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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Jacques ! Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur les versets 9 à 13 du chapitre 2 ; c’est notre deuxième étude sur ce chapitre. En fait, je voudrais commencer par lire ce passage avec vous : « Mais si vous faites du favoritisme, vous commettez un péché ; la loi vous dénonce comme étant coupables. De fait, la personne qui obéit à toute la loi mais qui pèche contre un seul commandement est en faute vis-à-vis de l’ensemble. En effet, celui qui a dit : Tu ne commettras pas d'adultère a aussi dit : Tu ne commettras pas de meurtre. Si tu ne commets pas d'adultère mais que tu commettes un meurtre, tu es coupable d’infraction à la loi. Parlez et agissez comme des personnes appelées à être jugées par une loi de liberté, car le jugement est sans compassion pour qui n'a pas fait preuve de compassion. La compassion triomphe du jugement. »
Si l’amour de Dieu pour nous est impartial, alors favoriser une personne plutôt qu’une autre, c’est vivre comme si l’Évangile ne nous avait pas transformé. Jacques nous pousse à voir que la façon dont nous voyons et traitons les autres révèle ce que nous croyons réellement à propos de Dieu.
L’une des erreurs que nous commettons avec les Écritures est de les traiter comme un manuel qui dit simplement : « Dis-moi quoi faire. » Mais Dieu nous donne rarement une liste de contrôle. Au lieu de cela, il nous confie des principes qui peuvent être appliqués à d’innombrables situations. C’est pourquoi l’apôtre Jacques passe autant de temps sur le sujet du favoritisme. Si nous ne comprenons pas le problème sous-jacent, nous appliquerons mal la vérité. Car la partialité ne concerne pas seulement la disposition des sièges dans les églises : elle concerne la façon dont nous dépensons notre argent, la façon dont nous interagissons avec nos collègues, la façon dont nous percevons ceux qui sont au pouvoir ou encore la façon dont nous traitons ceux qui ne peuvent rien nous donner en retour.
Jacques nous rappelle que le christianisme n’a pas besoin d’être présent dans les couloirs du pouvoir pour prospérer. Dieu nous place dans des environnements quotidiens et ordinaires. Si nous cessons de voir à travers le prisme du caractère de Dieu, nous commencerons à vivre de manière incompatible avec notre nouvelle vie en Christ, agissant par peur ou par égoïsme. La question n’est pas : « Comment puis-je intégrer Dieu dans ma vie ? », mais « Est-ce que je donne toute ma vie à Dieu ?
Si nous transgressons la loi, nous serons jugés. Il suffit de bafouer un seul des commandements de la loi pour être coupable de toute la loi. La loi de liberté, la loi parfaite, c’est la loi de Moïse. Le commandement de l’amour du prochain est précédé de ce commandement dans le livre du Lévitique au chapitre 19, verset 15, qui dit : « Tu n’avantageras pas le faible et tu ne favoriseras pas non plus le grand, mais tu jugeras ton prochain avec justice. » Le faible, c’est le pauvre qui, aux yeux de Dieu, doit être considéré au regard de la loi de la même manière que le riche, le grand : pas de favoritisme dans la loi de Moïse, pas de favoritisme dans la loi de liberté. La loi royale est la loi de l’équité, de l’excellence, de la grandeur et de l’utile. Voilà pourquoi elle s’applique à tous dans l’impartialité.
L’apôtre Jacques nous met ici en garde contre une obéissance sélective, celle qui consiste à choisir les commandements de Dieu à observer et ceux que l'on croit pouvoir ignorer sans risque. Par exemple, on ne peut pas dire : « J’aime le commandement de Dieu contre le meurtre, alors je le respecterai. Mais je n’aime pas son commandement contre l’adultère, donc je l’ignorerai. » Dieu se soucie de la Loi dans son intégralité et il veut que nous l’observions en toute intégrité.
Les deux commandements sur l’adultère et le meurtre appartiennent à la deuxième partie des 10 commandements, relative aux devoirs envers le prochain. Si nous transgressons un seul commandement nous nous rendons coupables à l’égard de tous. Jacques justifie ce jugement parce que tous les commandements de la loi émanent de Dieu, et c’est sa volonté sainte tout entière qu’on foule aux pieds par cette violation, quel qu’en soit l’objet. En fait, si nous pouvons violer volontairement un seul point de la loi, nous pouvons aussi en violer un autre et tous successivement, selon l’occasion. C’est l’amour du prochain qui nous permet de renoncer à désobéir à la loi de la liberté qui prescrit l’amour des autres : si nous transgressons ce commandement c’est à toute la loi que nous désobéissons, alors même qu’on en observerait extérieurement tous les préceptes, car « Dieu regarde au cœur ». C’est dans le cœur que nous plaçons l’observation de la loi, et non pas dans les minutieuses prescriptions d’une morale sans amour et sans liberté que pratiquaient les pharisiens hypocrites du temps de Jésus. C’est la raison pour laquelle Jésus a tant critiqué l’attitude des pharisiens hypocrites qui imposaient des règles inutiles au peuple et les privaient ainsi de la liberté que procure la loi royale. C’est pour plaire à Dieu que nous obéissons à la loi et non parce que nous avons peur d’elle. Voilà pourquoi elle nous rend libre. Car Dieu veut le meilleur pour nous.
