20:02
Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la première lettre de Pierre ! Aujourd'hui, nous poursuivons notre réflexion sur le chapitre cinq. Nous en sommes au cinquième et dernier jour de notre survol de ce chapitre et de la lettre, qui nous enseigne comment vivre une vie meilleure dans ce monde. Nous allons examiner aujourd’hui comment trouver la force de Dieu pour y parvenir au quotidien. Pierre poursuit sa série d'instructions aux chrétiens en s'apprêtant à conclure sa lettre.
Comment les croyants doivent-ils vivre, sachant qu'ils croient en un diable réel, cet ennemi spirituel qui cherche à nuire aux chrétiens ? La réponse de Pierre à cette question commence en nous disant aux verset 8 et 9 : « Soyez sobres, restez vigilants : votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer. Résistez-lui avec une foi inébranlable, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères et sœurs dans le monde. » Il est essentiel que nous soyons attentifs, avec sérieux, à ce qui se passe dans nos vies et dans le monde qui nous entoure. Pierre écrit qu'il existe un danger qui dépasse la persécution physique que certains de ses lecteurs subissaient. Il y a un dessein plus profond, bien plus complexe que celui des puissants qui pourraient infliger cette persécution. Le diable, et non les hommes ou les femmes qui pourraient nous nuire, est le véritable ennemi du croyant.
Le terme « sobre » signifie littéralement s'abstenir de vin. Le Nouveau Testament l'emploie comme une image pour désigner la vigilance spirituelle. Être « sobre », c’est être maître de soi et serein. Une personne ivre n'a ni l'esprit clair ni le contrôle de ses mouvements. Quand les chrétiens sont-ils le plus susceptibles de perdre le contrôle ? Lorsqu'ils sont spirituellement affaiblis. Les personnes sobres font preuve d'équilibre dans leur humeur, leurs pensées et leurs actions. Elles ne sont ni inconstantes ni influencées par leurs propres idées ou celles d'autrui. Elles comprennent les situations auxquelles elles doivent faire face dans la vie.
Le chrétien qui ne prête pas une attention soutenue aux attaques sataniques est en danger spirituel. Il doit rester vigilant, c’est-à-dire alerte et prudent. Le terme « vigilant » était employé dans le contexte militaire, et désignait l'action de monter la garde. Semblable à un soldat en patrouille, le chrétien doit se prémunir contre les attaques sournoises du diable. Sa stratégie pour nous vaincre ne prévoit pas de lignes de front. L'ennemi peut surgir de n'importe où. Spirituellement, cela signifie demeurer fidèle au plan de Dieu. Notre ennemi, le diable, désire nous dévorer, nous causer un mal réel et durable. Il veut littéralement nous « avaler », ou nous « noyer ». Pierre a clairement indiqué que notre place dans l'éternité auprès de notre Père est assurée. Le diable ne peut nous la ravir, mais il cherche à ébranler notre foi. Il veut semer la peur dans notre soumission au Père et utiliser le mensonge pour pervertir notre compréhension de la bonté de Dieu. Puisqu'il ne peut atteindre l'âme du croyant, Satan cherche à faire de nous des serviteurs faibles et inefficaces de notre Roi, notre berger en chef.
Beaucoup de gens de tout temps et tous lieux considèrent le diable comme une figure étrange. Ils se moquent de lui et ne le prennent pas au sérieux. Pourtant, lui nous prend très au sérieux. Le diable est tout aussi réel que Jésus-Christ. Si vous ne croyez pas au diable, c'est probablement parce que vous ne croyez pas en Jésus-Christ, car Jésus lui-même prenait le diable au sérieux. Pierre nous explique comment réagir face à la réalité du diable. Il ne nous dit pas de vivre dans la peur, mais il ne nous dit pas non plus de vivre comme si la réalité du diable était insignifiante. Tout d'abord, nous pouvons et devons résister à Satan. Lorsque le combat arrive, ripostons. Ce langage est frappant car Pierre a maintes fois exhorté les croyants à se soumettre aux autorités. Cela inclut même les rois et les gouverneurs, pourtant impliqués dans le système de persécution auquel tant de chrétiens ont été confrontés. Il a écrit que les esclaves devaient se soumettre à leurs maîtres et les femmes à leurs maris, non pas en fonction de leurs mérites, mais par soumission à Dieu. Mais face au diable, le commandement de Pierre est exactement le contraire de cette « soumission ». Nous devons dire non. Nous devons combattre ! Comment ? En demeurant fermes dans notre foi. Depuis la première conversation du serpent avec Ève jusqu'aux tentations de Jésus par Satan dans le désert, le diable a toujours cherché à saper notre confiance en Dieu. Son but est d'affaiblir notre dépendance envers le Père qui nous aime et qui est assez puissant pour subvenir à nos besoins.
