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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Jacques ! Aujourd'hui, nous en sommes au troisième jour de notre étude du premier chapitre, et nous allons examiner ensemble les versets 5 à 12. Vous vous souvenez peut-être qu'hier nous avons parlé de la manière dont la foi agit face aux problèmes, de la joie pure qu'elle procure, et de ce que Dieu peut faire dans notre vie à travers les difficultés.
La foi agit face aux problèmes extérieurs, mais aussi face aux luttes intérieures. Elle agit lorsque je doute. La foi a le pouvoir de dissiper nos doutes. Ce ne serait pas la foi si elle n'avait pas ce pouvoir. Oui, la foi a le pouvoir de dissiper nos doutes !
Écoutons ce que l’apôtre Jacques dit à ce sujet, au 1, versets 5 à 8 : « Si l'un de vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu'il la demande avec foi, sans douter, car celui qui doute ressemble aux vagues de la mer que le vent soulève et agite de tous côtés. Qu'un tel homme ne s'imagine pas qu'il recevra quelque chose du Seigneur: c'est un homme partagé, instable dans toute sa conduite.
Comment la foi agit-elle quand nous avons des doutes ? L’apôtre Jacques nous donne la réponse avant même d'aborder le sujet du doute. Il commence par dire que si l'on manque de sagesse, il faut la demander à Dieu. Lorsque je demande sincèrement la sagesse à Dieu, cela combat mon doute. Face aux difficultés ou aux doutes, la sagesse devrait être notre première requête, et c’est à Dieu qu’il faut la demander. Notre premier réflexe est généralement de demander de l'aide pour sortir d’une mauvaise situation au plus vite. J'ai l'impression, et je pense que la plupart d'entre nous ressentons la même chose, que notre plus grand besoin est une fuite immédiate et totale face à un problème. Et je crois que c'est la même chose avec le doute. On prie : « Seigneur, fais-le disparaître. Fais qu'il ne soit plus là. Efface-le de mon esprit. » Mais Jacques nous dit qu'au lieu de cela, nous devons demander à Dieu de nous remplir de sa sagesse. Dieu n'efface pas le doute, il y répond. Dieu a une réponse et il répond au doute. Jacques nous rappelle ici que notre plus grand besoin est la sagesse. J'ai besoin, vous avez besoin de discernement. C'est aussi simple que cela.
Si je veux affronter honnêtement mes problèmes et y faire face dans la joie malgré tout, j'ai besoin d'un discernement qui dépasse ma propre personne. Et si je veux affronter mes doutes et trouver les réponses de Dieu à ces doutes, j'ai tout autant besoin d'un discernement qui dépasse ma propre personne. C'est pourquoi Jacques nous dit : si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu.
Voilà qui est intéressant. Dire « si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse », est une façon particulière de dire les choses, une sorte de formule polie pour dire qu’en fait chacun d'entre nous a besoin de sagesse. Si quelqu'un d'entre nous manque de sagesse, il doit la réclamer à Dieu, car nous ne pouvons pas nous passer d’elle. Et c’est de Dieu qu’elle provient, lui qui est toute sagesse et source de la sagesse. Le chemin de la sagesse passe par une demande : « Seigneur, j’ai besoin de sagesse. » D'ailleurs, vous pourriez y penser en ce moment même, alors que nous méditons ensemble sur la sagesse : « Seigneur, j'ai besoin de sagesse pour cette décision professionnelle. J'ai besoin de sagesse pour ma famille. J'ai besoin de sagesse dans ma vie. J'ai besoin de sagesse pour ce doute qui me tourmente. » N’hésitons pas à demander. C’est la motivation qui nous pousse à demander. Dieu est généreux, Dieu est bienveillant et Dieu ne juge pas. Comprenons bien qu’il sait que nous avons besoin de sa sagesse. Il veut que nous le reconnaissions, car la sagesse ne vient pas de nous, mais de lui. Il nous faut donc la demander à Dieu qui la donne généreusement à tous sans reproche.
Si Dieu est si généreux, pourquoi ne lui demandons-nous pas plus souvent la sagesse ? Parfois, c'est par orgueil ou par manque de confiance en lui. Souvent, nous sommes très occupés et vivons à toute allure, sans prendre le temps de réfléchir. Nous prenons des décisions à la hâte, sans consulter Dieu et sans nous attendre à lui. Souvenons-nous que Dieu est généreux et qu’il veut prendre soin de nous au milieu des difficultés que nous traversons tous. Il veut nous aider et nous montrer la voie que nous devons suivre. Attendons-nous donc à lui. Dieu ne nous attend pas au tournant en constatant que nous sommes incapables de nous en sortir par nous-mêmes. Il ne nous juge pas ; il ne nous méprise pas ; il ne nous accuse pas. Au contraire, Dieu sait que nous avons besoin de lui. L'obstacle à la sagesse est ce même obstacle que la sagesse surmonte : le doute. L’apôtre Jacques nous invite à croire et ne pas douter : croire que Dieu est bienveillant. Lorsque je demande la sagesse à Dieu, je déclare que je ne détiens pas la sagesse, que je ne crois pas en moi-même et que je me remets à Dieu pour toutes les décisions que je dois prendre, pour toutes les actions que je dois entreprendre. Bref, je reconnais que Dieu est un Dieu bienveillant et aimant qui veut me guider dans mes réflexions et mes actions. Au début de son règne, le roi Salomon a demandé à Dieu de lui accorder l’intelligence pour discerner le bien et le mal, et bien gouverner son peuple. Cette demande a plu à Dieu, qui lui a généreusement accordé l’intelligence et la sagesse. Ce Dieu généreux est le même pour nous tous, nous dit Jacques dans sa lettre. Alors, encore une fois, où avez-vous besoin de la sagesse de Dieu aujourd'hui ? Êtes-vous prêts à la recevoir de sa part ? Priez donc avec foi et spontanément, que vous soyez seul ou non. Votre prière peut être brève et faire partie de vos conversations quotidiennes avec Dieu, où que vous vous trouviez.
