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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Jacques ! Aujourd'hui, nous poursuivons notre réflexion sur le chapitre 5. Nous en sommes au cinquième et dernier jour de notre survol de ce chapitre. Nous réfléchirons ensemble sur les versets 16b à 20, que je vous propose d’écouter : « Élie était un homme de la même nature que nous. Il a prié avec insistance pour qu'il ne pleuve pas et il n’est pas tombé de pluie sur la terre pendant 3 ans et 6 mois. Puis il a de nouveau prié, et le ciel a donné de la pluie et la terre a produit son fruit. Mes frères et sœurs, si quelqu'un parmi vous s'est égaré loin de la vérité et qu'un autre l'y ramène, sachez que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s'était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une foule de péchés. »
Au début du verset 16 de notre chapitre, Jacques dit que la prière du juste est puissante et efficace. Il donne maintenant l'exemple de la prière d'Élie, un homme juste. Élie était un prophète de Dieu exceptionnel, mais il n'en demeurait pas moins un homme faillible, mortel et limité. Pourtant, il a fait preuve d'une force supérieure à celle de la plupart d'entre nous dans sa relation avec Dieu. Nous devons prêter attention à ces indices concernant la source de la force d'Élie. Lorsqu'il a prié pour qu'il ne pleuve pas, il n’a pas plu. En fait, l'expression « il pria avec ferveur » signifie littéralement « une prière il pria », ce qui indique une prière intense. Bien qu'aucun passage de l'Ancien Testament ne mentionne une telle prière d'Élie, cette omission n'est pas contradictoire. Il s'agit d'une information supplémentaire sur l'Ancien Testament, transmise par un auteur du Nouveau Testament. Lorsqu'Élie annonce avec assurance au roi Achab, le méchant, qu'il ne pleuvra pas avant qu'il n'en ait donné l'ordre, il est évident qu'il avait déjà prié Dieu à ce sujet et reçu une réponse ou qu’il avait reçu l’ordre d’annoncer cette nouvelle à Achab. Annoncer cette sécheresse sans l'approbation divine aurait été une grande présomption de la part d'Élie.
Bien sûr, ni les lecteurs de Jacques ni les chrétiens d'aujourd'hui ne considèrent pas facilement Élie, l’un des plus grand prophètes d’Israël, comme un homme ordinaire tout à fait semblable à nous, lui qui a quitté notre monde en étant enlevé au ciel dans un char et des chevaux de feu dans un tourbillon. Les Juifs en avaient fait un super héros. Mais c’est bien ainsi que Jacques le présente : un homme comme nous ! Dieu s'est servi de lui pour accomplir des choses extraordinaires et miraculeuses. C'est précisément là le propos de Jacques : la puissance d'Élie venait de Dieu, en réponse à ses prières. Élie est un modèle de prière fervente et persévérante, exaucée par Dieu. Son efficacité dans la prière s'étendait même jusqu'à influencer le temps ! Cela montre que le cœur d'Élie était en harmonie avec celui de Dieu. S'il a prié pour que la pluie cesse et reprenne, c'était parce qu'il pressentait que cela était dans le cœur de Dieu, dans ses relations avec Israël.
Cela étant vrai, nous pouvons alors être aussi des croyants justes, comme tous les autres, mais dotés du pouvoir de la prière comme Élie. Il n'y a aucune raison logique ou spirituelle pour que les chrétiens ne prient pas, même dans les situations les plus désespérées. Pourquoi douter que Dieu puisse accomplir des miracles en réponse à nos prières ? Nous ne nous appuyons pas sur une force intérieure. Nous ne pratiquons pas la magie ; nous prions Dieu, et c'est lui qui agit. La prière est efficace, non pas grâce au pouvoir de celui qui prie, mais parce que Dieu entend et répond avec toute sa puissance et son efficacité. L'événement à propos d’Élie auquel Jacques fait référence se trouve dans le premier livre des Rois, aux chapitres 17 et 18. Dieu a arrêté puis fait revenir la pluie de façon spectaculaire en réponse aux prières obéissantes d'Élie. Ce récit mérite d'être lu et relu. Élie a prié avec foi, demandant à Dieu d'envoyer la pluie. Il pressentait que c'était la volonté divine, et pourtant, c'est sa prière fervente qui fit venir la pluie. Les premiers signes de la pluie apparurent lentement et discrètement, mais de ce faible signe – un petit nuage qui montait de la mer – est née une œuvre puissante. Nous prions donc pour nous-mêmes, les uns pour les autres, pour la guérison, pour que les autres triomphent du péché. Dieu reçoit toutes ces prières et y répond avec amour, dans sa grande puissance et sa bonté.
Après avoir abordé les thèmes du péché et de la confession, ainsi que celui de la prière efficace et persévérante, Jacques nous rappelle la nécessité de confronter ceux qui se sont éloignés de la vérité. Ce passage expose la caractéristique fondamentale de la vérité chrétienne : elle est source d’égarement. Elle n’est pas seulement intellectuelle, philosophique et abstraite ; elle est toujours morale.
