion pour les chrétiens : ils doivent lutter résolument contre le péché. L’expression « armez-vous de la même pensée » souligne l’impact que la souffrance de Jésus devrait avoir sur nous. Puisqu’il a vaincu le péché de manière décisive sur la croix, nous devons faire de même. Étant morts au péché, nous sommes libérés de son emprise. Si nous sommes morts au péché, nous sommes libérés du péché.

Christ a souffert pour nous dans son corps physique. L'enfant de Dieu doit donc haïr le péché, car c'est lui qui a conduit Jésus à la croix. Le péché engendre la déchéance, la dégénérescence, la violence, la corruption, la maladie et la mort. Ce sont là les conséquences du péché.

Il y a deux raisons pour lesquelles les chrétiens souffrent : à cause du péché et pour des souffrances imméritées. Dieu nous réserve des bénédictions pour ces deux raisons. Si nous péchons, Dieu nous discipline. Sa discipline vise la restauration, non la punition. Jésus a déjà porté le châtiment de notre péché ; Dieu ne nous punit donc pas pour nos péchés. Si nous confessons nos péchés, Dieu transforme la discipline en bénédiction. Il conçoit la discipline pour notre bénédiction. La bénédiction de Dieu dépend de notre acceptation, par la foi, de sa correction. Par la foi, nous confessons nos péchés et entrons dans la bénédiction de Dieu. Cela signifie que nous croyons que Jésus a porté le châtiment du péché que nous commettons en tant que chrétiens.

Dieu nous bénit aussi dans les souffrances imméritées. C'est un argument majeur de la première lettre de Pierre. Comme Pierre l'a souligné tout au long de cette lettre, les chrétiens doivent s'attendre à souffrir dans cette vie. Nous suivons Jésus-Christ, et il a énormément souffert. En réalité, cela faisait partie de son dessein, de sa mission sur terre. Si nous le suivons et poursuivons sa mission, nous devons nous aussi nous attendre à des épreuves.

Pierre écrit que les chrétiens doivent se préparer à la souffrance avec la même attitude que Jésus. Puisqu’il a jugé nécessaire d'aller à la croix et de souffrir à cause de nos péchés, nous devrions adopter la même attitude. Et quelle était son attitude ? Il comprenait que la souffrance était inhérente à sa mission sur terre, et il s'y attendait donc. Par conséquent, il n'a pas été surpris par les épreuves et ne les a pas fuies. En tant que chrétiens, si nous ne sommes pas prêts à souffrir pour Christ, comme il l'a fait, nous serons surpris lorsque les difficultés surviendront. Nous pourrions nous sentir trahis. Nous pourrions être tentés de fuir la vocation à laquelle Dieu nous a appelés. Nous ne serons pas armés d'une attitude semblable à celle de Jésus.

Êtes-vous prêt pour le combat spirituel ? Vous êtes-vous armé des armes de la guerre spirituelle ? Vous êtes-vous revêtu de l’armure lourde d’un soldat spirituel ? Nous devons nous armer aussi lourdement que possible pour mener ce combat spirituel. Nous devons lutter résolument contre le péché. Chaque fois que nous résistons à la tentation, nous devenons plus forts pour affronter la suivante. Chaque fois que nous triomphons du péché, nous sommes mieux armés pour faire face à la prochaine attaque. En persévérant dans notre lutte contre le péché, nous gagnons en maturité spirituelle – et cette maturité spirituelle garantit la rareté du péché dans nos vies. Nous devons nous engager résolument à affronter la souffrance comme Jésus l'a fait, qui a forgé ses motivations et a obéi sans relâche à la volonté de Dieu, même face à une souffrance imméritée.

La référence à « en a fini avec le péché » peut prêter à confusion. L'idée de Pierre semble ici être que suivre le chemin de la souffrance à l'image de Christ empêche d'emprunter la voie opposée, celle du péché. Il ne s'agit pas de dire que les chrétiens qui souffrent, ou qui sont prêts à souffrir pour Christ, sont devenus sans péché et parfaits. Loin de là. Nous ferons encore des choix pécheurs. Mais nous avons assurément orienté notre vie loin du confort, de la fuite et des plaisirs du péché, et vers la disposition à l'inconfort, à l'épreuve, pour l'amour de Jésus.