Jacques est clair : les actions comptent. Mais les actions sans un cœur transformé sont vaines. La vraie transformation signifie abandonner quelque chose pour pouvoir s’emparer de Christ. Lorsque Jésus est notre point de mire, il change nos affections : nous commençons à vouloir ce qu’il veut. La partialité peut sembler minime, mais la loi de Dieu n’est pas une pyramide où certains commandements comptent plus que d’autres. Elle ressemble plus à une feuille de verre : cassez-la n’importe où et tout se brise. Elle forme un tout. C’est parce que la loi de Dieu reflète le caractère de Dieu que son caractère est indivisible.
Jacques appelle les commandements de Dieu une « loi de liberté ». Les briser, c’est abuser de quelque chose de beau et se compliquer la vie. Mais lorsque nous nous alignons sur les voies de Dieu, sa loi nous libère pour bien aimer. C’est pourquoi Jacques simplifie les choses compliquées : Qu’est-ce que l’Évangile a fait pour vous ? Comment Jésus vous a-t-il aimé ? À votre tour d’aimer les autres de cette façon.
Nous sommes soumis à la loi de la liberté. L’apôtre Jacques l’appelle ainsi parce qu’elle est librement et volontairement observée par les chrétiens, pour qui elle n’est ni un fardeau ni une servitude. Elle confère cette liberté, mais elle demeure une loi à laquelle nous devons obéir et selon laquelle nous serons jugés au tribunal de Christ, comme nous le confirme l’apôtre Paul dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, au chapitre 5, verset 10 : « Il nous faudra tous comparaître devant le tribunal de Christ afin que chacun reçoive le salaire de ce qu’il aura fait, bien ou mal, alors qu’il était dans son corps. »
Si nous n’aimons pas Dieu et les autres, tout le reste s’effondre. Nous ne pouvons pas être assez religieux, assez bon ou assez saint pour surmonter notre échec à aimer Dieu ou les autres. Mais Jacques dit que ce n’est pas ce que nous sommes ! Nous sommes gouvernés par la liberté, et la loi de la liberté est la loi qui libère. Par la mort de Jésus, nous sommes libérés du châtiment du péché et nous nous retrouvons bénéficiaires d'une bonté indescriptible grâce à l'amour de Dieu pour nous. Jacques nous dit d’avoir de la compassion, d’être remplis de bonté, parce que la compassion sait que les autres sont également façonnés à l'image de Christ à travers leurs propres épreuves, et la compassion sait que nous avons été pardonnés bien plus que ce qu'on nous demande de pardonner.
Puisque nous serons jugés par la loi de la liberté, nous devons toujours faire preuve de bonté envers les autres en nous abstenant de toute partialité. La compassion dont nous faisons preuve nous sera rendue au jour du jugement, et cette compassion triomphera du jugement. Ici, Jacques relate un autre principe de Jésus tiré du Sermon sur la montagne. Nous lisons ceci au chapitre 7, verset 2, de l’évangile selon Matthieu : « Ne jugez pas afin de ne pas être jugés, car on vous jugera de la même manière que vous aurez jugé et on utilisera pour vous la mesure dont vous vous serez servis. »
La loi de la liberté n’a rien à voir avec le laxisme ; c’est une règle éthique stricte qui vient de Dieu. Nous serons jugés selon notre respect de son principe suprême d'amour fraternel, c'est-à-dire de compassion pour les péchés et les souffrances de nos semblables. Le jugement menace le pécheur ; mais l’amour qui anime le chrétien lui communique la joyeuse assurance qu’il échappera à la condamnation. C’est la victoire que l’amour de Dieu, répandu dans le cœur de ses enfants, remporte sur les châtiments de sa justice.
La partialité est remplacée par l'honneur. Nous n’avons pas besoin d’être d’accord avec tout le monde pour traiter chacun avec dignité. Nous n’avons pas besoin de compromettre nos convictions pour montrer notre amour envers tous ceux qui nous entourent ou que nous rencontrons. La partialité disparaît lorsque je pense et agis selon la loi de la liberté, mais l'honneur demeure. Nous honorons les autres en les acceptant tels qu’ils sont, en les aimant comme ils sont, en agissant envers eux comme Jésus-Christ a agi envers nous.
