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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la première lettre de Pierre en compagnie de Tom Holladay ! Nous en sommes à notre cinquième semaine et nous allons étudier ensemble le chapitre cinq, le dernier de cette lettre. Aujourd'hui, nous allons concentrer notre attention sur les trois premier versets. Tout au long de ce livre, nous avons parlé de la façon dont nous pouvons vivre une vie meilleure dans ce monde. Nous avons vu que cela s'applique à notre vision de l'avenir, à notre caractère, à nos relations et à notre façon d'affronter la souffrance. Cette semaine, nous verrons que cela s'applique aussi à notre façon de diriger les églises locales. Écoutons ce que Pierre nous dit au tout début de notre chapitre : « Voici donc les recommandations que j’adresse à ceux qui sont anciens parmi vous, moi qui suis ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ et participant de la gloire qui doit être révélée. »
Les anciens auxquels Pierre s’adresse avaient des responsabilités particulières au sein de leur communauté locale. La notion d'ancien est issue de la culture israélite. Le livre de l’Exode parle déjà des anciens d’Israël avant la sortie du peuple du pays d’Égypte, auxquels Moïse donnait les instructions qu’il avait reçues de Dieu pour qu’ils les transmettent au peuple entier. Le terme « ancien » évoque la maturité et la sagesse qu'une personne âgée est censée posséder, la rendant apte à exercer un rôle de responsable. Dans son application, il s'agit davantage de sagesse et de maturité que d'un âge précis, et l’Église primitive avait des anciens qui étaient jeunes, comme Timothée, l’ami proche de l’apôtre Paul.
Paul et Barnabas avaient pour pratique de nommer solennellement des anciens dans les Églises qu'ils avaient fondées. C’était notamment le cas dans les églises d’Antioche et des environs, comme nous le lisons dans le livre des Actes, au chapitre 14, verset 23 : « Ils désignèrent des anciens dans chaque Église et, après avoir prié et jeûné, ils les confièrent au Seigneur en qui ils avaient cru. » Ces anciens avaient pour fonction de diriger une église locale. Parmi eux se trouvaient des prédicateurs et des enseignants. C’est ainsi que Paul dit à Timothée, dans sa première lettre, au chapitre 5, verset 17 : « Que les anciens qui dirigent bien soient jugés dignes d'une double marque d’honneur, surtout ceux qui travaillent à la prédication et à l'enseignement. » Ils sont chargés à leur tour de nommer et de guider les anciens et autres responsables . Dans sa deuxième lettre à Timothée, au chapitre 2, verset 2, Paul dit encore à Timothée : « Ce que tu as entendu de moi en présence de nombreux témoins, confie-le à des personnes fidèles qui soient capables de l'enseigner aussi à d'autres. »
Pierre était légitime pour prendre la parole car il était un ancien parmi le groupe des douze disciples et apôtres. Bien qu'il ait été manifestement le disciple le plus éminent, il ne revendiquait aucun privilège ni position particulière. Il se considérait simplement comme un ancien parmi tous les autres. Il ne cherchait pas à se mettre en avant. Au début de sa lettre, il se présente comme « apôtre de Jésus-Christ ». Un apôtre a une autorité supérieure à celle d'un ancien. L'apostolat représente l'autorité suprême au sein de l'Église. Par exemple, les apôtres étaient habilités à écrire les Écritures, inspirés par le Saint Esprit. Pierre affirme son autorité de dirigeant de l’Église en se qualifiant d'« ancien » et de « témoin » des souffrances de Christ. Il n'a pas usurpé l'autorité d'ancien suprême et exclusif.
