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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Jacques en compagnie de Tom Holladay ! Nous en sommes à notre deuxième semaine et nous allons étudier ensemble le chapitre deux en cinq étapes. Aujourd’hui, nous réfléchirons sur les versets 1 à 8. Vous vous souvenez peut-être que, la semaine dernière, nous avons commencé notre étude de la lettre de Jacques en nous penchant sur l’action de la foi et son influence sur nos vies. Nous ne devrions jamais accepter une foi inefficace. Elle est censée avoir un impact considérable et donner un sens profond à notre quotidien. La semaine dernière, nous avons aussi parlé de la manière dont la foi nous aide à affronter les épreuves, les doutes et les tentations. Nous avons également parlé de la manière dont la foi transforme nos actions.
Ces prochains jours, nous allons nous concentrer sur la foi et ses conséquences, en particulier au sein de la famille de Dieu, l’Église. Avant de rentrer dans les détails de notre étude, permettez-moi de vous donner un bref aperçu du chapitre 2. Jacques y aborde deux points essentiels : la question des riches et des pauvres, et celle de la foi et les œuvres. Il parle des riches et des pauvres et insiste sur l'importance de ne pas faire de favoritisme. Il aborde également la question de la foi et des œuvres, et souligne qu'il ne faut pas se bercer d'illusions en pensant avoir la foi alors qu'on ne l’a pas vraiment. Dans les deux cas, Jacques donne des exemples concrets.
Ce chapitre entier affirme que la foi sans les œuvres est morte. Vers la fin de la semaine, nous aborderons la signification de cette affirmation et envisagerons
son impact sur notre vie quotidienne. Mais au début de notre chapitre, Jacques commence par mentionner les riches et les pauvres, et l’attitude que nous adoptons envers eux. Voici ce qu’il déclare au verset 1 : « Mes frères et sœurs, que votre foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ soit libre de tout favoritisme. »
La foi glorieuse que nous avons, la foi en notre Seigneur Jésus-Christ, ne doit jamais être associée à la partialité, c’est-à-dire à la discrimination, au favoritisme. Le Seigneur de gloire lui-même ne fait preuve d'aucune partialité. L’Ancien comme le Nouveau testament l’affirment, et ceux qui placent leur confiance en lui ne doivent pas non plus en faire.
Jacques emploie des termes forts pour désigner Jésus-Christ : le Seigneur de gloire. Dès le début de la vie de l’Église, Jésus-Christ est présenté comme la Gloire divine – une expression frappante qui désigne Jésus comme la pleine manifestation de la présence et de la majesté divines. Les premiers chrétiens considéraient Jésus comme Dieu et l'affirmaient avec force et sans équivoque.
Il est important de se rappeler que Jacques écrivait à une époque très partiale, marquée par la haine et les préjugés fondés sur la classe sociale, l'origine ethnique, la nationalité et l'appartenance religieuse. Dans l'Antiquité, les individus étaient systématiquement et définitivement catégorisés selon qu'ils étaient juifs ou païens, esclaves ou libres, riches ou pauvres, grecs ou barbares, etc. L’unité et l’ouverture de l’Église primitive ont stupéfié le monde antique. Mais cette unité ne s’est pas instaurée d’elle-même. Comme le montre ce commandement de Jacques, les apôtres ont dû enseigner à l’Église primitive à ne jamais professer la foi de notre Seigneur Jésus-Christ avec partialité. Et ce même commandement s’applique à l’Église entière aujourd’hui encore.
Il existe des formes courantes de discrimination qui nous poussent à faire preuve de favoritisme envers un groupe ou un autre. Cela peut être l'apparence, l'ascendance, l'âge, la réussite, la richesse, n'importe lequel de ces critères. Quelle est notre attitude envers les personnes qui gagnent plus d'argent que nous ? Ou qui gagnent moins d'argent que nous ? Jacques répond à ces questions avec fermeté. Voici ce qu’il dit aux versets 2 à 8 de notre chapitre : « Supposez en effet qu’entre dans votre assemblée un homme portant un anneau d'or et des habits somptueux, et qu’entre aussi un pauvre aux habits crasseux. Si vous tournez les regards vers celui qui porte les habits somptueux pour lui dire : ‘Toi, assieds-toi ici à cette place d'honneur’ et que vous disiez au pauvre : ‘Toi, tiens-toi là debout’ ou bien : ‘Assieds-toi par terre, à mes pieds’, ne faites-vous pas en vous-mêmes une distinction et ne devenez-vous pas des juges aux mauvais raisonnements ? Écoutez, mes frères et sœurs bien-aimés : Dieu n'a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour les rendre riches dans la foi et héritiers du royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment ? Et vous, vous méprisez le pauvre ! N'est-ce pas les riches qui vous oppriment et qui vous traînent devant les tribunaux ? N'est-ce pas eux qui insultent le beau nom que vous portez ? Si vous accomplissez la loi royale d’après l'Écriture : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien. »
Le mot « assemblée » signifie littéralement « synagogue », nom donné au lieu de réunion des Juifs. Le fait que Jacques appelle un lieu de réunion chrétien une synagogue montre qu'il écrivait avant que les non-Juifs ne soient largement acceptés au sein de l'Église. À l'époque où Jacques écrivait, la plupart des chrétiens étaient d'origine juive. L’auteur de la lettre aux Hébreux, au chapitre 10, appelle aussi les assemblées chrétiennes des « synagogues », en demandant à ses lecteurs de ne pas les abandonner.