Toute notre vie, vous jugeons les gens, que nous le voulions ou non. Nous pouvons les juger sur leur apparence, leur âge, leur richesse, leurs réussites, leurs études ou leurs performances sportives. Si nous agissons ainsi, nous ferons preuve de favoritisme. Nous pouvons aussi juger chacun avec compassion. À un moment donné de notre vie, nous avons développé des préjugés ou des attitudes envers certaines personnes qui ont une certaine apparence, une certaine façon de parler ou d'agir, et nous les ignorons, nous les méprisons, et parfois nous les ridiculisons. Dieu nous demande de ne pas agir ainsi. Au contraire, faisons preuve de miséricorde. La miséricorde est compassion. La compassion tend la main à ceux qui sont dans le besoin. La compassion est ce qui nous pousse à aimer notre ennemi. La compassion est ce qui nous motive à aider un inconnu. La compassion est bienveillante quand les autres sont méchants. La compassion est aimante quand les autres sont insensibles. La compassion traite chacun avec égalité quand nous ne sommes pas traités de la même manière. Toute personne égoïste peut faire preuve de favoritisme, mais il faut un cœur transformé pour manifester une véritable miséricorde. La compassion est notre arme contre le favoritisme. En fait, lorsque vous ne traitons pas les gens de manière égale, nous démontrons que nous ne comprenons pas vraiment ce qui s'est passé à la croix pour nous. C'est pourquoi Jacques demande : « Comment pouvez-vous prétendre avoir la foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ si vous faites des préférences ? » Le favoritisme est révélateur de notre niveau spirituel. Au mieux, nous sommes spirituellement immatures ; au pire, nous ne sommes pas du tout chrétiens.
Jacques évoque à nouveau cette compassion et cette impartialité au chapitre 3, verset 17 de sa lettre où il dit ceci : « La sagesse d'en haut est tout d'abord pure, ensuite porteuse de paix, douce, conciliante, pleine de compassion et de bons fruits, elle est sans parti pris et sans hypocrisie. » Le peuple de Dieu fait preuve de sagesse lorsqu’il est plein de compassion et impartial. La compassion signifie : « Même s’ils sont différents de moi, je les aimerai malgré tout. Ils ne sont peut-être pas ce que je voudrais qu’ils soient, mais je les honorerai et leur témoignerai du respect. » La compassion signifie : « Je traiterai chacun avec égalité. » L’apôtre Paul, dans sa lettre aux Colossiens, au chapitre 3, nous demande de nous revêtir de compassion et de bonté. Pour le disciple de Jésus, la compassion devrait être aussi naturelle que le vêtement qu’il porte. Il ne devrait pas être étrange de trouver un croyant qui traite tout le monde avec la même valeur. Voilà pourquoi l’apôtre Jacques termine ses instructions sur l’impartialité et la compassion en disant : « La compassion triomphe du jugement. »
Nous retrouvons chez Jacques la sagesse du livre des Proverbes. Au chapitre 28, verset 18, nous lisons ceci : « Il n'est pas bon de se montrer partial. Pourtant, des hommes sont prêts à la transgression en échange d’un morceau de pain. » La foi authentique nous pousse à aimer tout le monde sans distinction. Avec le temps, notre foi en Christ, notre relation avec Jésus, transformera notre regard sur les personnes envers lesquelles nous avons des préjugés. Notre foi change notre façon de penser envers ceux que nous favorisons et ceux que nous méprisons. À mesure que notre foi grandit, nous commençons à aimer et à chérir les riches et les pauvres, les instruits et les illettrés, les populaires et les marginaux, les beaux et les laids, les hommes et les femmes, les pieux et les impies, les Blancs et les Noirs, et tous ceux qui nous entourent. Transformé par notre foi en Jésus, notre cœur développe un amour divin pour le monde et nous commençons à l'aimer comme Dieu l'aime.
Demandons donc à Dieu notre Père, qui est rempli de compassion et qui ne fait ni favoritisme ni acception de personne, de nous remplir de sa compassion pour que nous puissions à notre tour être remplis de compassion envers ceux qui nous aiment comme ceux qui nous détestent : « Seigneur, tu connais nos mauvaises motivations, notre manque de sagesse et notre tendance au favoritisme. Nous confessons humblement notre faiblesse et notre esprit de jugement, et te demandons sincèrement de nous reprendre lorsque nous cédons à la tentation de juger les autres et de les mépriser, au lieu de les aimer comme toi tu nous as aimés. Merci pour la sagesse de l’apôtre Jacques, qui nous reprend fermement mais toujours avec compassion, lui qui nous considère comme ses frères et sœurs bien-aimés, alors que nous n’aimons pas toujours comme nous devrions aimer. Permets que nous nous conformions à la loi de la liberté, ta loi sainte et parfaite, celle qui nous libère lorsque nous nous soumettons à elle. Apprends-nous à avoir horreur du mal et à aimer de plus en plus tes commandements en suivant l’exemple parfait de Jésus-Christ, et c’est en son nom que nous te prions, amen. »
Rejoignez-nous demain ! Nous parlerons ensemble en plus de détails de la compassion qui triomphe du jugement.