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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Jacques ! Aujourd'hui, nous poursuivons notre réflexion sur le chapitre 4. Nous en sommes au cinquième et dernier jour de notre survol de ce chapitre, et étudierons ensemble les versets 11 à 17. Nous allons examiner la fin de ce chapitre et ce que Jacques dit sur la manière de connaître la volonté de Dieu dans notre vie. Mais tout d'abord, examinons rapidement les versets 11 et 12 et ce que Jacques nous dit au sujet du jugement. Cela nous rappelle ce qu’il a déjà exposé aux chapitres 1 à 3 : « Ne dites pas du mal les uns des autres, frères et sœurs. Celui qui parle contre un frère ou qui juge son frère parle contre la loi et juge la loi. Or, si tu juges la loi, tu ne la mets pas en pratique, mais tu t’en fais le juge. »
Jacques s’adresse à nouveau à des chrétiens qui, malheureusement, disent du mal les uns des autres au sein même de l’église. Cette expression traduit le mot grec ancien « katalalia ». Katalalia est le péché de ceux qui se réunissent en secret, se rassemblent en petits groupes et se transmettent des informations confidentielles qui nuisent à la réputation de ceux qui ne sont pas là pour se défendre. Ce péché est condamnable pour deux raisons. Premièrement, il enfreint la loi royale qui nous enjoint de nous aimer les uns les autres. Deuxièmement, il s'arroge un droit de jugement qui appartient à Dieu seul.
Celui qui dit du mal de son frère ou de sa sœur et le juge se place au même rang que la loi, et la juge de ce fait. Or, nous n'en avons pas le droit, car il n'y a qu'un seul législateur : qui sommes-nous pour juger autrui ? Quelle que soit notre conception de la loi de Dieu, ne pas la mettre en pratique montre au monde que nous ne lui accordons pas, en réalité, beaucoup d'importance. Nous sommes dans le prolongement de l’humilité dont parle Jacques dans ce chapitre. Lorsque nous faisons preuve d’une véritable humilité devant Dieu, il nous est impossible de juger notre prochain avec arrogance, et même simplement de le juger. Il s’agit d’extirper cet esprit dur, méchant et critique qui ne cesse de critiquer les autres. Jésus l’a souligné dans son Sermon sur la montagne et Jacques reprend son enseignement.
Jacques nous fait part de nombreux impératifs, c’est-à-dire des commandements qui exigent une obéissance immédiate pour demeurer en véritable communion avec Dieu. Ils confirment, dans le contexte de la jeune Église chrétienne composée de nombreux Juifs convertis ce que Jésus a enseigné pendant son ministère parmi nous. Nous en avons examiné cinq jusqu'à présent : Soumettez-vous à Dieu ; résistez au diable et il fuira loin de vous ; approchez-vous de Dieu et il s’approchera de vous ; nettoyez vos mains et purifiez vos cœurs ; et humiliez-vous devant le Seigneur. Au verset 11, Jacques poursuit et ajoute un autre obstacle à notre communion avec Dieu et avec nos semblables : ne dites pas du mal les uns des autres. C’est une autre raison de nos disputes : la critique excessive. On se sent obligé de tout corriger et de donner son avis.
Le Nouveau Testament utilise le mot « juger » de deux manières différentes. Parfois, il emploie le mot « juger » au sens de discernement, et d'autres fois au sens de jugement ultime. Lorsque le Nouveau Testament parle de juger d'autres croyants, il peut s'agir de discernement. Les chrétiens sont autorisés, et même encouragés, à faire preuve de discernement envers autrui. De nombreux versets nous exhortent à nous encourager ou à nous mettre en garde mutuellement, ce qui serait impossible sans un certain discernement quant à la situation des autres.
C'est très différent de la seconde signification du mot « juger ». Ici, il est employé au sens de jugement ultime. Et Dieu seul détient le jugement ultime. Nous ne devons pas nous comporter comme Dieu en jugeant. Nous devons agir comme des créations de Dieu. Lorsque nous portons des jugements et des critiques sur les autres, nous pensons pouvoir nous substituer à Dieu ; nous pensons avoir le « droit » de juger ceux qui nous entourent. Jacques explique pourquoi nous ne devons pas parler contre les autres… Certaines traductions parlent de « médisance », ce qui est sous-entendu. Lorsque l’on parle contre quelqu’un, n’est-ce pas, de fait, dire du mal de lui ?
