1 Pierre 4.8-11

Semaine 4 - jour 4

Première épître de Pierre

1 Pierre 4.8-11

20:58


Un disciple de Christ doit faire de la démonstration de l'amour de Jésus envers autrui sa priorité absolue. C'est une exigence constante, mais particulièrement cruciale en période d'épreuve. S'aimer les uns les autres est aussi une réponse appropriée à la conscience que la fin de toutes choses est proche, comme mentionné au verset précédent.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre première lettre de Pierre ! Nous en sommes au quatrième jour de notre réflexion sur le chapitre quatre, et nous étudierons ensemble sur les versets 8 à 11.

Pour la deuxième fois dans cette lettre, Pierre exhorte les chrétiens à s'aimer les uns les autres avec ferveur. Écoutons ce qu’il nous demande au verset huit : « Avant tout, ayez un amour ardent les uns pour les autres, car ‘l'amour couvrira une foule de péchés.’ »

Le mot grec traduit par « ardent » ou « avec ferveur » est employé pour décrire les muscles d'un athlète se surpassant pour remporter une course. Pierre écrit que les chrétiens doivent s’aimer « par-dessus tout ». Un disciple de Christ doit faire de la démonstration de l'amour de Jésus envers autrui sa priorité absolue. C'est une exigence constante, mais particulièrement cruciale en période d'épreuve. S'aimer les uns les autres est aussi une réponse appropriée à la conscience que la fin de toutes choses est proche, comme mentionné au verset précédent. Sachant que le Jour du Seigneur peut survenir à tout moment, les croyants doivent redoubler d'efforts dans leur engagement mutuel.

Enfin, s'aimer les uns les autres de cette manière couvre une multitude de péchés. L'expression « l'amour couvre une foule de péchés » est tirée du livre des Proverbes, au chapitre 10, verset 12. Elle s’appliquait déjà à tout le peuple d’Israël. Dieu nous appelle à cacher le péché des autres fidèles afin que nul n'en perçoive la moindre trace. Il ne s'agit pas de notre propre péché, mais de celui de notre frère ou sœur en Christ. L'amour fervent nous pousse à pardonner et à oublier les offenses subies. Nous n'aggraverons pas la situation en répandant des ragots au sein de la communauté chrétienne. En taisant les fautes, nous contribuons à étouffer les commérages. Celui qui colporte des rumeurs ne fait pas preuve d'amour ; il blesse. Le véritable amour ne laisse rien transparaître des erreurs passées. C’est aussi une sentence du livre des Proverbes. Pierre rejoint ici l’enseignement de Jacques, qui recommande ceci à propos des chrétiens qui se sont égarés : « Mes frères et sœurs, si quelqu'un parmi vous s'est égaré loin de la vérité et qu'un autre l'y ramène, sachez que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s'était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une foule de péchés. »

Il convient pourtant d'interpréter cette affirmation avec prudence. Cela ne signifie pas que nos actes d'amour les uns envers les autres puissent nous valoir le pardon de Dieu. Pierre ne veut pas dire que nous expions nos péchés par de bonnes œuvres. Cela contredirait l'enseignement du Nouveau Testament : nos péchés sont rachetés par la mort de Christ sur la croix, et le pardon ne s'obtient que par la foi en lui. L'idée que notre amour les uns pour les autres couvre une multitude de péchés est plutôt liée à notre imperfection. Les chrétiens ne sont pas encore sans péché. Nous ne sommes pas parfaits. Nous avons choisi de vivre loin du péché, mais il nous arrive encore de dévier. Nous commettons des erreurs, même avec les meilleures intentions. S'aimer les uns les autres, c'est se pardonner, oublier les blessures du passé et s'édifier mutuellement dans l'épreuve. Il est plus difficile pour le péché et le ressentiment de prospérer dans une communauté imprégnée d'un amour à l'image de Christ.

Pierre poursuit son enseignement sur la manière dont les chrétiens doivent vivre, conscients que la fin de toutes choses est proche. L'histoire poursuit son cours et Christ pourrait revenir comme juge à tout moment. Le premier commandement de Pierre dans ce passage est de garder l'esprit clair et vigilant afin de pouvoir prier. Ensuite, il nous exhorte à nous aimer les uns les autres sincèrement, comme un athlète s'efforce de remporter une course. Maintenant, Pierre exhorte les chrétiens à manifester leur amour en offrant l'hospitalité sans se plaindre. Il leur dit en effet : « Exercez l'hospitalité les uns envers les autres sans murmurer. » « Murmurer » signifie parler à voix basse, comme la prononciation du mot lui-même l’indique. Murmurer, c’est chuchoter pour exprimer souvent le mécontentement. Murmurer ainsi, c’est se plaindre.

