2 Pierre 3.15-18

Semaine 3 - jour 5

Deuxième épître de Pierre

2 Pierre 3.15-18

19:20


Contrairement aux faux docteurs, cependant, les chrétiens ne doivent pas interpréter le retard apparent du retour de Christ comme la preuve que Dieu est indifférent, infidèle ou qu'il a manqué à sa promesse.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la deuxième lettre de Pierre ! Aujourd'hui, nous poursuivons notre réflexion sur le chapitre trois. Nous en sommes au cinquième et dernier jour de notre survol de ce chapitre, et étudierons ensemble les versets 15 à 18. Comme nous l’avons vu hier,

il est compréhensible que le peuple de Dieu aspire à vivre le jour du Seigneur. Les croyants sauvés désirent voir le nouveau ciel et la nouvelle terre. Cela est particulièrement vrai en ces temps de souffrance, et c'est précisément ce à quoi nous devrions aspirer. Contrairement aux faux docteurs, cependant, les chrétiens ne doivent pas interpréter le retard apparent du retour de Christ comme la preuve que Dieu est indifférent, infidèle ou qu'il a manqué à sa promesse. Bien au contraire, comme il l’a déjà dit, Pierre écrit à nouveau que ce soit disant retard est uniquement motivé par la patience de Dieu. Écoutons ce qu’il dit aux versets 15 et 16 : « Considérez bien que la patience de notre Seigneur est votre salut. Notre bien-aimé frère Paul vous l'a aussi écrit, conformément à la sagesse qui lui a été donnée. C'est ce qu'il fait dans toutes les lettres où il parle de ces choses ; il s'y trouve certes des points difficiles à comprendre, et les personnes ignorantes et mal affermies en tordent le sens, comme elles le font des autres Écritures, pour leur propre ruine.

Ce que nous sommes tentés de considérer comme une attente excessive de Dieu est en réalité l'expression de son désir d'apporter le salut au plus grand nombre. Pierre n’hésite pas à le redire. Le temps de Dieu est guidé par l'amour, non par l'indifférence. Dieu attend patiemment que les hommes viennent à Christ. Ils leur laisse le temps de venir à lui. Il est patient. Jésus n'est pas encore revenu car certains n’ont pas encore répondu à son appel. Dieu est patient car il désire les voir venir à lui.

Pierre reconnaît ici que l’apôtre Paul a écrit quelque chose de similaire. Il avait peut-être à l'esprit la lettre aux Romains, au chapitre 2, verset 4, où Paul mentionne la patience de Dieu et affirme que sa bonté est destinée à conduire à la conversion : « Méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa générosité en ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à changer d’attitude ? Par ton endurcissement et ton refus de te repentir, tu t'amasses un trésor de colère pour le jour où Dieu révélera sa colère et son juste jugement. » Quoi qu'il en soit, Pierre reconnaît que la sagesse de Paul vient de Dieu et le qualifie de frère bien-aimé. Ceci nous est utile car cela confirme ce qui ressort déjà clairement d'une lecture attentive du Nouveau Testament : les écrits inspirés de chaque livre se confirment et se soutiennent mutuellement. Pierre, Paul et les autres apôtres ont tous écrit la parole de Dieu sous l'inspiration du Saint-Esprit, comme le confirme Paul dans sa deuxième lettre à Timothée, au chapitre 3, versets 16 et 17 : « Toute l’Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit formé et équipé pour toute œuvre bonne. »

Remarquez le respect que Pierre témoigne à Paul, malgré la sévère réprimande qu'il lui avait adressée des années auparavant et que nous rapporte Paul dans sa lettre aux Galates. Pierre avait compromis l'Évangile en adaptant la doctrine pour plaire aux chrétiens d’Antioche. Il avait fait preuve de timidité spirituelle, avait renié le principe de la grâce et s'était couvert de honte. Aussi, Paul a-t-il confronté publiquement et personnellement ce chef expérimenté, sans agir dans son dos.