Pierre était avec Jésus dans le jardin de Gethsémané lors de son arrestation et dans la salle du grand prêtre. On ignore s'il l'a suivi jusqu'à la croix, et les évangiles ne précisent pas qu’il était personnellement présent lors de la crucifixion ; seul Jean mentionne explicitement sa présence. Pierre et d'autres apôtres figuraient peut-être parmi « tous ses amis » qui ont observé l'événement de loin et qui sont mentionnés dans l’évangile selon Luc, au chapitre 23. Le souvenir des souffrances de Jésus rend son exhortation aux autres anciens d'autant plus forte. C'était comme s'il disait : « Vous êtes les responsables du peuple pour lequel Jésus-Christ a souffert, et je l'ai vu souffrir. » Pourtant, nous savons aussi que beaucoup ont vu Jésus souffrir, et que cela ne les a pas affectés comme cela a affecté Pierre et ceux qui ont vu avec foi. Comme l’a souligné le grand prédicateur anglais Charles Spurgeon dans l’un de ses sermons : « Des milliers de personnes ont été témoins oculaires des souffrances de notre Seigneur, mais n’en ont pas saisi le véritable sens. Ils ont vu le Serviteur Souffrant souillé de son propre sang ; mais ils n’ont jamais regardé dans ses plaies avec les yeux de la foi. Des milliers ont vu le Sauveur mourir, mais ils sont simplement retournés à Jérusalem, certains se frappant la poitrine, mais aucun ne croyait en lui, ni ne connaissait vraiment le secret de cette mort si particulière. »
La « gloire » dont Pierre parle ici désigne le second avènement de Jésus-Christ. Cet événement marquera le grand triomphe de Jésus sur le monde. Il sera le Roi Jésus, Roi du monde. Nous avons vu que Pierre associe déjà les souffrances et la gloire de Christ au début de sa lettre, au verset 11 du premier chapitre lorsqu’il parle des prophètes qui exploraient les Écritures à propos du Messie : « L'Esprit de Christ… attestait d'avance les souffrances du Messie et la gloire dont elles seraient suivies. »
Les souffrances de Jésus constituent son premier avènement, mais sa gloire se manifestera lors de son second avènement. L’apôtre nous associe aux souffrances et à la gloire de Christ dans sa lettre aux Romains, au chapitre 8, verset 18 : « J'estime que les souffrances du moment présent ne sont pas dignes d’être comparées à la gloire qui va être révélée pour nous. » Notre gloire est à venir ! Pierre l'affirme également au chapitre 4 de sa lettre : ceux qui participent aux souffrances de Christ participeront à sa gloire. Cet avènement glorieux est certain et déterminé. La gloire suprême du chrétien est encore à venir. Le Second Avènement sera un jour de grande joie car notre Seigneur établira son royaume sur la terre. Cet événement mettra fin à toute souffrance. Nous verrons Jésus dans toute sa gloire. Quel jour merveilleux ce sera !
En attendant, l’Église doit se préparer à cet événement et a besoin de responsables spirituellement mûrs pour guider les fidèles et perpétuer fidèlement l’enseignement de Jésus-Christ et des apôtres. C’est pourquoi Pierre s’adresse ainsi aux anciens aux versets 2 et 3 de notre chapitre : « Prenez soin du troupeau de Dieu qui est sous votre garde [en veillant sur lui] non par contrainte, mais de bon gré, [selon Dieu]. Faites-le non par recherche d’un gain, mais avec dévouement, non en dominant sur ceux qui vous sont confiés, mais en étant les modèles du troupeau. »
Dans l'évangile selon Jean, au chapitre 21, se déroule un moment poignant et bouleversant entre Jésus et Pierre. Cet événement survient après la résurrection de Christ. Avant la crucifixion, Pierre avait renié Jésus à trois reprises, à sa grande honte. Comme le rapporte Jean, Jésus lui a demandé trois fois s'il l'aimait. À chaque fois, Pierre a affirmé l'aimer, peiné par cette question répétée. Et à chaque fois, Jésus a répondu à Pierre en lui confiant la charge de « paître ses brebis ». Le ministère pastoral de Pierre allait devenir la vocation de sa vie. Ce moment ne faisait pas seulement écho aux trois reniements de Pierre ; il montrait aussi comment Jésus l'avait accepté comme apôtre. Ici, dans notre passage, Pierre partage cette mission avec les anciens des églises locales qui recevront cette lettre. Ses instructions révèlent comment et pourquoi un ancien doit exercer ses responsabilités de dirigeant dans l'Église.
La première chose qu'un ancien doit comprendre est que la communauté des croyants appartient à Dieu, et non à ses responsables humains. Un ancien n'est pas propriétaire du troupeau ; c'est Dieu qui l'est. Ainsi, l'ancien guide un peuple que le Père aime et dont il est le propriétaire.
Deuxièmement, le rôle de l'ancien est un rôle de supervision. Le mot grec utilisé ici signifie littéralement « surveiller » ou « veiller attentivement sur ». Autrement dit, le rôle d'un ancien est avant tout celui d'un « surveillant », qui veille sur la congrégation et répond à ses besoins. C'est un rôle qui exige d'être attentif à la vie des croyants, afin de les aider et de les guider.
