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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Jacques ! Nous en sommes au quatrième jour de notre réflexion sur le cinquième chapitre. Au cours de la semaine, nous avons parlé des richesses et de la manière dont Dieu nous propose une autre façon de vivre la vie que nous menons sans lui, qui ne se définit pas par ce que nous possédons, mais par notre foi. Ces deux derniers jours, nous avons abordé ensemble la nécessité d’être patient et persévérant, et avons considéré comment Dieu intègre la patience et la persévérance dans notre vie au quotidien, en considérant sa vérité, son amour, sa compassion et sa bonté. Jacques nous a invités à suivre l’exemple des grandes figures de l'Ancien Testament, notamment les prophètes et Job. Alors que nous nous approchons de la fin de l'épître de Jacques, nous allons parler de la prière pendant ces deux prochains jours, car Jacques consacre la fin de sa lettre à la prière.
Aujourd’hui, nous concentrerons notre attention sur les versets 13 à 16 que je vous invite à écouter : « Quelqu'un parmi vous est-il dans la souffrance? Qu'il prie. Quelqu'un est-il dans la joie? Qu'il chante des cantiques. Quelqu'un parmi vous est-il malade? Qu'il appelle les anciens de l'Église et que les anciens prient pour lui en lui appliquant de l’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le malade et le Seigneur le relèvera. S'il a commis des péchés, le pardon lui sera accordé. Avouez-vous [donc] vos fautes les uns aux autres et priez les uns pour les autres afin d’être guéris. La prière du juste agit avec une grande force. »
En conclusion de sa lettre, Jacques encourage ses lecteurs à répondre à toutes les circonstances de leur vie par la prière. C'est ce que font ceux qui ont confiance en Dieu. C'est un thème que nous retrouvons tout au long de sa lettre : les actes d'une personne témoignent de ses véritables convictions.
Ainsi, tout chrétien qui souffre ou qui traverse une épreuve devrait naturellement penser à prier. La lettre de Jacques commence par un enseignement sur la manière dont ceux qui ont confiance en Dieu doivent réagir face aux épreuves. Les épreuves et les souffrances sont inévitables. Lorsqu'elles surviennent, elles offrent l'occasion de se rapprocher de Dieu, de lui demander de l'aide et la force de rester fidèle dans la souffrance. Rappelons-nous que si nous nous approchons de Dieu, il s’approche de nous.
L'absence de prière face aux difficultés doit être un signal d'alarme spirituel. C'est le symptôme d'une personne qui ne vit pas dans la dépendance de Dieu. Un autre signe inquiétant est de ne pas se précipiter pour chanter des louanges à Dieu lorsque nous sommes joyeux ou heureux. La prière devrait devenir la réponse naturelle à toute circonstance ou tout état d'esprit pour ceux qui vivent une relation de confiance étroite avec leur Père du ciel.
Si la prière ne nous vient pas naturellement, Jacques nous appelle à la pratiquer malgré tout. Qu’elle paraisse étrange ou aussi naturelle que respirer, la prière est un moyen essentiel pour les croyants d’exprimer leur foi en Dieu.
Au lieu de gémir - comme dans le verset précédent -, celui qui souffre devrait prier. Au lieu de murmurer les uns contre les autres, de se plaindre avec amertume ou de proférer des injures, prions Dieu. Jacques donne le même conseil à celui qui souffre comme à celui qui est joyeux : confiez tout au Seigneur. En fait, les deux commandements pourraient être inversés : ceux qui souffrent devraient aussi chanter, et ceux qui sont joyeux devraient également prier. Ailleurs dans le Nouveau Testament, l’expression « chanter des louanges » désigne le culte public et, si l’on se fie à l’usage en grec classique et dans l’Ancien Testament grec, il s’agit toujours de chants accompagnés de musique. C’était aussi le cas pour le peuple d’Israël, comme en témoigne l’Ancien Testament, et en particulier les Psaumes.
Jacques laisse clairement l’initiative à la personne dans le besoin : qu’elle appelle ! L’hésitation des chrétiens à demander ou à solliciter avec insistance la prière des responsables de l’Église dans de telles circonstances est un véritable mystère.
Les versets 14 et 15 ont suscité la controverse parmi les chrétiens. Jacques pose la question suivante : comment les croyants doivent-ils réagir lorsqu’ils sont « malades », et quel résultat doivent-ils espérer en agissant ? La plupart des traductions rendent le mot grec « asthenei » par « malade », et de nombreux biblistes s’accordent à dire que Jacques fait référence à une maladie physique. Certains commentateurs suggèrent cependant que Jacques évoque une faiblesse spirituelle ou un manque de foi. Le mot grec est parfois traduit dans ce sens ou un sens similaire. Il véhicule principalement l’idée de faiblesse ou de fragilité.
