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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Jacques ! Aujourd'hui, nous en sommes au troisième jour de notre étude du cinquième chapitre. Hier, nous avons examiné ensemble la nécessité de cultiver la patience en nous rappelant cette vérité divine qui affirme que Jésus revient bientôt pour juger le monde et qu’il est bienveillant. Cela ne signifie pas que le jour du Seigneur ne puisse pas arriver avant la fin de notre vie terrestre. Cela signifie plutôt que cette promesse de Dieu n'est pas terrestre, mais éternelle. Cette vie est courte par définition ; Dieu nous appelle à attendre avec patience et force, en lui faisant entièrement confiance, quelles que soient nos circonstances. Il veut nous aider à être patients au quotidien. Nous avons également parlé de la patience dans la manière dont nous nous adressons aux autres.
En fait, nous apprenons la patience par l’exemple. Nous avons vu hier comment Jacques donne à ses lecteurs l’exemple du cultivateur qui attend activement la moisson avec une grande patience, un exemple qu’il faut suivre. Dieu est souverain, nous n’avons pas le contrôle absolu sur ce que nous entreprenons.
Jacques nous donne un deuxième exemple au verset 10, celui des prophètes de l’Ancien Testament. Nous lisons ceci au verset 10 de notre chapitre : « Mes frères et sœurs, prenez pour modèles de patience dans la souffrance les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. » Les prophètes transmettaient les messages de Dieu qui contenaient souvent des avertissements concernant son jugement à venir. De nombreuses années et des siècles pouvaient s'écouler sans que ces avertissements ne se réalisent, et les prophètes subissaient souvent de grandes persécutions en attendant que Dieu tienne sa promesse, mais ils ont tous fait preuve d'une patience inébranlable. Nous devons les prendre pour exemples. Parmi ces prophètes se trouve Jérémie, un exemple de patience face aux mauvais traitements qu’il a subis. Il a été frappé, jeté en prison ; on l’a descendu dans une citerne au fond rempli de boue. Pourtant, il a persévéré dans son ministère prophétique en restant fidèle aux paroles que Dieu lui avait demandé de prononcer, sachant qu’il serait persécuté.
Jacques invite ses lecteurs impatients à puiser dans les Écritures la force de rester fidèles dans l’adversité. Bien que Dieu ait honoré et aimé les prophètes qui le servaient, il ne leur a pas été épargné les afflictions ; au contraire, ils ont été calomniés, injuriés, persécutés et plusieurs mis à mort par leurs opposants. Ils ont été nombreux à résister, à être patients. C'est pourquoi, s'ils ont subi de telles épreuves, il n'y a pas de honte à ce que nous subissions les mêmes. Ces hommes sont restés patients dans la souffrance, insiste Jacques, confiants que Dieu les soutiendrait jusqu'à ce que la promesse se réalise sans qu’ils la voient accomplie ou que la souffrance prenne fin. Nous devrions faire de même.
Jacques reprend ici l’enseignement de Jésus dans son Sermon sur la montagne. En effet, nous lisons ses paroles dans l’évangile selon Matthieu, au chapitre 5, versets 11 et 12 : « Heureux serez-vous lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande au ciel. En effet, c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. »
Pour Jésus, les insultes et la méchanceté font partie de la persécution. Nous ne pouvons pas limiter notre conception de la persécution à la seule opposition physique ou à la torture. Les disciples de Jésus sont persécutés pour la justice et ils sont persécutés pour Jésus. Cela montre que Jésus attend d’eux qu’ils vivent une vie juste, à son exemple et en son honneur.