Faire preuve de partialité – de favoritisme -, montre que nous accordons plus d'importance aux apparences qu'au cœur. Car Dieu ne voit pas comme l'homme voit ; l'homme regarde à ce qui frappe aux yeux, mais Dieu regarde au cœur, et nous devrions en faire autant. Faire preuve de partialité montre que nous nous trompons sur ce qui est important et béni aux yeux de Dieu. Lorsque nous supposons que le riche est plus important pour Dieu ou plus béni par lui, nous accordons une valeur excessive aux richesses matérielles. Faire preuve de partialité révèle aussi un penchant pour l'égoïsme. Généralement, nous favorisons le riche au détriment du pauvre parce que nous pensons pouvoir obtenir davantage du riche. Il peut nous rendre des services que le pauvre ne peut pas.
Bien qu'il soit facile pour l'homme de favoriser les riches, Dieu, lui, ne les favorise pas. En effet, puisque les richesses sont un obstacle au royaume de Dieu, comme Jésus nous le dit, Dieu, d'une certaine manière, bénit tout particulièrement les pauvres de ce monde. Ils sont choisis pour être riches en foi, car les pauvres de ce monde ont tout simplement plus d'occasions de faire confiance à Dieu. Par conséquent, ils peuvent être bien plus riches en foi que l'homme riche. Quelqu’un a dit : « L'homme riche peut lui faire confiance ; mais l'homme pauvre doit lui faire confiance. Le pauvre n'a d'autre refuge que les deux bras puissants de Dieu. » Rappelons-nous qu’il est difficile pour les riches d’accepter la bonne nouvelle de Jésus-Christ. Les pauvres ont accueilli Jésus beaucoup plus facilement que les riches, qui le méprisaient, le négligeaient et le persécutaient. Les pauvres sont choisis en ce sens qu'ils répondent plus facilement à Dieu par la foi, et rencontrent moins d'obstacles pour entrer dans le royaume.
De plus, on peut dire que Dieu a choisi les pauvres, car lorsqu'il a assumé son humanité sur cette terre, il a connu la pauvreté. Mais c'est bien le sort que Dieu a choisi pour son Fils, qui a été pourtant reconnu comme le fils de David, le plus grand roi d’Israël. Il n'avait qu'une seule chance de vivre notre vie, et il a choisi de naître de parents trop pauvres pour offrir plus de deux colombes lors de sa présentation au temple. Lorsque nous choisissons les gens selon les apparences, nous passons à côté de la volonté divine.
Bien sûr, Dieu n'a pas choisi que les pauvres ! Cependant, on peut dire qu'il les a choisis en premier, au sens où l’apôtre Paul le comprend lorsqu’il écrit dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 1 : « Considérez, frères et sœurs, votre propre appel : il n'y a parmi vous ni beaucoup de sages selon les critères humains, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles... Mais Dieu a choisi les choses basses et méprisées du monde, celles qui ne sont rien, pour réduire à néant celles qui sont, afin que personne ne puisse faire le fier devant Dieu. »
Dieu n'appelle jamais au favoritisme envers les riches, comme envers les pauvres. Si un juge doit trancher un différend entre un riche et un pauvre, il doit laisser la loi et les faits guider le jugement, et non l'appartenance économique des parties. Introduire le favoritisme dans l'Église, c'est affirmer qu'un croyant en Christ est d'une manière ou d'une autre plus important qu'un autre. Alors que l'Église est censée être un lieu d'unité, nous en faisons un lieu de discrimination.
