Jacques 2.13b

Semaine 2 - jour 3

Épître de Jacques

Jacques 2.13b

18:50


L'idée de jugement est très présente dans notre société. Comment réagissons-nous face au jugement de Dieu envers nous et comment réagissons-nous face à notre propre jugement envers les autres ?
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Jacques ! Aujourd'hui, nous en sommes au troisième jour de notre étude du deuxième chapitre, et nous allons concentrer notre réflexion sur la fin du verset 13 qui déclare : « La compassion triomphe du jugement. » L'idée de jugement est très présente dans notre société. Comment réagissons-nous face au jugement de Dieu envers nous et comment réagissons-nous face à notre propre jugement envers les autres ?

Que pouvons-nous apprendre de Dieu ? Eh bien, la réponse de Dieu est incroyablement importante quant à la manière dont il nous traite. Sa réponse au jugement n'est pas la tolérance, mais la compassion. Dieu ne tolère pas notre péché ; il est saint, mais il fait preuve de compassion face à notre péché, car il est amour.

Nous avons tous constaté l'hypocrisie de ceux qui se focalisent sur ce que Jésus appelait la paille dans l'œil de leur frère, tout en ignorant la poutre dans le leur. Jésus parle de la nécessité d'avoir de l'intégrité. Nous devons enlever la poutre de notre propre œil, et ensuite seulement, nous pourrons penser à enlever la paille de l'œil de notre frère ou de notre sœur en Christ.

Les images de la paille et de la poutre sont bien réelles, mais utilisées avec humour. Jésus montre combien nous sommes généralement beaucoup plus tolérants envers notre propre péché qu'envers celui des autres. Jésus a utilisé ces images exagérées pour rendre son message plus facile à comprendre et à retenir. Il est impossible de penser à cette image sans sourire quelque peu. Jésus indique que celui qui a une poutre dans son œil, c’est-à-dire qui a un gros défaut, qui adopte un comportement fautif grave, n’en tient pas compte lorsqu’il considère les petits défauts de ses proches. Il est aveugle à son défaut évident. Jésus qualifie d'« hypocrite » celui qui s'inquiète des petites choses chez les autres et ne prête aucune attention aux grandes choses qui le concernent lui-même. Notre hypocrisie en ces matières est presque toujours plus flagrante aux yeux des autres qu'à nos propres yeux. Nous pouvons trouver le moyen d'ignorer la poutre dans notre œil, mais les autres la remarquent immédiatement. Cela étant, Jésus n'a pas dit qu'il était mal d'aider son frère à enlever la paille qui est dans son œil. Il est bon d'aider son frère à enlever sa paille, mais seulement après avoir enlevé la poutre qui est dans son propre œil, et il faut le faire avec compassion, sans jamais oublier que notre faute, notre défaut, était beaucoup plus important que le sien. Répétons-le, Jésus n'est pas contre le discernement, ni contre le fait d'aider les autres à surmonter leur péché, mais il nous avertit de ne pas faire preuve d’hypocrisie en nous voilant la face et en nous enorgueillissant au point de devenir tellement convaincus de notre propre justice que nous méprisons les autres. Nous devons d'abord nous examiner nous-mêmes et corriger nos propres manquements avant de nous occuper des défauts ou des péchés de nos proches.

Jésus nous dit que l'alternative au jugement n'est pas la tolérance, mais la compassion. L'alternative au jugement n'est pas d'ignorer les fautes des autres, mais de montrer que Jésus a pardonné toutes les nôtres. Cela ne signifie pas que nous faisons semblant de ne pas voir le péché des autres. Faire cela, ce serait nier la réalité. Bien sûr, nous voyons bien les péchés des autres. Nombre d'entre eux sont flagrants, tout comme beaucoup de nos propres péchés. La question est donc : que comptez-vous faire face à ces péchés évidents ? D’abord ne pas juger les autres et reconnaître que nous faisons tous face à toutes sortes de tentations. Nous ne pouvons donc considérer personne comme étant hors du cercle de la grâce de Dieu, hors de portée de notre pardon, de son pardon, hors des limites de notre amour.

