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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Paul aux Éphésiens en compagnie de Tom Holladay ! Nous en sommes à notre deuxième semaine et nous allons étudier ensemble le chapitre deux en cinq étapes. Aujourd’hui, nous réfléchirons sur les versets 1 à 3. Ce chapitre est, à bien des égards, une version personnelle de l'histoire de Pâques, qui est aussi la nôtre. En parcourant ce chapitre tout au long de la semaine, nous allons apprendre beaucoup de choses. Nous allons découvrir des paroles qui peuvent détruire nos vies pour l'éternité, à moins de reconnaître la puissance de Dieu. Et nous allons découvrir deux paroles qui changent nos vies pour l'éternité lorsque nous avons confiance en ce que Dieu seul peut faire. Nous allons aussi comprendre pourquoi nous faisons parfois de mauvaises choses dans la vie. Nous allons également considérer des moyens concrets pour que nous puissions commencer à nous voir à travers le prisme de la foi. Cette semaine, nous verrons la place des œuvres bonnes dans la vie d'un croyant. Nous réfléchirons sur ce que Dieu construit en nous et comment il le construit. Nous parlerons enfin de l'unité qu'il souhaite instaurer dans nos vies.
Ce chapitre de notre livre commence par un verset qui évoque l'histoire de notre vie personnelle, de notre histoire spirituelle. C'est un début authentique, honnête, mais peu agréable, et peu reluisant. L’apôtre Paul déclare au verset 1 : « Quant à vous, vous étiez morts à cause de vos fautes et de vos péchés. » La Bible dit ici que, sans Christ, nous sommes morts, nous sommes morts spirituellement. Et pour beaucoup d'entre nous, c'est difficile à croire et à accepter. Sans Christ dans nos vies, notre vie sur terre est déconnectée de Dieu. Et deux mots sont utilisés ici pour décrire cet état de mort spirituelle, de déconnexion : nos fautes, c’est-à-dire nos transgressions, et nos péchés. Bien que les chrétiens soient aujourd'hui vivants, ils ne doivent jamais oublier d'où ils viennent. Ils étaient morts dans leurs fautes - leurs transgressions - et leurs péchés. L'expression « fautes et péchés », ou « transgressions et péchés » utilise deux termes grecs couramment employés pour désigner le mal. Elle englobe aussi bien les péchés volontaires et conscients que les erreurs et les fautes. L’idée sous-jacente au mot « transgression » est que nous avons franchi une limite, défiant les frontières de Dieu. L'idée sous-jacente au mot « péché » est que nous avons manqué à la perfection, aux idéaux divins. Les transgressions désignent l'homme comme un rebelle, les péchés comme un homme qui a échoué, qui a raté le but. Devant Dieu, nous sommes rebelles et avons succombé à nos manquements.
Il existe de nombreuses formes de vie : la vie végétale, la vie animale, la vie mentale, la vie morale et la vie spirituelle. Un être peut être vivant dans un sens et mort dans un autre. Être spirituellement mort ne signifie pas être physiquement mort, socialement mort ou psychologiquement mort. Pourtant, c'est une mort réelle, une « mort spirituelle ». Non pas au sens moral, ni au sens mental, mais au sens spirituel.
Nous nous trompons si nous pensons que l'état de mort dans les transgressions et les péchés résume tout ce que l'homme a perdu. C'est une erreur, car la Bible utilise de nombreuses images différentes pour décrire l'état de l'homme non sauvé, le qualifiant d’aveugle, d’esclave du péché, d’amoureux des ténèbres, de malade, de perdu, d’étranger, d’enfant de colère sous l’emprise des ténèbres.
Par conséquent, les non chrétiens sont, d’une certaine manière, morts ; d’une autre, ils ne le sont pas. Il est donc légitime de les inviter tous à croire. L’homme naturel, bien que spirituellement mort, est encore vivant éthiquement, car il peut être influencé par les arguments. Dans le livre du prophète Osée, au chapitre 11, verset 4, Dieu dit en effet de son peuple Israël : « Je les ai tirés avec des liens d'humanité, avec des cordages d'amour », c’est-à-dire par la raison et les motifs d’amour, propres à la nature humaine. Ainsi, l’Esprit Saint et la Parole de Dieu agissent encore sur nous, en tant qu’hommes, par des motifs rationnels, nous présentant la vie et le bien, la mort et le mal.
Dieu nous a créés pour que nous soyons connectés à lui. Or nous ne le sommes pas. Ainsi, quelles que soient les bonnes choses, les choses passionnantes que nous puissions faire et vivre dans la vie, nous passons à côté de la principale raison pour laquelle Dieu nous a créés. Voilà ce qu’est la mort spirituelle. La mort spirituelle dans ce monde, la séparation d'avec Dieu pour l'éternité, nous attend si nous ne prenons pas conscience de notre situation.
