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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Jacques ! Aujourd'hui, nous allons examiner ce que Jacques nous enseigne sur la patience. Il vient de soulever la question du jugement dernier dans ses remarques sur les riches impies et leur destin, et a condamné ces riches incroyants qui opprimaient ses lecteurs chrétiens, souvent frappés par la pauvreté. Ici, il s'adresse à ces croyants souffrants pour les encourager. Il les exhorte à la patience dans l'attente du retour du Seigneur. Selon les critères du monde, leurs riches oppresseurs semblaient triompher. Les riches vivaient dans l'aisance. Aux yeux du monde, ils avaient réussi sur tous les plans. Mais, selon Jacques, le jour du Seigneur – ou le « jour du boucher » – approche. Jacques demande aux mauvais riches de pleurer et de se lamenter, anticipant ainsi le malheur qui les attendait. Mais à ceux qui font confiance à Christ, quels que soient leurs moyens et leur statut social, Jacques offre cette même certitude comme réconfort : le jour du Seigneur vient. Soyez patients et attendez qu'il tienne sa promesse.
Jacques ne cherche pas à provoquer une animosité entre les classes sociales, par exemple entre les ouvriers et leurs employeurs injustes ; il laisse les riches oppresseurs à la vengeance imminente de Dieu pour leur cruauté. C’est pourquoi il s’adresse ainsi à ses frères et sœurs aux versets sept et huit de notre chapitre : « Soyez donc patients, frères et sœurs, jusqu’au retour du Seigneur. Voyez le cultivateur : il attend le précieux fruit de la terre en faisant preuve de patience envers lui jusqu'à ce qu'il ait reçu les premières et les dernières pluies. Vous aussi, soyez patients, affermissez votre cœur, car le retour du Seigneur est proche. »
Parfois, en effet, l'espérance même du retour du Seigneur a semblé accroître l'impatience plutôt que la patience chez les premiers chrétiens, qui s’attendaient au retour imminent du Seigneur de leur vivant et s’inquiétaient de sa lenteur à revenir ! Que diraient-ils plus 2 000 ans après ! Dans ce contexte, on se rend compte que l’impatience des premiers chrétiens dont il est question ici peut se comprendre : Jésus n’a-t-il pas dit qu’il reviendrait bientôt ? Jacques ne parle pas ici de nos impatiences quotidiennes, de nos exaspérations coutumières et de nos agacements puériles, ni de nos explosions intempestives chez nous avec nos proches, au travail avec nos collègues, à l’église avec nos frères et sœurs, dans la rue ou dans notre voiture ! Toutes les Écritures nous enjoignent de renoncer à ce type de manque de patience, qui doit mûrir en nous, car la patience fait partie du fruit de l’Esprit.
Mais l'attente est difficile dans la souffrance. L’apôtre Paul demandait ceci aux Romains, au chapitre 12 de sa lettre : « Réjouissez-vous dans l'espérance et soyez patients dans la détresse. » Dans le contexte des croyants pauvres, Jacques utilise l’image du cultivateur, du fermier, pour encourager les croyants. Il invite ses lecteurs à réfléchir à la patience de l’ouvrier agricole qui attend longuement le résultat de ses efforts. Tous ses efforts, ses sacrifices, à chaque étape de la saison de croissance, aboutissent finalement à la récolte abondante. « Soyez patients comme lui », dit Jacques : « La récolte viendra ! »
Un agriculteur ne se décourage pas lorsque sa récolte tarde à venir. Il continue de travailler même lorsque la moisson se fait encore attendre. De même, les chrétiens doivent travailler dur et faire preuve de patience, même lorsque le jour du retour du Seigneur semble lointain. Comme Jacques nous l'enseigne, nous devons nous en remettre à Dieu et ne pas nous décourager. Le prédicateur Charles Spurgeon disait : « Celui qui doit attendre une récompense garde courage, et lorsqu'il doit patienter, il dit : ‘Ce n'est rien de plus que ce à quoi je m'attendais. Je n'ai jamais pensé terrasser mon ennemi du premier coup. Je n'ai jamais imaginé prendre la ville aussi vite que j'avais creusé la première tranchée ; je comptais sur l'attente, et maintenant que ce moment est venu, je constate que Dieu me donne la grâce de continuer le combat et de lutter jusqu'à la victoire.’ Et la patience préserve l'homme de bien des précipitations et des folies. »
À bien y réfléchir, l'attente et la persévérance nécessaires à la vie chrétienne ressemblent beaucoup à celles du cultivateur : il attend avec un espoir raisonnable et la certitude d'une récompense ; il attend longtemps en travaillant sans relâche ; il attend en dépendant de ce qu’il ne peut pas maîtriser, les yeux fixés vers le ciel ; il attend malgré les circonstances changeantes et les nombreuses incertitudes ; il attend, encouragé par la promesse de la récolte ; il attend, encouragé par le travail et les récoltes des autres ; il attend, car il n'a pas d'autre choix ; il attend, car abandonner est inutile ; il attend, conscient du cycle des saisons ; il attend, car plus le temps passe, plus cette attente devient importante.
