Jacques 1.22-27

Semaine 1 - jour 5

Épître de Jacques

Jacques 1.22-27

17:46


Aujourd'hui, nous allons voir comment la foi nous aide à devenir la personne que Dieu souhaite que nous soyons. En effet, la foi transforme nos actions. Si la Bible ne change pas notre façon d'agir, si la vérité de Dieu ne change rien à qui je suis et à ce que je fais, alors je ne l'écoute pas vraiment. Mais quand je suis attentif à ce qu’elle me dit, elle change ma façon d'agir.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Jacques ! Aujourd'hui, nous poursuivons notre réflexion sur le chapitre 1. Nous en sommes au cinquième et dernier jour de notre survol de ce chapitre, et étudierons ensemble les versets 22 à 27. Au cours des quatre derniers jours, nous avons parlé de la manière dont la foi agit. La foi transforme nos vies ; elle agit face aux problèmes, face aux doutes, face aux tentations. Aujourd'hui, nous allons voir comment la foi nous aide à devenir la personne que Dieu souhaite que nous soyons. En effet, la foi transforme nos actions. Si la Bible ne change pas notre façon d'agir, si la vérité de Dieu ne change rien à qui je suis et à ce que je fais, alors je ne l'écoute pas vraiment. Mais quand je suis attentif à ce qu’elle me dit, elle change ma façon d'agir. Écoutons ce que Jacques nous dit à partir du verset 22 du chapitre 1 de sa lettre : « Mettez en pratique la parole et ne vous contentez pas de l'écouter en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. En effet, si quelqu'un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il ressemble à un homme qui regarde son visage dans un miroir et qui, après s'être observé, s'en va et oublie aussitôt comment il était. Mais celui qui a plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui a persévéré, celui qui n'a pas oublié ce qu'il a entendu mais qui se met au travail, celui-là sera heureux dans son activité. »

Ce passage parle de la bénédiction que procure la lecture de la parole de Dieu et le fait de la laisser transformer toutes nos actions. La foi agit pour transformer nos actions. Nous devons accueillir la parole de Dieu en la mettant en pratique, et non en nous contentant de l'écouter. Se rassurer en se disant qu'on a entendu la parole de Dieu sans la mettre en œuvre, c'est se leurrer d’illusions.

Dans l'Antiquité, il était courant d'écouter un maître. Si l'on suivait ce maître et que l'on s'efforçait de vivre selon ses enseignements, on était appelé son disciple. On peut dire que Jésus recherche des disciples : des personnes qui agissent, et non de simples auditeurs. Jésus a utilisé ce même argument pour conclure son célèbre Sermon sur la montagne que nous trouvons dans l’évangile selon Matthieu, au chapitre 7. Jésus a dit que celui qui entend la parole sans la mettre en pratique est comme un homme qui a bâti sa maison sur le sable, tandis que celui qui entend la parole de Dieu et la met en pratique est comme un homme dont la maison est bâtie sur le roc. Celui qui a à la fois entendu et mis en pratique la parole de Dieu peut résister aux inévitables épreuves de la vie et au jugement de l'éternité. C’est ainsi que nous connaissons le bonheur.

Un enseignant ou un prédicateur peut prononcer un excellent discours sur l’Évangile, ou expliquer avec éloquence une prophétie de l’Ancien Testament concernant Christ, mais une fois le sermon terminé, la mission n’est pas accomplie ; il reste un rôle à jouer pour les auditeurs dans leur vie au quotidien. Je crains que dans toutes nos églises nous trouvions beaucoup d’auditeurs admiratifs, affectueux, attachés, mais en réalité des auditeurs malheureux, car ils ne mettent pas la Parole en pratique.

Vous vous souvenez sans doute de ce que nous avons dit au début de la semaine à propos du verset clé de la lettre de Jacques, précisément le verset 22 de notre chapitre : « Mettez en pratique la parole et ne vous contentez pas de l'écouter en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. » Connaître la Parole est loin d’être suffisant. Nous pouvons tout connaître d’elle, mais cela n’a aucun effet sur notre vie si nous ne plaçons pas toute notre confiance en Dieu et si nous n’obéissons pas à ce qu’elle réclame de nous. La foi agit quand nous mettons en pratique ce que Dieu nous dit. Alors, une excellente question à se poser en sortant de l'église chaque dimanche est : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »

Celui qui se contente d'écouter la parole de Dieu sans la mettre en pratique est aussi instable qu'une personne qui s’observe dans un miroir et oublie aussitôt ce qu'elle a vu devant elle. Les enseignements qu'elle a reçus ne lui ont apporté aucun bienfait. Le mot grec ancien traduit par « observer » évoque l'idée d'un examen attentif. Par application, Jacques pensait à ceux qui étudient la Parole de Dieu avec soin ; ils peuvent être considérés comme des experts bibliques, mais cela ne se traduit pas pour autant par une mise en pratique. Le miroir de la Parole n'est pas comme notre miroir ordinaire, qui ne reflète que notre apparence extérieure ; mais, selon le grec de notre texte, l'homme y voit « le visage de sa naissance », c'est-à-dire le visage de sa nature profonde. Celui qui lit et entend la Parole peut y voir non seulement ses actions, mais aussi ses motivations, ses désirs, sa condition intérieure.