Demander la sagesse à Dieu, c'est lui rendre un grand honneur. Et demander la sagesse à Dieu, c'est reconnaître que vous en avez besoin. C'est un humble acte de foi. Pour répondre au doute, il faut demander la sagesse de Dieu. Pour répondre au doute, il faut aussi se reconnaître soi-même, avoir une bonne connaissance de soi. L’apôtre Jacques nous aide à mieux comprendre la vie du point de vue de Dieu, et à mieux comprendre qui nous sommes. Écoutons ce qu’il dit aux versets 9 à 12 du premier chapitre de sa lettre : « Que le frère de condition humble tire fierté de son élévation. Que le riche, au contraire, se montre fier de son abaissement, car il disparaîtra comme la fleur de l'herbe. Le soleil se lève avec son ardente chaleur, il dessèche l'herbe, sa fleur tombe et toute sa beauté s’évanouit. De même, le riche se flétrira dans ses entreprises. Heureux l'homme qui tient bon face à la tentation car, après avoir fait ses preuves, il recevra la couronne de la vie que le Seigneur a promise à ceux qui l'aiment. »
Jacques nous dit très clairement que notre relation avec Dieu ne dépend pas de notre condition sociale, de ce que nous possédons ou de ce que nous n’avons pas. Riches et pauvres sont égaux devant lui. Autant il est normal que les pauvres se réjouissent lorsqu'ils sont élevés par Dieu, autant il est normal - mais bien plus difficile - que les riches se réjouissent lorsqu'ils sont humiliés par les épreuves. Nous verrons qu’au chapitre 2, Jacques dit clairement au verset 5 que Dieu a « choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour les rendre riches dans la foi et héritiers du royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment. » Rappelons-nous que notre relation avec Dieu ne dépend pas de ce que nous avons, mais de ce que nous sommes et devenons. Le pauvre ne doit donc pas se sentir inférieur aux riches ni le riche se croire supérieur aux pauvres. Les chrétiens occupent tous une position élevée aux yeux de Dieu, quelle que soit leur condition sociale. Nous sommes tous les enfants du Roi des rois. Notre temps sur terre est si court par rapport à l’éternité que nous allons passer en sa présence. De même que le frère pauvre oublie sa pauvreté terrestre, le frère riche oublie ses richesses terrestres. Par la foi en Christ, ils sont égaux. Dans l’Église chrétienne, les riches ne peuvent pas prétendre être supérieurs aux pauvres. Dans un sens, en devenant chrétiens, ils sont abaissés ; ils prennent aussi le risque d’être rabaissés aux yeux des riches non-chrétiens qui ne se mélangent jamais avec les pauvres, parce qu’ils se croient supérieurs à eux.
Bien que l'on puisse comprendre la pauvreté et la richesse relatives comme des épreuves ou des mises à l'épreuve de la foi vivante auxquelles un chrétien peut être confronté, il semble néanmoins que l’apôtre Jacques opère dans ce passage un changement de sujet soudain, passant des épreuves et de la sagesse aux richesses et à l'humilité. D’une certaine manière, la lettre de Jacques ressemble au livre des Proverbes ou à d'autres écrits de sagesse de l'Ancien Testament : elle peut passer d'un sujet à l'autre et revenir ensuite au précédent.
Les épreuves rappellent aux riches et aux puissants que, malgré leur confort terrestre, cette vie n'est que passagère, éphémère comme l'herbe qui jaunit et les fleurs qui se fanent. En Israël, de nombreuses fleurs magnifiques éclosent à la pluie, mais leur floraison est brève. À l'échelle de l'éternité, l'homme riche, lui aussi, disparaîtra rapidement dans ses entreprises. Les richesses de ce monde sont elles aussi vouées à disparaître, c'est certain – mais Jacques affirme que l'homme riche aussi. Si nous fondons notre vie et notre identité sur des choses éphémères, nous disparaîtrons avec elles. Combien il est préférable de les fonder sur des choses éternelles ! Si un homme n'est riche qu'en ce monde, à sa mort, il laisse ses richesses. Mais si quelqu’un est riche aux yeux de Dieu, à sa mort, il rejoint ses richesses, même s’il a vécu dans la pauvreté matérielle sur terre.
