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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Jacques ! Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur les versets 2 à 6 du chapitre 2 ; c’est notre deuxième étude sur ce chapitre. Ce passage traite de l'influence de la foi sur notre façon de parler. Jacques aborde ce sujet avec une grande franchise. Voici ce que nous lisons au verset 2 : « Car nous trébuchons tous de bien des manières. Si quelqu'un ne trébuche pas en paroles, c'est un homme mûr, capable de tenir tout son corps en bride. »
Nous sommes tous concernés, que nous soyons enseignants ou non. Après tout, nous trébuchons tous sur bien des points. Le mot grec ancien traduit par « trébucher » n'implique pas une chute fatale, mais plutôt un faux pas qui entrave notre progression spirituelle. Nous trébuchons tous : Jacques s'est lui-même inclus parmi ceux qui trébuchent. Pourtant, il n’excuse pas ses propres erreurs ni les nôtres. Nous savons que nous trébuchons tous, mais nous devrions tous nous efforcer de mieux marcher avec le Seigneur, en évitant les faux pas. Il est donc d’autant plus important pour ceux qui enseignent de faire vraiment attention à ce qu’ils disent et enseignent, car leur responsabilité est engagée à un niveau beaucoup plus important que celle de ceux qu’ils sont censés guider.
Jacques propose un moyen d'évaluer la maturité spirituelle des enseignants et de tous les chrétiens. Il reprend les propos de Jésus lorsque celui-ci s’adressait aux pharisiens hypocrites en leur disant que les paroles révèlent notre caractère intérieur. Voici ce qu’il leur déclare dans l’évangile selon Matthieu, au chapitre 12, versets 34 à 37 : « Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, mauvais comme vous l'êtes? En effet, la bouche exprime ce dont le cœur est plein. L'homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor et l'homme mauvais tire de mauvaises choses de son mauvais trésor. Je vous le dis: le jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole inutile qu'ils auront prononcée. En effet, d'après tes paroles tu seras déclaré juste et d'après tes paroles tu seras condamné.»
Ne pas trébucher par la parole témoigne d'une véritable maturité spirituelle. Ceci est particulièrement pertinent pour les enseignants, qui ont bien plus d'occasions de pécher par leurs paroles. Nous trébuchons par nos paroles à propos de nous-mêmes, par nos vantardises et nos exagérations. Nous trébuchons par nos paroles à propos des autres, par nos critiques, nos commérages, nos calomnies, notre cruauté, notre duplicité et notre colère ; ou encore par nos flatteries et nos paroles hypocrites destinées à nous attirer leurs faveurs.
J'ai toujours trouvé amusante cette vieille pierre tombale, censée se trouver quelque part en Angleterre, avec cette inscription : « Sous cette pierre repose une motte d'argile, Arabella Young, qui, le 24 mai, commença à se taire. » Le jour où nous ne dirons plus un mot de travers sera celui où nous rencontrerons le Seigneur. Mais il existe un meilleur moyen que la mort pour commencer à maîtriser notre langue !
La question que Jacques nous pose ici est la suivante : comment puis-je faire rayonner ma foi du plus profond de mon cœur jusqu'au bout de ma langue ? Ce que nous enseignons à l'église doit devenir plus que de simples paroles, ce que nous enseignons à l'église à partir des Écritures doit influencer notre façon de parler. Car les mots peuvent construire ou détruire. Ils peuvent encourager ou décourager. Ils peuvent faire naître un sourire radieux ou des larmes inconsolables. Nos paroles peuvent glorifier Dieu ou accabler l'esprit de l'homme et attrister le Saint-Esprit.