Comprenant la puissance de la Parole de Dieu, le prédicateur a la responsabilité de s'efforcer de ne pas entraver cette puissance. Le prédicateur Charles Spurgeon constatait très justement que « certains prédicateurs s'imaginent que leur rôle est de brosser de beaux tableaux ; mais il n'en est rien. Nous ne devons ni concevoir ni esquisser, mais simplement refléter la vérité. Nous devons tendre un miroir à la nature, au sens moral et spirituel du terme, et permettre à chacun de s'y reconnaître. Il ne nous incombe même pas de fabriquer le miroir, mais seulement de le présenter. Ce sont les pensées de Dieu, et non les nôtres, qui doivent être offertes à l'esprit de nos auditeurs ; et celles-ci révèlent l'homme à lui-même. La Parole du Seigneur est une révélatrice de secrets : elle dévoile à l'homme sa vie, ses pensées, son cœur, son être profond. »

Une personne saine d’esprit se regarde dans le miroir pour agir, non pas simplement pour admirer son reflet. De même, un chrétien sain d’esprit se penche sur la Parole de Dieu pour la mettre en pratique, et non pas pour accumuler des connaissances qu'il n'appliquera pas. Ceci dit, bien que Jacques ait insisté sur l'action, il n'a pas pour autant négligé l'étude de la Parole de Dieu. Nous « plongeons les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté. » Il s’agit d’un examen approfondi, au point de se pencher pour mieux voir. C’est cette étude attentive et appliquée qui nous permet de vivre la Parole, l’Évangile, au quotidien. On ne peut pas se contenter de survoler la Parole, de la lire en diagonale, comme on dit. On oublie vite ce qu’on survole. Pour Jacques, l’Évangile est la loi parfaite, la loi intérieure, celle qui nous rend libres, celle qui nous rend capables d’obéir aux enseignements de Jésus-Christ pour vaincre les tentations et le mal. Oui, la foi transforme notre façon d'agir.

Tout comme nous nous regardons dans un miroir chaque matin en nous levant pour nous demander : « À quoi je ressemble ? » et vérifier que notre apparence est correcte, nous méditons la Parole de Dieu chaque jour parce que nous en avons vraiment besoin. Beaucoup d'entre nous n'oseraient pas sortir sans se regarder dans un miroir. Nous voulons être sûrs d'avoir bonne mine. Mais nous oublions de nous regarder dans le miroir de la Parole de Dieu. Ainsi, notre cœur est amer, ou notre esprit égoïste. Et même si notre apparence extérieure ne le laisse pas paraître, la laideur intérieure se manifeste. Voilà pourquoi nous devons contempler la Parole de Dieu chaque jour pour mieux la vivre.

Jacques poursuit en donnant un exemple. Il parle de la vraie religion et de sa signification. Écoutons ce qu'il dit aux versets 26 et 27 de notre chapitre : « Si quelqu'un [parmi vous] croit être religieux alors qu’il ne tient pas sa langue en bride mais trompe son propre cœur, sa religion est sans valeur. La religion pure et sans tache devant Dieu notre Père consiste à s'occuper des orphelins et des veuves dans leur détresse et à ne pas se laisser souiller par le monde. » Il est intéressant de constater que ce passage parle beaucoup de religion ; c’est l'un des rares endroits de la Bible où ce mot est si fréquemment employé. Qu'est-ce que la religion ? On l'associe souvent à une confession ou à une église, mais ici, la religion désigne la manifestation extérieure de notre adoration intérieure. La religion, c'est ce que je fais à l'extérieur en fonction de mon adoration intérieure de Dieu. C'est l'expression même de mon adoration. Le mot grec ici, threschia, se rapporte à l'expression extérieure de notre adoration de Dieu. Et ces versets parlent de fausse et de vraie religion.

Nous connaissons tous la fausse religion, simple tradition vide de sens. Tout au long de sa lettre, Jacques s'attaque à certains faux enseignants qui prétendaient que la foi était davantage une philosophie qu'un mode de vie. Et il affirme que c'est de la fausse religion. Si la religion ne change pas notre façon de parler, si elle ne change pas la façon dont nous traitons les autres par nos paroles, alors elle ne vaut rien. À quoi bon prétendre avoir une religion ?

Jacques vient d'expliquer que la véritable religion ne se manifeste pas par l'écoute de la Parole seulement, mais par sa mise en pratique. Un moyen d'appliquer la Parole de Dieu est de maîtriser sa langue. Le Nouveau Testament n'utilise que rarement le mot grec ancien traduit par « religieux » dans un sens positif. Jacques l'emploie ici pour désigner quelqu'un qui se croit religieux, mais qui n'est pas vraiment en règle avec Dieu, ce qui est évident car il ne maîtrise pas sa langue.

