1 Pierre 4.12-19

Semaine 4 - jour 5

Première épître de Pierre

1 Pierre 4.12-19

19:17


Pierre nous enseigne comment vivre dans la joie tout en souffrant, pourvu que ce soit parce que nous obéissons à la volonté de Dieu.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la première lettre de Pierre ! Aujourd'hui, nous poursuivons notre réflexion sur le chapitre quatre. Nous en sommes au cinquième et dernier jour de notre survol de ce chapitre, qui porte un regard particulier sur la souffrance des chrétiens. Pierre nous enseigne comment vivre dans la joie tout en souffrant, pourvu que ce soit parce que nous obéissons à la volonté de Dieu. Pierre savait de quoi il parlait ! Il a été persécuté au point de mourir crucifié à Rome. Il devait avoir environ 75 ans selon la tradition. Le livre des Actes nous rapporte ses multiples arrestations, séjours en prison, tortures et condamnations à mort. De nombreux chrétiens ont souffert comme Pierre pour la cause de Christ, et des millions de fidèles sont persécutés de nos jours encore dans de nombreux pays. Nos pays occidentaux ne connaissent pas ce type de persécution violente, mais l’opposition au christianisme et la volonté de l’étouffer sont de plus en plus manifestes. Beaucoup subissent des regards froids, des moqueries en coulisses, des préjugés manifestes et la calomnie. On ne perd pas sa vie, mais on peut perdre son emploi ; on n’a probablement pas à affronter les ténèbres de la prison, mais on peut connaître la solitude et le rejet. Pierre nous montre que dans de telles situations, nous pouvons louer Dieu et vivre dans la joie sans jamais se plaindre, tout en faisant face à la persécution, quelle que soit son intensité. C’est ainsi que la souffrance est nécessaire, comme celle de Jésus l’a été ; mais elle est passagère et, surtout, nous ne la vivons pas seul ! Les versets 12 à 18 de notre chapitre nous l’enseignent clairement. Écoutons-les ensemble : « Mes bien-aimés, ne soyez pas surpris de la fournaise qui sévit parmi vous pour vous éprouver, comme s'il vous arrivait quelque chose d'étrange. Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous prenez aux souffrances de Christ, afin d’être aussi dans la joie et dans l'allégresse lorsque sa gloire sera dévoilée. Si vous êtes insultés à cause du nom de Christ, vous êtes heureux, parce que l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous. [Eux, ils blasphèment l'Esprit, tandis que vous, vous lui rendez gloire.] Que personne parmi vous n’ait à souffrir pour avoir tué, volé, fait le mal ou pour s’être mêlé des affaires d'autrui. Mais si quelqu'un souffre parce qu’il est chrétien, qu'il n'en ait pas honte. Au contraire, qu'il rende gloire à Dieu dans cette situation. En effet, c'est le moment où le jugement commence, et il commence par la maison de Dieu. Or, si c'est par nous qu'il débute, quelle sera la fin de ceux qui n'obéissent pas à l'Évangile de Dieu ? Et si le juste est sauvé avec peine, que deviendront l'impie et le pécheur ? »

Pierre commence par appeler ses lecteurs « bien-aimés », ou « chers amis » selon la Bible en français courant et la Bible du Semeur. Pierre se soucie profondément des chrétiens dispersés d'Asie Mineure et, par extension, de tous les croyants qui liraient ses paroles. Il les exhorte pourtant à nouveau – et nous aussi ! – à s'attendre à de dures épreuves, au lieu d'en être surpris. Nous ne devons pas considérer la persécution comme étrange ou inhabituelle pour le peuple de Dieu. Des difficultés de toutes sortes surviendront. Pour les chrétiens du premier siècle, cela incluait une persécution politique et sociale intense en raison de leur foi en Christ.

De faux docteurs égarent les chrétiens, encore aujourd'hui, en leur disant de ne s'attendre qu'à des jours heureux si nous faisons des choix qui plaisent à Dieu. Pierre réfute cette idée, disant aux croyants de s'attendre à exactement le contraire. En substance, ne jugeons pas le caractère ou la fidélité de Dieu à l'aune de nos circonstances ! Ce que nous endurons pour la cause de Christ met notre foi à l'épreuve ou, comme Pierre l'écrira plus loin, servent de creuset à l'Église pour purifier sa foi. Le peuple élu de Dieu ne devrait donc pas être surpris lorsque la souffrance survient. Or, Pierre nous donne une instruction pour le moins étrange : réjouissons-nous, clame-t-il ! L’idée de choisir la joie face à l’épreuve paraît aberrante. Pourtant, elle est cohérente avec tout ce que l’apôtre a écrit jusqu’ici.