Si Jacques fait référence à une faiblesse spirituelle, son instruction s’adresse à celui qui doute de la fermeté de sa foi. Cela peut être dû à des souffrances persistantes ou à une autre cause. Cette personne devrait demander aux anciens – les responsables spirituels – de l’église de prier pour elle. Cette instruction s’accompagne de la promesse que le Seigneur rétablira sa foi et que tout péché à l’origine de sa faiblesse spirituelle sera pardonné.
L'autre possibilité est que Jacques veuille simplement dire qu'une personne souffrant d'une maladie physique doit faire de même, avec la promesse d'une guérison physique future et l'assurance du pardon des péchés. Quoi qu'il en soit, les anciens sont appelés à oindre cette personne malade d'huile au nom du Seigneur.
Oindre quelqu'un d'huile, dans la culture de l'époque, signifiait verser de l'huile sur lui pour l'une des quatre raisons possibles. L'huile était parfois utilisée dans le monde antique comme remède général. À d'autres moments, elle servait à exprimer de la sollicitude, comme une manifestation concrète d'attention et de soutien. Il est également possible que Jacques ait voulu que l'huile fasse partie d'un geste particulier de guérison ou qu'elle symbolise physiquement la mise à part de cette personne pour les desseins de Dieu. L’onction des malades avec de l’huile est également mentionnée dans l’évangile selon Marc au chapitre 6, verset 13 : « Les disciples chassaient beaucoup de démons, appliquaient de l'huile à beaucoup de malades et les guérissaient. » Luc, un médecin, évoque l’application d’huile à des fins médicinales dans son évangile, au chapitre 10, verset 34, lorsqu’il rapporte l’histoire de Jésus sur le bon Samaritain qui soigne la victime de brigands : « Le Samaritain s'approcha et banda ses plaies en y versant de l'huile et du vin. » Jacques souhaite que les anciens utilisent des moyens naturels tout en se tournant vers Dieu pour obtenir une bénédiction particulière.
Quelles que soient les réponses précises à ces questions, nous pouvons tous nous accorder sur plusieurs points concernant ce passage : premièrement, Dieu ne veut pas que les chrétiens souffrent seuls. Il ne veut pas non plus qu'ils prient pour eux-mêmes en secret sans jamais révéler leurs problèmes. Deuxièmement, Dieu souhaite que les responsables spirituels des églises locales soient prêts et disposés à prier ensemble pour les membres de leurs congrégations qui traversent des difficultés.
Jacques poursuit son exploration de cette idée au verset 15. Pour bien comprendre ce passage, il est essentiel de le lire en parallèle avec le verset précédent. La compréhension de ce verset et de sa signification est cruciale pour saisir le sens profond du passage où Jacques s'exprime. Au verset 14, Jacques exhorte les personnes « faibles » – probablement spirituellement, mais peut-être aussi physiquement – à appeler les anciens ou les responsables spirituels de leur Église locale. Ces anciens doivent prier pour elles et les oindre d'huile. Ici, au verset 15, Jacques décrit le résultat attendu de cette « prière de foi » des anciens : le Seigneur relèvera cette personne. Tous ses péchés lui seront pardonnés. Si ces deux versets décrivent une personne souffrant d'une maladie physique, la promesse est celle d'une guérison. S'ils décrivent une personne aux prises avec une foi fragile, la promesse est celle d'une confiance restaurée en Dieu. Dans les deux cas, si la cause du problème est un péché dans la vie de cette personne, ce péché sera pardonné.
Tout verset qui semble promettre inconditionnellement la guérison physique, même en réponse à une prière de foi, peut prêter à confusion. Toute personne suivant ces étapes précises dans cet ordre précis sera-t-elle guérie de toute maladie, à tout moment ? C’est une question délicate, mais la promesse de ce verset nous invite à examiner attentivement son sens. Lorsque les anciens de l’église prient pour cette personne avec une foi sincère, tout en l’oignant d’huile, le Seigneur la relèvera. La promesse ne semble pas indiquer quand ni comment Dieu la relèvera. Peut-être sera-ce immédiat. Peut-être sera-ce dans l’éternité. Quoi qu’il en soit, le croyant en Christ sera sauvé et rétabli, nous pouvons en être assurés. Le terme grec utilisé pour « sauvé » est le même que pour « guéri ».
Le message principal de Jacques est que les chrétiens ne doivent pas souffrir en silence. Nous devons prier, certes, mais nous devons aussi demander à d’autres de prier pour nous. Et nous devons nous attendre à ce que Dieu réponde.