Notre relation avec Dieu est vaine si elle ne se traduit pas dans notre façon de vivre et dans nos relations avec les autres. Nombreux sont ceux qui s'illusionnent sur la réalité de leur propre relation avec Dieu. Ce que dit Jacques ici semble faire écho à l'hypocrisie des responsables Juifs de Jérusalem que critiquait Jésus, dont la religion consistait en observances extérieures et en s'abstenant de souillures rituelles, alors qu'ils étaient souillés par tant d'impuretés morales ; ils dévoraient les maisons des veuves, comme nous le lisons dans les évangiles. Jacques ne nie pas le lieu du culte public ni les observances religieuses, comme nous le verrons plus tard dans sa lettre, mais il explique qu’aux yeux de Dieu une religion pure et sans tache s’exprime par des actes de charité et de chasteté – les deux caractéristiques de l’éthique chrétienne primitive qui ont impressionné le monde de son époque. Jacques souligne qu’il existe beaucoup de « religions pures et sans tache » aux yeux des humains qui ne le sont pas du tout devant Dieu.

Une véritable relation avec Dieu se manifeste par des gestes simples et concrets.

La religion véritable ne se contente pas d'apporter un soutien aux affligés, elle leur rend visite, veille sur eux, les prend sous sa protection. Elle va à leur rencontre, parle à leur cœur, comble leurs besoins, compatit à leurs souffrances, les instruit des vérités divines et les recommande à Dieu. Et tout cela, elle le fait pour l'amour du Seigneur. Telle est la religion de Christ.

La religion véritable consiste en même temps à se préserver de la corruption du monde. La Bible en français courant dit de « se garder de toute tache due à l'influence de ce monde. » L’amour et la pureté sont les deux colonnes de la vraie religion. Nous agissons extérieurement, par notre conduite, en prenant soin de ceux qui ont besoin de soutien, mais aussi intérieurement, par notre caractère. La vraie religion n'est pas l'un ou l'autre. Elle est à la fois conduite et caractère. Les deux vont de pair.

Nous nous soucions de ceux qui sont dans le monde et nous agissons dans le monde en aidant ceux qui ont besoin d’être aidés, mais nous prenons garde à ne pas nous laisser influencer par le monde, car nous ne sommes pas du monde. Dans ce sens, la vraie religion est l'expression extérieure de notre adoration intérieure. C'est exprimer ce qui s'est passé dans nos cœurs parce que Jésus est le Seigneur de nos vies. C'est exprimer ce qui s'est passé dans nos cœurs parce que nous savons que Dieu nous a créés. C'est exprimer par nos actions ce qui s'est passé dans nos cœurs parce que nous savons que Dieu nous aime. D’une certaine manière, la vraie religion dit au monde : « Voilà ce que je fais parce que Dieu m'aime. » Cet équilibre entre croire et agir n’est pas facile à atteindre. C’est pourquoi Charles Spurgeon exprimait ce vœu profond : « Je voudrais voir un chrétien, non pas gardé dans une vitrine à l'abri des épreuves et des tentations, mais couvert d'un bouclier invisible, afin que, où qu'il aille, il soit gardé et protégé des influences néfastes présentes dans le monde, presque partout. »

Rappelons-nous que c’est devant Dieu lui-même et non devant ceux qui nous entourent que nous mesurons la valeur de notre religion. Dieu sonde nos cœurs : il apprécie autrement que nous et les autres ce qu’il y a de vrai ou de faux dans notre façon de pratiquer notre foi. Nous ne pouvons pas le tromper par les apparences. Il sait si nous sommes sincères ou hypocrites. C’est pourquoi Jacques désigne Dieu comme notre Père pour faire sentir à ses lecteurs que le Dieu de la vraie religion auquel ils rendent maintenant leur culte est le Dieu de la nouvelle Alliance, celui qui est devenu leur Père par leur adoption en Jésus-Christ, celui qui réclame d’eux une adoration en esprit et en vérité et une consécration de tout leur être. Prions donc notre Père, comme Jésus lui-même nous l’a enseigné : « O Dieu, notre Père, nous voulons te rendre un culte raisonnable en mettant notre foi à l’œuvre de manière efficace. Nous nous examinons et voyons ce que nous devons changer dans nos vies pour mieux ressembler à Jésus ton Fils. Que ton Esprit nous remplisse de sa puissance pour que nous progressions chaque jour davantage dans notre réflexion sur ta Parole et dans nos actions au quotidien. Merci de nous avoir adoptés comme tes enfants. Merci parce que nous faisons partie de ta famille. Permets que ta famille, l’Église, soit de plus en plus conforme à la vraie religion. Qu’elle s’occupe toujours mieux des nécessiteux, de ceux qui sont seuls et sans ressource. Qu’elle soit entièrement consacrée à toi et sans tache. C’est aussi notre prière personnelle, que nous formulons en ton nom, toi qui es notre Seigneur, amen. »

Rejoignez-nous la semaine prochaine. Nous étudierons ensemble le chapitre deux de la lettre de Jacques. C'est le chapitre qui parle de la foi qui, sans les œuvres, est une foi morte. À bientôt !