1 Pierre 5.5-6

Semaine 5 - jour 3

Première épître de Pierre

1 Pierre 5.5-6

19:19


Pierre invite ici une autre catégorie de personnes à se conformer aux principes d'une Église saine. Il met en parallèle les termes « jeunes » et « anciens » du début de notre chapitre avec les mots « de même ». Ce parallèle nous permet de comprendre que le terme de « jeunes » désigne l'assemblée.
S'abonner

Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre première lettre de Pierre ! Aujourd’hui, nous allons réfléchir ensemble sur les versets 5 et 6 du cinquième chapitre ; c’est notre troisième étude sur ce chapitre. Vous vous souvenez qu’au cours des derniers jours nous avons vu comment Pierre s’adresse aux anciens, aux bergers de l’Église ; comment ils doivent diriger leurs églises locales avec un cœur de berger soumis à Jésus, le berger en chef. Il s’adresse

à présent à l'assemblée entière, en commençant par les jeunes, et leur dit ceci aux versets 5 et 6 : « De même, vous qui êtes jeunes, soumettez-vous aux anciens. Et vous soumettant tous les uns aux autres, revêtez-vous d'humilité, car Dieu s’oppose aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. Tenez-vous donc humblement sous la main puissante de Dieu, pour qu’il vous élève au moment fixé par lui. »

Pierre invite ici une autre catégorie de personnes à se conformer aux principes d'une Église saine. Il met en parallèle les termes « jeunes » et « anciens » du début de notre chapitre avec les mots « de même ». Ce parallèle nous permet de comprendre que le terme de « jeunes » désigne l'assemblée. De même que le terme d’« anciens » ne signifie pas nécessairement plus âgés mais plus en autorité, celui de « jeunes » ne signifie pas nécessairement plus jeunes mais moins responsables. Dans ce contexte, « jeunes » fait référence à la position de « jeune dans la foi » et non à l'âge. Les jeunes sont ceux qui se sont convertis récemment. L’apôtre Paul est clair à ce sujet lorsqu’il parle de celui qui veut être responsable dans son église : « Il ne doit pas être un nouveau converti, de peur qu’aveuglé par l’orgueil il ne tombe sous le même jugement que le diable. » C’est dans sa première lettre à Timothée, au chapitre 3, verset 6, que nous le lisons, et Paul le rappelle dans d’autres lettres.

Une assemblée ne peut fonctionner correctement sans reconnaître qu’elle a besoin de dirigeants. Les jeunes à qui Pierre parle sont ceux qui n'exercent pas la fonction d'ancien dans l'Église : ils doivent se soumettre aux anciens. Tout au long de sa lettre, Pierre a été clair : les chrétiens sont soumis à plusieurs niveaux d'autorité. Notre autorité suprême est Dieu, bien sûr, et ses instructions priment sur celles de toute autre autorité. En effet, comme Pierre l'a démontré par sa propre vie, un croyant doit volontairement désobéir aux autorités humaines lorsqu'elles lui ordonnent de désobéir à Dieu. Mais dans tous les autres domaines, les chrétiens expriment leur liberté en se soumettant volontairement à l'autorité des rois, des gouverneurs, des maris et même des maîtres d'esclaves. Au sein même de l'Église, cette attitude de soumission s'étend à ceux qui occupent la fonction d'ancien.

Pierre dédie ce passage à ceux qui pourraient refuser de reconnaître l'autorité de l'Église sur leur vie. Il établit des principes de contrôle dans tous les aspects de notre existence. À cet égard, l'Église présente peu de différences avec d'autres organisations telles que l'armée, une entreprise ou une équipe sportive performante. Avant de pouvoir bâtir une Église dynamique, nous devons accepter ceux qui sont responsables de sa direction. Les excuses qui rejettent l'autorité des responsables de l'Église ne sont pas valables aux yeux du Seigneur. Parmi ces excuses, on entend celles-ci : « Je ne m'entendais pas avec les responsables de l'Église », « Je n'aimais pas le pasteur », « Je ne me sentais pas apprécié par les responsables ».