Les images des pluies de début et de fin de saison doivent être prises au sens littéral voulu par Jacques. Il fait référence aux pluies de début de saison (survenant fin octobre ou début novembre), indispensables pour préparer la terre au labour, et aux pluies de fin de saison (survenant fin avril ou en mai), essentielles à la maturation des récoltes, juste avant la moisson. Le fermier doit attendre cette pluie deux fois dans l'année ; il ne peut rien faire pour la provoquer, mais il ne se décourage jamais. Il attend patiemment. Il fait preuve d’endurance car, avec l’expérience, il sait que le temps de la récolte va venir, et il s’y attend sans broncher. « Soyez comme cet agriculteur ! », écrit Jacques. La moisson est proche. Le retour du Seigneur est proche. Jacques exhorte ses lecteurs à fortifier leur cœur. Il leur recommande de ne pas vaciller, alors qu'ils sont si près de recevoir la promesse de Dieu.
Nous ne pouvons pas contrôler le moment du jour du Seigneur. Cependant, l'instruction de Jacques montre clairement que nous pouvons maîtriser notre réaction face à l'attente. La réalité de la promesse de Dieu – son engagement à nous sauver et à rétablir la justice – nous donne la force de rester fermes, même lorsque notre situation n'a pas encore changé.
Le retour prochain de Jésus exige donc que nous ayons des cœurs affermis, des cœurs enracinés en Jésus et en sa résolution éternelle de toutes choses. Quelqu’un a dit : « Quand Dieu vous récompensera généreusement pour tout ce que vous avez fait pour lui, vous rougirez d'avoir douté ; vous aurez honte d'avoir faibli à son service. Vous recevrez votre récompense. Pas demain, alors patientez ; peut-être pas après-demain, alors soyez patients. Il se peut qu'un jour vous soyez envahi par le doute, et que votre joie s'estompe. Il se peut que votre esprit soit agité. Vous pourriez même douter d'appartenir au Seigneur, mais si vous avez trouvé le repos dans le nom de Jésus, si par la grâce de Dieu vous êtes ce que vous êtes, s'il est votre salut et votre désir absolu, – soyez patients ; soyez patients, car la récompense viendra assurément en son temps. »
Jacques nous livre une vérité simple et pratique sur le fonctionnement de la foi, thème central de sa lettre, en nous montrant comment la foi nous donne la patience. La première chose qu'il nous dit ici, c'est ceci : Cultivez la patience dans la vérité, car la vérité engendre la patience. Accepter Jésus-Christ dans notre vie ne garantit pas que nous allons devenir patient immédiatement. La patience est un fruit qui doit mûrir en nous. On ne devient pas patient automatiquement. Il nous faut apprendre à attendre activement sans nous irriter, sans nous emporter ou nous décourager. Certains sont naturellement plus patients que d’autres, mais chacun d’entre nous doit apprendre à attendre, et les circonstances plus ou moins faciles que nous traversons nous y entraînent.
