Jacques 4.1-3

Semaine 4 - jour 1

Épître de Jacques

Jacques 4.1-3

16:22


Jacques évoque le fait que certaines choses dans ce monde nous tirent vers le bas. En réalité, avant même cela, il nous force à affronter cette vérité avec franchise. Il y a quelque chose en nous qui nous tire vers le bas. Et lorsque nous le comprenons et l’admettons en toute honnêteté, alors nous sommes prêts à ce que Dieu nous relève.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Jacques en compagnie de Tom Holladay ! Nous en sommes à notre quatrième semaine et nous allons étudier ensemble le chapitre quatre en cinq étapes. Nous nous concentrerons aujourd’hui sur les 3 premiers versets.

Pour commencer, permettez-moi de vous poser une question : quand avez-vous ressenti un sentiment de découragement pour la dernière fois ? Vous êtes-vous dit : « La vie n'est pas aussi belle qu'elle devrait l'être », et le découragement vous a-t-il gagné ? Peut-être que vous éprouvez ce sentiment à présent, ou bien de temps en temps seulement. Il y a des jours ou des périodes dans la vie de chacun où rien ne semble aller comme prévu. On a envie de démissionner, de s'en prendre à son chien ou ses proches, ou bien de négliger ses responsabilités. Dans ce chapitre, l’apôtre Jacques répond à la question suivante : où trouver le réconfort lorsque nous nous sentons abattus ? Décidons-nous d'abandonner ? Ou bien sommes-nous déterminés de nous relever par nos propres forces ? Ou encore cherchons-nous du réconfort auprès de Dieu ? En fait, avouons-le, abandonner ne fait qu'empirer les choses. Et notre propre détermination à nous relever par nous-mêmes finira par s'essouffler. Avez-vous déjà regardé aux Jeux olympiques ces haltérophiles qui soulèvent des centaines de kilos ? On les regarde et on voit l'effort qu'ils déploient, même en quelques instants. Ils ne pourraient pas vivre en soulevant des poids constamment. Il en va de même lorsque nous devons faire face à des situations qui nous paraissent insurmontables ; nous pouvons avoir des poids similaires dans notre cœur. Quand un lourd fardeau pèse sur notre cœur nous nous demandons peut-être : « Pourquoi Dieu ne soulève-t-il pas le poids qui pèse sur mon cœur en ce moment, et depuis si longtemps ? » Nous pourrions nous sentir capables de les soulever nous-mêmes pendant quelques instants, mais ensuite nous devons les laisser retomber. Qui donc est assez fort pour porter le fardeau de nos cœurs ? Eh bien, Dieu l'est. C’est ce que nous découvrirons au courant de ces prochains jours. Au chapitre quatre de sa lettre, l’apôtre Jacques nous donne des instructions simples de la part de Dieu sur la façon dont le Seigneur allège les fardeaux qui nous accablent, comment il nous relève. Avant de le faire, Dieu nous débarrasse de nos fardeaux, nous sort de nos difficultés. En fait, il faut d'abord demander à Dieu de nous sortir de nos difficultés, puis se tourner vers lui pour nous relever. Pour être relevé, il faut d'abord être libéré de certaines choses qui nous empêchent de nous épanouir et de vivre en communion avec Dieu. Une chose est claire : tant que vous n'aurez pas confiance en Dieu pour vous sortir de certaines situations, votre cœur restera désespéré.

Dès les premiers versets de notre chapitre, Jacques évoque le fait que certaines choses dans ce monde nous tirent vers le bas. En réalité, avant même cela, Jacques nous force à affronter cette vérité avec franchise. Il y a quelque chose en nous qui nous tire vers le bas. Et lorsque nous le comprenons et l’admettons en toute honnêteté, alors nous sommes prêts à ce que Dieu nous relève. Nous allons donc d'abord parler de la façon dont Dieu nous sort de ces situations difficiles. Puis, plus tard au courant de la semaine, nous parlerons de la façon dont Dieu nous relève. Mais pour que Dieu nous relève, souvenons-nous d’abord qu'il y a quelque chose en nous qui nous tire vers le bas. Voici ce que déclare Jacques dans les trois premiers versets de notre chapitre : « D'où viennent les conflits et d'où viennent les luttes parmi vous ? N'est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres ? Vous désirez et vous ne possédez pas ; vous êtes meurtriers et jaloux, et vous ne pouvez rien obtenir ; vous avez des luttes et des conflits. Vous ne possédez pas parce que vous ne demandez pas. Quand vous demandez, vous ne recevez pas parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions. »

