Jacques 3.13-16

Semaine 3 - jour 4

Épître de Jacques

Jacques 3.13-16

14:50


La sagesse et l’intelligence dont parle Jacques ne se limitent pas à un savoir intellectuel. La véritable sagesse et l’intelligence se manifestent dans nos vies, par notre bonne conduite.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Jacques ! Nous en sommes au quatrième jour de notre réflexion sur le troisième chapitre, et nous examinerons ensemble aujourd’hui les versets 13 à 16 qui parlent de sagesse. En fait, j'aimerais commencer notre étude en lisant ces versets ensemble : « Lequel parmi vous est sage et intelligent ? Qu'il montre, par un bon comportement, ses œuvres empreintes de douceur et de sagesse. Mais si vous avez dans votre cœur une jalousie amère et un esprit de rivalité, ne faites pas les fiers et ne mentez pas contre la vérité. Une telle sagesse ne vient pas d'en haut, elle est au contraire terrestre, purement humaine, démoniaque. En effet, là où il y a de la jalousie et un esprit de rivalité, il y a du désordre et toutes sortes de pratiques mauvaises. » Le verset 13 aborde à nouveau un autre thème majeur de l'épître de Jacques : celui de la sagesse. Il faut pouvoir faire la différence entre la sagesse du monde - la sagesse démoniaque -, et la sagesse divine, remplie de douceur et de vérité.

Au chapitre 1, vous vous en souvenez sans doute, nous avons vu que si nous manquons de sagesse nous devons la demander à Dieu avec confiance. Et si nous la lui demandons, Dieu il ne manquera pas de nous la donner. Au chapitre 1, Jacques s'adresse à ceux qui sont enseignants ou aspirent à l'être parmi les chrétiens. Il leur indique alors comment parler. Ici, Jacques s'adresse à celui qui est ‘sage et intelligent’. Le mot ‘sophos’ qui veut dire « sage », était le terme technique employé chez les Juifs pour désigner l'enseignant, le scribe, le rabbin. Jacques parle encore à ceux qui souhaitent devenir enseignants ; ici, ce n'est pas leurs discours qui l'intéresse, mais plutôt leur manière de vivre.

La sagesse et l’intelligence dont parle Jacques ne se limitent pas à un savoir intellectuel. La véritable sagesse et l’intelligence se manifestent dans nos vies, par notre bonne conduite. En ce sens, la sagesse et l’intelligence sont semblables à la foi : ce sont des qualités intérieures et invisibles. Si une personne se considère sage et intelligente, il est légitime d’attendre que cette qualité intérieure invisible se manifeste dans sa vie quotidienne. Jacques nous explique ici comment discerner la sagesse et l’intelligence d’un chrétien. Il parle à des personnes qui se considèrent sages parce qu'elles fréquentent l'église depuis un certain temps. Elles étudient la Parole de Dieu depuis un certain temps. Elles possèdent une certaine compréhension des Écritures et de l’enseignement de Jésus et des apôtres. Mais comment cela se traduit-il dans leur vie de tous les jours et dans la vie de leur communauté ? Jacques leur rappelle qu’il y a plusieurs dangers que nous devons éviter et qui menacent particulièrement les sages : les paroles sans action, la jalousie amère et l’esprit de rivalité.