Avant d’être en Christ, nos vies étaient dénuées de sens. En Christ, nos vies ont un sens et une importance considérables, car la vie de Christ est pleine de sens et d’importance. Un jour viendra où toute la gloire de Christ sera révélée à l’univers. Sa pleine valeur deviendra évidente pour tous. Par extension, nos vies se révéleront elles aussi riches de sens et de valeur ce jour-là. Et dans la mesure où nous aurons souffert pour lui, notre joie et notre allégresse seront d’autant plus grandes. C’est aussi ce qu’affirme l’apôtre Paul, dans sa lettre aux Romains, au chapitre 8, verset 17 : « Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui afin de prendre aussi part à sa gloire. » Nous ne comprenons pas encore pleinement la portée de ce moment – comment le pourrions-nous ? Cependant, nous comprenons que c’est le moment vers lequel toute l’histoire humaine nous a conduits. Nous acceptons par la foi que les souffrances endurées pour Christ aujourd’hui contribueront à notre joie future. Cela permet aux croyants de considérer la souffrance endurée pour Christ comme un motif de joie, même si nous préférerions sans aucun doute qu'elle cesse. Répétons-le : le chrétien ne recherche pas la souffrance, et n’y trouve aucun plaisir en soi, mais il apprend à se réjouir en toutes circonstances, même dans la souffrance.

Pierre a personnellement entendu Jésus expliquer cette vision des choses lors de son Sermon sur la montagne. En effet, comme nous le lisons au chapitre 5, verset 11 de l’évangile selon Matthieu, Jésus a dit : « Heureux serez-vous lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi. » Auparavant, Pierre exhortait les chrétiens à se réjouir de souffrir pour Christ. Ils se réjouiront lorsque sa gloire sera révélée, dans la mesure où ils auront participé à ses souffrances. À présent, Pierre rappelle aux chrétiens que c'est un privilège – ils sont bénis – d'être insultés pour le nom de Christ : les hommes peuvent vous insulter, mais l'Esprit de Dieu repose sur vous. C'est un motif de joie !

Tout dépend de la façon dont les chrétiens choisissent d'appréhender leur situation. On peut se dire : « Je suis insulté parce que je suis chrétien ; c'est une mauvaise journée. Ma vie est un désastre. Où est Dieu ? » Ou bien : « Je suis insulté parce que je suis chrétien. Quelle bénédiction d'être si étroitement associé à Jésus-Christ que le monde me traite comme il l'a traité ! C'est précisément le sens de ma vie ! » Il ne s'agit pas d'adopter une attitude faussement spirituelle, mais de corriger notre perspective au moment de la souffrance afin qu'elle corresponde à nos croyances réelles sur qui nous sommes en Christ.

Pierre précise toutefois que toutes les souffrances ne sont pas honorables. Il dit clairement au verset 15 de notre chapitre : « Que personne parmi vous n’ait à souffrir pour avoir tué, volé, fait le mal ou pour s’être mêlé des affaires d'autrui. » Un chrétien qui subit les conséquences naturelles de ses choix pécheurs, y compris la punition infligée par l'État pour une activité criminelle, ne doit pas se méprendre et croire qu'il souffre pour Christ ! Aucun chrétien n'est tenu de souffrir comme un meurtrier, un voleur ou un fauteur de troubles. Dieu n'exige d'aucun chrétien qu'il souffre pour avoir commis un acte immoral ou mauvais. La raison est simple et logique : Dieu n'ordonne jamais à un chrétien de faire de telles choses. Même s'ils sont eux-mêmes persécutés, insultés ou accusés à tort, les chrétiens sont appelés à une conduite bonne et morale. Il peut être facile de justifier des représailles contre ceux qui tuent d'autres chrétiens ou qui confisquent nos biens. Mais se faire du mal à soi-même n'est pas quelque chose dont on peut se glorifier en Christ. Pierre nous dit de ne pas confondre les châtiments mérités pour des crimes avec la véritable souffrance endurée pour Jésus. En fait, les chrétiens qui ne suivent pas les commandements de Jésus et ne font pas sa volonté déshonorent Jésus ; ils devraient en avoir honte. En revanche, Pierre précise au verset 16 de notre chapitre que « si quelqu'un souffre parce qu’il est chrétien, qu'il n'en ait pas honte. Au contraire, qu'il rende gloire à Dieu dans cette situation. »