Pierre était un des chefs des apôtres et leur porte-parole. Il a manifestement sous-estimé Paul. Il n'avait pas correctement évalué la profondeur spirituelle de celui qui était autrefois Saul de Tarse. Paul était prêt à défendre la vérité, même au risque de perdre son amitié. Pierre était respecté par beaucoup dans le monde chrétien, et pourtant Paul le traitait d'« hypocrite ». Néanmoins, malgré sa réprimande, Pierre pouvait l'appeler « bien-aimé », ce qui en dit long sur sa profondeur spirituelle.

Environ quatorze ans après la réprimande de Paul à Antioche, Pierre a écrit sa deuxième lettre. Il appelle Paul « notre frère bien-aimé ». En seriez-vous capable ? Si quelqu'un vous critiquait publiquement, pourriez-vous dire : « J'aime cette personne » ? On peut beaucoup apprendre sur la valeur d'un homme à la façon dont il traite ses collègues. Pierre appelle Paul « notre frère bien-aimé Paul ». On imagine son humiliation lorsque Paul l’a traité d'« hypocrite ». Pourtant, il a eu le courage de reconnaître humblement son erreur et de ne pas en vouloir à Paul. Au contraire, soucieux de sa réputation, il a accepté le reproche et n'a pas cherché à se justifier. Vers la fin de sa vie, Pierre parle chaleureusement de son frère Paul et affirme son autorité à parler au nom de Dieu en tant qu'apôtre à part entière.

Après avoir loué l'apôtre Paul comme un frère bien-aimé parlant avec la sagesse divine, Pierre reconnaît maintenant que certains de ses écrits sont difficiles à comprendre. Il les qualifie également d'« Écriture ». Ces deux points sont importants. Premièrement, cela révèle qu'au moins certaines lettres de Paul étaient déjà considérées comme la Parole de Dieu déjà à l'époque de Pierre. Pierre reconnaissait que Paul parlait avec autorité et au nom du Seigneur. Cela confirme que les auteurs du Nouveau Testament et les apôtres n'étaient pas en compétition ; ils comprenaient qu'ils œuvraient ensemble à transmettre la Parole de Dieu à son peuple. Deuxièmement, cependant, certains écrits de Paul étaient difficiles à comprendre. Nous l'avons certainement constaté également avec les lettres de Pierre. La meilleure façon de comprendre certains passages bibliques n'est pas toujours claire ni évidente. Malheureusement, selon Pierre, certains voient dans les passages difficiles une occasion de déformer la vérité de la Parole de Dieu. Par ignorance ou par instabilité, certains déforment le sens d'un passage difficile pour tenter de faire dire aux Écritures ce qu'elles ne disent pas. Or, Dieu prend sa Parole au sérieux et il tient pour responsables ceux qui en déforment le sens. Pierre avertit que la destruction attend ceux qui agissent ainsi.

Cela nous place face à un dilemme : comment aborder les passages difficiles à comprendre ? Pierre ne répond pas directement à cette question. Cependant, il est sous-entendu que nous ne devons pas utiliser un passage obscur ou difficile pour contredire l'enseignement clair d'autres passages des Écritures. Des chrétiens raisonnables et honnêtes peuvent avoir des divergences d'opinions importantes sur la signification de certains passages bibliques. En définitive, nous devons tous aborder la Parole de Dieu avec humilité, respect, honnêteté et une saine crainte de nous tromper, même lorsqu'elle est difficile à comprendre.

Pierre conclut sa lettre par deux versets qui offrent un résumé clair et concis de sa lettre. Une fois encore, il appelle ses lecteurs « bien-aimés ». Il leur a écrit car il se soucie profondément d’eux. Pierre reconnaît que ses lecteurs connaissent déjà les vérités fondamentales qu’il leur a transmises. Il écrit maintenant que cette connaissance les rend personnellement responsables de ne pas se laisser tromper. Les prétendus enseignants sont des hommes sans foi ni loi ; ils se sont rebellés contre l’autorité de Dieu et cherchent à éloigner les autres du Père.