L’apôtre Jacques a des choses saisissantes à dire sur la façon dont nos paroles peuvent devenir plus belles. Il présente deux images fortes à propos de la langue, celle d’un gouvernail, celle d’un feu. Nous les examinerons-les ensemble au cours de la semaine. Nous lisons ceci aux versets 3 à 5 de notre chapitre : « Quand nous mettons le mors dans la bouche des chevaux pour qu'ils nous obéissent, nous dirigeons ainsi leur corps tout entier. Voyez aussi les bateaux : même très grands et poussés par des vents impétueux, ils sont conduits par un tout petit gouvernail là où le pilote le veut. De même, la langue est un petit membre et elle peut se vanter de grandes choses. »
Il n’y a pas beaucoup de péchés qui n’impliquent pas, d’une manière ou d’une autre, la langue. Quelqu’un a dit : « C’est comme si toute la méchanceté du monde entier était concentrée dans ce petit morceau de chair… Elle est fine, large et longue ; c’est un instrument idéal pour vider le cœur de celui qui parle comme le cœur de celui qui écoute. Elle est couleur de flamme, capable d'embraser le cycle de la nature tout entière. »
Un petit mors permet de maîtriser un cheval fougueux. Un petit gouvernail permet de diriger un grand navire. De même, si nous maîtrisons notre langue, c'est que nous nous maîtrisons nous-mêmes. Celui qui maîtrise sa langue peut maîtriser tout son corps. Le mors et le gouvernail sont petits, mais extrêmement importants. S'ils ne sont pas maîtrisés, le cheval et le navire deviennent incontrôlables. Il est possible qu'un outil aussi petit que la langue ait un pouvoir immense, pour le bien comme pour le mal. On ne résout pas le problème d'un cheval indomptable en le gardant à l'écurie, ni celui d'un navire difficile à manœuvrer en le laissant amarré au quai. De même, le vœu de silence n'est pas la solution miracle au mauvais usage de notre langue, même si, comme le dit le proverbe biblique, lorsque le fou garde le silence il passe pour un sage.
Si la langue est comparable au mors d'un cheval ou au gouvernail d'un navire, une question se pose : qui ou quoi tient les rênes, qui ou quoi dirige le gouvernail ? Certains n'ont aucune prise sur les rênes ni sur le gouvernail et disent donc tout ce qui leur passe par la tête. D'autres laissent leurs émotions ou leur nature charnelle guider leur langue. Jacques nous invite à laisser l'Esprit de Dieu, agissant à travers l'homme nouveau, diriger les rênes et le gouvernail de sa langue.
Nos paroles déterminent nos actions. Ce que nous disons finit par diriger ce que nous faisons. Ce que nous disons ou ne disons pas détermine nos relations, nos engagements et nos opportunités. Tel est le pouvoir des mots. Les paroles que nous prononçons peuvent nous causer bien des ennuis, mais elle peut aussi nous offrir de merveilleuses opportunités. Il nous suffit d’être conscient que notre langue oriente nos paroles. Le premier principe, c'est que la langue est un gouvernail, car les mots ont un pouvoir immense.
Considérons toujours les paroles que nous prononçons comme des guides. Faisons attention à ce que nous disons, car nos paroles révèlent notre chemin de vie, notre avenir. Avez-vous traité vos paroles comme des guides dans votre vie, en leur accordant toute l'importance qu'elles méritent ?
Parfois, nous parlons sans nous rendre vraiment compte de l’importance de ce que nous disons. Comment pourriez-vous dire aujourd'hui, d'une manière nouvelle et réfléchie : « Mes paroles sont véritablement un gouvernail pour ma vie, je veux donc prononcer des paroles qui la guident dans une direction qui honore Dieu » ? Voyez-vous, si la langue est un gouvernail, cela signifie qu'elles peut être guidée dans la bonne direction par mes paroles. Mes paroles sont un gouvernail, je dois en prendre conscience. C'est une pensée positive.
Mais Jacques va plus loin dans son propos sur la langue et ajoute ceci aux versets 5 et 6 : « Voyez comme un petit feu peut embraser une grande forêt ! La langue aussi est un feu, c'est le monde de la méchanceté. [Ainsi,] la langue se trouve parmi nos membres ; elle souille tout notre corps et enflamme le cours de notre existence, étant elle-même enflammée par l'enfer. » Les propos que nous tenons ont non seulement le pouvoir de diriger nos actes dans la mauvaise direction, mais aussi celui de détruire. Comme nous le lisons dans le livre des Proverbes, au chapitre 18, verset 21 : « La langue a pouvoir de vie et de mort ; ceux qui aiment parler en goûteront les fruits. »
Le feu de la langue a brûlé bien des gens. La comptine qui fait croire aux enfants que : « Les bâtons et les pierres peuvent me briser les os, mais les mots ne me feront jamais de mal » est loin d’être vraie ! La douleur amère d'une parole prononcée contre nous peut nous marquer à vie, bien après la guérison d'une fracture. Dans les deux illustrations précédentes, le cheval et les navires sont contrôlés par de petits objets ; dans cette dernière illustration, une immense forêt est détruite par une minuscule étincelle. C’est ainsi que la langue peut contrôler et détruire. Car ce que les autres nous disent et ce que nous disons aux autres peut avoir des conséquences durables, positives ou négatives. Une remarque sarcastique ou critique, même anodine, peut infliger une blessure profonde et durable. Un encouragement ou un compliment bienvenu peut inspirer quelqu'un pour le restant de ses jours.