Le diable agit avec ruse. Il traque chaque chrétien. Il rôde, cherchant à nous piéger dans ses ruses. Le diable saisit constamment la moindre occasion de saper notre foi chrétienne. Il est constamment à l'affût. Il n'est pas omniprésent, car il ne peut être qu'à un seul endroit à la fois. Cependant, il dispose d'une vaste infrastructure d'émissaires – les démons –, qui exécutent ses ordres. Ils cherchent à séduire chacun d'entre nous.
Pierre présente également le diable sous les traits d'un lion rugissant. Le lion émet un hurlement ou un rugissement. Sa voix est extrêmement puissante. Le lion utilise son rugissement pour effrayer ses proies. Par son rugissement, il immobilise ses victimes. Ce rugissement est une arme. Ce que le diable ne peut obtenir par la séduction, il tente de l'obtenir par la terreur. Il nous intimide par la peur. Il sème la peur chez les chrétiens fragiles pour les dissuader de vivre une vie de foi. De même qu'un lion sauvage poursuit un troupeau de gazelles et s'attaque aux plus faibles, le diable s'en prend généralement d'abord aux chrétiens fragiles en les paralysant de peur. Et la peur nous empêche de progresser dans notre cheminement chrétien.
Jésus est venu chercher les pécheurs ; aujourd'hui, Satan cherche les saints. Il guette les chrétiens vulnérables. Cet ennemi n'a pas pu empêcher les chrétiens de devenir croyants, mais maintenant, il veut les rendre inefficaces. Il usera de toute sa puissance diabolique pour les rendre impuissants. Il veut une Église et des chrétiens impuissants. Il vous calomniera, vous entravera et vous handicapera. Il fera tout son possible pour vous empêcher de partager l'Évangile avec un non-chrétien. Il vous a perdus lorsque Jésus a sauvé votre âme, mais maintenant, il cherche à s'assurer que personne autour de vous ne vienne à Christ. Satan s'est attaqué à la foi des croyants d'Asie Mineure. Il cherchait à la détruire en les désillusionnant par leurs souffrances. Pierre affirme pourtant que leur foi les soutiendra face à cette tentative de désillusion. Le mot « foi » désigne ici l’ensemble de la vérité telle qu’elle est enseignée dans les Écritures. La Parole de Dieu est le fondement de la résistance du croyant face au diable. L’application des principes de la Parole à la vie quotidienne est essentielle pour lutter contre le diable. C’est ainsi que Jésus a toujours lutté et vaincu Satan quand il a été tenté. Soyons donc fermes dans notre foi, car Satan cherche à la détruire. Il veut nous entraîner dans l'apostasie en nous désillusionnant par la souffrance. Soyons inébranlables dans notre foi, car la victoire sur Satan se gagne par la foi dans les principes de la Parole de Dieu.
Lorsque nous prenons conscience des souffrances d'autres chrétiens en divers lieux, cela nous encourage à persévérer dans la foi. Cette prise de conscience nous unit également face à des expériences similaires. Ces expériences ne dureront pas nous promet Pierre, qui déclare au verset 10 de notre chapitre : « Le Dieu de toute grâce vous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle. Après que vous aurez souffert un peu de temps, il vous rétablira lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. »
La fin des souffrances a été promise aux chrétiens ! La souffrance est inévitable dans cette vie, mais elle prendra fin pour ceux qui ont foi en Christ. De plus, les croyants seront guéris de tout mal subi. Ce verset résume en une phrase percutante une grande partie de la lettre de Pierre. Pierre réaffirme que la souffrance est réelle, surtout pour ceux qui sont persécutés pour leur foi en Christ. Mais tous les chrétiens souffrent de diverses manières. Nous ne pouvons pas espérer que notre salut élimine la douleur et le chagrin dans cette vie. Le salut éternel signifie plutôt que la souffrance prendra fin un jour, et pour toujours.