Les chrétiens doivent donc prendre conscience de leur responsabilité de vérifier constamment le contenu des enseignements des responsables de leur église. Nous devons confronter les paroles et les proclamations d’autrui à la vérité de la Parole de Dieu. Il est de notre responsabilité de ne pas nous laisser emporter ou induire en erreur par de faux enseignements, aussi séduisants et raisonnables puissent-ils paraître. Paul nous l’ordonne dans sa lettre aux Colossiens, au chapitre 2, verset 8 : « Faites attention : que personne ne vous prenne au piège par la philosophie, par des tromperies sans fondement qui s'appuient sur la tradition des hommes, sur les principes élémentaires qui régissent le monde, et non sur Christ. »

Sinon, écrit Pierre, nous « perdrons notre position ferme ». La perte potentielle dont Pierre parle n'est pas la damnation éternelle si nous nous laissons égarer par de faux enseignants. Pierre a déjà écrit dans sa première lettre que la place du chrétien dans l'éternité est protégée par la puissance de Dieu et ne peut être perdue.

Certains suggèrent que cet avertissement s'adresse à ceux qui se considèrent comme chrétiens mais n'ont jamais véritablement mis leur confiance en Christ.

L'interprétation la plus plausible, nous semble-t-il, est que Pierre fait référence à la confiance et à la stabilité que procure une vie dans la vérité. Pierre nous met en garde contre la perte de notre sécurité intellectuelle et spirituelle, non contre la perte de notre salut éternel. La paix ne vient que d'une confiance absolue en Dieu et en sa Parole.

Les versets 17 et 18 concluent la lettre de Pierre et doivent être considérés ensemble : « Bien-aimés, vous voilà avertis. Tenez-vous donc sur vos gardes de peur qu’entraînés par l'égarement des impies vous ne perdiez la ferme position qui est la vôtre. Mais grandissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. A lui soit la gloire, maintenant et pour l'éternité ! Amen ! »

Il ne s'agit pas d'une conclusion formelle, comme dans d'autres lettres. Pierre ne fait ses adieux à personne personnellement. Les deux derniers versets comprennent un avertissement - « tenez-vous sur vos gardes » -, et une directive - « grandissez ». Cette conclusion résume la lettre et contient à la fois une mise en garde contre les tromperies des faux docteurs et un encouragement à progresser dans la foi en Christ. Plus précisément, Pierre exhorte ses lecteurs à grandir dans deux domaines : la grâce de Jésus et la connaissance qu’ils ont de lui.

Pierre rappelle à ses lecteurs bien-aimés une vérité qu'ils connaissent déjà : un homme averti en vaut deux. Si nous savons comment réagir face à une situation avant qu'elle ne survienne, nous sommes mieux préparés. Pierre souhaite que les croyants anticipent un événement. Il veut nous informer sur ce sujet avant qu'il ne se produise. Ce passage est comme un signal d'alarme. Il y a un danger – « prenez garde ». Dans ce contexte, il s'agit d'un avertissement : soyez vigilants face au risque d'instabilité de la foi.

Nombreux sont les chrétiens dont la foi est fragile. Ils connaissent peu les Écritures et sont sujets à la séduction spirituelle. De même, un croyant stable aujourd'hui peut devenir instable demain. Une foi sans connaissance se désagrège rapidement, la rendant vulnérable à toute doctrine qui se présente. Certains chrétiens négligent leur foi. Ils étudient rarement la Bible. Face à une crise, ils deviennent des proies faciles pour les faux enseignements et les déformations du christianisme. Ils ne fixent leur âme à rien. Leur âme flotte à la dérive, ballottée par chaque nouveau courant religieux venu d’ailleurs. Le seul moyen de trouver la stabilité spirituelle est de connaître la Parole de Dieu.

Nous devons veiller sur une foi chancelante et prévenir l'érosion de nos convictions. Certains tenteront de saper notre foi. Au XXIe siècle, les chrétiens ignorent souvent la doctrine et se retrouvent impuissants face aux forces qui s'opposent à eux. Ignorez-vous les avertissements de la Parole ? Vous dirigez-vous vers la destruction spirituelle ?

Les sectes aiment exploiter les chrétiens malheureux et insatisfaits qui n'ont jamais étudié la Bible de manière approfondie. Ces personnes sont toujours impressionnées par la foule. Elles ne pensent pas par elles-mêmes et ne fondent pas leur réflexion sur un enseignement biblique solide. De nombreuses idées déformées et non bibliques circulent aujourd'hui au sein du christianisme évangélique ou non. Rares sont ceux qui savent comment les réfuter d'un point de vue biblique.

