2 Pierre 3.8-9

Semaine 3 - jour 2

Deuxième épître de Pierre

2 Pierre 3.8-9

16:41


Les chrétiens ne doivent pas se décourager face au soit disant retard de Dieu dans l'exécution de son jugement. Il est fidèle à ses promesses, même si cela peut prendre à nos yeux beaucoup de temps. L’action de Dieu peut nous paraître très lente, mais son œuvre est d'une finesse extrême. Pierre s'adresse aux chrétiens avec tendresse, les appelant « bien-aimés ».
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la deuxième lettre de Pierre ! Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur les versets 8 et 9 du troisième chapitre ; c’est notre deuxième étude sur ce chapitre. Écoutons ce que nous dit Pierre : « Mais s’il y a une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas oublier, c'est qu’aux yeux du Seigneur un jour est comme 1000 ans et 1000 ans sont comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de la promesse, comme certains le pensent ; au contraire, il fait preuve de patience envers nous, voulant qu’aucun ne périsse mais que tous parviennent à la repentance. » Pierre se tourne à présent vers les chrétiens. Dieu aurait-il oublié son plan ? De nombreuses années se sont écoulées en effet depuis que cette promesse a été faite. Les chrétiens ne doivent pas se décourager face au soit disant retard de Dieu dans l'exécution de son jugement. Il est fidèle à ses promesses, même si cela peut prendre à nos yeux beaucoup de temps. L’action de Dieu peut nous paraître très lente, mais son œuvre est d'une finesse extrême. Pierre s'adresse aux chrétiens avec tendresse, les appelant « bien-aimés ».

Aux versets 5 et 6 de notre chapitre, Pierre utilisait le mot « oublier » pour les moqueurs ; à présent, il l'emploie pour les chrétiens. « Oublier » signifie passer inaperçu, être caché, inaperçu. Le texte grec indique que les lecteurs de Pierre étaient en train d'oublier que Dieu ne tarde jamais à accomplir ce qu’il dit, mais qu’il le fait en son temps, qui n’est pas notre temps. Ces chrétiens nourrissaient un certain scepticisme quant au retour de Christ, atténuant ainsi l'impact de ce retour sur leurs vies. Ce passage affirme qu'« oublier » ainsi est une ignorance coupable.

L'oubli a un impact négatif considérable sur notre capacité à appliquer la vérité à notre expérience. Lorsque nous oublions qui est Dieu, nous ne pouvons plus appliquer au quotidien qui il est et ce qu'il nous offre. Comment peut-on connaître la vérité et oublier si rapidement ce que l'on a appris ? Il y a plusieurs raisons à cela. Certaines personnes n'ont pas suffisamment de clés pour appliquer la vérité à leur expérience. Parfois, nous pouvons connaître les principes de la Parole de Dieu, mais nous nous basons sur de faux critères - l'émotion par exemple -, comme principe directeur. Nous avons tous des émotions, mais le problème ici est que nous les utilisons d’une mauvaise manière. Les émotions devraient être la conséquence d'un principe, et non sa cause. Si nous vivons selon les principes, les émotions appropriées devraient en découler. Les émotions se déséquilibrent lorsque nous vivons sous leur emprise, sans principe.

Certaines personnes font de leurs émotions le critère de leur âme. Finalement, elles fondent toute leur évaluation de la vie chrétienne sur leurs sentiments. Cela les empêche d'appliquer la vérité de Dieu à leur expérience. D'autres tentent de résoudre leurs problèmes par des crises de colère. Elles explosent et adoptent un comportement infantile. C'est vivre par la manipulation. Dans ce cas, les émotions règnent. Ces personnes deviennent alors esclaves de leurs émotions ; elles sont dominées par leurs sentiments détruisent leur vie chrétienne. Nous ne pouvons ni absorber ni appliquer la vérité de Dieu dans un tel environnement.

Si nous restons trop longtemps à l'écart de la communion fraternelle, cela émoussera également notre capacité à appliquer la vérité de Dieu à notre expérience. Nous finissons par perdre conscience des principes de Dieu car nous ne croyons plus en leur efficacité. Plus nous restons dans cette situation, plus nous nous en éloignons. C'est un autre problème d'« oubli » dont parle notre passage.

Un autre problème lié à cet « oubli » est le manque de clarté dans notre rapport à la Parole de Dieu. Lorsque nous ne parvenons pas à organiser la Parole en principes de vie pertinents, notre existence se trouve fragmentée. Or, nous avons tous besoin de repères. De nos jours, une grande partie de la prédication biblique se concentre sur l'inspiration plutôt que sur l'enseignement. Il n'est donc pas étonnant que l'on peine à appliquer la vérité à son expérience, car on ne perçoit qu'un seul aspect à la fois ! On réagit à une inspiration après l'autre, sans se concentrer sur l'ensemble du message divin. On oublie d'organiser les principes de Dieu pour structurer sa vie autour de sa façon de penser et d’agir.

