Jacques 4.4-5

Semaine 4 - jour 2

Épître de Jacques

Jacques 4.4-5

16:17


Nous allons réfléchir sur le fait qu'il y a quelque chose dans ce monde qui nous éloigne de Dieu, quelque chose dont nous devons absolument prendre conscience et nous débarrasser.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Jacques ! Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur les versets 4 et 5 du chapitre 4 ; c’est notre deuxième étude sur ce chapitre. Hier, nous avons commencé à parler du fait que, pour que Dieu nous relève, nous devons d'abord affronter ce qui nous éloigne de Dieu, et être honnêtes sur notre comportement. Nous avons porté notre attention sur notre égoïsme et notre orgueil, qui subsistent en nous malgré la grâce que nous avons reçue de Dieu et la foi que nous manifestons. Aujourd'hui, nous allons réfléchir sur le fait qu'il y a quelque chose dans ce monde qui nous éloigne de Dieu, quelque chose dont nous devons absolument prendre conscience et nous débarrasser. Écoutons ce que disent ces versets : « Adultères que vous êtes ! Ne savez-vous pas que l’amour pour le monde est synonyme de haine contre Dieu ? Celui donc qui veut être l'ami du monde se fait l’ennemi de Dieu. Croyez-vous que l'Écriture parle sans raison ? C’est avec jalousie que Dieu aime l'Esprit qui habite en nous. »

Cette réprimande sévère de l’apôtre Jacques est exprimée dans le vocabulaire de l'Ancien Testament. Elle peut nous apparaître choquante aujourd’hui, mais c’est ainsi que Dieu parlait dans l'Ancien Testament lorsque son peuple était attiré par une forme d'idolâtrie. C’est le cas du prophète Jérémie qui disait ceci à propos d’Israël et de Juda : « Alors même que j'ai renvoyé l'infidèle Israël à cause de tous ses adultères, que je lui ai donné sa lettre de divorce, j’ai constaté que sa sœur, Juda la traîtresse, n’en a éprouvé aucune peur et qu'elle est allée se prostituer de la même manière. Le résultat, c’est qu’Israël a souillé le pays par la légèreté de sa prostitution, elle a commis l’adultère avec la pierre et le bois. » Comme Jacques l'a vu ici, leur convoitise était de l'idolâtrie, un véritable amour pour le monde et non pour Dieu. L’apôtre Paul en parle aussi dans sa lettre aux Colossiens, au chapitre 3 : « Faites donc mourir en vous ce qui est terrestre : l’immoralité sexuelle, l'impureté, les passions, les mauvais désirs et la soif de posséder, qui est une idolâtrie. C'est à cause de cela que la colère de Dieu vient [sur les hommes rebelles]. » Ce qui est terrestre, c’est le monde, tout ce qui n’est pas du ciel.

Les Juifs, en raison de leur alliance avec Dieu, sont représentés comme lui étant unis par les liens du mariage ; et par conséquent, leur idolâtrie, et leur iniquité en général, sont représentées sous la notion d'adultère. Une telle relation avec le monde, un tel amour pour le monde signifie se placer en position d'hostilité envers Dieu, car cet amour défie sa volonté et méprise son plan pour nous ; quel que soit le prétexte employé, c'est un défi lancé à Dieu et un rejet de sa volonté. Les affirmations fortes de Jacques nous rappellent que tout n'était pas rose dans l'Église primitive. Elle devait faire face à de nombreuses tentations et à la mondanité. Si l'Église du Nouveau Testament nous offre un modèle clair, nous ne devons pas idéaliser à l'excès la spiritualité de tous les premiers chrétiens.

Lorsque Jacques parle de l’amour pour le monde, il ne parle pas du monde physique dans lequel nous vivons ni les gens de ce monde en général, bien entendu, mais d’une vie organisée sans Dieu. N’oublions pas que Jésus était l’ami des pécheurs, des gens de ce monde. En fait, si nous devions résumer cette idée du monde en deux mots, ce serait : « sans Dieu ». C’est une façon de vivre sans Dieu. Ce n’est pas le monde physique dans lequel nous vivons, ni les gens de ce monde, mais ce mode de vie sans Dieu. N'oublions pas que Jésus était l'ami des pécheurs, l'ami des gens de ce monde tels que nous. Mais c’est parce qu’il a tant aimé les gens de ce monde qu’il a voulu les libérer de l’emprise du monde, de l’emprise de la façon de penser et d’agir contraire à sa volonté. La Bible dit que nous avons tous vécu ainsi à un moment donné, littéralement comme des « a-thées », des gens sans Dieu. Lorsqu’un chrétien manifeste de l’amour pour le monde, il trahit Dieu, il compromet sa relation d’alliance avec lui.