Il est également vrai que ceux qui ont mis leur confiance en Christ pour leur salut sont morts avec lui, spirituellement parlant, et sont ressuscités à une vie nouvelle, libérés de l'emprise du péché. Pierre rejoint ici ce que dit l’apôtre Paul dans sa lettre aux Romains, au chapitre 6, versets 10 et 11 : « Christ est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes ; maintenant qu'il est vivant, c'est pour Dieu qu'il vit. De la même manière, vous aussi, considérez-vous comme morts pour le péché et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ [notre Seigneur]. » Lorsque nous pensons comme Jésus a pensé, notre pensée pécheresse prend fin.

Pierre poursuit en disant que le chrétien est armé de la même pensée que Christ « afin de ne plus vivre en suivant les désirs des hommes, mais la volonté de Dieu, pendant le temps qu’il lui reste à vivre ici-bas. » Dieu attend du chrétien mûr qu'il soit libre de toute pression de ceux qui ne sont pas croyants et qu’il reste indépendant de leur influence. Lorsqu’une personne subit une persécution physique pour avoir suivi Jésus, cela transforme presque toujours profondément sa vision du péché et de la satisfaction des désirs charnels ; elle désire de plus en plus vivre le reste de sa vie non pas selon les désirs des hommes sans Dieu, mais selon la volonté de Dieu. Si nous n'avons pas souffert physiquement pour avoir suivi Jésus-Christ, nous pouvons néanmoins nous unir à lui par la foi, car il a souffert pour nous dans son corps.

Le peuple de Dieu ne devrait pas faire du désir de plaire aux autres sa valeur fondamentale. Le monde hait ceux qui sont différents. La doctrine de ce monde est l'uniformité. Il ne tolère aucune déviation de ses valeurs. Il rejette les non-conformistes. Il veut que tous soient produits à la chaîne. Il veut que chacun soit identique à lui. Au contraire, la doctrine de Dieu est l'individualité. C'est pourquoi chacun a une empreinte digitale unique. Chaque flocon de neige est différent, chaque feuille est différente.

Qu'est-ce qui nous motive quand nous nous levons le matin ? Les chrétiens prêts à endurer les épreuves pour Christ sont motivés à faire la volonté de Dieu, même si c'est douloureux. Autrement, nous gaspillerions notre vie à satisfaire nos passions humaines ; nous vivrions pour trouver le plaisir, les biens matériels, ou encore le statut et la reconnaissance aux yeux des autres, comme l’affirme l’apôtre Jean dans sa première lettre, au chapitre 2, verset 16 : « Tout ce qui est dans le monde – la convoitise qui est dans l’homme, la convoitise des yeux et l’orgueil dû aux richesses – vient non du Père, mais du monde. »

Lorsqu'un chrétien vit selon la volonté de Dieu, il affirme que cette volonté est ce qu'il y a de mieux pour lui. Faire de la volonté de Dieu la règle de notre vie révèle notre motivation profonde. Si nous sommes disposés à être guidés, Dieu nous montrera sa volonté. Nous devons être prêts à l'accomplir avant même qu'il ne nous la révèle.

Accepter la volonté de Dieu est une attitude essentielle pour le croyant. Dieu ouvre et ferme des portes. Dieu est le Dieu de la providence. Rien ne survient dans nos vies sans sa volonté. Nous ne forçons pas les portes ; nous attendons qu'il les ouvre. Une porte fermée vaut autant qu'une porte ouverte si c'est le Seigneur qui l'a fermée. Pourtant, nous aimons les portes ouvertes, mais nous sommes moins enthousiastes face aux portes fermées. Pendant leurs voyages missionnaires, les apôtres ont vu beaucoup de projets, beaucoup de portes se fermer. Pourtant, ils voulaient faire la volonté de Dieu en allant dans telle ou telle direction. Mais cela a été l’occasion de se diriger là où d’autres portes s’ouvraient pour que leur ministère soit encore plus efficace et leur joie plus parfaite.