Se plaindre, c'est manifester son mécontentement face à son sort. Les murmures n'encouragent pas les chrétiens et ne témoignent pas de gratitude envers Dieu. C'est une plainte contre la satisfaction que Dieu nous accorde quant à notre sort. Quand nous nous plaignons, nous nous en prenons à la providence divine. « Seigneur, exauce mes désirs, mais ne m'impose pas les problèmes des autres. » Dieu veut que nous servions les autres avec plus qu'un simple sourire de façade. Non, il désire que nous le fassions avec un cœur sincère. Ne donnons donc pas à contrecœur. Sinon, nous perdrons la bénédiction. Lorsque nous utilisons nos biens pour Dieu, il nous bénit. Servez-vous par devoir ? Vous plaignez-vous parce qu'on vous demande de donner ?

Les chrétiens d'aujourd'hui ont tendance à concevoir l'hospitalité comme le fait d'inviter des gens à dîner ou d'accueillir une famille de missionnaires de passage. À l'époque de Pierre, l'hospitalité chrétienne était un besoin bien plus grand et pouvait aussi représenter un lourd fardeau. En effet, de nombreux chrétiens étaient contraints de fuir la persécution. Souvent, cela impliquait de voyager avec des ressources limitées. Ces réfugiés comptaient sur leurs frères et sœurs en Christ pour partager un toit et de la nourriture, lors de leurs déplacements d'une ville ou d'une région à l'autre.

Une telle hospitalité pouvait être risquée. D'une part, ceux qui offraient cette hospitalité n'avaient peut-être pas grand-chose eux-mêmes. D'autre part, héberger des inconnus pouvait être dangereux s'ils n’étaient pas ceux qu'ils prétendaient être. Même des croyants sincères pourraient abuser de la générosité d'un autre chrétien. Pourtant, Pierre nous rappelle, à nous comme à ses lecteurs, que c'est ainsi que se manifeste l'amour familial. Cela fait partie de notre vocation en tant que peuple élu de Dieu. Nous devrions saisir l'occasion de témoigner de cet amour désintéressé, au lieu d'offrir une telle hospitalité à contrecœur.

L'hospitalité est en fait une manifestation de l'amour. D’ailleurs, la lettre aux Hébreux établit un lien entre amour et hospitalité. Au chapitre 13, versets un et deux, l’auteur va jusqu’à dire ceci : « Persévérez dans l'amour fraternel. N'oubliez pas l'hospitalité, car en l'exerçant certains ont sans le savoir logé des anges. » Si nous avons de la place pour les autres dans nos cœurs, nous aurons aussi une place pour eux dans nos foyers. Et si les chrétiens ne se traitent pas bien entre eux, il est certain qu'ils ne traiteront pas bien ceux qui ne croient pas en Christ.

Pierre nous dit encore au verset 10 de notre chapitre que nous devrions adopter une perspective très différente de celle du monde concernant tout ce que nous considérons comme « nôtre » : « Comme de bons intendants des diverses grâces de Dieu, mettez chacun au service des autres le don que vous avez reçu. » Un intendant - on dit aussi un « gérant » -, est une personne chargée de gérer les biens d'autrui. Tout bien que nous possédons nous appartient uniquement par la grâce de Dieu ; il est destiné à être utilisé pour son dessein. Ne pas utiliser les dons que Dieu nous a faits pour servir les autres, c'est manquer à notre devoir d'intendant. Utiliser sagement tout ce que nous avons pour servir les autres fait partie intégrante de notre mission en tant que peuple consacré à Dieu. Dieu ne nous demande pas seulement d'être des intendants, mais de bons intendants. « Bon » souligne la qualité. Dieu veut que nous utilisions la gestion de nos dons de manière qualitative. Pierre sous-entend que nous devons considérer tout ce que nous possédons comme un don de Dieu. Après tout, nous ne possédons rien que Dieu ne nous ait donné. Dans sa lettre, l’apôtre Jacques, au chapitre 1, verset 17, le disait ainsi : « Tout bienfait et tout don parfait viennent d'en haut ; ils descendent du Père des lumières. » Chacun de nous a reçu au moins un don spirituel. Nous ne l'avons pas mérité. Dieu nous l'a offert sans condition. Tout ce que nous possédons, Dieu nous l'a donné. Certains d'entre nous n'ont peut-être pas le sentiment d'être particulièrement doués, mais Dieu nous a dotés de dons. Nous n'avons peut-être pas un don visible ou spectaculaire, mais nous possédons un don. Paul nous exhorte à faire éclore nos dons, sinon ils ne pourront pas s'épanouir.