L'image de l'éloignement est parlante. La plupart des gens ne s'égarent pas délibérément ; cela arrive insidieusement. Pourtant, cet éloignement les conduit parfois à la dérive et les met potentiellement en danger. Jacques conclut donc sa lettre par un appel à ses lecteurs : efforcez-vous de ramener ceux d’entre vous qui se sont égarés loin de la vérité ! Il parle d’hommes et de femmes qui appartenaient autrefois à la communauté chrétienne et qui se sont perdus. Peut-être pense-t-il à des croyants qui ont faibli spirituellement ? Lisez bien le verset 19 et vous verrez qu'il s'agit du témoignage d'un apostat, un membre de l'Église visible de Dieu qui ne vit plus selon la foi. Les mots « si quelqu'un parmi vous » font nécessairement référence à un chrétien déclaré qui s’est égaré, attiré par de fausses idées ; la mort l’attend s’il ne change pas radicalement son attitude envers Dieu. Ces chrétiens rebelles peuvent être sauvés de la mort physique dans cette vie s'ils reviennent à la foi en Dieu. Pour leur propre bien et celui d'autrui, Dieu est disposé à mettre fin à la vie terrestre d'un croyant qui s'est rebellé contre lui. Cela s’accorde avec ce que l’apôtre Paul dit à propos de ceux qui célèbrent le repas du Seigneur de manière hypocrite, ce qui peut entraîner la maladie ou même la mort, comme nous l’avons vu hier.
Si vous priez pour un chrétien qui a laissé sa vie s'enfoncer dans le péché, et qu'il se tourne vers Dieu d'une manière nouvelle et authentique, vous pouvez le sauver non pas de la mort spirituelle, mais de la mort physique. Voyez-vous, il y a plusieurs raisons pour lesquelles je peux mourir à cause du péché. L'une d'elles est simplement la conséquence naturelle du péché. Si je laisse certains péchés entrer dans ma vie, je mourrai plus tôt que je le devrais à cause des conséquences naturelles de ce péché.
Dans sa première lettre, au chapitre 5, versets 16 et 17, l’apôtre Jean parle lui aussi de péchés qui mènent à la mort et de péchés qui n’y mènent pas ; il fait cette recommandation : « Si quelqu'un voit son frère commettre un péché qui ne mène pas à la mort, qu'il prie, et Dieu donnera la vie à ce frère; je parle ici de ceux qui commettent un péché ne conduisant pas à la mort. Il y a un péché qui mène à la mort], et ce n'est pas pour ce péché-là que je dis de prier. Toute injustice est un péché, mais tous les péchés ne conduisent pas jusqu’à la mort. »
Lorsque nous voyons un chrétien pécher, l’apôtre Jean, tout comme Jacques, nous disent que la première chose à faire est de prier pour lui. Trop souvent, la prière est notre dernier réflexe, ou le moindre de nos gestes face aux difficultés de notre frère ou de notre sœur. Dieu a promis de bénir la prière faite en faveur d'un croyant pécheur. Ces prières ont peut-être une puissance particulière auprès de Dieu car elles accomplissent le commandement d'aimer ses frères. Assurément, c'est en priant sincèrement les uns pour les autres que nous nous aimons le mieux.
L’apôtre Jean rejoint les propos de Jacques et de Paul, et fait référence à un péché menant à la mort physique du croyant. Apparemment, un croyant peut pécher au point que Dieu juge préférable de le rappeler à lui, probablement parce qu'il a, d'une manière ou d'une autre, tellement compromis son témoignage qu'il devrait se tourner vers Dieu. Il serait toutefois présomptueux d'appliquer cette interprétation à chaque décès prématuré d'un croyant, ou d'inciter au suicide le chrétien rongé par la culpabilité. Nos vies sont entre les mains de Dieu, et parfois il juge bon de rappeler à lui l'un de ses enfants.
Parfois, en effet, Dieu agit ainsi. Pourquoi ? Parce qu'il nous aime. Il ne laissera pas ses enfants dans une situation qui, il le sait, ne fera qu'empirer. Mais si je peux prier, si je peux encourager, si je peux détourner quelqu'un d'une mauvaise direction, je peux le sauver de tout cela. Ce n'est pas moi qui sauve, c'est Dieu, mais je peux participer à son œuvre. Et Jacques conclut en disant, une fois de plus, que c'est par la prière que nos vies deviennent efficaces. Dieu nous appelle ici à renouveler notre engagement dans la prière.