Lorsque Jésus parle de la paille et de la poutre dans notre œil, de la compassion et du jugement, et lorsque Jacques en parle au verset 13 du chapitre 2, il s'agit en quelque sorte d'un niveau avancé de notre comportement et de notre relation avec les autres. Je sais que nous avons tous du mal à apprendre à faire preuve de compassion sans juger. Il est plus facile de juger et de finir par médire sur les problèmes que rencontrent les autres que d'offrir son soutien. Il est facile de se contenter d'une prétendue compassion qui manque de courage pour dire à quelqu'un la vérité sur son péché ou pour accepter la vérité sur son propre péché. Or, lorsque nous réfléchissons aux paroles de Jésus concernant le triomphe de la compassion sur le jugement aujourd'hui, la chose la plus choquante et la plus controversée qu'il nous enseigne sur la compassion envers les autres est, je crois, ceci : la compassion n'est pas une option. En tout cas elle ne l’est pas si nous voulons expérimenter et bénéficier de la bonté de Dieu dans notre propre vie. Nous en avons déjà parlé à la fin de notre étude d'hier.

Jésus a parlé du fait que si nous faisons preuve de compassion envers les autres, Dieu fera preuve de compassion envers nous. L’inverse est vrai : pourquoi Dieu serait-il compatissant envers nous alors que nous n’arrêtons pas de juger les autres ? On comprend qu’il nous jugera sans pitié.

Nous acceptons bien sûr que la compassion de Dieu est un don gratuit de Dieu fondé sur sa grâce, qui ne dépend pas de nos actions. Alors comment peut-on affirmer que je dois faire preuve de compassion envers les autres pour bénéficier de celle de Dieu ? Eh bien, certes, le salut n'est pas le fruit de nos œuvres. C'est assurément un don de Dieu, j'en suis profondément convaincu. Pourtant, cette conviction peut nous conduire parfois à des situations étranges sur la manière dont nous recevons et offrons la compassion. Nous croyons que Dieu a manifesté sa compassion envers nous et nous avons accepté ce don par la foi. Sa compassion et son pardon sont garantis par son amour même. Mais lorsqu'il s'agit de nos manifestations de compassion envers les autres, particulièrement ceux qui nous ont profondément blessés, nous sommes tentés de penser : « Peut-être que mon attitude est simplement due à mes faiblesses bien trop humaines. Parfois je pardonne. Parfois je ne peux tout simplement pas. » Nous choisissons de faire preuve de compassion envers certains, mais nous décidons que d'autres ne méritent pas notre compassion et nous les jugeons à la place ; nous croyons que nous avons raison de les juger tant ils nous ont fait du mal.

Jésus a mis le doigt sur ce problème. Il a clairement rejeté cette prise de position et l'a jugée erronée. À la fin du Notre Père, après avoir enseigné à ses disciples comment prier, et à dire entre autres à Dieu notre Père : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés », Jésus leur a dit : « Si vous pardonnez à ceux qui vous ont offensés, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous refusez de pardonner aux autres, votre Père ne vous pardonnera pas non plus. »

Le pardon est nécessaire à ceux qui ont été pardonnés. Nous n'avons pas le luxe de nourrir de l'amertume envers autrui. Le grand prédicateur anglais John Stott a écrit : « Une fois que nous avons pris conscience de l'énormité de notre offense envers Dieu, les torts que d'autres nous ont infligés paraissent, en comparaison, insignifiants. Si, au contraire, nous avons une vision exagérée des offenses des autres, cela prouve que nous avons minimisé les nôtres. »

