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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la première lettre de Pierre ! Aujourd’hui, nous allons revenir sur les versets 2 et 3 du chapitre cinq, puis nous concentrer sur le verset 4 ; c’est notre deuxième étude sur ce chapitre, dans lequel nous apprenons comment diriger, en suivant l'exemple du grand responsable de l'Église primitive, l’apôtre Pierre. Tout d'abord, il nous enseigne qu'il faut avoir un cœur de berger pour diriger. On ne peut pas contraindre les brebis. Il faut les précéder et les guider. C'est là l'essence même du ministère pastoral. Hier, nous avons parlé des motivations qui sous-tendent ce type de cœur, cet amour pour les brebis, des qualités qui consistent à agir non par obligation, mais de bon gré. Permettez-moi de vous relire les versets que nous avons commencé à étudier hier, les versets deux et trois : « Prenez soin du troupeau de Dieu qui est sous votre garde [en veillant sur lui] non par contrainte, mais de bon gré, [selon Dieu]. Faites-le non par recherche d’un gain, mais avec dévouement, non en dominant sur ceux qui vous sont confiés, mais en étant les modèles du troupeau. »
Pourquoi Pierre mentionne-t-il la « recherche d’un gain » à laquelle les pasteurs de l’Église doivent absolument renoncer ? Eh bien tout simplement parce que les responsables d’église ne doivent pas être motivés par le gain personnel, tout au contraire. Leur motivation est le dévouement. La recherche d’un gain est bien le « désir de s’enrichir » comme la Bible en français courant traduit cette expression. Le Bible du Semeur en donne le sens exact en disant : « non pas pour de honteuses raisons financières ». Pierre est réaliste. Il se souvient que parmi les disciples se trouvait Judas, le disciple malhonnête responsable des finances du groupe des Douze autour de Jésus qui n’a pas montré le bon exemple. Certains anciens peuvent être motivés par l'appât du gain. L'avidité est leur principale motivation. L’appât du « gain malhonnête » désigne tout avantage personnel recherché de manière égoïste. Aucun ancien, aucun pasteur ne devrait commercialiser son ministère. Dieu ne veut pas que nous mettions une valeur marchande à notre ministère. Le pasteur doit guider et nourrir son troupeau, et non l'exploiter. L’apôtre Paul portait une attention particulière sur cette motivation malsaine et a recommandé plusieurs fois à ses amis Timothée et Tite d’établir des dirigeants dans les églises en précisant qu’il « est nécessaire qu’un dirigeant d’Église soit irréprochable, puisqu’il a la responsabilité de la famille de Dieu. C’est pourquoi il ne doit être ni imbu de lui-même ni coléreux, ni buveur, ni querelleur, ni attiré par des gains malhonnêtes. » Nous lisons cette recommandation dans sa lettre à Tite, au chapitre 1, verset 7. Il est intéressant de noter que l’expression « gains malhonnêtes » dans le Nouveau Testament se rapporte toujours aux responsables d’Église. Le pasteur avide de revenu élevé prostitue son ministère à des fins indignes. Il commercialise son ministère en vendant des avantages. Il est guidé par ses propres intérêts. Un pasteur qui sert par cupidité s'éloigne de la volonté de Dieu.
En revanche, l'esprit du pasteur doit être naturellement disposé à diriger. Il se prépare mentalement à prendre l'initiative. Il est prêt et disposé à guider. Il entreprend volontiers des actions concrètes car il anticipe les besoins de sa congrégation. Le véritable pasteur possède en lui cette prédisposition à diriger. Il s’engage à servir sa communauté avec dévouement, et il le fait de plein gré.
Rappelons-nous que Jésus est venu pour servir. Nous voulons lui ressembler, c'est donc notre vocation suprême. Ainsi, lorsqu'il s'agit de diriger comme Jésus, il n’est pas question de ce que je peux recevoir, mais de ce que je peux donner. Il ne s'agit pas de ce que j'y gagne, mais de ce que les autres y gagnent. L'argent, en tant qu’outil, peut être utilisé pour le bien ou pour le mal. Le véritable problème, c'est la cupidité, car elle affecte profondément la manière dont les pasteurs dirigent leur église. La cupidité empêche d'être satisfait de ce qu’on a, car on cherche toujours à obtenir plus. Très vite, on commence à utiliser les gens parce qu’on aime les biens matériels, au lieu d’utiliser ces biens pour aimer les gens. Or, diriger son église en Christ, c’est utiliser tout ce qu'il a mis entre nos mains pour aimer les autres et les guider. Il ne faut donc de ne pas se laisser prendre au piège de l'avidité, mais plutôt se concentrer sur la bonne motivation : être désireux de servir.