Ces paroles nous rappellent celles des Proverbes : « Pareil à un fou qui lance projectiles et flèches et sème la mort, voilà ce qu’est un homme qui trompe son prochain et qui dit : ‘N'était-ce pas pour plaisanter ?’ Quand il n’y a plus de bois, le feu s'éteint. Quand il n'y a personne pour critiquer, le conflit s'apaise. Il faut du charbon pour alimenter un brasier, du bois pour alimenter un feu, et un homme querelleur pour attiser une dispute. »
Encore une fois, Jacques ne nous dit pas de nous taire ou de faire vœu de silence ; à bien des égards, ce serait plus facile que de maîtriser véritablement sa langue. Le mors, le gouvernail et le feu peuvent tous être extrêmement bénéfiques lorsqu’ils sont utilisés à bon escient.
Pourquoi les paroles de Jacques et celle des Proverbes paraissent-elles si dures ? Eh bien, parce que Dieu nous connaît. Dieu sait combien il est facile pour moi, et probablement pour vous aussi, de penser à la grossièreté des autres dans leur façon de parler, mais de passer complètement à côté de l'impact de nos propres paroles chez les autres. Dans ma tête, je ne voulais sans doute pas aussi être aussi dur que les mots que j’ai prononcés ; dans ma tête, je nous voulais sans doute pas être aussi accusateur que mes mots l'ont laissé paraître. Mais les mots que j’ai lancés sont donc plus destructeurs que mes pensées. Je dois donc toujours rester conscient que les mots ont le pouvoir de détruire. Les mots sont comme une brique. Je peux utiliser une brique pour briser une vitre, ou je peux utiliser une brique pour construire un bâtiment.
Nous devons donc admettre humblement que nous sommes tous concernés par notre tendance à ne pas utiliser notre langue comme nous le devrions, et que nous commettons tous des fautes dans nos paroles chaque fois que nous parlons sans réfléchir aux conséquences de ce que nous disons. Mais Jacques ne fait pas ce constat dans sa lettre pour nous accabler, au contraire ! Il sait que nous sommes tous les mêmes, et nous demande de garder le contrôle de notre langue pour que nous parvenions à la maîtriser, car c’est le seul moyen de maîtriser notre corps tout entier. Jacques sait qu’il s’agit de progresser, de passer de l’enfance à l’âge adulte, et que la maîtrise de notre langue est un art difficile. Nous ne serons jamais parfaits, nous commettrons tous des fautes de beaucoup de manières, mais nous voulons mûrir spirituellement en veillant constamment à ce que nous pensons et disons. Prions donc ensemble pour que l’Esprit continue son œuvre en nous : « Seigneur, nous confessons que nous ne parviendrons jamais à contrôler ce que nous disons sans ton aide. Nous ne pouvons pas compter sur nous-mêmes, alors nous venons vers toi, qui nous as transformés par ta grâce, pour que tu nous aides à acquérir ta sagesse. Aide-nous à exprimer ce que nous pensons dans le but d’édifier, d’encourager et non de détruire. Aide-nous à dire la vérité avec douceur sans jamais la compromettre. Nos paroles sont importantes, Seigneur, et nous te remercions pour ta patience envers nous. Continue de nous aider à traiter les autres avec respect, et à ne pas nous mettre en colère contre eux. Permets donc que notre foi véritable ait toute sa place dans notre vie. C’est en ton nom que nous te le demandons et t’exprimons toute notre reconnaissance. Amen. »
Eh bien, rejoignez-nous demain. Nous poursuivrons notre réflexion sur le pouvoir des paroles que nous prononçons.