Un des pièges que rencontrent ceux qui se disent sages est de parler sans agir. Voici ce que Jacques demande à celui qui se croit sage et intelligent : « Qu'il montre, par un bon comportement, ses œuvres empreintes de douceur et de sagesse. » Voyez-vous, si vous fréquentez votre église depuis un certain temps, si vous avez acquis une certaine sagesse, vous risquez de vous reposer sur vos lauriers et de vous contenter des œuvres que vous avez pu accomplir dans le passé. Vous commencez à vivre dans le passé et vous vous arrêtez d’agir, et vous laissez les autres agir à votre place. Or nous ne pouvons pas nous arrêter de servir et nous contenter de beaux discours et de bons souvenirs. Aucun chrétien n’est dispensé de servir, quelle que soit la forme que prend son service. Notre façon de servir évolue avec le temps. Il se peut que nos capacités physiques nous empêchent de faire ce que nous faisions plus jeune, mais notre zèle ne doit pas diminuer, même s’il est limité à la prière, qui reste active et attentive aux besoins des autres. Jésus ne s’est jamais arrêté de servir. Sa mort même sur la croix était le service suprême, l’accomplissement final et unique de sa mission sur terre. Ne nous contentons donc jamais de parler de nos accomplissements passés en cessant d’agir et en laissant les autres agir à notre place. La maturité spirituelle ne nous dispense pas de l’action, bien au contraire. Nous ne pouvons pas montrer notre sagesse par nos connaissances, notre philosophie, notre intellect, mais par des actes remplis de sagesse, c’est-à-dire des actes réfléchis et intelligents accomplis avec douceur. La douceur et la sagesse s’expriment dans l’humilité et la considération à l’égard de ceux que nous servons. Si nous aidons les pauvres, nous ne le faisons pas avec un esprit de supériorité ou même par dédain, mais parce que nous aimons ceux que nous aidons sans arrière-pensée.

Le deuxième piège dont parle l’apôtre Jacques est celui de la jalousie amère : ce trait est à l'opposé de la douceur de la sagesse dont parle Jacques au verset 13. Il désigne en réalité une personne à l'attitude critique, conflictuelle et provocatrice. Quelqu’un a dit : « Les personnes religieuses peuvent être extrêmement provocatrices et se saboter elles-mêmes par des méthodes autoritaires ; les opinions justes et les conseils judicieux peuvent perdre de leur efficacité s'ils sont exprimés par des partisans opportunistes ou des polémistes sans scrupule. »

Que se passe-t-il dans la vie d’un croyant pour qu’il puisse entretenir une jalousie amère contre d’autres chrétien ? Eh bien, pour un nouveau croyant, tout est nouveau. Tout est merveilleux. Il constate toutes les merveilles que Dieu accomplit. Il est enthousiaste pendant un certain temps. Mais au fil du temps, au fur et à mesure qu’il fréquente l'église, il commence à voir que d’autres chrétiens semblent être plus remarqués par la communauté que lui. Il constate que ces fidèles semblent plus honorés que lui, que leur ministère se développe plus vite que le sien,

bien qu’ils soient plus jeune dans la foi que lui. Voyez-vous, avec l'expérience

vient la connaissance des différentes manières dont Dieu agit, dans différents

ministères, dans la vie de différentes personnes. Si vous commencez à comparer selon des critères humains, cela peut vous mener sur le chemin d'une jalousie amère. Vous commencez à envier ce que Dieu fait dans la vie des autres. Vous arrivez au point où, au lieu d'éprouver une simple gratitude pour ce qu'il a fait dans votre vie et la vie des autres, la jalousie vous ronge jusqu’à critiquer et mépriser ceux que Dieu a bénis.

Comment donc sortir de ce piège ? Il vous faut reconcentrer votre attention sur ce que Dieu a fait dans votre vie. Tout d'abord, soyez reconnaissant pour votre salut.

Soyez reconnaissant de savoir que vous allez passer l'éternité avec notre Seigneur Jésus-Christ au ciel. Voilà ce qu’il vous a offert gratuitement ! Entretenir de l’amertume et de la jalousie à l’égard d’un autre chrétien, c'est non seulement rejeter quelqu’un que Dieu a accepté dans sa famille, l’Église, mais aussi perdre complètement de vue que nous allons passer l’éternité ensemble dans une parfaite communion avec notre Sauveur et Seigneur. Ce que nous devons rejeter ce n’est pas celui que Dieu bénit, mais la jalousie qui nous ronge.

Si la foi sans les actes et la jalousie amère sont des pièges à éviter, l’esprit de rivalité, une sorte d’ambition égoïste, en est un autre. Il naît souvent de la jalousie amère. Soudain, nous nous disons : « Tiens, peut-être devrais-je utiliser l'Église à mes propres fins. Peut-être devrais-je utiliser mes relations à l'Église à mon seul avantage. » Plus mes relations s'approfondissent, plus la tentation est grande d'utiliser ces relations plutôt que de m'y épanouir et de servir. Prenons donc garde à l’esprit de rivalité.