Ces paroles de Jésus ont rapidement trouvé un écho auprès de ses disciples. Les premiers chrétiens ont entendu de nombreux ennemis proférer des calomnies à leur encontre au nom de Jésus. On les accusait de cannibalisme, en raison d’une interprétation grossière et délibérée de la Cène ; on les accusait d’immoralité, en raison d’une interprétation grossière et délibérée de l’agape hebdomadaire et de leurs réunions privées ; on les accusait de fanatisme révolutionnaire, car ils croyaient au retour de Jésus et à la fin des temps ; on les accusait encore de diviser des familles, car la conversion d’un conjoint ou d’un parent au christianisme entraînait souvent des changements et des divisions au sein de la famille ; on les accusait enfin de trahison, car ils refusaient d’honorer les dieux romains et de participer au culte de l’empereur.
Les premiers chrétiens suivaient l’exemple des prophètes. Le mot qu’utilise Jacques pour « exemple » vient d'un terme désignant des lettres bien formées dans un cahier. Autrefois, les élèves utilisaient ces cahiers avec du papier calque et repassaient sur les lettres pour apprendre à les former. Jacques appellent les chrétiens à calquer leur comportement et leurs actes exactement sur celui des prophètes. Nous ne prenons pas plaisir aux moqueries, aux calomnies, au rejet et aux souffrances. Mais nous les supportons dans la joie quand elles nous sont infligées injustement, car ceux qui nous ont précédés ont vécu ces mêmes souffrances, comme Jésus notre modèle parfait. Nous sommes bienheureux quand nous sommes persécutés pour la cause de Christ. Cela nous aide bien sûr à rester patients en toutes choses, cela nous aide à persévérer. La patience et la persévérance vont de pair. Nous sommes patients avec les autres, quoi que ce soit qu’ils disent ou font contre nous, et nous sommes persévérants quelles que soient les circonstances que nous traversons et auxquelles nous devons faire face.
Un homme de la Bible en particulier constitue le modèle que nous devons suivre. Jacques nous en parle. Nous lisons ceci aux versets 11 de notre chapitre : « Nous disons heureux ceux qui persévèrent. Vous avez entendu parler de la persévérance de Job et vous avez vu la fin que le Seigneur lui a accordée, car le Seigneur est plein de tendresse et de compassion. »
Pour ceux qui dans ce monde vivent sans Dieu, le but de la vie est d'éviter la souffrance coûte que coûte. C'est la quête de tout ce que l'on désire dans la vie, quel qu'en soit le prix, quelles que soient les conséquences pour autrui. Jacques affirme clairement que le but des chrétiens est radicalement différent. Nous considérons la fidélité à Dieu, malgré la souffrance, comme une marque de réussite. Jacques utilise le mot grec « makarizomen », qui signifie littéralement « être considéré comme bienheureux, heureux ou prospère. » Cette louange est adressée à ceux qui continuent de manifester leur confiance en Dieu par l'obéissance à Dieu et le service des autres.
Jacques cite maintenant un autre exemple de cette fidélité malgré la souffrance. Certains diraient même qu'il s'agit de l'exemple ultime. Cette histoire est racontée dans le livre de Job. Job était un homme qui a enduré d'énormes souffrances tout en refusant de renoncer à sa foi en Dieu. Finalement, Dieu l'a récompensé en lui rendant tout ce qu'il avait perdu et en lui donnant bien plus encore. Les chrétiens qui souffrent, à toutes les époques, devraient suivre l'exemple de Job et rester fidèles à Dieu dans leurs souffrances physiques et morales. Tout croyant en Jésus devrait également s'attendre, en fin de compte, à recevoir de Dieu bien plus que ce qu'il a jamais perdu.
Ce verset se termine par une affirmation concernant le caractère de Dieu : il est plein de compassion, il est rempli de bonté. Le caractère de Dieu est immuable. Sa bonté n'est ni plus grande lorsque notre situation est meilleure, ni moindre lorsque nous souffrons. Il a toujours compassion de son peuple dans la souffrance et il est toujours bon envers ceux qui sont en Christ, maintenant et pour l'éternité. Il nous faut nous rappeler cette vérité lorsque la souffrance devient longue et difficile à supporter. Jésus a souffert comme personne d’autre sur terre n’a pu souffrir. Il a souffert l’abandon de Dieu, l’humiliation totale, parce que Dieu le Père ne pouvait pas voir l’horreur du péché du monde que portait son Fils unique sur la croix pour pouvoir nous en délivrer. Comment pourrions-nous rejeter nous-mêmes la souffrance ?