Le mot « chrétien » n'apparaît que trois fois dans la Bible : dans ce verset, et deux fois dans le livre des Actes. Il est possible que ce mot ait été utilisé comme une insulte par les non-croyants à l'époque de Pierre. Cependant, l’apôtre réfute l'idée que l'association avec Christ puisse être perçue comme une insulte. Être chrétien c’est littéralement « appartenir à Christ ». Les croyants ne doivent éprouver aucune honte à souffrir sincèrement pour Jésus. Au contraire, nous devrions glorifier Dieu avec audace, au nom de Christ, au cœur même de nos souffrances. Porter le titre de chrétien est un honneur, si cela témoigne véritablement de notre identité en Christ et de notre place éternelle dans la famille de Dieu. Si nous sommes suffisamment différents du monde et suffisamment semblables à Christ pour que le monde nous haïsse, c'est le signe que nous sommes sur la bonne voie. Est-ce que la honte vous empêche de parler de votre foi dans votre entourage ? Si oui, vous avez perdu votre assurance en tant que chrétien. Notre lien avec Jésus-Christ est si fort que rien ni personne ne peut nous intimider. Nous pouvons affronter sereinement la honte et la peur car notre identité est en Christ.

En réalité, Dieu juge ses enfants ici-bas. C'est une idée difficile à accepter pour certains, mais c'est ce que Pierre affirme quand il dit au verset 17 de notre chapitre : « En effet, c'est le moment où le jugement commence, et il commence par la maison de Dieu. Or, si c'est par nous qu'il débute, quelle sera la fin de ceux qui n'obéissent pas à l'Évangile de Dieu ? » C’est ce que nous lisons aussi dans la lettre aux Hébreux tout au long du chapitre 12 : notre Dieu est un Père qui corrige ses enfants, parce qu’il les aime. Il est cependant essentiel de bien comprendre qu’il ne s'agit pas d'un jugement visant à punir nos péchés ou à nous rendre dignes du ciel. Pierre a clairement indiqué au chapitre trois que Jésus a été notre substitut sur la croix. Il a été puni pour tous nos péchés. Ce jugement est accompli. Le jugement auquel Pierre fait référence ici a pour but de purifier notre foi, comme nous l’avons vu au chapitre 1. Il vise à nous amener à faire davantage confiance à Dieu, ainsi qu’à abandonner l'espoir de trouver satisfaction ailleurs qu'en lui. C'est notre foi, notre confiance en lui, que notre Père chérit en nous. Il la chérit tellement qu'il est prêt à permettre que nous traversions de grandes souffrances pour nous aider à devenir pleinement dépendants de lui.

Pierre soulève un point important concernant le jugement de Dieu. Dieu permet que ses enfants bien-aimés souffrent sous son jugement afin de les purifier et de les sauver. Il faut donc considérer que ceux qui rejettent totalement la foi en Christ, en refusant l'Évangile, connaîtront un sort bien pire. Pour appuyer son propos, Pierre fait référence à un proverbe biblique, qui se trouve au verset 31 du onzième chapitre du livre des Proverbes : « Et si le juste est sauvé avec peine, que deviendront l'impie et le pécheur ? » Il est vrai que les chrétiens éprouvent des difficultés à être sauvés car ils peinent à comprendre la grâce. L'Évangile en lui-même n'est pas difficile, mais il est difficile de comprendre que le salut est un don de la grâce, et non le fruit de nos propres efforts. La foi en Christ est imméritée, et la plupart des gens ont du mal à abandonner l'idée que le salut repose sur les œuvres.