« Parler contre » est composé en grec ancien de deux mots distincts kata-laléo : « kata » signifie « vers le bas » et « laléo » signifie « je parle ». Ce mot signifie littéralement parler de manière hostile et dégradante ; quand on parle contre quelqu’un on veut le rabaisser. Parler contre quelqu’un, c’est donc faire une déclaration irréfléchie, insouciante, critique et désobligeante, dirigée contre quelqu’un avec l’intention malveillante d’être haineux, méchant, cruel ou blessant d’une manière ou d’une autre. Tout au long de notre étude de la lettre de Jacques, le pouvoir destructeur de notre langue nous a été rappelé. Dès le premier chapitre, Jacques souligne comment nos paroles peuvent blesser autrui, nous invitant à être prompts à écouter, lents à parler et lents à la colère. Au chapitre 3, Jacques donne des exemples du mauvais usage de notre langue et de sa capacité à souiller tout le corps. Il explique pourquoi cela est important : si quelqu'un se croit religieux et ne maîtrise pas sa langue, il s'abuse lui-même, et sa religion est vaine.
Ce commandement qui nous est adressé n'est en réalité qu'un reflet de la relation de Jésus avec nous. Tout au long de la Bible, les méthodes de Satan nous sont rappelées. Il est l'accusateur de nos frères ; il les accuse – il nous accuse ! - devant notre Dieu jour et nuit… Ne soyons pas comme Satan, l’Accusateur.
Après ces paroles sur le jugement, l’apôtre Jacques aborde quelques conseils sur la compréhension et la mise en pratique de la volonté de Dieu dans notre vie quotidienne. Les versets 13 à 17 de notre chapitre font partie des passages de la Bible les plus connus : « À vous maintenant qui dites: ‘Aujourd'hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons une année, nous y ferons des affaires et nous gagnerons de l'argent’, vous qui ne savez pas ce qui arrivera demain ! En effet, qu’est-ce que votre vie ? C’est une vapeur qui paraît pour un instant et qui disparaît ensuite. Vous devriez dire, au contraire: ‘Si Dieu le veut, nous vivrons et nous ferons ceci ou cela.’ Mais en réalité, vous vous montrez fiers de vos fanfaronnades. Toute fierté de ce genre est mauvaise. Si donc quelqu’un sait faire ce qui est bien et ne le fait pas, il commet un péché. »
Jacques réprimande ceux qui vivent et font des projets sans se soucier constamment de la volonté de Dieu et en sous-estimant leurs propres limites, car nul ne sait ce que demain nous réserve. Voyager d’une ville à l’autre pour faire du commerce était la coutume de ces temps anciens : les marchands commerçaient de ville en ville, transportant leurs marchandises à dos de chameau et par bateau. Les Juifs commerçaient ainsi avec Tyr, Sidon, Césarée, la Crète, Éphèse, Philippes, Thessalonique, Corinthe, Rome, etc. C’est à ce type de vie marchande itinérante que l’apôtre Jacques fait allusion. L’attitude que Jacques critique va bien au-delà de la simple planification de l’avenir. Jacques souligne le caractère prétentieux de leurs intentions et leur présomption quant à l’avenir et aux choses qui ne dépendaient pas d’eux. Ces chrétiens-là ne pensaient qu’à eux et à leurs profits. Il ne leur venait pas à l’esprit de dire : « Aujourd’hui ou demain, nous ferons telle ou telle chose pour la gloire de Dieu et pour l’extension de son royaume ! » Dieu ne faisait pas partie de leur plan. Quelle arrogance ! Comme s’ils pouvaient prévoir leur réussite. Or, quelqu’un a dit justement qu’il y a deux grandes certitudes concernant l’avenir : Dieu sait tout, et nous ne savons rien !
Jacques nous invite à méditer sur la fragilité de la vie humaine et sur le fait que nous ne vivons et n'agissons que par la permission de Dieu. Il ne nous dissuade pas de faire des projets, mais il ne veut pas que nous les entreprenions sans nous en remettre à lui. L'idée que notre vie est une vapeur ou une ombre est une figure de style fréquente dans l'Ancien Testament que Jacques reprend. Par exemple, nous lisons dans le livre de Job, au chapitre 8, verset 9 : « Nous sommes d'hier et nous ne savons rien, nos jours sur la terre ne sont qu'une ombre. » Le roi David disait la même chose avant de mourir : « Nos jours sur la terre disparaissent comme l'ombre, sans espoir. »
Rappelons-nous aussi la parabole de l'homme riche qui, par folie, a tout perdu lorsque son âme lui fut redemandée.
Nous devons faire face à la réalité de la mort. Un jour viendra où j'irai rencontrer mon Créateur. Et c'est pourquoi je dois vivre ma vie en accord avec sa volonté. Car c'est là que ma vie me mène. Je dois vivre ma vie en tenant compte de ma destinée, en accord avec ma relation avec le Seigneur. La volonté de Dieu nous offre une vérité simple pour affronter les complexités de la vie. La volonté de Dieu nous donne la confiance nécessaire pour affronter les incertitudes de la vie. La volonté de Dieu nous offre la vie éternelle pour faire face à la brièveté de la vie et à la réalité de la mort.
