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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre première lettre de Pierre ! Nous en sommes au quatrième jour de notre réflexion sur le chapitre cinq, et je vous propose de concentrer aujourd’hui toute notre attention sur le verset 7. Au verset précédant, sur lequel nous nous sommes penchés hier, Pierre demande aux chrétiens de s'humilier sous la main puissante de Dieu, en ayant confiance que le Seigneur les élèvera au moment opportun. Nous devons renoncer à rechercher notre propre gloire pour accepter le service et la soumission aux autres. Alors, le moment venu, Dieu utilisera sa main puissante pour nous élever. Pierre est conscient qu’il n’est pas facile de nous humilier. C’est pourquoi il nous montre comment nous devons nous y prendre en disant : « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. » Pierre fait référence ici une parole du Psaume 55, verset 23, un hymne composé par le roi David quand il était abattu, troublé et gémissant à cause de ses ennemis. Dans son cri à Dieu, il reste pourtant confiant et dit à son peuple : « Rejette ton fardeau sur l’Éternel : il prendra soin de toi, il ne laissera pas le juste s’écrouler pour toujours. »
Notre verset est un des brefs passages parmi les plus populaires de la Bible, pourtant nous le sortons souvent de son contexte. Il est important de noter que, dans le texte grec original, il fait partie de la phrase du verset six. La phrase entière dit : « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève au moment voulu, en vous déchargeant sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous. » C’est d’ailleurs ainsi que la plupart des versions anglaises de la Bible traduisent ce passage. Plus qu’un commandement, comme c’est le cas au Psaume 55, « se décharger » sur Dieu de tous nos soucis est le moyen de nous humilier, de nous tenir humblement sous la main puissante de Dieu. Nous nous humilions en remettant nos soucis à Dieu. La sollicitude de Dieu se manifeste lorsque nous nous humilions et dépendons de sa grâce. Dieu veut que nous rejetions nos fardeaux sur lui, que nous ayons quelqu’un pour diriger nos angoisses. Ce quelqu’un, c’est Dieu lui-même !
Nous ne pouvons pas dissocier la bienveillance de Dieu à notre égard de son plan souverain pour nous. Le plan de Dieu pour les chrétiens d’Asie Mineure à l’époque de Pierre impliquait la souffrance. Ils devaient s’humilier devant ce plan et accepter sa grâce qui subvenait à leurs besoins dans l’épreuve. Nous sommes humbles lorsque nous nous remettons entièrement à Dieu avec confiance pour prendre la direction de nos vies. Car Dieu ne nous éprouve pas pour nous briser, mais pour nous affermir dans notre relation avec lui. Nous sommes appelés à passer de la confiance en nos propres ressources et stratégies à un repos en Dieu et en sa providence. Dieu est prêt et capable de porter pour nous les fardeaux les plus lourds. Alors, quand le souci vous accable, arrêtez-vous, respirez profondément et laissez-vous aller à la grâce de Dieu, sans jamais oublier les paroles réconfortantes de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui êtes accablés sous le poids d’un lourd fardeau, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes. Oui, mon joug est facile à porter et la charge que je vous impose est légère. »
Nous jetons aux pieds de Dieu « tous » nos soucis ! Le mot « tous » ici ne signifie pas « chaque » souci, chaque fardeau, mais l’ensemble de nos soucis. L’accent, dans ce passage, n’est pas mis sur le fait de se décharger de chaque angoisse individuellement, mais sur le fait de remettre tous nos soucis, notre anxiété, notre angoisse au Seigneur, comme David l’a fait lorsqu’il était oppressé. S’en remettre à Dieu est une attitude que l’on adopte progressivement. Pierre ne dit pas : « Débarrassez-vous des gros fardeaux et gardez les petits. » « Tous » indique que les chrétiens font face, comme les incroyants, à une grande variété d’angoisses, et en grand nombre : des problèmes d’ordre personnel, familial, professionnel, concernant l’avenir ou les amis. Mais au lieu de chercher à les résoudre par eux-mêmes, ou bien de sombrer dans le désespoir, ils s’humilient devant Dieu en lui confiant toute leur anxiété, toute leur peur, toute leur angoisse. Ils ne prétendent pas pouvoir s’en sortir par eux-mêmes, mais dans l’intercession, les supplications et la reconnaissance, ils rejettent sur Dieu tout ce qui les préoccupe, et comptent sur lui pour diriger leur vie dans les moindres détails.
Il nous faut parvenir à croire profondément que Dieu est pleinement suffisant pour tout problème qui peut survenir dans nos vies. Avant de pouvoir expérimenter la suffisance de Dieu, prenons conscience de notre insuffisance pour vivre la vie chrétienne et confions notre vie entière à Dieu. Confions-lui donc constamment les gros fardeaux comme les petits, et déposons entre ses mains non seulement nos fardeaux spirituels, mais aussi matériels.
Le mot « souci » signifie ici anxiété. Il s’agit d’anxiété au sens négatif du terme. L’anxiété est une forme de peur, la peur de l’inconnu. Ce type de peur maintient la personne dans l’incertitude : le malheur ou le bonheur va-t-il se produire ? C’est la peur de l’inconnu. Si nous nous laissons aller à penser dans plusieurs directions à la fois, nous perdons notre concentration. L’anxiété nous disperse et nous détourne de Dieu. L’apôtre Paul nous demande dans sa lettre aux Philippiens de nous libérer de ce type d'anxiété par la prière, au chapitre 4, versets 6 et 7 : « Ne vous mettez en souci pour rien, mais, en toute chose, exposez vos demandes à Dieu en lui adressant vos prières et vos supplications, tout en lui exprimant votre reconnaissance. »
Redisons-le : Dieu est prêt et capable de porter nos fardeaux les plus lourds !