Celui qui s'éloigne de la Parole sombrera dans la perdition spirituelle. Des hommes sans scrupule tenteront de le détourner de la confiance en la vérité. Ils essaieront de pousser les chrétiens à abandonner leur relation avec Dieu et sa Parole. Cela les éloignera de Dieu et mènera leur âme à la ruine. Il est possible de s'éloigner de la solidité en Christ et de perdre l'assurance du salut. Les faux enseignements affaibliront notre foi. Nous ne pouvons pas perdre notre salut, mais nous pouvons perdre la confiance en notre salut. Pierre l’a déjà dit. Les chrétiens instables sont des croyants qui déforment les Écritures jusqu'à leur perte. Tout cela commence par l'ignorance de la Parole et conduit finalement à la chute spirituelle. Si nous rencontrons une situation difficile et que nous ne connaissons pas les Écritures, nous déformerons la vérité que nous connaissons. Face à une difficulté, au lieu d'appliquer les principes de la Parole de Dieu à notre situation, nous nous tournerons vers une solution miracle, un remède non biblique à notre problème. En revanche, si nous « grandissons dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ », nous atteindrons la stabilité spirituelle.

Grandir dans la grâce ne signifie pas nécessairement recevoir toujours plus de la grâce de Dieu. La grâce, par définition, est imméritée, elle ne s’obtient pas par nos œuvres. Par sa grâce, Dieu a pardonné nos péchés et nous a donné la pleine citoyenneté en tant qu’enfants de Dieu. Mais vivre sous la grâce de Jésus nous offre une formidable occasion de grandir spirituellement, plus fort et plus profondément. Pierre écrit au chapitre 1 que nous ne manquons de rien pour mener la vie à laquelle Dieu nous appelle. Il est donc temps d’agir !

L’un des moyens de croître sous la grâce de Dieu est d’approfondir notre connaissance de Christ. Cela implique deux choses. L’une d’elles est d’en apprendre toujours plus sur Christ : acquérir des connaissances. L'autre aspect est d'approfondir notre relation avec Jésus. Ces deux aspects contribuent à faire de nous des serviteurs plus efficaces.

Il n'est pas facile de progresser dans la grâce car nous avons naturellement tendance à vivre la vie chrétienne indépendamment de la grâce de Dieu. La grâce signifie que Dieu agit. Les œuvres impliquent que nous agissions par nous-mêmes. Nous n'aimons pas dépendre de Dieu car nous apprécions l'idée d'être autosuffisants.

Or Pierre décrit Jésus comme notre Seigneur et notre Sauveur. Pour vraiment le connaître, nous devons continuer à grandir dans notre compréhension de ce que signifie vivre en communion avec Jésus comme Seigneur et Sauveur, conscients qu’il est celui à qui revient la gloire, maintenant et pour l'éternité.

Nous sommes parvenus à la fin de notre étude de la deuxième lettre de Pierre, et je vous invite à louer ensemble notre Seigneur à qui nous appartenons pour toujours : « Ô Seigneur, notre Dieu et notre Père du ciel, le but ultime de notre vie est de te glorifier dans le temps et pour l'éternité. Nous te glorifions pour ce que tu es, et pour ce que fais. Nous te célébrons car tu as pourvu à tous nos besoins, pour le temps et pour l'éternité. Ton amour immense pour nous est toujours à son comble. Ton amour est immuable ; il est inconditionnel, même s’il nous arrive de te décevoir profondément. C’est humblement que nous nous approchons de toi, mais c’est aussi avec la confiance d’un enfant devant son père, sûr et certain de ne jamais être rejeté. Nous voulons te connaître davantage, et puiser dans l’Écriture tout ce que nous pouvons apprendre de toi. Nous sommes tes enfants bien-aimés et t’adorons avec un profond respect, heureux d’avoir été libérés de l’emprise du mal sur nous. Nous attendons ton retour avec joie et nous nous préparons à te rencontrer pour vivre en ta présence toute l’éternité. Accepte notre louange et notre prière au nom de Jésus, amen. »