C’est par pure arrogance que nous pensons pouvoir vivre, agir et exister indépendamment de Dieu. Cette arrogance vantarde est l’essence même du péché : une indépendance orgueilleuse, racine de tout péché, comme ce fut le cas pour Adam et Ève, comme nous le lisons dans le livre de la Genèse, au chapitre 3. De telles vantardises, alors que la vie est si précaire, sont pires qu'absurdes, elles sont perverses, un exemple de l'orgueil impie dont les chrétiens infidèles doivent se repentir.
L’apôtre Paul se soumettait à Dieu pour tous ses projets de voyages missionnaires. Il n’a jamais pensé que tout ce qu’il voulait faire, que tout ce qu’il projetait allait s’accomplir, tout simplement parce qu’il voulait annoncer l’Évangile et instruire les nouveaux chrétiens dans la voie du Seigneur. Parfois, il avouait que le diable l’avait empêché de faire un voyage. Dans le livre des Actes, au chapitre 18, verset 21, l’apôtre dit aux Éphésiens qui le pressent de rester parmi eux : « Je reviendrai vers vous, si Dieu le veut ». C’est aussi ce qu’il dit aux Corinthiens dans sa première lettre, au chapitre 4, verset 19 : « Je viendrai bientôt, si c'est la volonté du Seigneur. » Et encore, plus loin au chapitre 16, verset 7 : « Je ne veux pas, cette fois-ci, vous voir seulement en passant, mais j'espère rester quelque temps avec vous, si le Seigneur le permet. »
Le pire, c’est lorsque nous savons ce que nous devons faire, lorsque nous savons ce qui est bien, mais que nous refusons de le faire. Jacques sait qu'il est bien plus facile de penser et de parler d'humilité et de dépendance envers Dieu que de vivre humblement et dépendant de lui. Ici, Jacques revient au thème central de sa lettre : l'idée que la foi authentique se prouve par les actes. Si élevée et orthodoxe que soit notre conception de la loi de la liberté, ne pas la mettre en pratique montre au monde que, en réalité, nous ne lui accordons pas beaucoup d'importance. Cependant, nous voyons aussi que l'incertitude de la vie, à laquelle Jacques faisait allusion dans le passage précédent, ne doit pas engendrer une peur qui nous rend passifs ou inactifs. L'incertitude de la vie doit nous préparer à reconnaître le bien et à le mettre en œuvre. Cette incertitude de la vie n'est donc pas une cause de peur ni d'inaction. Elle est toujours une raison de prendre conscience de notre totale dépendance envers Dieu.
Le verset 17, à la fin de ce chapitre, nous rappelle que le péché, en ce qui concerne la volonté de Dieu dans nos vies, ne se limite pas à faire de mauvaises choses. Pécher, ce n’est pas seulement faire ce qui est contraire à la volonté de Dieu, c'est aussi ne pas faire le bien que Dieu nous demande. Faire volontairement ce que Dieu nous interdit de faire, et ne pas faire ce que Dieu nous commande de faire revient au même : dans les deux cas, nous péchons. Ne faisons donc pas les fiers en croyant que nous pouvons nous appuyer sur nos propres forces et réaliser nos propres projets par nous-mêmes, car nous ne pouvons rien faire sans que Dieu ne le permette. En revanche, nous qui savons ce qui est bien, faisons-le avec zèle et détermination. Notre valeur véritable réside dans notre relation avec Christ, et nous la découvrirons en nous humiliant sous la main puissante de Dieu et en le laissant vous élever.
Prions ensemble à la fin de notre étude, et disons simplement : « Seigneur notre Dieu, au lieu de vivre une vie orgueilleuse, nous voulons vivre une vie de confiance.
Au lieu de vivre une vie centrée sur nous-même et égoïste, nous voulons vivre une vie chrétienne guidée par Christ et fortifiée par lui. Merci pour l’enseignement de ta Parole qui nous reprend quand nous nous éloignons de toi. Nous nous approchons de toi humblement et te demandons de nous guider dans chacun de nos projets, quelle que soit leur importance, en sachant que c’est ta volonté que nous voulons accomplir et non la nôtre. Pardonne-nous pour nos manquements et notre orgueil. Pardonne-nous de ne pas nous attendre à toi avant de réaliser nos projets. Et surtout, Seigneur, permets que nous sachions discerner les œuvres bonnes que tu as préparées pour nous afin que nous les accomplissions humblement pour ta seule gloire. Oui, approche-toi de nous, notre Dieu et élève-nous ! Nous te le demandons au nom de Jésus, amen. »
Rejoignez-nous la semaine prochaine. Nous terminerons notre étude de la lettre de Jacques en abordant le chapitre 5. Ce chapitre traite de la tromperie des richesses matérielles, de la valeur de la patience divine et de la pratique d'une prière puissante et efficace.