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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Jacques en compagnie de Tom Holladay ! Nous en sommes à notre cinquième semaine et nous allons étudier ensemble le chapitre cinq, le dernier chapitre de cette lettre, en cinq étapes. Ce livre est rempli d’encouragements qui trouvent leurs racines dans l’Ancien Testament comme dans les paroles de Jésus. Mais il contient aussi des avertissements sévères, notamment à l’encontre de Juifs qui ne font probablement pas partie de la communauté des croyants, en particulier des riches auxquels Jacques s’adresse aux versets un à six que je vous propose d’écouter : « À vous maintenant, les riches ! Pleurez et gémissez à cause des malheurs qui viendront sur vous ! Vos richesses sont pourries et vos vêtements sont rongés par les mites. Votre or et votre argent sont rouillés, et leur rouille s'élèvera en témoignage contre vous et dévorera votre chair comme un feu. Vous avez amassé des trésors dans les derniers jours ! Le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs et dont vous les avez frustrés crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus jusqu’aux oreilles du Seigneur de l’univers. Vous avez vécu sur la terre dans les plaisirs et dans le luxe, vous avez rassasié votre cœur [comme] le jour de la boucherie. Vous avez condamné, tué le juste sans qu’il vous résiste. »
Jacques a développé tout au long de sa lettre l'idée de la nécessité pour les croyants d’être totalement dépendants de Dieu. Il réprimande donc naturellement ceux qui sont les plus susceptibles de vivre indépendamment de lui, notamment les riches. Jésus a souligné que les richesses constituent un obstacle important au Royaume de Dieu, comme le rappelle l’évangile selon Matthieu au chapitre 19, versets 23 et 24 : « Je vous le dis en vérité, il est difficile à un riche d'entrer dans le royaume des cieux. Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » Il est également vrai que la recherche des richesses est une motivation pour tous les péchés imaginables. C’est ce que rappelle l’apôtre Paul à son ami Timothée dans sa première lettre, au chapitre 6, verset 10 : « L'amour de l'argent est en effet à la racine de tous les maux. En s’y livrant, certains se sont égarés loin de la foi et se sont infligé eux-mêmes bien des tourments. »
Il faut bien comprendre que Jacques ne cherche pas à culpabiliser ceux qui ont de l’argent. Jésus lui-même avait des amis riches qui le suivaient, comme Zachée, Nicodème ou Joseph d’Arimathée. L’argent n’est pas du tout un mal en soi, loin de là. C’est notre attitude envers l’argent dont il est question.
À la manière d'un prophète de l'Ancien Testament, Jacques appelle les riches à se lamenter en pensant à leur destin, car des malheurs les attendent. Dans la vie à venir, leurs richesses se révéleront corrompues. Jacques fait probablement référence à la destruction de trois sortes de richesses : les provisions se gâtent, les vêtements sont rongés par les mites, et l'or et l'argent se corrodent. Chacune d'elles, à sa manière, finit par disparaître. Et Jacques ajoute avec une pointe d'horreur que la rouille dévorera la chair des mauvais riches qui sont restés esclaves de leurs gains avides. Leur richesse périt et ils périront avec elle, consumés par une douleur brûlante. Voilà pourquoi, conscient de leur horrible avenir, Jacques invite les riches infidèles à pleurer et à se lamenter avant qu’il ne soit trop tard. S’ils ne le font pas de leur vivant, ils le feront après leur mort, comme l’illustre bien la parabole de Lazare et de l’homme riche. La nature corruptible des richesses des riches témoignera contre eux. Au jour du jugement, il sera révélé qu’ils ont vécu dans l’arrogance et l’indépendance que Jacques avait précédemment condamnées, amassant des trésors terrestres dans les derniers jours, alors qu’ils auraient dû amasser des trésors au ciel, comme Jésus le demandait au jeune homme riche qui voulait le suivre, mais qui était trop attaché à ses richesses pour le faire.