Rappelons-nous deux vérités essentielles dans le contexte de notre attente du retour de Jésus-Christ, de cette attente active, car elle est loin d’être passive. La patience forme notre caractère et nous permet d’être toujours actifs pour être prêts à accueillir le Seigneur lors de son retour qui sera soudain, imprévisible, mais dont nous ignorons le jour et l’heure. Voici ces deux vérités essentielles à retenir : premièrement, le Seigneur revient, et deuxièmement, le Seigneur est bienveillant. Jacques aborde ces deux vérités dans ces versets. Tout d'abord, le Seigneur revient, alors soyons patients. La patience, c'est apprendre à vivre avec le temps du Seigneur.
La patience, dans ma vie, dans la vôtre, est toujours renforcée quand on entrevoit le bout du tunnel. Je peux être plus patient lors d'un long voyage quand je sais qu'il touche à sa fin. Quand la fin est proche, la patience est une force. La Bible dit ici que vous pouvez être patient car le retour de Jésus-Christ est proche. Or, je sais que beaucoup d'entre nous en lisant cela se disent : « Attendez, ces mots n'ont-ils pas été écrits il y a 2 000 ans ? Comment peut-on dire que le retour de Jésus-Christ est proche ? Il n'était pas proche. Il n'est pas revenu depuis 2 000 ans. » Voici donc ce que nous enseigne Jacques : le retour de Jésus-Christ était proche à son époque, et il l'est encore aujourd'hui. Il l'a été à chaque instant de ces 2 000 dernières années. L'idée de « proche » ici signifie « à tout moment », « soudainement ». Jésus peut revenir à tout moment, demain ou dans plusieurs milliers d’années. Alors, c’est avec patience que je vis ma vie à la lumière de cette vérité. Il s’agit du calendrier de Dieu, pas du nôtre. Cette vérité donne la force d'être patient au quotidien. Cette vérité vous donne la force de faire ce dont parle Jacques ici : être patient et tenir bon, car le retour du Seigneur est proche. La personne qui tient bon témoigne d’un cœur solide, elle a la patience d’attendre. Or attendre activement, c’est espérer. La personne patiente est remplie d’espérance. Sa foi ancrée dans la Parole de Dieu lui permet de puiser la force d’attendre patiemment, parce qu’elle croit fermement à la promesse de Jésus qui a dit qu’il reviendrait.
Jacques comprend la difficulté de sa requête, celle de rester patient. Il arrive que les oppresseurs semblent triompher et que l'injustice demeure impunie. On a parfois l'impression que la souffrance ne finira jamais. Pourtant, les croyants ont la promesse que le jour du Seigneur est proche ! En ce jour, toute chose sera jugée et rétablie. Nous avons bien compris que la patience n'a rien à voir avec la léthargie, avec l'inaction. Notre patience consiste à savoir que Dieu a un plan pour notre vie et à désirer vivre ce plan, tout en sachant qu’il s’accomplira selon son calendrier, et non le nôtre.
L’autre vérité à retenir est bien sûr celle-ci : le Seigneur est bienveillant. En étudiant le reste de notre chapitre au cours des prochains jours, nous verrons combien le Seigneur est plein de compassion, qu’il est rempli de bonté envers nous. Vous voulez décupler votre patience ? Rappelez-vous alors de cette simple phrase : « Dieu est patient avec moi. » Nous lisons dans le livre de l’Exode, au chapitre 34, que Dieu s’est adressé à Moïse sur le mont Sinaï en lui disant : « L'Éternel, l'Éternel est un Dieu de grâce et de compassion, lent à la colère, riche en bonté et en vérité. » Ce qui était vrai au début de l’histoire d’Israël, dans un contexte où le peuple qui venait de sortir d’Égypte était devenu idolâtre, est toujours vrai pour les chrétiens. C’est ce qu’affirme l’apôtre Pierre dans sa deuxième lettre, au chapitre trois, versets 9 et 10 : « S’il y a une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas oublier, c'est qu’aux yeux du Seigneur un jour est comme 1000 ans et 1000 ans sont comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de la promesse, comme certains le pensent ; au contraire, il fait preuve de patience envers nous, voulant qu’aucun ne périsse mais que tous parviennent à la repentance. » Pierre venait juste de dénoncer les incroyants méchants qui se moquaient des chrétiens et remettaient en cause la promesse du retour de Jésus. Dans la poursuite de leurs propres plaisirs ils rejetaient celui qui accomplit toujours ses promesses – car Dieu ne peut pas mentir ! – et qui va revenir le jour du jugement pour prendre avec lui tous ceux qui lui appartiennent. Dieu est rempli de compassion et de patience. Il attend que tout son peuple soit prêt à le recevoir. Plus il attend, plus il y aura de monde qui se joindra la famille qu’il veut rassembler. Voilà qui a de quoi nous encourager à propager autant que nous le pouvons, le message de la Bonne Nouvelle !
