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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la deuxième lettre de Pierre ! Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur les versets 15 et 16 du deuxième chapitre ; c’est notre quatrième étude sur ce chapitre. Pierre vient de s’en prendre aux faux docteurs qui cherchent à détourner les chrétiens de la vérité. Ils ont quitté le droit chemin, la voie juste. Plus précisément, ils ont quitté « le chemin » de Jésus. Ils ont peut-être, à un moment donné, suivi un chemin parallèle avec d'autres chrétiens, cheminant aux côtés du peuple de Dieu. Cependant, notamment au verset 14 que nous avons étudié hier, Pierre affirme clairement que ces faux docteurs n'ont jamais été de véritables disciples de Christ. En fait, ils suivaient la voie de Balaam, un personnage étrange de l’Ancien Testament. Ils connaissaient le droit chemin, mais ils ont rejeté la vérité. Ils étaient sur le point de l'accepter, mais ils l'ont refusée. Ils l'ont abandonnée définitivement. Ils ont renié ce qu'ils savaient être vrai. Écoutons ce que Pierre dit sur ces « enfants maudits » : « Ils ont quitté le droit chemin et se sont égarés en suivant la voie de Balaam, le fils de Béor, qui a aimé recevoir un salaire pour son injustice. Il a cependant été repris pour sa violation des règles : une ânesse muette a fait entendre une voix humaine et s’est opposée à la folie du prophète. »
L’expression « se sont égarés » provient d’un mot grec signifiant tromper en égarant, séduire. Les faux docteurs aiment déformer la vérité. Ils font passer le faux pour le vrai. Pierre cite Balaam comme l’exemple de quelqu'un qui a instrumentalisé la religion par cupidité. Il était le modèle parfait du prédateur religieux. Balaam était à la fois prophète et devin, par qui Dieu a pourtant révélé la vérité aux ennemis d'Israël. Balaam apparaît soudainement dans le livre des Nombres. On ignore comment il en est venu à être considéré comme un prophète ou un homme doté de pouvoirs spirituels, mais le roi Balak connaissait certainement sa réputation. Balaam n'était assurément pas Israélite. Il possédait une certaine connaissance du vrai Dieu, le Dieu d'Israël, qui dépassait une vague connexion spirituelle, comme la mention explicite de l'Éternel au chapitre 22, verset 8, où Balaam dit aux envoyé de Balak : « Je vous donnerai réponse d'après ce que l'Éternel me dira. » Pour Pierre c’était un vrai prophète, mais un prophète corrompu.
La manière dont Balaam a acquis cette connaissance demeure obscure. Balaam n'est ni un bon prophète devenu mauvais, ni un mauvais prophète tentant de se racheter. Il est totalement étranger à la tradition prophétique d'Israël. C'est un étranger qui croyait avoir un lien privilégié avec les dieux, une emprise sur eux. Pour lui, l’Éternel n'était pas le Seigneur du ciel, mais une divinité parmi d'autres qu'il pouvait manipuler. Il allait avoir la surprise de sa vie. Le roi Balak voulait que Balaam maudisse Israël et l'affaiblisse spirituellement afin de le vaincre au combat. Balak semblait savoir que la force d'Israël puisait ses racines dans la spiritualité, et qu'il fallait les couper de leur source de pouvoir pour les vaincre. De son côté, Balaam était réputé pour sa puissance spirituelle. Or, pour Balak, lorsqu'un homme ou un peuple était maudit ou béni, la prophétie se réalisait, c’est pourquoi il lui a offert de l’argent en paiement de ses services.
D’un côté, la peur de Balak était justifiée. De l’autre, s’il avait seulement connu et cru en la parole de Dieu, il n’aurait rien eu à craindre. En effet, Dieu avait ordonné à Israël de ne pas persécuter Moab car il n’avait pas l’intention de lui donner le pays des Moabites, comme nous le lisons dans le livre du Deutéronome, au chapitre 2, verset 9 : « L'Éternel m’a dit : ‘N'attaque pas Moab et ne t'engage pas dans un combat contre lui, car je ne te donnerai rien à posséder dans son pays. » Il voulait le donner aux descendants de Lot, le neveu d’Abraham.
Aux chapitres 22 à 24 du livre des Nombres, nous lisons que Balaam a refusé de maudire Israël, même lorsque Balak, roi de Moab, le lui avait ordonné. Au lieu de cela, il a transmis la bénédiction que Dieu lui avait donnée pour Israël et a décrit malgré lui comment Israël vaincrait Moab. Plus tard, Balaam a usé de son influence ainsi que de sa connaissance d'Israël et de son Dieu pour conseiller aux Moabites ennemis d'Israël d'utiliser la séduction immorale afin de compromettre et d'affaiblir le peuple de Dieu ; tout cela pour de l’argent. Après avoir échoué à maudire Israël, Balaam dit à Balak, en substance : « Je ne peux pas maudire ce peuple. Mais tu peux les amener à se maudire eux-mêmes en les incitant à se rebeller contre leur Dieu. Envoie parmi eux tes filles les plus provocantes et dis-leur de tenter les hommes d’Israël à l’immoralité et à l’idolâtrie. » Et cela a fonctionné. En couchant avec les femmes moabites, de nombreux hommes d'Israël ont attiré le châtiment de Dieu sur le camp, et des milliers d’Israélites en sont morts.