Notre Dieu est le Dieu de toute grâce, une faveur imméritée. Par sa grâce, il nous a sauvés du prix de notre péché : la mort éternelle, la séparation d’avec Dieu en enfer. Cela n’est possible que par la foi en Jésus-Christ. Par sa grâce, Dieu nous a appelés à partager sa gloire en Christ pour l’éternité. Tel est le destin de chaque croyant.
À quoi ressemblera cette éternité ? Pierre évoque quatre aspects. Dieu nous restaurera et nous perfectionnera. Il nous fortifiera, nous rendra fermes et inébranlables. Nous pouvons nous sentir faibles aujourd'hui. Nous pouvons nous sentir épuisés et diminués, et voir s'éloigner toutes nos opportunités et nos perspectives dans cette vie. Mais lorsque Dieu nous rappellera à lui, il nous rendra tout ce qui nous est précieux, et bien plus encore. Il nous rendra forts et en sécurité pour toujours. Telle est sa promesse. Voilà ce qui attend ceux qui placent leur foi en lui !
Avant de conclure officiellement sa lettre dans les versets suivants, Pierre prononce une bénédiction au verset 11 : « À lui soient la gloire et la puissance aux siècles des siècles ! Amen ! » La bénédiction est offerte au « Dieu de toute grâce » mentionné au verset précédent. Outre le fait de bénir Dieu, la bénédiction de Pierre reflète une vérité simple : toute la puissance et la souveraineté de l'univers appartiennent à Dieu, maintenant et pour l'éternité. Il ne faillira pas. Il ne cédera pas. Il accomplira tout son dessein selon sa volonté et en son temps.
Pour ceux qui subissent la persécution à cause de leur foi en Christ, cette vérité à elle seule est une immense source de réconfort. Le verset précédent promettait que le Dieu de toute grâce nous restaurera, nous affermira, nous fortifiera et nous rendra inébranlables après cette vie de souffrance. Ici, l'affirmation qu'il aura toujours le pouvoir de tenir cette promesse est un ancrage pour chaque croyant éprouvé. C'est le rappel dont nous avons besoin pour rester fermes dans notre foi en lui durant les épreuves. Dieu ne permettra pas que notre foi vacille si nous avons confiance en sa Parole. Il affermira notre foi pour la rendre ferme et stable dans ce que nous croyons. Dieu nous rendra inébranlables si nous acceptons son œuvre à l'édification de notre foi.
Lorsque nous fondons notre foi sur la confiance absolue en Dieu dans l'épreuve, nous comprenons comment il nous rejoint par sa grâce. Nous découvrons la grande vérité de la grâce divine qui nous est accordée même dans nos épreuves les plus difficiles. Dieu peut nous apaiser et nous conduire vers une stabilité spirituelle. Il peut nous rendre fiable et constant, même dans les moments les plus difficiles. Nous ne basculerons ni d'un côté ni de l'autre et persévérerons grâce à la stabilité de notre foi. Quel encouragement ! Et Pierre n’est pas le seul à vouloir encourager les chrétiens d'Asie Mineure. Il le mentionne par une note personnelle et touchante à la fin de sa lettre, aux versets 12 à 14 : « C'est par Silvain, qui est à mes yeux un frère fidèle, que je vous ai écrit ces quelques mots pour vous encourager et pour vous attester que c’est bien à la véritable grâce de Dieu que vous êtes attachés. Ceux qui ont été choisis comme vous et sont à Babylone vous saluent, ainsi que Marc, mon fils. Saluez-vous les uns les autres par un baiser plein d’amour. Que la paix soit avec vous tous qui êtes en Jésus-Christ ! »
L’apôtre a écrit sa lettre par l'intermédiaire d'un homme identifié comme Silvain ou Silas, son nom latin, selon les traductions. Dans les deux cas, la plupart des exégètes pensent qu'il s'agit du même homme qui a beaucoup voyagé et œuvré avec l'apôtre Paul. Il est possible que Pierre ait dicté sa lettre à Silvain, qui l'a ensuite retranscrite. Ou bien, Pierre l'a simplement envoyé porter cette lettre aux Églises. Quoi qu'il en soit, il leur recommande Silvain, le qualifiant de frère fidèle. L'Église ne peut se passer de personnes comme Silvain. Il se contentait de rester dans l'ombre. Il servait volontiers, discrètement, pourvu que l'œuvre de Christ progresse.