Ne pas considérer la Parole de Dieu comme un principe fondamental de la vie, c'est comme jeter tous ses vêtements en vrac. Pour trouver une tenue particulière, il faut fouiller dans le tas jusqu'à trouver ce qui convient. Appliquée au spirituel, cette méthode conduit inévitablement à la catastrophe. C'est le problème de l'organisation de la Parole de Dieu dans nos vies. En classant les principes divins par catégories, nous pouvons trouver ce dont nous avons besoin au moment opportun. Nous n'aurons plus à nous demander : « Où puis-je trouver ce principe dans la Bible pour ma vie ? »

Nombreux sont ceux qui n'appliquent pas la vérité à leur vie car d'autres choses les détournent des principes de la Parole. Apprendre et appliquer ces principes à l'expérience exige de la discipline. Cela ne découle pas d'une pratique chrétienne superficielle. Si nous mettons l'étude de la Parole de Dieu au second plan, nous ne pourrons pas vivre selon les préceptes bibliques.

Pierre invite ses lecteurs à se concentrer sur un principe fondamental : la nature même de Dieu. Sa nature ne se soumet pas au calendrier humain ; Dieu agit selon son propre calendrier. Il nous faut faire preuve de patience pour comprendre comment Dieu agit. Nous devons accepter qu'il accomplira ses promesses en son temps. Les chrétiens doivent apprendre en effet à se concentrer sur les principes les plus essentiels de la vie. Le temps ne retient pas Dieu. Il n'attend ni ne se presse comme le font les simples humains, prisonniers du temps, prisonniers des minutes, des heures et des mois. Parce que nous ne savons pas quand le plan de Dieu va s’accomplir, que lui seul connaît, nous croyons qu’il est en retard ou qu’il ne s’intéresse pas vraiment à nous.

Nous avons tendance à disperser nos objectifs dans tant de directions que nous ne pouvons plus dire : « Je fais ceci, et rien d'autre. » Nous nous éparpillons tellement que nous ne parvenons plus à nous concentrer sur l'essentiel. Or, nous devons donner la priorité à ce qui a le plus de valeur. Et c’est précisément à cela que Pierre nous invite. De son côté, l’apôtre Paul nous donne l’exemple. Voici ce qu’il nous dit de lui dans sa lettre aux Philippiens, au chapitre 3, versets 13 et 14 : « Frères et sœurs… je fais une chose : oubliant ce qui est derrière et me portant vers ce qui est devant, je cours vers le but pour remporter le prix de l’appel céleste de Dieu en Jésus-Christ. »

Pierre veut nous faire comprendre comment Dieu conçoit le temps. Si quelqu'un dit : « La Bible a promis le retour de Jésus il y a deux mille ans, et il n'est pas revenu ; Dieu ne tient pas ses promesses », est-ce un échec de la part de Dieu ? Pourtant, pour lui, il ne s'est écoulé que très peu de temps ! Pierre fait référence Psaume 90 qui dit : « ‘Tu fais retourner les hommes à la poussière et tu leur dis : « Fils d’Adam, retournez à la terre !’ car 1000 ans sont à tes yeux comme la journée d’hier : elle passe comme le quart de la nuit. Tu les emportes, semblables à un rêve qui, le matin, passe comme l’herbe : elle fleurit le matin et elle passe ; on la coupe le soir et elle sèche. »

Nous percevons le temps selon une dimension, tandis que Dieu le conçoit selon une autre. Les humains regardent les choses d'un point de vue fini ; Dieu les observe d'un point de vue infini. La conception divine du temps est radicalement différente de la nôtre. Dieu opère selon les principes de l'infini. C’est un Être intemporel et hors de l'espace. Le temps n'existe pas en lui. Il n'a ni passé, ni présent, ni futur. Dieu n'est pas séquentiel. Tout en Lui est éternellement présent. Il est l'éternel présent. Cela ne veut pas dire que le temps ne compte pas pour nous et que nous pouvons le gaspiller, car Dieu est maître du temps, de notre temps. Le psalmiste dit lui-même ceci, dans le même psaume : « Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que notre cœur parvienne à la sagesse ! » Le temps que Dieu nous a donné de vivre sur terre compte et nous devons le mettre à profit pour nous préparer à rencontrer Dieu pour l’éternité, lui qui est hors du temps.