Les paroles de l’apôtre Jacques font écho à celles de Jésus. Nous l'avons vu la semaine dernière. Si le pardon de Dieu ne dépendait d'aucune œuvre de notre part, comment Jésus aurait-il pu dire ce que nous venons de lire ? Eh bien, c’est parce qu'il connaît le cœur humain. Jésus sait que ceux qui sont incapables de pardonner n'ont pas vraiment compris ni accepté ce que signifie être pardonné. Lorsque j'accueille le pardon de Dieu dans ma vie, cela a un impact sur la compassion que je manifeste envers les autres. J'ai peut-être encore du mal à faire preuve de compassion, de bonté, mais cela va changer les choses. Si vous avez des difficultés à pardonner, vous pensez ceci, peut-être en essayant de vous justifier : « Tu n'as pas vécu ce que j'ai vécu. Tu ne connais pas la douleur que j'ai endurée. Faire preuve de compassion, pardonner à cette personne, tu ne peux pas imaginer à quel point cela est difficile. » Plus la blessure est profonde, plus notre esprit se rebelle contre l'idée de pardon.

Mais Jésus nous aide, vous et moi, dans cette épreuve en étant direct. Les paroles dont nous parlons aujourd'hui ne sont pas les miennes. Ce sont les paroles de Jésus.

Pourquoi Jésus semble-t-il si dur et insensible sur ce sujet, surtout lorsqu'il touche à ces blessures profondes qui affectent nos vies ? En fait, il sait que nous souffrons du mal qu’on nous a fait. Il sait combien il est difficile de pardonner. Il est mort sur la croix pour payer le prix de nos péchés. Oui, le pardon n'est pas facile. Mais Jésus sait aussi qu'un refus catégorique de pardonner est un signe certain de ce qui se passe en nous.

Il sait combien il est facile de laisser l'amertume et le ressentiment s'insinuer puis détruire toutes nos relations. Il sait combien Satan aime se servir de notre refus de pardonner pour nous empêcher de recevoir le pardon transformateur de Dieu.

Je tiens à être très clair ici. Je ne parle pas du temps nécessaire pour vivre nos émotions et de la foi que nous devons choisir pour pardonner. Je parle de cette rancune tenace, année après année, que nous éprouvons envers quelqu'un, qui nous fait dire : « Je ne lui pardonnerai jamais ».

Je ne parle pas ici de confiance, mais simplement de pardon. Le pardon est immédiat, mais la confiance doit être rétablie et cela prend du temps. Elle ne se reconstruira peut-être jamais, mais le pardon doit être offert immédiatement. Voyez-vous, la compassion, est la réponse appropriée à ceux qui ont reçu la compassion de Dieu. La compassion demande du courage. Pourquoi ? Parce qu’elle est souvent rejetée. Les gens rejettent constamment la compassion de Dieu. Pourtant, sa bonté est parfaite. Ne soyons donc pas étonnés s’ils refusent notre compassion envers eux. Notre rôle n’est pas de l’imposer, mais de l’offrir. Si vous pensez que les gens réagiront toujours bien à votre compassion envers eux, vous vous trompez lourdement. Quelqu’un qui répond avec bonté et gentillesse à une personne en colère prend le risque d’irriter cette personne encore plus. Pour pouvoir ôter la paille qui se trouve dans l’œil de mon frère, il faut encore que celui-ci reconnaisse qu’il en a une, et ce n’est pas évident, et qu’il accepte d’être interpelé. « Pour qui te prends-tu ? » diront certains. « Occupe-toi de tes affaires. Ne te mêle pas de ce qui ne te regarde pas, » répondront les autres. Que faire quand on refuse notre compassion ? Eh bien, on fait comme Jésus. Il a continué à faire preuve de compassion envers tous. Il a offert son pardon, même lorsqu’il a été ridiculisé, rejeté et cloué sur une croix.

Rappelons-nous que le monde sans Dieu rejette sa compassion, ne veut rien à voir à faire avec Jésus et ce qu’il a accompli pour nous. Il ne voit même pas en quoi il a besoin de Dieu, de son amour et de sa bonté. Son intervention dans la vie quotidienne dérange. Elle est plutôt perçue comme une menace. On se sent menacé par la façon dont Dieu pourrait intervenir et bouleverser sa vie.

