Éphésiens 1.1-2

Semaine 1 - jour 1

Épître aux Éphésiens

Éphésiens 1.1-2

17:13


La lettre de Paul aux Éphésiens se distingue des nombreuses autres lettres du Nouveau Testament qu'il a écrites. Comme celle qu’il a envoyée aux Romains, Paul ne l'a pas été rédigée tant pour traiter des problèmes d'une église particulière que pour expliquer certains des grands thèmes et doctrines du christianisme.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives ! C'est avec plaisir que nous vous présentons les méditations du pasteur Tom Holladay sur l'épître de Paul aux Éphésiens. Aujourd'hui, nous introduirons ce livre de la Bible en concentrant notre attention sur les deux premiers versets. Nous poursuivrons ensuite l'étude des 6 chapitres qui le composent en compagnie de l'apôtre Paul qui nous a donné tant à réfléchir sur de nombreux aspects de la vie chrétienne. Nous étudierons un chapitre par semaine, en consacrant une quinzaine de minutes par étude, cinq jours par semaine, et nous explorerons ensemble l’œuvre de transformation que Dieu veut opérer dans nos vies. Commençons par écouter les deux premiers versets de la lettre : « De la part de Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, aux saints qui sont à Éphèse et qui sont fidèles en Jésus-Christ : que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ ! »

La lettre de Paul aux Éphésiens se distingue des nombreuses autres lettres du Nouveau Testament qu'il a écrites. Comme celle qu’il a envoyée aux Romains, Paul ne l'a pas été rédigée tant pour traiter des problèmes d'une église particulière que pour expliquer certains des grands thèmes et doctrines du christianisme.

La profondeur des thèmes abordés dans la lettre aux Éphésiens lui vaut les éloges de beaucoup de commentateurs. On l'a qualifiée de « reine des épîtres », ou de « chef-d'œuvre philosophique ». Comme on l’a dit, elle résume en grande partie les thèmes principaux des écrits de l’apôtre Paul, mais elle va plus loin ; elle prolonge la pensée des autres lettres vers une nouvelle étape. Quelqu’un a dit : « Son enseignement recèle une profondeur et une élévation particulières qui ont profondément marqué les plus grands esprits et lui ont valu le titre d’‘Épître de l’Ascension.’ » Et le grand prédicateur anglais Charles Spurgeon disait : « La lettre aux Éphésiens est un ouvrage de théologie complet. Le premier chapitre expose les doctrines de l’Évangile ; le suivant, l’expérience des chrétiens ; et avant la fin de la lettre, les préceptes de la foi chrétienne. Quiconque souhaite découvrir le christianisme en un seul traité devrait lire, méditer, apprendre et assimiler la lettre aux Éphésiens. »

Cette lettre commence par identifier son auteur et ses destinataires. Le premier mot, « Paul », désigne clairement l'apôtre qui avait vécu longtemps parmi les croyants d'Éphèse. Ils le connaissaient bien et Paul n’avait guère besoin d'être présenté. Il se contente donc de se déclarer apôtre « de Jésus-Christ par la volonté de Dieu ». Le nom spécifique de « Jésus-Christ » et la volonté de Dieu sont des thèmes importants tout au long de la lettre. « Jésus-Christ » est utilisé onze fois dans ce livre. Paul privilégiait ce titre pour Jésus ; il n'est employé qu'une seule fois en dehors de ses écrits, par Luc dans le livre des Actes, au chapitre 24, verset 24. Luc était un proche collaborateur de Paul.

Paul écrit aux saints d'Éphèse, bien que certains manuscrits anciens omettent la mention « d'Éphèse ». De ce fait, beaucoup pensent que cette lettre était destinée à plusieurs Églises. Bien qu'elle ait pu être adressée directement aux croyants d'Éphèse, Paul souhaitait probablement qu'elle soit diffusée et lue dans d'autres Églises de la région. Ces croyants sont appelés « fidèles en Jésus-Christ ». Paul commence sa lettre sur une note positive et encourageante à l'égard de cette église, qui comptait certainement parmi ses membres nombre de ses amis personnels.

Je vous invite à examiner avec moi dans le détail cette brève introduction à la lettre. Nous y découvrons les destinataires de la lettre - les habitants d'Éphèse et sans doute des environs – ainsi que Paul, l'auteur de la lettre. Il commence par dire : « De la part de Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu. » Un apôtre est un messager envoyé avec une mission, un porte-parole autorisé de Jésus-Christ.

Certains se demandent : « Comment Paul, qui n’a commencé son ministère qu’après l’ascension de Jésus au ciel, pouvait-il être apôtre ? Comment Jésus a-t-il pu l'envoyer ? » Eh bien, nous l’apprenons dans le livre des Actes, lors de sa rencontre avec le Seigneur sur la route de Damas, qui l'a personnellement et spécifiquement appelé à servir, à être apôtre. Paul se dit apôtre des Gentils, ou païens, c’est-à-dire des non-Juifs. C’est Dieu lui-même qui l’a appelé à son service, alors même qu’il persécutait les chrétiens, les saints, ceux qui appartenaient véritablement à Dieu. Depuis, il n’a cessé de proclamer avec zèle et persévérance l’Évangile aux Juifs, puis aux non-Juifs jusqu’à la fin de ses jours. C’est par la volonté de Dieu qu’il est devenu apôtre et qu’il a représenté Jésus-Christ. Il est devenu un ambassadeur de Christ, comme il le dit à la fin de sa lettre aux Éphésiens.