Jacques rappelle à ses lecteurs que les riches pèchent contre les pauvres - ils les oppriment et les malmènent. Cela s’explique souvent par le fait que l’amour de l’argent est à la racine de tous les maux, comme le dit Paul à son ami Timothée dans sa première lettre au chapitre 6. Pour cette seule raison, les riches ne méritent pas la faveur dont ils bénéficient. L’histoire montre que les riches peuvent effectivement opprimer les pauvres. Si les riches dont il est question ici étaient chrétiens, on pourrait dire qu’ils blasphèment le nom du Christ, car par leur conduite perverse, ils incitent les autres à le blasphémer… mais il s’agit plus probablement de Juifs riches incroyants, qui se rendaient dans les assemblées chrétiennes, mais qui n’étaient pas devenus de vrais disciples. On sait que les riches de cette époque étaient généralement de grands ennemis du christianisme.
En examinant ce que Jacques a à dire ici, on constate qu'il y a en réalité trois
problèmes liés au favoritisme : le favoritisme est contraire aux principes chrétiens, le favoritisme est déraisonnable, et le favoritisme est dénué d'amour. Jacques explique d'abord que c'est contraire aux principes chrétiens. Il évoque le fait qu'en tant que croyants en Jésus-Christ, notre glorieux Seigneur, nous ne devrions pas faire preuve de favoritisme. Jésus n'a jamais fait preuve de favoritisme.
L’apôtre Jacques aime les chrétiens riches comme les chrétiens pauvres. Il les appelle ses « bien-aimés » et leur fait comprendre ainsi que Dieu fait grâce aux pauvres parce que leur foi est riche, parce qu’ils l’aiment et s’attendent à lui. Dieu se sert de leur pauvreté pour accomplir son projet de salut. Ce que Jacques leur reproche ce n’est pas qu’ils accueillent bien les riches en soi, mais c’est qu’ils méprisent les pauvres et ne les accueillent pas comme Jésus les a lui-même accueillis dans son Royaume. En faisant preuve de favoritisme, ils se comportent exactement comme les mauvais riches qui se moquent de Jésus-Christ.
Il ne s'agit pas d'aimer davantage les riches ou les pauvres. Il s'agit de reconnaître que nous sommes tous prochains les uns des autres et que nous sommes appelés à aimer notre prochain comme nous-mêmes grâce à la puissance de Dieu en Jésus-Christ. Vous voyez, lorsque nous laissons Jésus entrer dans nos vies, lorsque son amour nous pénètre, c'est alors que le favoritisme disparaît. Et la solution n'est pas seulement d'aimer les pauvres. La solution est d'aimer tout le monde, d'aimer son prochain comme soi-même. Jacques appelle cela la loi royale. Elle est prescrite dans le livre du Lévitique, au chapitre 19, et Jésus lui-même l’a reprise, comme nous le lisons dans les évangiles. Mais pourquoi est-elle royale ? Parce que la loi de l’amour prime sur tout le reste. Il est donc bien de recevoir les riches non-croyants, mais jamais au détriment des pauvres. Le faire est tout simplement violer la loi divine.
Laissons donc l'amour de Jésus-Christ entrer dans votre vie, nous pénétrer et nourrir notre foi. Laissons l'amour de Jésus-Christ entrer dans nos églises. C'est alors que nous commencerons à aimer comme lui-même nous a aimés. Notre amour des autres, quelles que soient leur condition matérielle et sociale, découle de notre foi, de notre confiance en lui pour agir à travers nous. Nous devons lui demander de nous fortifier pour aimer. Alors, faisons-le maintenant, en priant ensemble. Je vous encourage à faire cette simple prière : « Jésus-Christ, montre-moi où je fais preuve de favoritisme avec les autres ; fortifie-moi pour aimer, pour aimer mon prochain comme moi-même. Donne-moi la sagesse de ne pas tenter d'y parvenir par mes propres forces. Seigneur, j'ai besoin que tu m'apprennes à aimer, mais j'ai besoin de plus que cela : j'ai besoin que tu me donnes la force d'aimer comme tu nous aimes, à faire tout ce que je peux pour accueillir et aider les pauvres, à ne pas envier ceux qui ont plus que moi, ou à les considérer meilleurs que les autres à cause de leur influence ou de leur pouvoir. C’est en ton saint nom que nous te le demandons, amen. »
Rejoignez-nous demain. Nous parlerons du pouvoir de la bonté en poursuivant notre étude du chapitre 2 de la lettre de Jacques.