Nombreux sont ceux qui ne s'impliquent pas dans l'église locale car ils refusent l'idée d'avoir une autorité supérieure. Pourtant, l'autorité est essentielle à la propagation de l'Évangile. Les responsables fixent les objectifs de cette propagation, et les membres de la congrégation doivent les accepter pour faire progresser l'Église. Nous devons nous impliquer. Ce n'est pas parce que nous ne pouvons pas tout faire que nous ne pouvons rien faire.

Si vous n’êtes pas capable de vous soumettre à l'autorité de votre église locale, vous vous rendrez malheureux et vous risquerez de provoquer une scission. La soumission aux anciens est essentielle au bon fonctionnement de l'Église. L'autodiscipline est le fondement de l'autorité. La discipline est nécessaire dans tous les domaines de la vie. Les athlètes les plus performants sont ceux qui font preuve d'autodiscipline.

Il est étonnant de constater combien de personnes pensent que l'Église devrait fonctionner sans autorité. Certains membres de leur congrégation affirment : « Personne n'a le droit d'avoir autorité sur moi dans l'église locale. » D'autres se révoltent contre l'autorité de l'église locale car, par manque d'autodiscipline, ils ne peuvent reconnaître la valeur importante et nécessaire de l'autorité.

Dieu attend de tous les chrétiens qu'ils se soumettent les uns aux autres. Souvent, nous attendons des autres qu'ils soient à notre service, mais nous ne sommes pas disposés à l'être pour eux. En revanche, lorsque nous nous soumettons à autrui, nous souhaitons être une bénédiction pour lui. Nous nous efforçons de l'aider sans rien attendre en retour. Nous sommes rarement blessés lorsque nous agissons ainsi, car nous n'attendons rien en retour. Êtes-vous facilement blessé ? Peut-être attendez-vous trop des autres et pas assez de vous-même. Si vous décidez d'être une bénédiction pour les autres, Dieu honorera votre engagement. Lorsque vous offrez votre sourire et votre amitié sans recevoir de retour, rappelez-vous qu'un serviteur ne demande rien en retour. Par conséquent, le rejet ne doit pas vous affecter, et vous vous protégerez ainsi de toute souffrance inutile.

Pourquoi résisterions-nous à cela ? Pourquoi aurions-nous besoin d’être mis en garde contre le refus de nous soumettre aux anciens de l’Église ? Pierre identifie la raison la plus courante : l’orgueil. Il nous exhorte tous, jeunes et vieux, à nous revêtir d’humilité les uns envers les autres. Nous devons la revêtir comme un vêtement, recouvrir notre orgueil pour nous élever les uns les autres au-dessus de nous-mêmes.

Le vêtement ici, c'est l'humilité. Revêtez-vous d'humilité. Nous devons maîtriser nos pensées. L'humilité doit être cultivée, car elle ne nous est pas innée. À l'origine, « se vêtir » signifiait coordonner ses vêtements, « s'habiller de façon harmonieuse ». Si une personne agit ainsi, elle devient pleinement humaine ! Mais dans notre passage, « se revêtir » ne signifie pas porter des vêtements assortis, mais harmoniser sa vie avec humilité. Nous devons intégrer l'humilité à notre façon de penser. L'humilité doit donc être une marque déterminante de la conduite chrétienne.

Une personne humble pense à Dieu et à ses bienfaits, et se tourne vers sa grâce. Lorsqu'elle adopte une attitude où elle reconnaît que tout ce qu'elle possède vient de Dieu, elle peut collaborer efficacement avec n'importe quelle équipe. Elle cesse de s'opposer à tous, de chercher à surpasser autrui, de se prendre pour le maître du monde, de rechercher l'approbation et de nourrir une soif de pouvoir.

Les chrétiens humbles agissent par grâce, car l'humilité nous oriente d'abord vers Dieu. Une personne véritablement humble reconnaît que tout ce qu'elle possède vient de Dieu et se tourne vers sa grâce en toutes choses. Elle n'agit pas par antagonisme ni par ressentiment, car elle comprend que « sans la grâce de Dieu, je ne serais pas là ». Quoi qu'on nous fasse, nous le remettons entre les mains de Dieu, aussi cruel que cela puisse être. La pensée de la grâce reconnaît qu'il n'y a jamais eu, et qu'il n'y aura jamais de moment où nous méritons quoi que ce soit de Dieu. La grâce nous ramène à la réalité. Il n'y a pas de « star » chrétienne ! Nous ne nous faisons donc aucune illusion sur nous-mêmes.