Troisièmement, nul ne devrait accepter ce rôle pour satisfaire les attentes d'autrui. Dieu exige qu'un ancien désire ardemment l'être, de son plein gré. Une personne contrainte à la responsabilité spirituelle ne peut véritablement servir comme Dieu l'a voulu. Un commentateur biblique a dit très justement qu’« aucun des soldats de Dieu n’est un mercenaire ou un homme enrôlé de force : ce sont tous des volontaires. Il nous faut un cœur de berger pour accomplir l’œuvre d’un berger. »
Un ancien doit être désireux de servir uniquement pour une mission, celle d’un berger qui s’occupe de ses brebis. Ce service ne peut être motivé par l'argent, le pouvoir ou le contrôle. Ceci afin d'empêcher les dirigeants religieux de se livrer à des manœuvres malhonnêtes telles que le détournement de fonds ou la manipulation. Les anciens doivent servir uniquement par un désir sincère de guider les autres dans leur cheminement chrétien. Un berger spirituel accomplit donc sa mission de deux manières principales. La première consiste à nourrir les brebis en prêchant la Parole et en l’enseignant. Jésus l'a souligné à Pierre. La seconde est de veiller sur elles, c'est-à-dire de les protéger, de les guider, de les éduquer et de prendre soin d'elles. L'« outil » le plus important pour guider le troupeau de Dieu est un cœur semblable à celui de Jésus, un cœur prêt à donner sa vie pour ses brebis, un cœur qui se soucie véritablement d'elles et qui s'intéresse à elles.
Pierre conclut en révélant que la fonction d'un bon dirigeant d’église consiste à montrer l'exemple, et non à se contenter de parler. La responsabilité première d'un ancien est d'être un exemple pour les autres croyants, de leur montrer comment suivre Jésus. Cela est particulièrement vrai en période de souffrance ou de persécution. Nul ne peut imposer quelqu’un comme pasteur par la contrainte extérieure ; de même, nul ne peut manipuler la congrégation par des pressions extérieures.
Le plus grand atout d'un responsable réside dans son intégrité et ses compétences. S'il ne peut dominer son peuple, c'est tout simplement parce qu'il n'est pas le Seigneur, le Souverain de l'Univers. Le Seigneur lui-même n'a pas contraint son peuple, mais l'a motivé par l'intégrité et l'amour. Les dirigeants sont les plus efficaces lorsqu'ils montrent l'exemple face aux épreuves et aux difficultés. Les râleurs restent muets face à un tel témoignage. Diriger en puisant dans la profondeur de son âme est une lourde responsabilité pour un pasteur. C’est pourquoi, bien qu'un ancien détienne une autorité dans l'Église, il ne doit pas dominer les autres ni se montrer autoritaire. Les bergers ne se comportent pas en seigneurs, car les brebis ne leur appartiennent pas. Elles leur sont confiées. L'appel de l'ancien ne l'autorise pas à imposer l'obéissance. Il est appelé à montrer aux autres comment obéir à Dieu. Une approche dictatoriale ou autoritaire est incompatible avec la volonté de Dieu pour l'ancien de l'Église. Les dirigeants agissent avec une autorité qui s’exerce dans l’humilité : ils n’ont pas de pouvoir. Rappelons-nous les paroles du Psaume 23 : le Seigneur, berger suprême, conduit son troupeau avec sa houlette, et le protège avec son bâton, c’est-à-dire avec tendresse et fermeté.
Nos églises ont besoin de bons bergers. Prions ensemble notre Père du ciel, notre berger suprême, de nous donner des responsables d’Église capables de nous diriger dans tous les aspects de notre vie chrétienne : « Seigneur, merci parce que tu es notre berger et que nous ne manquerons jamais de rien. Merci pour Jésus-Christ, notre bon berger, qui nous a donné ta Parole pour nous nourrir et nous guider spirituellement. Merci pour le Saint-Esprit qui nous permet de comprendre ta Parole et nous aide à vivre selon son enseignement. Seigneur, suscite des vocations dans ton Église, pour que des chrétiens fidèles aspirent à diriger leur communauté dans la soumission aux Écritures, dans le but unique de te servir en servant ceux que tu veux leur confier. Et qu’ainsi nous puissions mûrir dans la foi parmi nos frères et sœurs, en accomplissant les œuvres bonnes que tu as préparées pour chacun de nous, guidés par des anciens entièrement dévoués à ton service. C’est dans le nom de Jésus que nous te le demandons, amen. »