Les chrétiens d’Éphèse sont appelés des « saints » ! Qu’est-ce donc qu’une personne sainte ? L'idée que nous pouvons nous en faire et la conception biblique d’une personne sainte sont souvent deux choses différentes. Si l’on croit la définition de la plupart de nos dictionnaires, un saint est une personne officiellement reconnue, notamment par la canonisation, comme ayant droit à la vénération publique, capable d'intercéder pour les hommes sur terre et qui a accompli des miracles suite à la dévotion qu’on lui voue. Il est intéressant de noter qu’il s’agit d'une personne décédée, qui est montée au ciel et qui ignorait lorsqu’elle était sur terre qu’elle serait reconnue comme sainte. On comprend vite que pour Paul il s’agit de quelque chose de bien différent. En fait, pour le Nouveau Testament, tous les chrétiens sont appelés « saints ». Ainsi, l’idée que nous avons d'un saint comme étant quelqu'un qui a mené une vie presque parfaite, puis est mort et a ensuite reçu cette désignation spéciale de saint, comme une médaille, ne correspond pas à la conception biblique du saint. L'idée biblique de saint est inscrite dans notre texte. Le mot saint désigne quelqu'un entièrement consacré à Dieu, qui appartient à Dieu. Peut-être que vous ne vous sentez pas digne d’être appelé un « saint », mais c'est précisément le but des trois premiers chapitres de ce livre de nous montrer qu’en effet nous ne sommes pas dignes par nous-mêmes d'être appelés ainsi, mais Dieu lui-même nous a consacrés à lui, il a fait de nous des personnes qui lui appartiennent et qui ne vivent plus séparées de lui. Et en lui, en Jésus-Christ, nous sommes dignes d’être appelés saints, sans exception, de notre vivant, dès que nous acceptons le Seigneur comme notre Sauveur et notre Seigneur : sans canonisation posthume !

Paul écrit aux saints, aux saints d'Éphèse. Éphèse était l'une des plus grandes villes grecques à l'époque de Paul, fondée à l'origine comme centre commercial. La ruine de son port avait entraîné le déclin du commerce de la ville et l'avait transformée en ce que beaucoup appelaient une ville-temple et une ville touristique, et les deux s'influençaient réciproquement. Car à Éphèse se dressait un temple dédié à la déesse Artémis. Et autour de ce temple, le culte était d'une nature très impie. La prostitution y était omniprésente. Or, au cours d’un voyage missionnaire, Paul s'est rendu dans cette ville. Luc nous l’apprend dans le livre des Actes. Et en s'y rendant, il a constaté comment Christ pourrait œuvrer dans un tel endroit. Éphèse a été le lieu où Paul a fait son plus long séjour, où il a eu le plus grand impact, où il a exprimé ce qu'il appelait son amour le plus profond et où il a essuyé également les critiques les plus acerbes. Ainsi, lorsqu'il écrit à cette église d'Éphèse, il s'adresse à une communauté qui a joué un rôle très important dans son ministère. Il y est resté trois ans et demi. Comme il le dit lui-même aux anciens de l’église lorsqu’il les rencontre brièvement pour la dernière fois avant de se rendre à Rome et d’y mourir, il leur a annoncé pendant ce temps « tout le plan de Dieu sans rien en cacher. » C’est Luc qui nous le rapporte dans le livre des Actes, au chapitre 20. L’impact de Paul à Éphèse et ses environs a été immense. Des gens de toute l'Asie se rendaient à Éphèse, pour les affaires ou simplement en touristes. Ils voyaient ce qu’il se passait chez les chrétiens. Ils entendaient parler de Jésus. Et puis ils rapportaient la Bonne Nouvelle à leurs amis. Ainsi, en prêchant à Éphèse, Paul a répandu la nouvelle dans toute l'Asie. Mais son influence dans cette ville a eu des répercussions néfastes sur l’économie locale. Il y avait en effet des orfèvres qui fabriquaient de petites idoles en argent de la fausse déesse Artémis. Ils les vendaient et en tiraient un bon profit. Alors que Paul prêchait et faisait des disciples, leurs ventes ont chuté car les gens adoraient désormais le vrai Dieu. Et comme les ventes baissaient, ils ont cherché un prétexte pour s'en prendre à l'apôtre Paul et le critiquer en organisant des manifestations dans la ville, au cours desquelles les habitants d’Éphèse criaient à tue-tête : « Grande est Artémis des Éphésiens ! » À tel point que les croyants d'Éphèse ont vraiment craint pour la vie de Paul, mais cela ne l’a pas empêché de poursuivre son ministère. Environ dix ans après son séjour parmi eux, alors qu’il était prisonnier à Rome, il a écrit la lettre que nous allons parcourir ensemble à tous ceux qu’il avait aimés, qu’il avait servis et qui, par l'action de Christ en eux, ont vu une grande joie entrer dans leur vie. Et comme il le leur écrit dès le début, il parle des deux mondes dans lesquels nous vivons tous aujourd’hui en tant que chrétiens. Il s’adresse « aux saints qui sont [à Éphèse] et qui sont fidèles en Jésus-Christ. » Remarquez ces deux mondes : à Éphèse et en Jésus-Christ. Ce sont les deux mondes dans lesquels nous vivons tous. Nous vivons dans le monde, mais nous ne sommes pas du monde. Nous vivons dans le monde, mais nous sommes véritablement en Christ. En fait, cette expression, « en Jésus-Christ », est utilisée 15 fois rien que dans cette lettre.