Pierre salue les Églises chrétiennes d'Asie Mineure au nom de ceux qui sont à « Babylone ». Il est fort probable que Babylone désigne la ville de Rome, où devait se trouver Pierre. Pourquoi Rome ? Les lecteurs juifs auraient reconnu en « Babylone » l’image traditionnelle de ceux qui s'opposaient au peuple de Dieu. Rome était alors le foyer géographique et politique de cette opposition. Pierre a peut-être cherché à protéger les chrétiens de Rome en utilisant Babylone comme métaphore.
Quoi qu'il en soit, il affirme que les chrétiens qui sont avec lui ont été choisis par Dieu pour accomplir ses desseins. Il en va de même pour les chrétiens qui liraient sa lettre : ils ont été choisis. Ceci relie la fin de sa lettre au début. Les croyants du monde entier partagent le sentiment d'appartenir à la famille de Dieu et d'être choisis pour accomplir ses desseins. Cela reste vrai quelles que soient leurs circonstances personnelles. Où qu’ils vivent, les chrétiens sont unis en Christ. Les Églises éloignées les unes des autres devraient entretenir des liens d’affinité. Malgré la distance qui les sépare, elles ne font qu’une en Christ. L’élection commune des Églises par Dieu nous unit pour toujours.
Enfin, Pierre transmet les salutations de Marc, qu'il appelle « fils ». Ce fils spirituel est très probablement le même Marc, également connu sous le nom de Jean Marc, cousin de Barnabas, qui a voyagé et exercé son ministère avec Paul. Dans sa lettre aux Colossiens, Paul mentionne que Marc était avec lui à Rome, au chapitre 4, verset 10, ce qui renforce l'hypothèse que Pierre écrivait vraisemblablement de Rome.
Pierre encourage ses lecteurs à se saluer en évoquant un « baiser plein d'amour ». Le baiser était une salutation courante entre amis et connaissances dans cette région du monde à cette époque. Plusieurs livres du Nouveau Testament encouragent les croyants à se saluer ainsi, et parlent d’un « saint baiser ». Le baiser de bienvenue symbolisait la fraternité chrétienne. Ce baiser dépassait la simple salutation formelle. La communauté chrétienne rassemblait esclaves et libres. Le baiser chrétien illustrait leur unité en Christ. Cette salutation dissipait les préjugés nés des distinctions sociales. Il n'y a ni condescendance ni manque de respect lorsqu'on offre ce type de salutation. Les chrétiens sont invités à être chaleureux et proches les uns des autres.
Enfin, Pierre termine par une prière sincère pour la paix de tous les chrétiens qui liront sa lettre. Étant donné que nombre de ses premiers lecteurs étaient ou allaient être persécutés pour leur foi, cette prière n'est pas une simple politesse. C'est l'espoir profond que leur situation change. C'est aussi une prière pour qu'ils fassent l'expérience de cette même confiance dont Pierre parle dans cette lettre, quelles que soient les épreuves qu'ils rencontrent. Dans leurs difficultés, les chrétiens aspirent à la paix. C'est en Christ – et seulement en Christ – que nous pouvons la trouver.
Terminons donc l’étude de la première lettre de Pierre avec une prière de reconnaissance : « Nous te remercions, notre Dieu et notre Père, parce qu’en Christ nous avons découvert la paix profonde, celle que nous apprécions tant car tu nous avons pu rejeter sur toi tous nos soucis. Ô Dieu de toute grâce, merci pour la foi inébranlable qui nous permet de résister au diable et à ses démons, aux tentations de toutes sortes. Merci de nous relever lorsque nous tombons dans ses pièges. Nous pensons à tous nos frères et sœurs qui sont engagés dans le même combat que nous, où qu’ils soient, et te prions de les aider à vaincre le mal, à progresser dans leur foi, en sachant que nous pouvons tous venir à toi et marcher dans tes voies sous ta main puissante. Merci Seigneur d’avoir inspiré l’apôtre Pierre. Nous n’avons pas saisi toute la profondeur de son enseignement, mais nous savons en qui nous croyons et pouvons te suivre confiants que le défi qu’il nous lance dans sa lettre peut être relevé avec courage grâce à ton Esprit qui nous guide et nous rassure. Reçois notre louange au nom de Jésus, amen. »