Au premier siècle, les propriétaires terriens confiaient la gestion de leurs vastes domaines à des intendants. Ces intendants étaient très souvent des esclaves capturés dans d'autres régions du monde. Il pouvait s’agir de chefs d'État ou d'hommes d'affaires influents. Un intendant était avant tout un gestionnaire de maison ou de domaine. Le propriétaire du domaine tenait l'intendant responsable de la gestion de la mission qui lui avait été confiée. Il plaçait ses biens entre les mains fidèles de l'intendant. Dieu souhaite que nous gérions fidèlement nos dons, à l'image d'un intendant. Un intendant est celui à qui Dieu confie des ressources spécifiques. Joseph, dans l'Ancien Testament, était l'administrateur des biens du Pharaon, tout comme Daniel l’a été pendant sa captivité à Babylone. Dieu nous a placés comme administrateurs de nos propres dons, et veut que nous soyons dignes de confiance, non pas célèbres. Il ne désire même pas que nous réussissions aux yeux des autres, mais que nous soyons fidèles. Un intendant sert autrui en distribuant ses dons pour répondre à ses besoins. Un bon intendant gère avec sagesse les dons que Dieu lui a confiés. En tant que ministres de Christ, Dieu nous confie les trésors de l'Évangile. La première condition est d’être digne de confiance.

Nous devrions voir tout ce qui nous a été donné comme une occasion de servir les autres chrétiens. Pierre insiste sur le fait que le don est destiné aux autres. Cela souligne l'objet du don : nos dons sont pour autrui, non pour nous-mêmes. Les dons ne doivent pas servir un but égoïste. Chaque don est un canal qui transmet la bénédiction pour laquelle Dieu l'a conçu. Nous sommes un canal, non un réservoir. Nous sommes les instruments de la bénédiction divine vers autrui. Nous sommes le moyen par lequel la bénédiction de Dieu se répand.

Quel genre d'intendant avez-vous été avec les dons que Dieu vous a donnés ? Avez-vous fait fructifier vos dons spirituels ? Les avez-vous négligés ? Utilisez-vous vos dons pour servir les autres ? Il y a de la place pour tous au service du Roi ! La grâce de Dieu se manifeste sous toutes ses formes et couleurs. Une grande variété de dons est nécessaire pour qu'une église saine et florissante puisse prospérer. L'Église a besoin de personnes aux rôles importants et d'autres aux rôles plus modestes ; sans eux, elle ne serait pas l'Église.

Seriez-vous prêt à vous mettre au service de Dieu dans votre église locale ? Sans vous, l'œuvre du Seigneur en pâtira. En fin de compte, nous ne servons pas l'Église, mais le Seigneur. Il attend simplement le meilleur de nous-mêmes, rien de plus. Il veut simplement que nous fassions ce que nous pouvons avec les moyens dont nous disposons.

Pierre élargit la notion de dons au-delà des simples biens matériels comme la nourriture, les maisons et l'argent, pour y inclure les dons de la parole et du service. Il nous dit au verset 11 de notre chapitre : « Si quelqu'un parle, qu’il annonce les paroles révélées de Dieu ; si quelqu'un accomplit un service, qu’il le fasse avec la force que Dieu communique, afin qu'en tout Dieu reçoive la gloire qui lui est due à travers Jésus-Christ. C’est à lui qu’appartiennent la gloire et la puissance, aux siècles des siècles. Amen ! »

Tout comme nos possessions matérielles, les capacités à parler et à servir sont des dons de la grâce de Dieu. Elles doivent donc également être utilisées pour nous servir les uns les autres. Pierre nous exhorte à les exercer au nom de Dieu, avec sa force et pour sa gloire. Autrement dit, en tant que personnes mises à part pour les desseins de Dieu, nous accomplissons sa volonté en nous servant les uns les autres.

Ainsi, lorsque nous nous encourageons mutuellement, nous transmettons la parole de Dieu. Lorsque nous consacrons du temps et de l'énergie à répondre aux besoins des autres, nous puisons dans la force même de Dieu. Prononcez-vous la Parole de Dieu avec force, celle qui vient de Dieu lui-même ? Nous ne cherchons pas à plaire aux hommes lorsque nous proclamons la Parole de Dieu. Nous proclamons la vérité sans détour. Jean-Baptiste est un exemple de celui qui, loin d'être une simple girouette, était un guide clair et précis. De même, la façon dont Jésus parlait était tout sauf timide. C'est pourquoi on disait : « Jamais homme n'a parlé comme lui. » Aujourd'hui, nous disposons d'une Bible complète, écrite intégralement pour notre édification. C’est le fondement de toutes nos croyances. Toutes nos convictions se trouvent dans ce livre. Dieu utilisera sa Parole. Il ne promet pas d'utiliser un plan, un sermon ou une conférence. Il a promis d'utiliser la vérité. Vous appuyez-vous sur l'éloquence et la logique ? Appuyez-vous plutôt sur sa Parole, et il bénira votre ministère. Prêchez la Parole et laissez-lui faire le reste. De même que nous dépendons du Seigneur pour proclamer fidèlement la vérité divine par la lumière qu’il nous révèle, nous comptons aussi sur lui pour servir autrui. Lorsque nous servons, la vie de Christ en nous édifie les autres.