Lorsque Jacques dit aux riches que ce qu’ils ont accumulé sera corrodé, témoignera contre eux et les consumera comme un feu, il rappelle que notre caractère, lui ne périt pas et que c’est la seule chose que nous emporterons avec nous lorsque nous mourrons. Jacques écrit à des gens qui étaient tellement épris de leurs richesses qu'ils ne vivaient que pour elles, et il leur dit : « Vous allez souffrir éternellement pour des richesses éphémères ! Cela en vaut-il vraiment la peine ? » Soyons clairs : être riche n'est pas certainement pas un péché en soi ! On peut beaucoup pécher avec les richesses, mais posséder des biens ne signifie pas forcément pécher. On peut pécher dans la manière d'acquérir des richesses. On peut pécher dans la manière de gérer ses richesses. Or, les personnes auxquelles Jacques s’adresse avaient non seulement acquis leurs richesses en trompant les autres, mais ils utilisaient égoïstement ces richesses obtenues par la tromperie. On peut aussi acquérir des richesses de la manière la plus noble et la plus pure, en toute intégrité, mais si on les utilise égoïstement, on pèche encore avec les biens que Dieu nous a donnés. On peut prendre les richesses que l'on possède et les utiliser pour servir les autres. On peut aussi donner une grande partie de l'argent que l'on a en main, mais si on l'a obtenu en trompant quelqu'un, on pèche dans la manière d’acquérir et de gérer ses richesses. Qui donc voudrait subir le sort fatal et inévitable des mauvais riches ?
Les richesses qu’on a acquises ne doivent pas définir notre identité. Or c’est bien ce qui se produit chez les riches méchants, quelle que soit la manière dont ils ont acquis leur richesse matérielle. Il est possible d’être riche sans s’attacher aux biens que l’on possède. Pour cela, il faut prendre conscience de leur nature : les richesses ne durent pas. Les mauvais riches vivent pour eux-mêmes, et certainement pas pour Dieu. Ne laissons donc jamais ce qu’on possède nous définir. Ce qui définit l’identité des croyants, c’est leur attachement à Dieu et à lui seul, c’est la relation qu’ils entretiennent avec lui. Nous ne voulons pas être le genre de personne que Jacques critique.
« Vous avez amassé des richesses pendant les jours de la fin », dit Jacques aux mauvais riches. Quelle erreur ! Il ne leur reste que peu de temps à vivre, que peu de temps avant de faire face au jugement dernier. Qu’ont-ils fait de leur temps ? Ils l’ont passé à accumuler des richesses qui vont périr avec eux : quel gâchis ! Pourquoi tant de riches accumulent-ils de nombreux biens immobiliers, de voitures, de comptes bancaires et bien d’autres choses encore ? Pour une seule raison : l’orgueil. Or, Jésus ne peut pas être plus clair, lorsqu’il déclare dans son sermon sur la montagne au chapitre 6 de l’évangile selon Matthieu : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où les mites et la rouille détruisent et où les voleurs percent les murs pour voler, mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où les mites et la rouille ne détruisent pas et où les voleurs ne peuvent pas percer les murs ni voler ! En effet, là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » Nous pouvons impressionner les autres avec ce que nous possédons, mais pas Dieu. Nous devons donc apprendre à bien gérer ce que Dieu nous a généreusement donné, en étant généreux à notre tour et en restant reconnaissants pour tout ce que nous avons acquis sans tromperie. Sachons que tout bien mal acquis ne profite jamais comme le souligne ce proverbe de Salomon : « Bien mal acquis ne profite jamais, seule une conduite juste préserve de la mort. »
Jacques nous met aussi en garde sur la manière dont les riches patrons paient leurs ouvriers. Nous lisons ceci au verset 4 : « Le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs et dont vous les avez frustrés crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus jusqu’aux oreilles du Seigneur de l’univers. » Dieu entend les prières de ceux qui sont maltraités par leurs supérieurs. On gère mal les richesses lorsqu’on pense que, parce qu’on possède plus de biens que d’autres, on est plus important que son employé qui gagne peu. On se croit plus important aux yeux des autres, et même aux yeux de Dieu. Mais il n’y a rien de plus faux. Les mauvais patrons retiennent le salaire de leurs ouvriers. Ils vivent dans le luxe, sans égard pour autrui, à l'image de l'homme de la parabole du riche et de Lazare. Cet abus de pouvoir est frauduleux. Jacques les accusent d'injustice autant que de cupidité, en ce qu'ils vivent du labeur d'autrui et affament les pauvres pour s'enrichir. Or la Bible entière considère que pauvres et riches ont la même valeur aux yeux de Dieu, que personne n’est supérieur aux autres, et l’apôtre Paul nous demande même de considérer les autres comme supérieurs à nous. Il le dit clairement dans sa lettre aux Philippiens au chapitre 2, versets 3 et 4 : « Ne faites rien par esprit de rivalité ou par désir d’une gloire sans valeur, mais avec humilité considérez les autres comme supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de regarder à ses propres intérêts, regarde aussi à ceux des autres. » Qu’on ne s’y trompe pas dit Jacques, le Dieu de l’univers, littéralement « le Seigneur des armées célestes », s’intéresse au sort des ouvriers. L'emploi de ce titre vise à adresser un avertissement solennel à ces injustes. Les cris du peuple qu'ils oppriment est parvenu aux oreilles du Dieu qui commande les armées célestes, le Dieu de puissance, de force et de justice. Souvent, les pauvres et les démunis de ce monde trouvent peu de satisfaction dans la justice. Pourtant, Dieu entend leurs cris et c'est lui qui garantit de réparer tout tort et de répondre à toute injustice.