Jacques continue d'encourager ses lecteurs à exprimer leur dépendance envers Dieu. Cela passe notamment par la prière. Dans les versets précédents, il les a invités à répondre aux difficultés par la prière, à la joie par des chants de louange, et à la maladie ou à la faiblesse spirituelle par la demande des anciens de l'Église de prier pour eux. Au verset 16, Jacques écrit que les chrétiens devraient avoir pour habitude de se confesser leurs péchés les uns aux autres et de prier les uns pour les autres, afin d'être guéris. Comme dans les versets précédents, certains biblistes interprètent le mot « guérison » comme une référence à la guérison d'une maladie physique. D'autres le comprennent comme une guérison du découragement et de la faiblesse spirituelle. Dans les deux cas, cette guérison exige deux choses des chrétiens : Nous devons à la fois nous confesser nos péchés les uns aux autres et prier les uns pour les autres. Jacques ne donne aucun détail sur la manière dont cela devrait se traduire concrètement. Devons-nous nous tenir devant l'assemblée et annoncer tous nos péchés de la semaine précédente ? Cela semble peu probable. Il est plus probable que Jacques ait à l'esprit l'idée de relations étroites entre chrétiens. Nous avons besoin de frères et sœurs en la foi avec qui nous pouvons être vulnérables. Dans ce contexte, chacun pourrait reconnaître aux autres les péchés qui lui sont les plus difficiles à surmonter, et tous pourraient prier les uns pour les autres afin de les vaincre.
Compte tenu du contexte, il convient tout particulièrement de confesser ses péchés lorsqu'une guérison physique est nécessaire. Il est possible – bien que ce ne soit pas toujours le cas – que la maladie d'une personne soit la conséquence directe d'un péché non confessé, comme l’apôtre Paul l'explique dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 11, verset 30, en parlant du repas du Seigneur : « Celui qui mange ce pain ou boit la coupe du Seigneur indignement sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s'examine lui-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe, car celui qui mange et boit [indignement], sans discerner le corps [du Seigneur], mange et boit un jugement contre lui-même. C'est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup d'infirmes et de malades, et que plusieurs sont morts. »
La confession à un autre membre du corps du Christ est essentielle, car le péché cherche à nous isoler de tous. La confession brise le pouvoir du péché caché. Cependant, il n'est pas nécessaire de se confesser à un prêtre ou à un médiateur quelconque ; on se confesse simplement les uns aux autres, selon le cas. La confession est une bonne chose, mais elle doit être faite avec discernement. Une confession imprudente peut engendrer davantage de péchés.
La plupart des chrétiens préfèrent se confesser en secret à Dieu, même pour des fautes impliquant autrui. Se confesser à Dieu leur semble la solution de facilité. Si les pécheurs étaient réellement conscients de la présence de Dieu, même la confession secrète de leurs péchés personnels aurait un effet bénéfique. Hélas, la plupart des pécheurs se contentent de communier avec eux-mêmes au lieu de s'adresser à Dieu, qui, dans certaines circonstances, refuse leurs prières. Or, selon les paroles de notre Seigneur, il est clair que les péchés impliquant une autre personne doivent être confessés à cette personne. Très peu de chrétiens mettent cela en pratique. Nous avons tout simplement trop peur de nous montrer vulnérables. Pourtant, le commandement de Jacques nous concerne autant que ses premiers lecteurs. L'Église serait bien plus forte si nous étions plus nombreux à prier les uns pour les autres, dans un esprit de fraternité, pour vaincre nos péchés. Après tout, écrit Jacques, la prière est efficace. Dieu écoute et répond. La prière du juste est puissante et efficace car Dieu entend et agit. En évoquant la nécessité de prier pour les souffrants, les malades et les pécheurs, Jacques souligne l'efficacité de la prière – lorsqu'elle est fervente.
Une grande partie de nos prières sont inefficaces tout simplement parce qu'elles manquent de ferveur. Elles sont offertes avec une tiédeur qui revient à demander à Dieu de s'intéresser à quelque chose qui nous importe peu. Une prière efficace doit être fervente, non pas pour persuader émotionnellement un Dieu réticent, mais pour gagner son cœur en manifestant de la ferveur pour les causes qui lui tiennent à cœur. De plus, une prière efficace est offerte par un croyant juste. Il s'agit de quelqu'un qui reconnaît que le fondement de sa justice réside en Jésus et dont la vie personnelle est conforme à la justice qu'il possède en Jésus.
Prions donc avec ferveur, intégrité et sincérité : « Seigneur, toi qui es au ciel et qui voit tout ce qu’il se passe sur notre terre, toi qui nous connais et sondes nos cœurs, nous ne pouvons rien te cacher. Nous venons donc à toi humblement et confessons nos faiblesses ; nous avouons qu’il nous est difficile de confesser nos péchés à d’autres chrétiens fidèles de confiance. Pardonne notre timidité et même notre lâcheté. Nous te prions car nous te faisons entièrement confiance. Tu veux t’approcher de nous, mais comme Adam et Ève dans le jardin, nous avons honte de nos fautes et nous nous cachons loin de toi. Purifie-nous, Seigneur, délivre nous du mal qui veut s’enraciner en nous. Nous te prions aussi pour tous ceux qui ont vraiment besoin de toi et n’osent pas s’approcher humblement et sincèrement de toi. Convainc-les, nous te prions et rapproche-nous tous de toi dans la communauté de ceux qui te craignent, t’adorent et te servent avec ferveur et intégrité. Voilà notre vœu le plus sincère, notre Dieu. Écoute-le et réponds-nous dans ta compassion et ta bonté sans limite. À cause et au nom de Jésus, amen. »