Nous n’accomplissons pas cela par nos propres forces. Notre ministère jaillit de la puissance de Dieu. Cette force ne nous appartient pas ; elle nous est donnée. Dieu rend efficaces et authentiques nos actions par la puissance de l’Esprit. Nous agissons par la force de Dieu, un don précieux qu’il nous confère.

Dieu nous fournit tout ce dont nous avons besoin pour le servir. Nos dons ne sont pas le fruit de notre propre invention. Dieu nous les donne et nous donne aussi la capacité de les utiliser. Il est à la fois la source de nos dons et le moyen de les faire fructifier. Souvent, nous agissons comme si c'était notre don exceptionnel qui produisait tous les résultats. L'orgueil n'a pas sa place, car du début à la fin, c'est Dieu qui pourvoit à tous nos besoins.

Pierre nous rappelle enfin que Dieu est celui qui mérite la gloire et la puissance pour l'éternité. Choisir d'utiliser nos vies pour lui rendre gloire nous permet de participer au but même pour lequel l'univers a été créé. Toute gloire qui nous est accordée pour ces actions revient à Dieu. Nos vies – nos talents, nos ressources, nos maisons et notre aide – sont consacrées à son plan et à sa gloire. Nous devons exercer nos dons avec un souci d'excellence, sans pour autant que ceux-ci attirent l'attention sur nous-mêmes. L'attention doit être portée sur le Seigneur Jésus. Si l'excellence est le fruit de la connaissance, de la conviction et d'une préparation rigoureuse, le renoncement à soi, lui, est le fruit de notre confiance en Dieu. L’utilisation de nos dons sans renoncement à soi attire l'attention sur soi, mais lorsqu’elle est alliée au renoncement à soi, elle attire l'attention sur Dieu.

Vivez-vous une vie de louange ? Attribuez-vous à Dieu ce qu'il est réellement ? La tentation de nous attribuer la gloire est toujours présente. Lorsque nous parlons ou entreprenons une action pour le Seigneur, nous avons tendance à nous en attribuer le mérite. Or, nous ne devons pas voler la gloire de Dieu, car il ne partage sa gloire avec personne. Lorsque nous sommes tentés de nous féliciter, nous nous aventurons sur un terrain dangereux. Ne nous approprions donc ni le mérite ni les louanges, mais reconnaissons la souveraineté de Christ sur nos vies et la puissance manifestée de Dieu dans les circonstances de notre vie.

Si nous vivons pour sa gloire, nous utiliserons nos dons à des fins éternelles. Nos actions présentes ont des conséquences éternelles. L'expression « aux siècles des siècles » inscrit notre ministère et nos dons dans une perspective éternelle. Nous devons garder à l'esprit les valeurs éternelles. Nous considérons le temps du point de vue de l'éternité.

Et c’est dans cette attente active de l’éternité avec notre Seigneur que je vous invite à prier ensemble à la fin de notre étude : « Notre Dieu et notre Père, tu connais notre tendance naturelle à nous vanter de nos belles actions et nos réalisations, au lieu de t’attribuer la gloire qui t’est due. Pardonne notre orgueil, nous te prions, toi qui nous as tout donné, nos dons comme la force de les utiliser. Corrige nos mauvais penchants, car c’est toi que nous devons honorer. Nous voulons te rendre gloire avec nos frères et sœurs. Permets que notre amour envers eux augmente pour que nous te servions ensemble dans l’unité, et que nous nous servions les uns les autres avec les capacités et la puissance que tu nous as offertes. Nous te remercions pour tout ce que tu nous as donné ; nous n’avons rien que nous n’ayons reçu de toi, les biens matériels comme les dons naturels et spirituels. Que la gloire te soit donc rendue en toutes choses car c’est à toi qu’elle appartient, et c’est sur ta puissance que nous comptons pour pouvoir te servir avec force dans la joie jusqu’au moment où nous te rencontrerons enfin pour l’éternité. Amen ! »