Jacques décrit avec justesse les conflits entre chrétiens en les comparant à des guerres et des querelles. Souvent, ces batailles sont âpres et violentes. Il ne s’agit pas ici de guerres intérieures, bien que cela soit également vrai, mais de conflits entre chrétiens. La source de ces guerres et querelles est toujours la même : la concupiscence, cette lutte intérieure chez le croyant contre les désirs de la chair. Deux croyants, marchant tous deux selon l’Esprit de Dieu, ne peuvent vivre en harmonie avec ces conflits.

Jacques semble davantage préoccupé par l’égoïsme et l’amertume de ces disputes que par le bien-fondé des différents points de vue. Presque tous ceux qui adoptent une attitude aussi critique et conflictuelle prétendent être inspirés et soutenus par l’Esprit de Dieu. Jacques affirme clairement que cette attitude conflictuelle provient au contraire de leurs propres désirs. Il est évident que l’Esprit de Dieu ne produit pas de désir qui engendre l’envie. Nous l’avons vu la semaine dernière lorsque nous avons parlé de la jalousie.

Les types de désirs qui mènent au conflit sont décrits dans ce passage. La convoitise engendre le conflit : « Vous convoitez et vous ne possédez pas. » La colère et l'animosité mènent à la haine et au conflit : au meurtre. Jacques se réfère à nouveau au Sermon sur la montagne, où Jésus utilise également le mot « meurtre » pour exprimer non seulement le meurtre lui-même, mais aussi un état intérieur du cœur, manifesté extérieurement par la colère. Nous le lisons au chapitre 5 de l’évangile selon Matthieu, versets 21 et 22 : « Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commet un meurtre mérite de passer en jugement.’ Mais moi je vous dis : Tout homme qui se met [sans raison] en colère contre son frère mérite de passer en jugement ; celui qui traite son frère d’imbécile mérite d'être puni par le tribunal, et celui qui le traite de fou mérite d'être puni par le feu de l'enfer. » Le mot tuer – commettre un meurtre - est saisissant et vise à surprendre ; Jacques cherche à amener ses lecteurs à prendre conscience de la profondeur du mal dans leur jalousie et leur haine amères envers autrui. Il souligne la futilité d'une vie vécue pour satisfaire les désirs de plaisirs égoïstes : non seulement c'est une vie de conflit, mais c'est aussi une vie fondamentalement insatisfaite. Le grand prédicateur Charles Spurgeon disait : « Toute l'histoire de l'humanité montre l'échec des convoitises mauvaises à atteindre leur but. »

C’est là l’ironie tragique d’une vie vécue au gré des désirs terrestres et charnels : elle n’atteint jamais le but pour lequel elle se dévoue corps et âme. Cette insatisfaction fondamentale ne provient pas d’un manque d’efforts. Comme le précise Spurgeon : « Si les désirs s’évanouissent, ce n’est pas faute d’avoir œuvré pour atteindre leurs fins ; car, conformément à leur nature, ils ont utilisé les moyens les plus pratiques à leur disposition, et avec empressement. » Ceci nous aide à comprendre rationnellement la folie de vivre selon les convoitises du monde et nos appétits animaux. Nous sommes tentés de satisfaire un désir coupable parce que nous pensons ou espérons qu’il sera assouvi, mais il ne le sera jamais. Pourquoi ne pas accepter dès maintenant cette absence de satisfaction, plutôt qu’après avoir commis tant de péchés douloureux et néfastes ?

La raison pour laquelle ces désirs destructeurs existent chez certains chrétiens est qu'ils ne cherchent pas Dieu pour leurs besoins : ils ne demandent pas. Jacques nous rappelle ici le grand pouvoir de la prière et pourquoi on peut vivre inutilement dans une pauvreté spirituelle, simplement parce qu'on ne prie pas, ou qu'on ne demande pas ce qu’il faut lorsqu'on prie.