Comprendre cette vérité doit nous motiver pour devenir de plus en plus patients et nous aider à avoir en retour une attitude de compréhension et d’acceptation patiente des autres. C’est pourquoi Jacques demande ceci à ses frères et sœurs : « Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères et sœurs, afin de ne pas être jugés. Voici que le juge se tient à la porte. »
Ainsi, écrit Jacques, les croyants souffrants doivent fortifier leur cœur. Ne fléchissez pas maintenant, dit-il. Restez patients. Entre-temps, leurs conflits témoignaient de leur manque de force dans l'attente. Jacques exhorte ses lecteurs chrétiens à ne pas murmurer les uns contre les autres, signe d'un manque de confiance en Dieu. L'imminence du jour du Seigneur signifie que le Juge est à nos portes. Ne risquons pas son jugement en cédant à la pression de la souffrance et en nous retournant les uns contre les autres. Dans les moments difficiles, il peut nous arriver d'être moins aimants envers nos frères et sœurs chrétiens. Jacques nous rappelle que nous ne devons pas nous plaindre ni murmurer dans l'épreuve, de peur d'être condamnés même dans la souffrance.
Ceci fait écho aux propos de Jacques adressés à ces mêmes croyants au chapitre 4, concernant leurs querelles et leurs disputes. La tentation de revenir à la sagesse du monde s'accroît avec la souffrance, et il en résulte toujours des conflits plus profonds entre nous, ce que nous devons absolument éviter.
Lorsque Jésus est venu parmi nous, ce n’était pas pour nous juger, mais pour nous sauver. Lorsqu’il reviendra, ce sera comme Juge, non seulement pour juger le monde, mais aussi pour éprouver la fidélité des chrétiens comme l’apôtre Paul l’affirme dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, au chapitre 5, verset 10 : « En effet, il nous faudra tous comparaître devant le tribunal de Christ afin que chacun reçoive le salaire de ce qu’il aura fait, bien ou mal, alors qu’il était dans son corps. » C’est pourquoi nous ne devons pas laisser les épreuves nous rendre indifférents ou irritables les uns envers les autres. La discorde fait toujours le jeu du diable, c’est pourquoi nous devons la rejeter.
Je vous propose de terminer notre étude en priant ainsi : « Seigneur notre Dieu, nous te remercions pour ta patience envers nous. Tu nous as acceptés tels que nous sommes ; tu nous as fait grâce alors que nous ne le méritions pas, et tu continues à nous soutenir dans la foi et l’espérance parce que tu veux que nous t’appartenions et fassions partie de ta famille, ton Église. Pardonne nos manquements si nombreux. Quand nous sommes éprouvés, que nous allons mal et reportons sur les autres notre amertume, nos ressentiments, nos découragements, réveille notre conscience, car le diable veut que nous retournions à nos mauvaises habitudes. Reprends-nous et ramène-nous sur le droit chemin, celui de l’espérance et de la patience. Ô Dieu, toi qui es si rempli d’amour et de bonté, nous nous attendons à toi pour nous aider à devenir plus patients, comme Jésus l’a été en tout temps, lui qui a été tenté en toutes choses comme nous. Et c’est en son nom que nous te prions, amen. »
Rejoignez-nous demain. Nous parlerons plus en détail de la façon dont Dieu nous offre le don de patience, cette grâce dont nous avons si profondément besoin au quotidien.