La vérité, c'est que Dieu veut intervenir avec bonté pour rendre notre vie plus belle qu'elle ne pourrait jamais l'être sans lui. C’est pourquoi lorsque nos actes de compassion envers les autres sont rejetés, n’oublions pas ces paroles du prophète Michée qui déclare au chapitre 6 de son livre que nous lisons ici dans la version de la Bible du Semeur : « On te l’a enseigné, ô homme, ce qui est bien et ce que l’Éternel attend de toi : que tu te conduises avec droiture, que tu prennes plaisir à la bonté et que tu vives dans l’humilité avec ton Dieu. » Notre devoir est de persévérer, de toujours agir avec bonté, quelle que soit la réaction de ceux envers qui nous agissons. Reconnaissons que nous avons constamment besoin de la bonté de Dieu dans nos vies au quotidien et à quel prix nous avons été délivrés de la puissance du mal. Lorsque nous nous en rendons compte, nous nous trouvons dans la même situation que la femme qui menait une vie dissolue mais qui était si débordante d’amour pour Jésus qu’elle a versé du parfum sur ses pieds et les a couverts de baisers. La réaction de Jésus a sidéré son entourage qui avait rejeté la compassion de Jésus et méprisait la femme dont les péchés avaient été pourtant pardonnés. La conclusion de Jésus est remarquable : « Celui qui a eu peu de choses à se faire pardonner ne manifeste que peu d’amour ! » Ceux qui ont le cœur froid et orgueilleux, ceux qui ne reconnaissent pas le péché en eux, manquent d’amour et le montrent en le dénonçant chez les autres et en jugeant les autres, alors que la compassion nous invite à reconnaître notre culpabilité, à recevoir le pardon de Dieu, et à cesser de juger les autres.

Le dernier mot sur la compassion revient bien sûr à Jésus ! C’est lui qui nous dit, dans l’évangile selon Matthieu au chapitre 5, verset 7 : « Heureux les miséricordieux, parce qu’ils obtiendront miséricorde. » La Bible en français courant l’exprime ainsi : « Heureux ceux qui ont de la compassion pour autrui, car Dieu aura de la compassion pour eux. » Quelqu’un a dit très justement : « Il faut avoir senti sa propre misère, avoir souffert soi-même, pour pouvoir sympathiser avec la souffrance d’autrui. Il faut avoir été soi-même l’objet de l’amour infini de Dieu pour pouvoir aimer les autres et pratiquer à leur égard la charité. »

Hier, nous avons parlé de demander pardon à Jésus-Christ. C'est par là qu'il faut commencer. Aujourd'hui, je vous encourage à lui demander la force de pardonner aux autres. À qui devez-vous pardonner ? À qui devez-vous faire preuve de compassion ? À qui devez-vous témoigner de la bonté ? Prions ensemble : « Seigneur, toi qui as pardonné tous mes péchés dans ton immense bonté, aide-moi à t’aimer davantage pour être à mon tour rempli de compassion envers tous ceux qui m’ont offensé depuis mon enfance jusqu’à aujourd’hui. Je m’engage à pardonner sans restriction ceux qui m’ont fait du mal, ceux qui ont des dettes de toutes sortes envers moi. Aide-moi à fuir le ressentiment et l’amertume. Je veux concentrer toute mon attention sur ta bonté pour pouvoir à mon tour être bon envers les autres, même ceux qui ne m’aiment pas. Pardonne-moi pour toutes les fois où j’ai jugé les autres sur les apparences, ou parce qu’ils ont mal agi à mon égard ou à l’égard des autres. Que ton immense compassion pour ceux qui t’aiment comme pour ceux qui te rejettent encore ne cesse de m’inspirer à suivre ton exemple. C’est en ton saint nom que je te prie avec sincérité. Amen. »