Dieu s'oppose aux orgueilleux qui refusent de se soumettre à l'autorité de l'Église locale. Pierre cite un proverbe biblique, celui qui se trouve au chapitre 3, verset 34 du livre des Proverbes, pour montrer que ce choix d'humilité les uns envers les autres ne concerne pas uniquement les relations humaines. La réaction naturelle de Dieu face à l'orgueil est de s'opposer à l'homme, tout comme sa réaction naturelle face à l'humilité est de lui accorder sa grâce. Dans notre contexte, une personne orgueilleuse refuse d’accepter l'autorité de l'Église locale. Eh bien, Dieu résiste à ceux qui s'opposent aux responsables de l'Église locale. Si vous vous opposez aux anciens de votre église, Dieu s'opposera à vous, car il s'insurge toujours contre l'arrogance.

Si Dieu s'oppose aux orgueilleux, il « fait grâce aux humbles » ! Le manque d'humilité explique peut-être pourquoi nous ne recevons pas suffisamment de grâce. Puisque nous ne sommes pas humbles, le Seigneur ne nous accorde pas sa grâce. Faisons plutôt ce que l’auteur de la lettre aux Hébreux nous recommande, au chapitre 4, verset 16 : « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d’obtenir compassion et de trouver grâce pour être secourus au moment opportun. » Dieu accorde sa grâce aux humbles car ils reconnaissent que tout dépend de qui est Dieu et de ce qu'il fait. La grâce est une bénédiction imméritée de Dieu envers le croyant, un don qu'il nous fait sans que nous le méritions. L'humble sait recevoir la grâce, car il confesse volontiers son besoin de tout recevoir de Dieu. Certains pensent qu'être humble revient à se laisser marcher sur les pieds. Or, être humble ne signifie pas ignorer ses propres forces ou nier ses propres capacités. De même, il n'y a pas nécessairement d'orgueil à croire en son excellence dans certains domaines. L'humilité consiste à reconnaître la source de sa force. La maturité spirituelle et psychologique ne s'acquiert pas en s’accablant de reproches et en niant ce qu’on est capable de faire, mais en reconnaissant la grâce de Dieu dans nos vies.

Voilà pourquoi Pierre nous exhorte ainsi au verset 6 de notre chapitre : « Tenez-vous donc humblement sous la main puissante de Dieu, pour qu’il vous élève au moment fixé par lui ». Ce passage marque le plus haut point du défi lancé aux dirigeants comme aux fidèles dans les cinq premiers versets. L'humilité est essentielle à l'exercice de ces deux rôles. Nous avons vu que le mot « humble » signifie avant tout se soumettre. Nous devons renoncer à tout sentiment d’autonomie. Souvent, Dieu utilise la souffrance pour faire naître en nous l'humilité. L’humilité ici signifie reconnaître la grâce de Dieu, c’est-à-dire ce qu’il fait en notre faveur. Dieu permet que des situations se présentent à nous afin que nous comprenions et acceptions notre petitesse devant lui. Nous ne sommes pas Dieu. Nous sommes à la merci de son plan pour nous. Dans sa providence, il place des événements et des personnes sur notre chemin afin que nous reconnaissions notre besoin de lui. Désirez-vous la grâce de Dieu dans votre vie ? Alors, devenez de plus en plus humble. L'humilité relève entièrement de notre responsabilité.

L’expression « la main puissante de Dieu » désigne la souveraineté de Dieu sur notre destinée. Cette image illustre sa providence dans nos vies. Les chrétiens doivent aborder avec humilité la destinée que Dieu leur réserve, sachant qu’aucun problème ne sera jamais insurmontable pour le plan de Dieu. Nous percevons la puissance du Seigneur lors de tremblements de terre, d’ouragans et de tornades. Cependant, notre passage ne fait pas principalement référence à ce type de puissance. Ici, la « main » désigne la providence divine dans nos vies personnelles. Dieu agit ainsi pour accomplir une mission en nous. Il conçoit chaque épreuve que nous traversons dans un but précis, assurés de sa puissante protection.