Lorsque nous comprenons que Dieu a un dessein bienveillant, même les épreuves douloureuses prennent un autre sens. Charles Spurgeon a fait cette comparaison remarquable : « Si un homme m'attaquait avec un couteau, je résisterais de toutes mes forces et considérerais comme une tragédie sa réussite. Mais si un chirurgien vient à moi avec un scalpel, je l'accueille, lui et le scalpel ; qu'il m'ouvre, même plus profondément que celui qui m'attaque au couteau, car je sais que son intention est bonne et nécessaire. »
Avouons que la compassion et la bonté de Dieu n'apparaissent pas immédiatement dans l'histoire de Job ; on pourrait rapidement penser que Dieu a été cruel envers lui. Pourtant, à y regarder de plus près, nous voyons que Dieu était en effet très compatissant et rempli de bonté. Dieu a fait preuve d'une grande compassion et d'une grande bonté envers Job, car il n'a permis la souffrance que pour une raison valable ; de plus, il a limité les actions de Satan contre lui ; il l'a soutenu de sa main invisible tout au long de ses souffrances ; il a même déjoué le projet destructeur du diable. Au final, Dieu a accompli une œuvre merveilleuse : faire de Job un homme meilleur et plus béni que jamais. N'oublions pas que, aussi bon et juste qu’ait été Job au début du livre, il est devenu un homme meilleur à la fin, avec un caractère encore plus intègre, plus humble et plus béni qu'auparavant.
Lorsque nous considérons toute la vie de Job, nous constatons que le Seigneur, dans sa bonté, l’a tiré d’affaire et lui a procuré un avantage inestimable. Celui qui l’a mis à l’épreuve d’une main l’a soutenu de l’autre. Quel qu’ait été le projet de Satan en tentant Job, Dieu avait un projet qui englobait et surpassait celui du destructeur, et ce projet s’est réalisé tout au long de son parcours. Dire que Dieu est compatissant, c’est littéralement dire que le Seigneur a « beaucoup de cœur », qu’il a « un grand cœur », ou encore « une grande tendresse ».
Le verset 12 de notre chapitre nous surprend. Après avoir loué la persévérance de Job, Jacques déclare soudainement ceci : « Avant tout, mes frères et sœurs, ne jurez pas, que ce soit par le ciel, par la terre ou par une autre forme de serment. Mais que votre oui soit oui, et que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement. »
Ce verset semble incongru à ce stade du chapitre 5. Il ne semble pas s'inscrire dans la continuité de ce que Jacques a écrit précédemment sur la fidélité à Dieu dans l'épreuve, et ne s'intègre pas naturellement à son enseignement sur la prière dans les versets suivants et dont nous parlerons demain. Cependant, cela semble faire partie de son intention. C'est un point important qui mérite d'être souligné.
Jacques commence par dire « avant tout », indiquant ainsi l’importance de son propos. Il reprend ensuite, presque mot pour mot, le commandement de Jésus concernant les serments, tel qu'il est rapporté dans l’évangile selon Matthieu, au chapitre 5, versets 34 à 37 : « Je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu, ni par ‘la terre’, parce que c'est ‘son marchepied’, ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux pas rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit ‘oui’ pour oui, ‘non’ pour non; ce qu'on y ajoute vient du mal. »
Lorsque Jacques écrit qu'il ne faut pas « jurer », il ne s'agit pas d'employer un langage grossier. Il ne s'agit pas non plus nécessairement d'utiliser le nom de Dieu comme une injure. Jacques fait référence à une pratique apparemment courante à cette époque : prêter serment pour convaincre quelqu'un de sa sincérité ou de sa volonté de tenir une promesse.