Quiconque fait preuve d'une jalousie amère d’un esprit de rivalité ne devrait tromper personne – et surtout pas lui-même – sur sa prétendue sagesse. Il s'agit d'une sagesse terrestre, sensuelle et démoniaque, plus caractéristique du monde, de la chair et du diable que de Dieu. Elle est terrestre parce qu’elle n’a que cette vie en vue. Elle est sensuelle parce qu’elle a pour objet la satisfaction des passions et des instincts animaux. Elle est démoniaque parce qu’elle est inspirée par les démons au service du diable et elle est entretenue dans l'âme par leur influence intérieure. Voilà le fruit de la sagesse du monde : la confusion et le mal sous toutes ses formes.

La sagesse humaine ne peut vraiment pas nous aider à comprendre les pensées profondes de Dieu. C’est aussi le message que l’apôtre Paul apporte aux Corinthiens lorsqu’il dénonce la “folie” de l’homme qui ne peut en aucune manière pénétrer ce qui est du domaine de la foi, que seul l’enseignement du Saint-Esprit peut nous révéler. C’est ainsi qu’au début de la première lettre qu’il leur envoie, il déclare au chapitre 1 : « Où est le sage ? Où est le spécialiste de la loi ? Où est le discoureur de l’ère actuelle ? Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse de ce monde ? Puisque à travers cette sagesse le monde n'a pas connu Dieu en voyant sa sagesse, il a plu à Dieu de sauver les croyants à travers la folie de la prédication… En effet, la folie de Dieu est plus sage que les hommes et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. » Par nature, l’homme se croit sage ; en réalité il est “fou”, comme Paul l’affirme au début de sa lettre aux Romains, au chapitre 1, verset 22 : les hommes sans Dieu, dit-il, « se vantent d'être sages, mais ils sont devenus fous. » Mais à nous qui acceptons “la parole de la croix”, Christ nous a été fait “sagesse de la part de Dieu”.

La sagesse humaine à laquelle Jacques fait référence n'en est pas une. Il s'agit de la sagesse revendiquée par ceux qui se prétendent enseignants, alors que leur vie contredit leurs affirmations. Une telle « sagesse » évalue tout selon des critères mondains ; elle fait du gain personnel le but suprême de l'existence. Elle n’a rien à voir avec la sagesse divine, celle que Jacques désire ardemment que nous obtenions de Dieu et que nous devons lui demander si nous en manquons. La sagesse humaine nous pousse à utiliser les autres plutôt qu’à les aimer, les accepter tels qu’ils sont et les servir. C’est de cette folle sagesse que parlent tant de livres populaires de nos jours, celle qui s’étale sur nos écrans de télévision et dans de nombreux magazines. Mais elle existe aussi dans nos églises et doit être combattue, nous dit Jacques. Ne nous laissons donc pas prendre au piège de cette fausse sagesse, mais demandons à notre Seigneur de nous remplir de sa sagesse. Terminons donc notre étude en priant ensemble ainsi : « Seigneur notre Dieu, nous voulons rejeter la fausse sagesse qui est si répandue dans notre monde et menace aussi ton Église. Pardonne-nous lorsque nous sommes tentés d’envier les autres et de poursuivre des ambitions égoïstes ; reprends-nous quand nous négligeons les enseignements de ta parole. Que ton Esprit nous aide à faire preuve d’humilité, à te louer pour les dons que tu as accordés à nos frères et sœurs et à faire fructifier ceux que tu nous as si généreusement donnés. C’est au nom de Jésus que nous te prions, amen. »

Eh bien, rejoignez-nous demain pour la fin du chapitre trois de la lettre de Jacques. Nous parlerons de ce qu'est la vraie sagesse en plus de détail et quel rôle elle joue dans nos vies au quotidien.