Les mauvais riches se sont laissés prendre aux pièges des richesses. Jacques le dénonce avec virulence et leur dit : « Vous avez vécu sur la terre dans les plaisirs et dans le luxe, vous avez rassasié votre cœur [comme] le jour de la boucherie. Vous avez condamné, tué le juste sans qu’il vous résiste. » Jacques porte son ultime accusation contre les riches oppresseurs qu'il a condamnés : le meurtre. Non seulement ils étaient coupables d'amasser des richesses tandis que d'autres souffraient dans la misère, de priver leurs employés de leurs salaires et de vivre dans le grand luxe, mais ils avaient littéralement causé la mort d'un innocent – ou d'un homme juste.
Aux temps bibliques, les riches propriétaires terriens disposaient d'un pouvoir considérable au sein du système judiciaire. Malheureusement, hier comme aujourd'hui, ce système peut être corrompu. Les riches peuvent traîner les pauvres en justice sous des accusations légitimes ou non. Et, faute de ressources pour se défendre dans un système corrompu, les pauvres sont généralement impuissants face à de telles manœuvres. À l'époque de Jacques en particulier, un pauvre poursuivi en justice perdait généralement le peu qui lui restait. Il pouvait ainsi être exécuté injustement ou simplement laissé à mourir de faim. Sur ce, Jacques conclut sa condamnation de ces riches oppresseurs non chrétiens.
Que devons-nous, en tant que chrétiens, retenir de cela ? Nous avons souligné que l'Écriture n'enseigne pas que posséder des richesses soit un péché en soi. Bien sûr, tous les riches n'oppriment pas les autres, et de nombreux chrétiens aujourd'hui possèdent de grandes fortunes et sont généreux. Cela dit, rappelons-nous la consigne solennelle que confie l’apôtre Paul à Timothée à ce propos: « Aux riches de ce monde, ordonne de ne pas être orgueilleux et de ne pas mettre leur espérance dans des richesses incertaines, mais dans le Dieu [vivant,] qui nous donne tout avec abondance pour que nous en jouissions. Ordonne-leur de faire le bien, d'être riches en belles œuvres, de se montrer généreux, prêts à partager. Ils s’assureront ainsi en guise de trésor de bonnes fondations pour l’avenir, afin de saisir la vie éternelle. »
Le seul moyen d'y parvenir est d’aimer Dieu de tout son être et son prochain comme soi-même. Prions donc notre Seigneur de toujours suivre ce commandement, quel que soit notre statut social, quels que soient les biens que nous possédions ou non : « Notre Dieu et notre Père, nous recevons l’enseignement de Jacques sur les richesses avec humilité, que nous ayons beaucoup ou pas de richesses matérielles. Comme le sage du livre des Proverbes, nous te demandons humblement deux choses : « Éloigne de moi la fausseté et le mensonge, et ne me donne ni pauvreté ni richesse, mais accorde-moi le pain qui m'est nécessaire ! Sinon je risquerais, une fois rassasié, de te renier et de dire : ‘Qui est l'Éternel ?’ ou, après avoir tout perdu, de voler et de m'en prendre au nom de mon Dieu. » Écoute notre prière sincère que nous t’apportons au nom de Jésus, amen. »
Eh bien, rejoignez-nous demain. Nous réfléchirons ensemble sur l'importance de la patience dans notre vie au quotidien.