L'anxiété peut nous détourner de nos priorités spirituelles et nous empêcher de vivre pleinement notre relation avec Dieu. Nul ne peut échapper aux soucis de la vie, mais nous pouvons nous libérer de l'anxiété. Les difficultés peuvent nous entourer sans pour autant nous affliger si nous confions nos angoisses à Dieu.
L'anxiété nous paralyse et nous rend moins aptes à affronter nos problèmes. Le problème n'est pas ici le manque de clairvoyance pour planifier l'avenir, mais une peur paralysante qui nous empêche de gérer le présent. Comme nous l’avons déjà dit, Dieu place les épreuves sur notre chemin non pour nous briser, mais pour affermir notre confiance en lui, en comptant entièrement sur lui.
En liant l’anxiété à l’humilité, Pierre nous fait comprendre que ne pas confier à Dieu tous nos soucis naît de notre incrédulité et de notre refus d'accepter la souveraineté de Dieu sur notre vie. L’anxiété est donc un manque d'humilité. Elle nous éloigne toujours de l’humilité, car elle nous pousse à nous fier à nous-même, à nos sentiments, à nos actions, au lieu de faire confiance à Dieu. Nous nous heurtons à l’impossibilité de résoudre nos problèmes par nous-mêmes, mais nous choisissons de sombrer dans le désespoir au lieu de nous confier à notre Dieu, à notre Berger en chef, celui qui prend toujours soin de son troupeau. Jésus nous a pourtant donné cet ordre rassurant dans son Sermon sur la montagne, que nous lisons dans l’évangile selon Matthieu, au chapitre 6, verset 34 : « Ne vous inquiétez pas pour le lendemain ; le lendemain se souciera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. » Ceux qui ont totalement confiance en Dieu ne se laissent donc pas gagner par l'anxiété. Si Dieu est souverain et prend soin de nous, aucune affliction ne peut nous détruire.
L'anxiété est contraire à la véritable humilité. Des milliers de personnes ont reconnu Christ comme celui qui a porté leurs péchés, mais peu le reconnaissent comme celui qui porte leurs fardeaux. L'incrédulité est en fait l'exaltation de soi-même contre Dieu. Si nous comptons sur nous-mêmes et ne confions pas nos problèmes à Dieu, nous nous appuyons sur nos propres capacités, et non sur les siennes.
Pourquoi pouvons-nous être si confiants en Dieu lorsque nous sommes envahis par les soucis ? Pierre nous donne une réponse évidente sous la forme d’une promesse : parce Dieu prend soin de nous. Voilà le fondement de notre confiance totale en lui ! On peut traduire littéralement cette phrase par « parce que vous êtes sa préoccupation » ou « parce que vous êtes son souci ». Cette idée est fondamentale, car avant de pouvoir lui confier nos soucis, nous devons d'abord comprendre qui est Dieu et savoir qu'il prend soin de nous. Si nous avons confiance en la providence divine, nous pouvons nous reposer sur elle, parce que le Dieu auquel nous croyons est tout puissant et sait tout de nous. Reconnaissons donc que Dieu prend soin de nous et qu'aucune opposition ni aucun problème ne peut avoir d'importance ultime, comme l’affirme aussi Paul dans sa lettre aux Romains, au chapitre 8, verset 31 : « Que dire de plus ? Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous ? ». Dieu nous soutient parce qu'il se soucie de nous ; autrement dit, sa souveraineté veille sur chaque aspect de notre vie. Il ne laisse rien sans réponse.
La bienveillance de Dieu envers nous est constante. Sa fidélité est sans fin et éternelle. Sa compassion fidèle se renouvelle chaque matin, comme nous le dit le prophète Jérémie dans ses Lamentations, au chapitre 3, versets 21 à 23 : « Les bontés de l'Éternel ne sont pas épuisées, ses compassions ne prennent pas fin ; elles se renouvellent chaque matin. Que ta fidélité est grande ! Je le déclare, l'Éternel est mon bien, c'est pourquoi je veux m’attendre à lui. » Quelle que soit la fragilité de la vie, la fidélité de Dieu se renouvelle au quotidien. Il n'est pas de la volonté de Dieu que ses enfants continuent de vivre sous le poids de leurs fardeaux. Croire en la puissance de Dieu et en sa bienveillance devrait nous inciter à lui confier régulièrement nos soucis.
Faisons-le donc sans hésiter en le priant avec confiance : « Notre Dieu et notre Père, toi qui nous as donné la vie, qui nous connaît comme personne nous connaît, nous venons à toi en sachant que nous pouvons tout te dire. Tu n’as pas besoin qu’on t’informe sur nos joies comme sur nos épreuves et nos peines. Tu connais nos craintes, nos peurs, nos soucis et nos angoisses. Merci parce que tu ne veux pas que nous les gardions pour nous ou que nous nous en chargions nous-mêmes sans ton aide. Alors, au lieu d’essayer de résoudre nos problèmes tout seuls, nous les déchargeons sur toi. Tu brises notre orgueil et nous contraints à devenir de plus en plus humbles par les épreuves que tu permets que nous traversions. Merci, Seigneur, parce que tu prends soin de nous à tout instant, quoi que ce soit qui nous arrive. Accepte-donc notre prière et notre adoration au nom de Jésus, amen. »