On pourrait être tenté de dire à quelqu'un : « Je jure sur la Bible que je ne mens pas » ou « Je jure sur la tombe de ma mère que je vous paierai jeudi prochain ». Jésus a interdit aux chrétiens de parler ainsi, et Jacques a confirmé cet enseignement. Il semble que le problème réside dans l'honnêteté. La sincérité devrait être la norme absolue pour ceux qui ont foi en Christ. Un simple « oui » ou « non » devrait être sans appel, car le mensonge n'est jamais une option pour nous. Si un serment est nécessaire pour convaincre quelqu'un de notre honnêteté ou de notre fidélité, cela laisse supposer que nous ne sommes pas réputés pour dire la vérité en d'autres circonstances.
Il est probable que prêter serment soit devenu un moyen de manipuler les gens ou de se ménager une porte de sortie pour se soustraire à certains contrats. Jacques est catégorique : pour ceux qui sont en Christ, la malhonnêteté, quelles que soient nos bonnes intentions, est inconcevable. Aucun serment n'est requis. Certains chrétiens ont interprété ce commandement comme leur interdisant de prêter serment dans un cadre légal, comme devant les tribunaux ou dans l'armée, mais la plupart des croyants le considèrent uniquement comme une limite aux serments personnels, en particulier ceux utilisés à des fins de tromperie ou de manipulation.
Voyez-vous, dans le contexte qui nous préoccupe, celui des chrétiens qui sont persécutés à cause de leur foi, il pourrait y avoir ici l'idée de mentir d'une manière qui tente de faire avancer le plan de Dieu. Quand je deviens impatient, il est très, très tentant de mentir. L’impatience tend à nous pousser à vouloir faire avancer les choses plus vite. On fait des serments pour se convaincre ou convaincre les autres qu’on est sérieux et qu’on est prêt à parier jusqu’à la tête de sa mère, ou la croix de Christ, pour se convaincre ou convaincre les autres. Cette démarche est inutile. Un oui ou un non suffit. Ce que j’ajoute par serment n’aura aucun impact sur la réalisation du plan de Dieu. Le besoin de jurer, au-delà d'un simple oui ou non, trahit la faiblesse de la parole. Cela démontre que le caractère de la personne n'est pas suffisamment solide pour confirmer ses paroles. Ce manque de caractère sera mis à nu lors du jugement dernier devant le Christ. Cela nous incite d'autant plus à nous préparer à ce jugement en parlant toujours avec intégrité.
Rappelons-nous enfin quelle a été la réaction de Pierre la veille de la mort de Jésus. Quand plusieurs personnes l’ont reconnu comme un disciple de Jésus, celui qui avait dit qu’il était prêt à mourir pour lui a pourtant juré, rempli de colère et agacé, qu’il ne connaissait pas son maître. Dans l'excitation ou l'irritation, nous sommes vite tentés de mentir, de jurer, d'injurier violemment et de blasphémer. Face au danger et à la mort, on peut réagir contre sa propre volonté et dire le contraire de ce que l’on pense sans se douter de notre mensonge, tout cela pour se protéger en vain du danger imminent. Il ne doit pas en être ainsi nous demande Jacques.
Le rappel de Jacques ici ne pouvait pas être mieux placé. Prions donc ensemble notre Dieu ainsi : « Seigneur notre Dieu et notre Père, toi qui es si bon et si compatissant, nous venons humblement vers toi pour te demander de nous aider non seulement à devenir de plus en plus patients mais aussi de plus en plus persévérants. Merci pour l’exemple des nombreux prophètes qui t’ont obéi sans jamais compromettre le message qu’ils devaient annoncer de ta part, qui étaient prêts à dire la vérité même s’ils savaient que cela leur en coûterait beaucoup. Permets que nous soyons de même intègres, dans nos paroles comme dans notre comportement. Nous voulons nous préparer à ton retour sans crainte, sachant que tu pardonnes nos fautes et nous aide à progresser dans la foi et la vérité. C’est au nom de Jésus que nous le confessons de tout notre cœur, amen. »