Si donc nous devons suivre l’exemple de Jésus, nous fréquenterons bien sûr nos amis, qu’ils soient croyants ou non, qu’ils fréquentent l’Église ou non. Mais nous nous interdirons de nous compromettre avec le mal que le monde sans Dieu promeut. Il ne s’agit pas non plus de se priver des plaisirs de la vie aussi simples qu’un bon repas ou une belle journée dans la nature ! Tout ce que Dieu a créé, le monde entier, est bon. Et Dieu veut que nous en profitions, pourvu que ce ne soit pas au détriment de notre amour pour lui. Nous profitons de ce qu’il nous a donné dans la reconnaissance et l’adoration.

L’apôtre Jacques emploie des termes forts qui peuvent nous choquer, mais les enjeux sont trop sérieux pour qu’on les banalisent. Les amis du monde sont tout simplement des ennemis de Dieu, et les chrétiens qui se compromettent trahissent leur Dieu, ils adultèrent leur relation avec lui, ils la détériorent profondément. Leur comportement est égocentrique, ils ne pensent qu’à leur plaisir sans se soucier de ce qui plaît à Dieu qui nous a créé pour que nous lui plaisions, pour que nous l’adorions, lui et lui seul. Alors, pourquoi des mots si forts ? Parce que notre vie de croyant est entièrement fondée sur une relation d'amour profond avec Dieu. De même que l’adultère porte gravement atteinte au cœur d'une relation d’un couple et d'une famille, le péché sous toutes ses formes est un adultère. Pourquoi ? Parce qu’on entretient une relation amoureuse avec le monde. Pourquoi ? Parce que nous avez été créés pour vivre une relation d'amour avec Dieu, à l’exclusion de toute compromission. Notre relation avec Dieu n’est pas distante ; au contraire, elle est intime. C’est pourquoi elle est souvent décrite dans l’Ancien Testament comme une relation entre un mari et sa femme, ou encore entre un père et son enfant. Lorsque nous péchons, nous brisons le cœur de Dieu et cela fait de nous ses ennemis. Pécher, c’est partir en guerre contre Dieu. Le péché détruit notre relation avec lui, et Jacques, qui aime ses frères et sœurs auxquels il adresse sa lettre, veut les rendre conscients des conséquences directes du péchés dans leur relation avec Dieu qui, lui, n’a jamais cessé de les aimer. Il s’insurge donc contre ceux qui n’en tiennent plus compte, car plus ils vivent sans tenir compte du mal qu’ils causent en ne suivant plus l’enseignement de Jésus qui les avait libérés du pouvoir du mal, plus ils bafouent son sacrifice sur la croix. Nous ne pouvons pas minimiser les péchés que nous commettons, et considérer qu’il y a des petites fautes, de petits écarts dans notre comportement sans conséquence. Comme Jésus, et Jacques à sa suite, l’ont bien dit, si nous désobéissons à un seul des commandements de la loi, nous désobéissons à toute la loi. Ne pas le reconnaître, c’est devenir un ennemi de Dieu. Si nous pouvions ne serait-ce qu'un instant voir notre péché comme Dieu le voit, nous verrions à quel point le péché est vraiment horrible et combien il offense Dieu.

Pour l’ensemble du Nouveau Testament, l’Église est l’épouse de Dieu. Dans sa lettre aux Éphésiens, au chapitre 5, verset 23, l’apôtre Paul dit que « Christ est le chef de l'Église qui est son corps et dont il est le Sauveur. » Le péché entrave cette relation. Or Dieu est un Dieu jaloux. Tout l’Ancien Testament le confirme. La Bible du Semeur traduit le verset 5 de notre chapitre ainsi : « Prenez-vous pour des paroles en l’air ce que déclare l’Écriture ? – Dieu ne tolère aucun rival de l’Esprit qu’il a fait habiter en nous. » Nous verrons demain en plus de détail de quel passage de l’Écriture Jacques parle ici lorsque nous aborderons le verset suivant.