Les « saints » d’Éphèse sont ceux qui restent fidèles en Christ. Lorsque Dieu les regarde, il voit Christ vivre en eux. Ils sont à Dieu, et Dieu est en eux, avec eux. Et c’est ainsi qu’il nous voit, nous les saints qui sommes fidèles en lui. Nous vivons dans un environnement étranger, qui ne connaît pas Dieu. Nous vivons dans une « Éphèse » idolâtre et corrompue. Mais c’est parmi ceux qui vivaient loin de Dieu que Christ est intervenu par l’intermédiaire de son apôtre, Paul, le fidèle ambassadeur de Dieu. Parce que nous sommes en Christ, Dieu veut faire quelque chose de nouveau dans notre vie et nous transformer. Et parce que Dieu veut faire quelque chose de nouveau dans la vie de chacun d'entre nous, Paul commence sa lettre par une prière. Une prière très simple : « Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ ! »

Cette salutation est typique de Paul. L’apôtre connaissait le rôle essentiel de la grâce et de la paix de Dieu dans la vie du croyant, et il savait que recevoir la grâce de Dieu précède une vie de paix avec lui.

Ce verset conclut cette introduction et consiste en une brève salutation aux lecteurs de Paul. Cette formule de salutation, « Que la grâce vous soit donnée », figure en introduction de toutes les lettres de Paul, à l'exception des Épîtres pastorales. L'expression « la paix vous soit accordée par Dieu notre Père » est également courante ; on la trouve dans l'introduction de neuf de ses lettres. La paix est mentionnée plus de quatre-vingt-dix fois dans le Nouveau Testament, mais seulement douze fois sous l'appellation de « paix de Dieu ». Paul a axé sa salutation sur le fait que la paix vient du Seigneur.

Le titre « Seigneur Jésus-Christ » n'apparaît ni dans les évangiles selon Matthieu, Marc et Luc, ni dans les écrits de Jean. Cependant, il est fréquemment utilisé dans le livre des Actes des Apôtres et dans les écrits de Paul ; il est aussi mentionné dans les lettres de Jacques, celles de Pierre et de Jude. Les raisons de ce choix restent incertaines, d'autant plus que les manuscrits anciens écrivent souvent le nom de Jésus sous forme symbolique plutôt que littérale. Toutefois, il est clair que Paul souhaitait mentionner à la fois Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ ensemble et sur un pied d'égalité dans sa salutation initiale à ses amis. La mention de la grâce et la paix au début des lettres des apôtres ne doit pas être ignorée par les lecteurs d’aujourd’hui. Elles revêtent un sens profond pour nous autant que pour les premiers destinataires : la grâce et la paix, ces dont précieux que Dieu nous offre, conditionnent notre vie entière. En tant que chrétiens, nous vivons sous le signe de la grâce merveilleuse de Dieu, le don parfait qui nous comble de bonheur. Et la paix, c’est celle qui nous libère et nous permet de vivre sans inquiétude ni peur. Lorsque la paix règne dans nos vies, il n’y a plus de combat, la victoire est acquise.

Tel est le cadre dans lequel l’enseignement de Paul aux Éphésiens s’inscrit. Ce cadre, c’est aussi le nôtre. Commençons donc notre étude de cette lettre si riche d’enseignement, comme nous allons le découvrir ensemble, en remerciant notre Dieu : « Seigneur Jésus-Christ, merci pour la grâce et la paix que tu nous as offertes en donnant ta vie pour nous. Merci de nous avoir délivrés du mal et du pouvoir du péché sur nous. Merci pour le don de la vie nouvelle que nous sommes loin de mériter. Nous voulons rester fidèles en toi, Seigneur. Merci de nous avoir déclarés non coupables et de nous avoir consacrés à toi pour être saints, toi qui es saint. Permets que nous découvrions l’enseignement vivifiant de Paul dans sa lettre aux Éphésiens, avec l’assurance que tu veux nous instruire et nous guider sur la voie de la foi, de l’espérance et de l’amour. Et c’est en ton saint nom que nous te le demandons, amen. »