Les dirigeants sont des serviteurs. Pierre l’a appris de son maître d’une manière poignante. Non pas au cours d'un séminaire auquel il avait assisté, ni d'une conférence de trois jours, mais en observant, malgré lui, la façon dont Jésus a servi ses disciples la veille de sa mort. Vous vous en souvenez : alors que dans la chambre haute les disciples se disputaient pour savoir lequel d'entre eux était le plus grand. Au lieu d’entrer dans la discussion, Jésus a lavé les pieds de ses disciples. Il a servi ceux qui devaient le servir. Les dirigeants servent. Ils ne s’engagent pas dans des discussions vaines. Ils cherchent toujours un moyen de servir et se mettent au service des autres, conscients que celui qu’ils servent les a servis lui-même au point de mourir pour eux sur la croix. Pierre, après avoir résisté en refusant d’être servi, a retenu la leçon.
Vous vous souvenez qu’hier nous avons parlé dans le détail d’une autre motivation essentielle des dirigeants de l’Église, celle de servir en donnant l’exemple. Ces responsables ne sont pas motivés par le désir de dominer les membres de leur communauté ; ils sont investis d’une autorité, mais pas d’un pouvoir. Leur impact ne se mesure pas au nombre de personnes qu’ils commandent, mais au respect qu’ils inspirent à ceux qu’ils dirigent. On ne marque pas les esprits durablement en imposant aux autres ce qu’ils doivent faire et comment faire ; on les marque durablement en leur montrant l'exemple. Notre monde et notre Église ont besoin de plus d'exemples de ce que nous pouvons faire, et de ce que nous devons faire en Christ.
Alors, si vous voulez être un excellent patron, soyez un exemple ! Si vous voulez être un excellent parent, soyez un exemple ! Si vous voulez être un excellent conjoint, soyez un exemple ! Si vous voulez être un excellent dirigeant d’église, soyez un exemple ! Car votre influence ne réside pas dans vos paroles ; elle réside dans votre exemple.
Pierre conclut ses instructions aux responsables des Églises locales – les anciens –, en leur disant : « Ainsi, lorsque le souverain berger apparaîtra, vous recevrez la couronne de gloire qui ne perd jamais son éclat. » La Bible en français courant parle du « chef des bergers », et la Bible du Semeur du « berger en chef ». Le Nouveau Testament utilise le titre de « souverain berger » uniquement pour le Seigneur Jésus. Jésus est le Berger Suprême, le Pasteur Suprême : c’est lui qui dirige les activités des autres bergers, des autres pasteurs. Le mot « souverain », ou « chef » exprime l'idée de supériorité.
Un jour, le souverain berger va « apparaître » ; ils sera rendu visible, clair, manifeste, connu. L'idée essentielle est de dévoiler, de révéler. Le mot « apparaître » fait ici référence à la manifestation du Seigneur Jésus lors de son Second Avènement. Alors, il manifestera toute la gloire qu'il possède. Le mot « manifestation » est plus fort que le mot « apparaître ». Une personne peut apparaître sans que sa véritable nature soit pleinement révélée. Jésus viendra dans la pleine révélation de sa nature divine. Lors de son apparition, les anciens de l’Église de tout temps, les fidèles pasteurs, les bergers serviteurs recevront une récompense. Voilà ce qu’affirme Pierre ! Il a déjà écrit que le temps approche où la gloire de Christ sera révélée à tous. Jésus est le Berger suprême. Les anciens de l’Église locale servent Christ en servant ses brebis : les hommes, les femmes et les enfants qu’il aime tant.
Ainsi, lorsque Jésus-Christ apparaîtra dans sa gloire à la « fin de toutes choses », il apportera des récompenses. Pour les anciens, il y aura la couronne de gloire éternelle. Nous ne savons pas exactement ce que cela signifie, si ce n’est que Jésus partagera sa gloire avec ceux qui ont servi comme anciens de son troupeau, et qu’ils la porteront avec eux pour toujours.
Pierre fait probablement référence aux couronnes de laurier remises aux athlètes champions de cette époque. La gloire matérielle de cette couronne s’estompait à mesure que les feuilles se desséchaient et mouraient. En revanche, la gloire que Christ partage avec ceux qui prennent soin de son troupeau sera éternelle.