Le retard que nous imaginons n'entrave en rien le plan de Dieu. Nous ne pouvons juger Dieu comme nous jugeons les hommes. Ses pensées ne sont pas semblables aux nôtres. Ses voies ne sont pas semblables aux nôtres. Répétons-le, Dieu ne perçoit pas le temps comme nous le faisons. Il n'agit pas selon notre cadre temporel. Dieu ne fait pas l'expérience du temps en tant que tel. Nos conceptions du temps ne constituent pas le cadre dans lequel Dieu accomplit ses desseins. Par conséquent, nous ne pouvons le juger selon des critères humains, comme le prophète Ésaïe l’exprime si bien dans son livre, au chapitre 55, versets 8 et 9 : « Vos pensées ne sont pas mes pensées et mes voies ne sont pas vos voies, déclare l'Éternel. Le ciel est bien plus haut que la terre. De même, mes voies sont bien au-dessus de vos voies, et mes pensées bien au-dessus de vos pensées. »

Le passage du temps n'entrave pas les promesses de Dieu. Dieu réside dans l'éternité. Nous voulons le réduire à notre dimension, ce qui déforme notre perception de sa véritable nature. De nos jours, beaucoup de chrétiens ont perdu le sens de la crainte révérencieuse que nous éprouvons pour Dieu. Nous le considérons comme un prolongement de nous-mêmes. Or, il existe une distance infinie entre Dieu et nous.

Dieu n'est jamais pressé et ne se hâte jamais. Son plan s'accomplira quelles que soient les circonstances. Un jour viendra où la dernière âme se tournera vers Christ et où le corps de Christ sera complet ; alors il reviendra. Dieu seul connaît ce moment. Quiconque prétend fixer une date précise se trompe. Même les anges ignorent le moment de son retour. Ne nous impatientons donc jamais face au calendrier divin. Il a tout prévu. L'impatience conduit au jugement. Elle empêche de connaître les faits ou d'attendre leur analyse.

Pierre insiste sur le fait que nous ne pouvons appliquer les exigences humaines en matière de temps aux promesses de Dieu. Il n'est pas lent à tenir sa promesse. C'est Dieu lui-même qui a établi le calendrier : il ne peut être en retard. Au contraire, Dieu accomplit chaque promesse au moment parfait, pour sa gloire et pour le bien de ceux qu'il aime.

Dans ce cas précis, les chrétiens devraient considérer le délai du retour de Christ comme une preuve de la patience de Dieu, et non de sa lenteur. Dans sa patience empreinte d'amour, Dieu est disposé à accorder plus de temps afin que davantage d’hommes et de femmes changent de vie et se tournent vers lui. Tel est le plan de Dieu : permettre à un plus grand nombre de personnes de placer leur confiance en Christ et d'entrer dans une relation éternelle avec lui.

Dieu ne veut la perte ni la mort de personne. Dans notre passage, Pierre fait probablement référence à la mort éternelle qui suivra le jugement de Dieu au jour du Seigneur. Le message général de l'Écriture est que Dieu ne désire la damnation de personne. Autrement dit, il préférerait que tous soient sauvés. Cependant, dans sa souveraineté et sa puissance, Dieu a décidé de ne pas exiger – de ne pas contraindre – tous les humains à être sauvés. Il n’a pas créé des marionnettes. Si Dieu est véritablement souverain, il peut, en toute souveraineté, nous permettre de faire des choix qu'il ne préfère pas, pour des raisons qui lui sont propres. Ici, Pierre nous révèle l'amour de Dieu pour son peuple : il désire que tous soient sauvés, mais il ne les y contraindra pas. Comme Pierre nous l'explique, c'est l'une des raisons pour lesquelles Dieu accorde plus de temps – ce même temps dont se moquaient les faux docteurs – avant le retour de Christ.

Louons-le donc ensemble dans la reconnaissance : « Notre Dieu et notre Père, nous t’adorons, toi le Maître suprême de l’Univers qui a de toute éternité vécu hors du temps tel que nous le connaissons. Nous savons si peu de toi, mais ce que tu nous dis dans ta Parole nous suffit pour te connaître ici-bas. Il nous tarde d’être avec toi au ciel pour mieux te connaître. Nous te remercions pour ton infinie patience à notre égard. Merci parce que tu attends que tous tes enfants soient rassemblés en toi avant le retour de Jésus-Christ le jour du jugement. Merci pour ton Esprit Saint qui nous aide à nous préparer à sa venue. Confonds les moqueurs qui ne veulent rien entendre ni comprendre de ta Parole ; limite leur influence sur les chrétiens dont la foi est encore faible et qui peuvent facilement se détourner du droit chemin. Seigneur, interviens dans nos vies ici-bas pour que nous puissions mettre à ton service le temps que tu nous as accordé ici-bas. Aide-nous à ne pas le gaspiller, mais à te rendre gloire au quotidien. Au nom de Jésus, amen. »