Les bénédictions matérielles dont nous jouissons sur terre sont bien plus
le fruit de l'action de Dieu dans notre vie que vous et moi avons tendance à le croire. Oui, Dieu nous permet de travailler et de voir le fruit de notre labeur, mais il y a tant de façons dont il nous bénit sans que nous nous en rendions compte, et qui nous permettent d'être là où nous sommes. Alors, accueillons ce qu’il nous donne avec gratitude. Mais tout ce que nous possédons va disparaître. Alors ne laissons pas ce que vous avons nous donner un sentiment de sécurité, de grandeur ou d’orgueil. De même, ne laissons pas ce qui semble nous manquer nous faire sentir inadéquats. Ne cherchons pas à acquérir plus, toujours et davantage, et n’envions pas ceux qui ont plus que nous.
Que nous soyons riches ou pauvres, et quelle que soit notre attitude par rapport à ce que nous avons ou n’avons pas, nous devons tous faire face aux tentations, qui sont une mise à l’épreuve de notre foi. L’apôtre Jacques tient donc à nous rassurer en prononçant une bénédiction qui rappelle les bénédictions de Jésus dans son Sermon sur la montage : « Heureux l'homme qui tient bon face à la tentation car, après avoir fait ses preuves, il recevra la couronne de la vie que le Seigneur a promise à ceux qui l'aiment. » Dans ces grandes déclarations de bénédiction, Jésus ne nous a pas indiqué les seules manières d'être bénis. Ici, nous apprenons que nous pouvons être bénis même en persévérant dans la tentation. Il n'est pas dit : « Heureux l'homme qui n'est jamais tenté. » Ni : « Heureux l'homme qui trouve facile de vaincre toute tentation. » Au contraire, la promesse de béatitude est faite à celui qui persévère dans la tentation. Dieu accorde une bénédiction particulière à celui qui sait dire « non » à la tentation, et par là même dire « oui » à Dieu.
Jacques expose ici le plan de Dieu en permettant la tentation. Ce plan consiste à affermir notre foi. C’est par l'épreuve que la foi authentique et forte se manifeste.
La tentation est l'une des nombreuses épreuves que nous rencontrons. En persévérant face à la tentation, nous sommes approuvés et récompensés, car l'œuvre de Dieu en nous se manifeste par notre résistance à la tentation.
Jacques nous rappelle qu'il vaut vraiment la peine d'endurer les tentations auxquelles nous sommes confrontés. Notre constance sera récompensée, car nous démontrons notre amour pour Jésus en résistant à la tentation. Les passions de la tentation de faire le mal ne peuvent être véritablement vaincues que par une passion plus grande encore : la passion pour l'honneur, la gloire et la relation avec Dieu. Certains résistent à la tentation par crainte des hommes. Le voleur devient soudainement honnête lorsqu'il voit un policier. Certains maîtrisent leurs désirs par crainte d’être découverts et d’en subir la honte. D’autres résistent à la tentation d’un péché à cause de l’attrait d’un autre. L’avare avide renonce aux festivités car il ne veut pas dépenser d’argent. Mais la raison la plus profonde qui nous pousse à nous détourner de la tentation est notre amour pour Dieu. Nous ne voulons pas attrister l’Esprit de Dieu, nous ne voulons pas décevoir notre Dieu. Nous voulons l’aimer d’un amour plus fort et plus passionné que celui que nous pourrions porter au péché. Le grand prédicateur anglais Charles Spurgeon disait que « ceux qui supportent la tentation comme il se doit, la supportent parce qu’ils aiment Dieu. Ils se disent : ‘Comment pourrais-je commettre un tel mal et pécher contre Dieu ?’ Ils ne peuvent tomber dans le péché, car cela attristerait celui qui les aime tant et qu’ils aiment de tout leur cœur. »
Prions donc fermement pour que chacun de nous adopte cette attitude face à l’épreuve de la tentation : « Notre Dieu et notre Père, tu sais que nous t’aimons et voulons te suivre. Tu sais aussi combien de fois nous sommes tiraillés face aux tentations, et combien le doute peut nous gagner. Aide-nous à résister au mal sous toutes ses formes, surtout dans les domaines où nous sommes particulièrement faibles. Nous te le demandons avec foi. Renouvelle nos forces par ta Parole, en suivant l’exemple de Jésus qui n’a jamais fait de compromis avec le diable, mais l’a vaincu en s’appuyant sur ta Parole, la vérité. Nous voulons tenir bon sans jamais douter Seigneur, et nous te louons car ton Esprit nous secourt dans nos moments de faiblesse. Grâce à toi, nous pouvons courir patiemment sur le chemin de la foi, heureux de savoir qu’un jour nous recevrons de toi la couronne de la vie. Nous désirons cette récompense de tout notre cœur. Accepte, Seigneur, notre prière et notre louange au nom de Jésus, amen. »