Être ancien dans une église locale est une fonction exigeante, rendue encore plus difficile en temps de persécution et de souffrance. Les instructions de Pierre montrent qu'il est facile de mal s'acquitter de cette tâche, en servant à contrecœur, par intérêt personnel ou de manière autoritaire et manipulatrice. Mais pour les anciens qui servent selon le dessein de Dieu, en donnant l'exemple avec zèle et enthousiasme de la manière de suivre Christ, la récompense sera considérable.
Lorsque Jésus reviendra, il révélera tout et récompensera la fidélité inébranlable.
Dieu accorde des récompenses particulières pour les responsables chrétiens, qui recevront une reconnaissance spéciale au tribunal de Christ. Les pasteurs ne mesurent pas toujours la récompense ultime de leur ministère de dirigeant dans cette vie. Il est parfois difficile de servir lorsque notre contribution passe inaperçue. Certains responsables chrétiens servent dans l'ombre, sans reconnaissance humaine. Mais Jésus récompensera personnellement ces responsables. Le « Pasteur en Chef » remettra personnellement la distinction aux pasteurs humains.
La « couronne » promise est une puissante incitation à servir notre Église avec fidélité. La question qu’il posera sera simple : « Avez-vous été fidèle à mon troupeau ? » Notre passage promet une récompense aux pasteurs qui servent fidèlement leurs fidèles. Recevrez-vous une pleine récompense pour avoir tout donné à votre Église ?
Il y a des couronnes à conquérir et des courses à gagner. Cette course n'est pas une fiction, elle est bien réelle. Chaque pasteur terminera la course, mais qui souhaite finir le dernier ? Personne. Nous devons courir avec fidélité pour obtenir une médaille. Nous l'obtiendrons si nous réalisons une performance exceptionnelle. Si nous voulons briller, nous avons tout intérêt à nous mettre en forme. S'il y a bien une chose à laquelle certains pasteurs semblent résister aujourd'hui, c'est la discipline. Nous ne voulons pas nous entraîner ; c'est trop de travail. Si certains restent sur le banc, c'est à cause de leur manque de discipline. Rappelons-nous comment l’apôtre Paul s’entraînait au service de l’Église. Il nous dit en effet : « Ne savez-vous pas que, sur un stade, tous les concurrents courent pour gagner et, cependant, un seul remporte le prix ? Courez comme lui, de manière à gagner. Tous les athlètes s’imposent une discipline sévère] dans tous les domaines pour recevoir une couronne, qui pourtant sera bien vite fanée, alors que nous, nous aspirons à une couronne qui ne se flétrira jamais. C’est pourquoi, si je cours, ce n’est pas à l’aveuglette, et si je m’exerce à la boxe, ce n’est pas en donnant des coups en l’air. Je traite durement mon corps, je le maîtrise sévèrement, de peur qu’après avoir proclamé l’Évangile aux autres, je ne me trouve moi-même disqualifié. » C’est dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 9, versets 24 à 27, que nous le lisons.
Certains pasteurs se contentent de faire partie de l'équipe. Voulez-vous être sur le terrain et participer activement ? Rester sur le banc de touche est tout sauf gratifiant. Pourquoi tant de responsables religieux semblent-ils se satisfaire de ce rôle passif ? Ils préféreraient rester assis, emmitouflés dans une couverture, à regarder quelqu'un d'autre jouer et marquer des points. De temps à autre, ils s'enthousiasment un peu, se lèvent et applaudissent. Puis, la couverture glisse au moindre courant d'air ; leur seule préoccupation est de la récupérer.
Quand viendra le terme de notre courte vie, nous n'aurons plus l'occasion de vivre pour Christ à temps. Vous avez eu votre chance. Vous l'avez saisie, mais l'avez-vous vraiment fait ?
Prions ensemble pour les dirigeants de nos églises locales, afin qu’ils soient motivés à servir leur communauté avec dévouement : « Seigneur notre Dieu, notre berger suprême, nous te remercions de prendre soin de chacun de nous. Merci pour les bergers qui nous servent. Permets que ce soit toi qu’ils servent en prêchant et en enseignant ta Parole, et en nous montant l’exemple. Sois avec ceux qui dirigent nos églises, afin qu’ils suivent ton modèle et ne soient pas découragés. Qu’ils nous nourrissent spirituellement et nous guident dans tes voies avec de bonnes motivations. Sois avec eux, car il est si difficile d’obéir et de suivre les instructions qu’ils nous transmettent de ta part. Aide-les à rester zélés et vigilants, et qu’en nous montrant l’exemple, ils puissent recevoir un jour la récompense qu’ils méritent. C’est en ton nom, Seigneur Jésus, que nous te le demandons, amen. »