Le livre de l'Apocalypse, au chapitre 2, verset 14, relate également la trahison de Balaam envers le peuple de Dieu dans une lettre à l’Église de Pergame : « Tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à tendre un piège aux Israélites pour qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles et se livrent à l’immoralité sexuelle. » Par ses conseils perfides à Balak, Balaam a obtenu ce qu’il désirait, mais il a fini par mourir parmi les Moabites ennemis de Dieu. Nous le lisons au chapitre 31 du livre des Nombres.
Pierre décrit Balaam comme aimant le gain tiré de ses méfaits et fait allusion aux paiements qu'il recevait en tant que prophète mercenaire indépendant. En cela, les les prétendus enseignants de l'Église primitive ressemblaient beaucoup à Balaam. Tous deux appréciaient le profit personnel tiré de leurs méfaits et tous deux recouraient à la séduction pour affaiblir le peuple de Dieu. Pierre a mis en garde ses lecteurs contre les faux docteurs qui menaient à leur perte les chrétiens instables.
L'erreur de Balaam a été de monnayer ses dons spirituels. Il a vendu ses services spirituels contre de l'argent. Il en a réclamé toujours davantage et l'a obtenu. Maître dans l'art de la malédiction, il a accompli son œuvre avec une telle habileté qu'il a failli mettre en péril toute la nation d'Israël. Au verset 16, Pierre fait référence à l'histoire qui a rendu Balaam tristement célèbre : celle de l'ânesse qui parle. Le chapitre 22 du livre des Nombres rapporte comment il s’est disputé avec son ânesse, qui lui a parlé avec sagesse ! Balaam se rendait à une rencontre avec l'ennemi d'Israël, contre la volonté de Dieu. L'ânesse qu'il montait a vu ce que Balaam ne pouvait pas voir : l'ange du Seigneur, sur le chemin, l'épée dégainée et prêt à frapper. L'ânesse a refusé d'avancer, malgré les coups violents que Balaam lui infligeait. Après plusieurs arrêts et de nouveaux coups, le Seigneur accorda la parole à cet animal. L’ânesse protesta aussitôt contre les coups. Seule cette réaction a suffi à ébranler suffisamment Balaam pour qu'enfin il voie l'ange. Le Saint-Esprit peut faire preuve d'un humour mordant. Il a fallu une ânesse pour réprimander et blâmer Balaam !
Pierre démontre ainsi que les faux docteurs de l'Église sont semblables à Balaam dans cette histoire. Ils sont incapables de voir ce qui serait évident même pour un animal de basse-cour : le jugement de Dieu qui les attend. À la suite de Balaam, certains utilisent aujourd'hui la religion à des fins lucratives. Balaam était un opportuniste, avide de gains rapides. En fait, il n'y a rien de mal à exercer un commerce légitime, ni à avoir de l'ambition. Dieu ne valorise pas la paresse. Cependant, Balaam cherchait à s'enrichir malhonnêtement grâce à la religion. Il appréciait les « récompenses » de la divination comme de la révélation. Dans l’Église, les faux prophètes peuvent obtenir des gains financiers immédiats et leur amour immodéré de l'argent pousse certains d’entre eux à déformer la vérité et à vivre dans l’immoralité. Il s'agit là d'une question de motivation financière uniquement qui conduira ces personnes à la ruine éternelle.
Face aux dangers qui menacent les chrétiens partout dans le monde, je vous invite à prier pour nos églises locales comme pour l’ensemble de l’Église chrétienne : « Notre Dieu et notre Père, tu sais combien ton Église est attaquée de tous côtés par le diable qui rode et cherche à ravir tes enfants loin de toi, à les tromper par la ruse, en se servant de faux enseignants qui prétendent te connaître, mais qui ignorent tout de ta sainteté, de ta grandeur et de ta justice. Aies compassion, nous te prions, de tous ceux dont la foi est fragile et qui peuvent tomber sous leurs griffes. Interviens dans nos communautés chrétiennes pour qu’elles suivent l’enseignement de notre Seigneur Jésus et des apôtres que ton Esprit Saint a inspirés pour nourrir notre foi, pour nous donner non seulement les rudiments de la foi, mais aussi la nourriture solide de ta Parole qui nous transforment et mûrissent notre relation avec toi. Aies compassion de nous, faibles créatures, mais qui sont fortes grâce au soutien que tu nous apportes jour après jour. C’est au nom de Jésus, notre Sauveur et Seigneur, que nous te prions et te supplions, amen. »