Nous pourrions énoncer ce que dit Jacques comme une loi spirituelle : Dieu ne donne que si on le lui demande. Si nous possédons peu de Dieu et de son Royaume, c'est presque certainement parce que nous n'avons pas assez demandé. Jésus lui-même, lui, le Fils de Dieu, a prié son Père du ciel ainsi : « Père, révèle toi-même ma gloire auprès de toi en me donnant la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde existe. » Si le Fils royal et divin de Dieu ne peut être exempté de la règle de demander pour obtenir ce qu'il a, nous ne pouvons pas espérer que cette règle soit assouplie en notre faveur. Pourquoi le serait-elle ? Écoutons encore ce que dit le pasteur Spurgeon à ce propos : « Si l’on peut tout obtenir en demandant, et rien sans demander, je vous en prie, comprenez combien la prière est absolument vitale, et je vous exhorte à y abonder… Savez-vous, frères, quelles grandes choses on peut obtenir en demandant ? Y avez-vous déjà pensé ? Cela ne vous incite-t-il pas à prier avec ferveur ? Tout le ciel est à la portée de celui qui demande ; toutes les promesses de Dieu sont riches et inépuisables, et leur accomplissement s’obtient par la prière. »

Après avoir traité du problème de l'absence de prière, Jacques aborde celui de la prière égoïste. Ceux qui priaient, lorsqu'ils le faisaient, s'adressaient à Dieu avec des motivations purement égoïstes. Il est important de se rappeler que le but de la prière n'est pas de persuader un Dieu réticent d'exaucer nos souhaits. Le but de la prière est d'aligner notre volonté sur la sienne et, en partenariat avec lui, de lui demander d'accomplir sa volonté sur cette terre comme Jésus nous demande le faire lorsqu’il nous dit comment nous devons prier : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Lorsque quelqu’un prie égoïstement, il demande à Dieu d'être son serviteur et de satisfaire ses désirs ; pire encore, il veut que Dieu se joigne à lui pour assouvir ses convoitises. Il ose imaginer que Dieu viendra à son aide. Une telle prière est blasphématoire, mais, hélas elle était déjà très répandue dans les églises primitives, et elle est sans doute l'une des choses les plus provocatrices que le ciel puisse voir.

Voyez-vous, en chacun de nous, il y a ce désir, en tant que croyant, de suivre Dieu et de l'adorer, et de vivre pour lui. Mais il y a aussi ce désir de suivre nos propres envies, de nous mettre en valeur, d'obtenir ce que nous voulons de la vie, comme le dit l’expression populaire. Et nous pensons, d'une certaine manière, que c'est ce qui va nous plaire et nous satisfaire. Au final, nous sommes forcés de constater que ça ne marche jamais. Mais ces désirs sont en nous, et nous devons admettre qu'ils existent. Nous devons aussi admettre que, parfois, nous ne demandons rien à Dieu. La raison pour laquelle nous ne demandons rien à Dieu est simple : Nous voulons pouvoir dire que nous avons réussi par nous-mêmes plutôt que de reconnaître que nous avons compté sur Dieu pour agir à travers nous. Nous devons aussi admettre que lorsque nous demandons, nous le faisons égoïstement.

Beaucoup de nos prières sont centrées sur nous-mêmes. Beaucoup de nos prières visent à obtenir ce que nous voulons sans jamais penser à ce que Dieu veut. Parfois, on se dit : « Eh bien, le simple fait d'avoir prié pour cela, c'est plus spirituel. » Non, ce n’est pas le cas, car l'égoïsme ne mène jamais à la piété authentique.

Prenons donc un moment à la fin de cette étude pour prier ensemble avec sincérité et humilité : « Notre Seigneur, nous confessons nos manquements, nous confessons notre égoïsme. Pardonne-nous lorsque nous venons vers toi seulement quand nous avons besoin de quelque chose, sans penser à t’exprimer notre reconnaissance pour tout ce que tu fais pour nous du matin au soir. Pardonne-nous quand nous oublions tout simplement de te prier, de te demander ce que tu veux nous donner. Seigneur notre Père, enlève de nos pensées les mauvais désirs qui nous préoccupent au lieu de nous réjouir et de te remercier en toutes circonstances, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Purifies-nous de toutes nos mauvaises pensées, de notre jalousie, des passions qui nous éloignent de toi. Acceptes notre prière au nom de Jésus, amen. »

Aujourd'hui, nous avons parlé du fait qu'il y a en nous quelque chose qui peut nous tirer vers le bas. Demain, nous parlerons du fait qu'il y a dans ce monde quelque chose qui peut nous tirer vers le bas. Alors, à demain !