En fait, Dieu juge ses enfants durant leur vie terrestre afin de fortifier et de purifier leur foi. Pierre ne prétend certes pas que les chrétiens sont ceux qui s'efforcent d'être sauvés et qui, par leurs seuls efforts, accèdent de justesse au ciel. Nous n'y parvenons que grâce au sacrifice parfait de Jésus sur la croix pour tous nos péchés ; l’apôtre l’a bien dit au chapitre 3. Ce que Pierre affirme, c’est que le salut éternel par la foi en Christ s'acquiert « avec difficulté » durant cette vie terrestre. Notre Père aimant nous traite comme des enfants qui ont besoin d'être disciplinés pour apprendre à lui faire confiance et à suivre sa voie. Autrement dit, Dieu nous appelle justes en Christ, puis utilise les épreuves de notre vie pour accroître notre confiance en lui et nous rendre toujours plus semblables à Jésus-Christ.

Mais que deviendront les impies et les pécheurs ? Les chrétiens se perçoivent souvent comme des pécheurs et des impies. Leurs actions pourraient le laisser croire. Mais dans ce contexte, Pierre ne parle pas des croyants ; il parle de ceux qui « désobéissent à l’Évangile de Dieu ». Si Dieu permet aux justes en Christ de subir de telles épreuves par amour pour nous, quelles épreuves attendront ceux qui le méprisent en rejetant la foi en Jésus ? La réponse implicite est qu’elles seront bien plus terribles pour eux que pour nous.

Comment les chrétiens doivent-ils réagir face à la souffrance dans cette vie, en particulier face à celle que nous endurons en raison de notre identité avec Jésus ? Pierre résume en grande partie sa réponse à cette question au verset 19, qui termine notre chapitre : « Ainsi, que ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu s’en remettent à lui comme au fidèle Créateur, en faisant ce qui est bien. »

Tout d’abord, nous devons comprendre que la souffrance fait partie de la volonté de Dieu. Jusqu’à présent, Pierre a révélé que Dieu peut se servir de notre espérance face à l’épreuve pour amener d’autres personnes à la foi en Christ. Il peut utiliser nos luttes pour la gloire de Christ. Et il peut utiliser la souffrance comme une forme de discipline pour fortifier notre foi en lui.

Ainsi, conscients que nous pouvons traverser des moments difficiles selon la volonté de Dieu, nous sommes appelés à lui confier nos âmes, à lui, notre Créateur fidèle et digne de confiance. C’est une déclaration, pour nous-mêmes et pour le monde qui nous entoure, que nous n’attendrons pas que les circonstances s’améliorent pour reconnaître la bonté de Dieu. Nous croirons que notre Dieu si bon prend soin de nous à travers nos souffrances et pour la gloire éternelle.

Nous confions nos âmes à celui qui les a créées, ainsi que toute chose. Nul n’est plus digne de notre confiance. Alors, que devons-nous faire maintenant, en attendant ce jour, même si nous souffrons ? Comment témoigner de notre confiance en Lui ? Nous témoignons au monde par nos bonnes actions. Rien n’exprime mieux notre foi en Dieu par Christ que de persévérer dans le bien, même et surtout dans l'épreuve. Lorsque nous choisissons de ne pas gaspiller notre énergie à nous venger ou à rechercher des plaisirs futiles, nous démontrons que nous sommes véritablement un peuple saint, entièrement consacré à Dieu pour accomplir ses desseins.

Prions donc ensemble dans la joie, à la fin de notre réflexion sur ce chapitre remarquable, quelles que soient nos circonstances : « Notre Dieu, toi qui ne nous as pas condamnés à cause de nos nombreuses fautes, mais qui nous as sauvés de la mort par ton Fils Jésus-Christ, nous te louons pour ton immense bonté ! Tu nous aimes au point de nous reprendre et de nous corriger pour que nous nous attachions à toi de plus en plus, pour que nous ressemblions davantage, jour après jour, à notre modèle parfait, Jésus, homme et Dieu à la fois. Il n’a pas hésité à devenir comme nous pour nous montrer l’exemple parfait d’une vie vécue dans notre monde pour ta gloire, et ta gloire seule. Nous ne saisissons pas l’intensité de ses souffrances pour t’obéir jusqu’au bout afin de nous épargner le jugement fatal. Mais nous t’en remercions de tout notre cœur, et voulons accepter à notre tour dans la joie les souffrances qui peuvent survenir parce que nous avons foi en toi. Nous acceptons ta discipline et les souffrances qui les accompagnent, pour mieux te ressembler et t’adorer. Accepte cette prière au nom de Jésus, qui nous remplit de ta joie, amen. »