Les lecteurs de Pierre ont déjà passé suffisamment de temps, avant leur conversion, à faire ce qui est naturel aux « non-croyants ». Il leur dit, au verset trois de notre chapitre : « C'est déjà bien suffisant d'avoir par le passé accompli la volonté des non-croyants en marchant dans les désordres, les convoitises, l’ivrognerie, les orgies et autres beuveries ainsi que dans les idolâtries criminelles. » Pierre dit clairement que nous avons tous passé assez de temps à vivre selon le monde. Désormais, nous sommes appelés à vivre en chrétiens. C'est une perte de temps considérable et insensée pour les chrétiens de vivre comme le monde ; nous devons cesser d'hésiter et commencer à vivre en chrétiens. Malheureusement, beaucoup d’entre nous pensent, au fond d'eux-mêmes, ne pas avoir passé assez de temps à faire la volonté des non-croyants. Ils veulent faire davantage l'expérience du monde avant de s'engager pleinement dans une vie dédiée à Dieu. C'est une erreur tragique qui nous éloigne de la vie éternelle.

Dans ce contexte, Pierre parle des non-Juifs, mais plus généralement à ceux qui ne suivent pas le vrai Dieu, comme les incroyants. Pour les disciples de Christ, l'époque où ils vivaient pour la sensualité, le plaisir sexuel, l'ivrognerie, les orgies, les débauches et l'adoration de fausses idoles est révolue. S'ils ont jamais mené une telle vie, ceux qui se sont engagés envers Christ doivent la considérer comme appartenant au passé et n'ayant plus sa place dans leur avenir. Ils sont arrivés à un point où ils se sont dit : « Ça suffit ! J'en ai assez de ce genre de vie. Elle ne me satisfait pas. » Il nous est difficile de penser à nos péchés passés et au mal que nous avons fait avant de venir au Christ. Nos péchés se sont accumulés jusqu'à nous entraîner dans une spirale infernale. Le péché n'est pas un phénomène statique ; il engendre une dynamique de péché, avec pour conséquence une vie futile.

Remarquez encore une fois la différence. Il ne s'agit pas simplement d'une liste de péchés que les chrétiens doivent éviter. Il s'agit d'une liste d'addictions qui piègent ceux qui vivent pour le confort et le plaisir. Ceux qui vivent pour la volonté de Dieu, prêts à endurer la souffrance physique pour l'accomplir, donnent une autre direction à leur vie. Quand Dieu entre dans nos vies, il nous transforme. Nos motivations et nos désirs, nos goûts et nos aversions, tout change. Le salut révolutionne le caractère. Le Sauveur nous change de l'intérieur.

Prions donc ensemble pour que le Seigneur continue de nous transformer à son image : « Seigneur Dieu, nous te remercions d’avoir fait preuve d’une grande patience à notre égard, avant que nous t’appartenions et devenions tes enfants, mais aussi depuis que nos vies ont changé. Merci pour ta compassion à notre égard quand nous avons été infidèles après t’avoir pourtant confié nos vies. Pardonne nos transgressions. Nous te remercions de nous discipliner et de permettre des épreuves pour que nous revenions à toi. Aide-nous à apprendre de nos erreurs et de nos égarements. Que les situations douloureuses que nous pouvons endurer à cause de nos fautes nous conduisent toujours davantage à faire ta volonté, débarrassés de nos mauvais désirs. Seigneur notre Père, nous te prions aussi pour que tu renouvelles les forces de ceux qui souffrent parce qu’ils font ta volonté et refusent d’adopter l’attitude de ceux de leur entourage qui ne t’appartiennent pas. Qu’ils gardent en eux une joie véritable, celle de t’appartenir et d’être soutenu par ton immense bonté. Permets qu’ils puissent vivre leur foi avec leurs frères et sœurs chrétiens, qu’ils soient un exemple pour ceux qui ne te connaissent pas et leur donne envie de venir à toi. C’est au nom de Jésus que nous te prions avec foi, amen. »