Jacques n’explique pas comment les fidèles peuvent ramener les chrétiens infidèles à Dieu, mais il les encourage à le faire. Parfois, le simple fait de tendre la main à une personne qui s’est éloignée de la vérité de Dieu, avec grâce et compassion, suffit à la ramener au sein de la communauté. En tout cas, la tentative de rejoindre et de ramener ces pécheurs égarés doit être faite avec un grand amour et une profonde sollicitude pour leurs âmes. Jacques ne parle ni de condamnation, ni de jugement, ni d’arrogance. Il parle d'un intérêt sincère, d'un effort bienveillant, pour aider quelqu'un d'autre qui se perd sans Dieu.
Le verset 20 complète une idée que Jacques a amorcée au verset précédent. Au verset 19, il affirme que si l'un de ses lecteurs ramène un ancien membre de sa communauté qui s'était égaré loin de la vérité de Dieu, cette personne devait comprendre l'enjeu. Ces égarés se sont éloignés de la vérité pour tomber dans le péché. Ce qu'ils croient désormais est une erreur. Ce qu’ils font n’est pas bon. Ils se fient à un mensonge qui les détourne du chemin de la foi en Dieu. S'ils peuvent être ramenés à Dieu, ils seront sauvés de la mort, et leurs nombreux péchés seront pardonnés.
Cela nous montre que Dieu se sert d'instruments humains pour ramener les pécheurs de leurs erreurs. Dieu n'a pas besoin de tels instruments, et parfois il ne le fait pas. L'apôtre Paul – ou plutôt Saul de Tarse – ne s'est converti par aucun intermédiaire humain, si ce n'est peut-être grâce aux prières du martyr Étienne mourant. Pourtant, personne ne lui a prêché et il était connu par les chrétiens comme un persécuteur de l’Église qu’il fallait éviter ; mais Jésus a décidé d'aller à sa rencontre.
L'une des raisons pour lesquelles Dieu utilise des instruments humains est que cela lui rend plus gloire que s'il agissait seul. En cela, Dieu est comme un artisan habile qui réalise des merveilles avec les outils les plus rudimentaires. De la même manière, Dieu utilise des vases d'argile comme nous pour manifester sa gloire.
La plupart des gens qui sont retournés à Dieu ont été convaincus par des conversations, par des parents ou des amis, par l’exemple de ceux qui suivent Dieu fidèlement, par la lecture de tracts, en écoutant des podcasts, ou encore par l’étude des Écritures. Ne croyons donc pas que Dieu agisse souvent sans instruments ; ne restons pas silencieux à dire : « Dieu fera son œuvre lui-même. » Il est tout à fait vrai qu’il le fera ; mais il veut accomplir son œuvre en se servant de ses enfants comme instruments.
Il y a une bénédiction particulière pour celui qui aime suffisamment son frère pour le confronter et le ramener du mauvais chemin. Il a sauvé son âme de la mort et couvert une multitude de péchés. Ceci témoigne avec force de la restauration possible pour ceux qui ont péché. Jacques conclut ainsi car c'est précisément ce qu'il s'est efforcé de faire à travers cette lettre exigeante : confronter ceux qui se sont éloignés d'une foi vivante, cherchant à les sauver de la mort, en leur demandant non seulement d'écouter la Parole, mais aussi de la mettre en pratique.
C’est ainsi qu’il termine son propos – abruptement, sans aucun mot d'adieu aux lecteurs ; abruptement mais non sans efficacité. Les écrits de sagesse de l’Ancien Testament, dont la lettre de Jacques s'inspire, se terminent de la même manière. On comprend pourquoi on a dit que cette lettre est le livre des Proverbes du Nouveau Testament.
Au terme de notre étude de la lettre de Jacques prions notre Seigneur en disant ensemble : « Seigneur notre Dieu, nous te remercions de nous avoir accordé la grâce de prier avec la même ferveur, la même persévérance et la même efficacité que ton serviteur le prophète Élie. Permets que nous ayons de plus en plus le réflexe de venir te prier humblement lorsqu’un des nôtres s’éloigne de toi au point de t’abandonner. Nous ne voulons pas accuser ni juger ceux qui se détournent de ta parole en se laissant entraîner par de faux enseignements, ou qui n’obéissent pas à tes commandements. Donne-nous de la compassion, mais aussi l’ardent désir de les reprendre et de les encourager à revenir à toi. Aide-nous à veiller sur notre propre conduite, et à ne jamais nous laisser tenter par ce qui peut nous faire dévier de la voie que tu as tracée pour nous. Merci surtout, notre Père du ciel, de nous avoir donné la prière qui seule nous rapproche de toi. Écoute nos supplications sincères, nos vœux les plus profonds, et notre désir de mieux te servir en te priant avec toujours plus de ferveur, de persévérance et d’efficacité. Au nom de Jésus, amen. »
Nous avons terminé notre étude méditative de la lettre de Jacques et je vous félicite d’avoir persévéré durant les 25 études sur ce livre. Je vous invite à écouter les études d’autres livres de la Bible que Dieu au quotidien vous propose. À bientôt !