Cette phrase est un peu difficile à traduire avec précision. S'agit-il de Dieu qui désire ardemment la dévotion de notre esprit qu'il a placée en nous, ou de l'Esprit en nous qui désire ardemment la pleine dévotion de notre cœur ? Dans les deux cas, le sens est sensiblement le même. Jacques réprimande sévèrement les chrétiens auxquels il adresse sa lettre, car il n’ont pas pris au sérieux la Parole de Dieu. Ils attristent le Saint-Esprit qui est venu demeurer en eux, et qui désire ardemment posséder notre être tout entier pour lui-même. La présence du Saint-Esprit devrait nourrir en nous un désir profond d’être en relation intime avec Dieu. Seul l’Esprit de Dieu peut convaincre les chrétiens qui vivent dans le compromis.

Jacques s'accorde avec les nombreux passages de l'Ancien Testament qui nous disent que Dieu est un Dieu jaloux. Trop souvent, lorsque nous parlons de la jalousie de Dieu, nous raisonnons en termes humains. Nous envions quelqu'un qui possède quelque chose que nous n'avons pas, et nous désirons aussi sa propriété… ou désirons ce qu'il possède. Dieu n'est ni jaloux ni envieux parce que quelqu'un possède quelque chose qu'il désire ou dont il a besoin : cela ne peut en aucun cas désigner ou sous-entendre un péché en Dieu. Dieu n'est jamais jaloux de manière pécheresse : tout lui appartient ! Dieu devient jaloux lorsque nous donnons à quelqu'un ou à quelque chose d'autre ce qui lui appartient légitimement… c'est-à-dire l'adoration qui lui est exclusivement réservée. Le fait est que nous servons un Dieu jaloux et inconditionnel… Au cœur même de son être, au centre de sa personne divine, réside une qualité incommensurable : la jalousie. Dieu nous aime d’un amour si profond qu’il ne peut tolérer dans nos cœurs aucun autre amour que le sien.

Dieu ne tolère donc aucun rival. Nous le lisons clairement dans le livre de l’Exode, au chapitre 34, verset 14 : « Tu ne te prosterneras pas devant un autre dieu, car l'Éternel porte le nom de jaloux, il est un Dieu jaloux. » L'idée est que Dieu nous aime d'un amour si fort qu'il ne peut supporter aucun autre amour dans le cœur de ses créatures. Imaginons la douleur et le tourment intérieurs de ceux qui sont trahis par un conjoint infidèle ; qui doivent faire face à cette vérité : « Je lui suis fidèle, mais lui ne l’est pas. » Voilà ce que ressent l’Esprit de Dieu face à nos cœurs attachés aux choses du monde. Notre Dieu est entièrement dévoué à son peuple. Il l’a aimé à tel point qu’il a donné son Fils, son unique pour mourir à notre place. Comment avons-nous osé le trahir ? Et pourtant, nous l’avons fait.

Au verset 4, Jacques réprimande ses lecteurs qui ont suivi la sagesse du monde et qui ont préféré l'amitié du monde à l'amitié et à la fidélité envers Dieu. Il évoque ensuite les Écritures qui nous concernent tous, et l'Esprit que Dieu a créé en nous. La question que pose Jacques au verset 5, ne vise pas à chercher une réponse, mais à renforcer une affirmation. En tant que chrétiens, nous sommes habités par l’Esprit de Dieu, et cet Esprit aspire à la fidélité et à l’amour inconditionnels du peuple de Dieu.

La jalousie de Dieu témoigne de l’amour paternel qu’il nous porte. Il y a un grand réconfort à savoir que Dieu est jaloux. Nous savons que nous sommes désirés, que Dieu souhaite être avec nous, qu’il a un plan pour nous, un projet, un but pour notre vie et que nous avons l’assurance de la vie éternelle auprès de lui. Remercions donc Dieu pour son amour immense : « O Dieu, notre Père du ciel, merci de nous aimer d’un si grand amour ! Comment avons-nous pu t’ignorer ? Nous te remercions de ne jamais nous abandonner, même quand nous t’oublions et suivons les voies de monde au lieu de faire ta volonté. Merci parce que ton Esprit réveille nos consciences et nous ramène à toi lorsque nous nous éloignons de ta présence. Merci de nous rappeler à toi. Merci pour l’appel solennel que nous lance Jacques, ton apôtre. Renouvelle en nous le désir ardent de puiser dans ta Parole la sagesse qui nous manque pour mieux obéir à la loi de la liberté. Que notre horreur du mal grandisse et que notre amour du bien nous anime pour vivre de plus en plus près de toi dans la louange et l’adoration. Au nom de Jésus, amen. »

Rejoignez-nous demain ! Nous nous parlerons ensemble de la manière dont Dieu nous relève.