Nous devons aussi nous soumettre au plan souverain de Dieu pour nos vies. Ne pas le faire s’est se rebeller contre sa souveraineté. La toute-puissance de Dieu devrait nous inspirer l'humilité. Le Dieu qui a placé les étoiles et fait tourner le soleil est celui à qui nous devons confier les circonstances de notre vie. Il a un plan éternel pour chacune de ses actions. Parfois, sa main se fait lourde lorsqu'il permet qu'une épreuve se présente à nous. C’est parce qu’il attend une occasion propice pour nous rappeler qu'il est toujours Dieu et que, malgré nos rébellions, il veut toujours nous ramener à lui et non pas nous rejeter. Il veut nous élever « au moment fixé par lui. »

Nous sommes créés à l'image de Dieu et il a inscrit en nous le désir d'être exaltés. La clé d'une vision biblique et chrétienne de la gloire réside dans l'écoute attentive de ce que Dieu dit à ce sujet. La Bible nous enseigne à cesser de lutter si ardemment pour y parvenir et à faire confiance à Dieu pour nous exalter au moment et à l'endroit opportuns, selon sa volonté. Il est un Père aimant ; laissons-le nous glorifier. Jésus nous a montré comment faire. Le Nouveau Testament nous rappelle que Jésus est Dieu et pourtant, lorsqu'il est venu sur terre, il s'est dépouillé de tout. Il est devenu le serviteur de tous. Puis, au moment choisi, le Père a élevé Jésus à la plus haute place dans les cieux. Pierre reprend cette idée dans ce verset et le suivant. Pourquoi avons-nous si peur de faire preuve d'humilité envers les autres chrétiens ? Pourquoi nous est-il difficile de vivre dans la soumission les uns aux autres ? Nous craignons de devenir insignifiants, de passer inaperçus, de nous réduire à néant. Or, dans l'Écriture, l'« humilité » ne signifie ni faiblesse ni haine de soi. Elle signifie une juste appréciation de notre condition, dans notre relation à Dieu. Elle signifie une force maîtrisée. Comme le disait si bien le grand penseur chrétien C.S. Lewis : « L'humilité, ce n'est pas se sous-estimer, c'est penser moins à soi. »

Pierre nous rappelle que nous ne nous humilions pas sous l'autorité de nos supérieurs humains, y compris les anciens de l'Église. Non, nous nous humilions volontairement sous la main de Dieu. Le moment venu, il nous élèvera, ici-bas, dans la vie à venir, ou les deux, dans une certaine mesure. Notre volonté de servir, de nous effacer, n'est pas une déclaration d'insignifiance. Notre humilité au service des autres est une déclaration que nous pouvons faire confiance à notre Dieu tout-puissant pour nous donner toute la gloire et la reconnaissance que nous désirons ardemment, le moment venu.

Puisque nous sommes confiants que notre Créateur, le Dieu vivant, désire nous élever jusqu’au trône de sa grâce, prions-le ensemble avec ferveur et humilité : « Seigneur, notre Père du ciel, nous te louons pour ta grandeur et ta puissance ! Merci, parce que nous sommes sous ta main puissante. Ne nous lâche pas Seigneur, nous te le supplions. Pardonne notre orgueil et ne nous rejette pas. Merci pour ta patience envers nous. Tu t’opposes justement à nous lorsque nous prétendons pouvoir te servir par nos propres forces, quand nous pensons et agissons avec orgueil au lieu de nous soumettre les uns aux autres dans l’humilité. Tu nous envoies des épreuves pour que nous prenions toujours mieux conscience de notre orgueil et décidions de devenir de plus en plus humble. Alors, nous acceptons les dures leçons que nous devons apprendre et ne les remettons pas en question. Car nous savons qu’au moment venu, celui que tu as déjà choisi de toute éternité, tu nous élèveras parce que ta grâce nous aura touchés, et que tu nous en auras toi-même rempli. C’est au nom de Jésus que nous te prions avec confiance, amen. »