Les versets deux et trois de notre chapitre nous en disent plus sur cette mort spirituelle. Paul parle des fautes et des péchés que les Éphésiens pratiquaient « autrefois conformément à la façon de vivre de ce monde, conformément au prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui est actuellement à l’œuvre parmi les hommes rebelles. Nous tous aussi, nous étions de leur nombre : notre conduite était dictée par les désirs de notre nature propre, puisque nous accomplissions les volontés de la nature humaine et de nos pensées, et nous étions, par notre condition même, destinés à la colère, tout comme les autres. »
Paul évoque la vie pécheresse de ses lecteurs au passé. Ils ne sont plus dans cette situation. Ils ont été transformés. Ceux qui vivent dans le péché suivent deux voies erronées. Premièrement, ils suivent le cours du monde. Le livre des Proverbes, au chapitre 14, verset 12 dit ceci : « La voie qui paraît droite à un homme peut finalement conduire à la mort. » Ce qui paraît juste d’un point de vue humain mène à la mort, en dehors de la sagesse divine. Le second problème de ceux qui vivent dans le péché est qu’ils suivent « le prince de la puissance de l’air ». Il s’agit clairement de Satan. Il a séduit Ève dans le jardin d’Éden, comme nous le lisons au chapitre 3 du livre de la Genèse, et continue de séduire beaucoup de gens aujourd’hui. Paul fait spécifiquement référence à l’influence de Satan sur la vie des « hommes rebelles », ceux qui vivent dans la désobéissance, par opposition aux enfants de Dieu. Satan est un esprit, non un être humain, qui agit dans la vie de ceux qui désobéissent à Dieu.
Le titre unique que Paul donne à Satan évoque son autorité, celle d’un prince, et son domaine, celui de l'air, une façon de désigner son « environnement ». Le domaine de l'air, en réalité, est une autre manière d'indiquer le royaume céleste qui est la demeure des principautés et des puissances, ces dominateurs des ténèbres et forces spirituelles du mal contre lesquels le peuple de Christ lutte. Nous verrons que Paul en parle à la fin de sa lettre. Satan n'est pas le souverain suprême, mais il est un prince en ce sens que les hommes mauvais l'ont établi comme leur souverain et lui sont entièrement soumis. Il est intéressant de noter qu’il règne sur ceux qui se rebellent contre Dieu seulement, mais qu’il n’a pas de pouvoir sur les enfants de Dieu.
L'un des principaux outils de Satan est le mensonge et la duperie. Le diable est un esprit qui nous ment. C’est ce que Jésus affirme aux Pharisiens hypocrites dans l’évangile selon Jean, au chapitre 8, verset 44 : « Vous, vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement et il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fond, car il est menteur et le père du mensonge. » Quel contraste avec Jésus qui est la vérité et ne ment jamais !
Dans ce contexte, Paul parle du péché comme d'une vie antérieure pour ceux qui deviennent croyants. Au verset 3 de notre chapitre, il explique que nous avons tous vécu ainsi autrefois. Cependant, les croyants sont appelés à vivre autrement, d'une manière qui plaise au Seigneur, le Dieu de vérité. L'homme d'autrefois était le vieil homme, crucifié avec Jésus lors de sa conversion. La nature pécheresse héritée d'Adam l'influençait, mais le système du monde et Satan aussi. On pourrait dire que l'influence du vieil homme perdure dans ce que le Nouveau Testament appelle la chair. D'autres passages du Nouveau Testament, y compris les écrits de Paul lui-même, montrent clairement que les croyants peuvent encore pécher. Ce péché ne nous fera pas perdre notre salut, mais ceux qui ont confiance en Christ peuvent, et doivent vivre une vie résolument différente de celle de ceux qui vivent pour le monde.
Paul se remémore sa propre vie et celle de ses lecteurs lorsqu'il évoque les péchés passés. Tous ont péché, comme il le déclare dans sa lettre aux Romains, au chapitre 3, verset 23 : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ». Et Paul s'inclut assurément parmi eux. Avant de nous convertir à Christ, nous suivons, à des degrés divers, nos désirs humains, cherchant à nous plaire plutôt qu'à Dieu. Selon Paul, les incroyants sont mus par les caprices et les pulsions de leur corps et de leur esprit imparfaits. Nous vivons dans le péché, tant par nos actes que par nos pensées. Bien que la tentation ne soit pas un péché en soi, comme la lettre aux Hébreux, au chapitre 4 nous le rappelle, les pensées impures et les actions immorales sont condamnables. Sans Dieu, nous sommes impuissants face à ces forces.
Nous étions autrefois parmi les fils de la désobéissance, comme en témoigne notre conduite. Nous avons embrassé les convoitises de la chair, qui sont avant tout des perversions des désirs légitimes de la nature humaine. Paul rappelle aux chrétiens ce dont ils ont été délivrés, autant que ce vers quoi ils ont été élevés. Il les amène à regarder à nouveau l’abîme, le tombeau, d’où la grâce les a fait sortir et les a libérés.
Paul affirme que le destin de l'incroyant est celui d'un enfant « de colère ». Cela signifie qu'il est sous le coup du jugement. Avant de connaître Christ, Paul et ses lecteurs étaient soumis au jugement « comme le reste de l'humanité ». Un jugement universel pèse sur tous ceux qui ne connaissent pas Christ. Parce que nous avons cédé à nos penchants anciens, au monde et au diable, nous étions par nature des enfants de colère. Nous méritions pleinement la colère de Dieu, et ce, de par notre héritage. La Bible ne mentionne pas l'idée que tous les hommes sont « enfants de Dieu », si ce n'est en ce sens qu'il est notre créateur commun. Elle enseigne que, sans une relation avec Dieu, sans ce que Jésus-Christ peut faire dans nos vies, nous sommes des objets de colère. À cause du péché dans nos vies, Dieu va déverser son châtiment, sa colère contre ce péché. Un Dieu saint ne peut pas tolérer le péché. Et, sans l’intervention de Jésus, la mort définitive nous attend. Cette mort spirituelle est la séparation totale et définitive d’avec Dieu pour l’éternité. Ce constat est glaçant, mais Paul le donne en toute franchise, non pas pour accabler ses lecteurs, mais pour leur rappeler que l’esprit mauvais qui les a conduits dans le mensonge et le mal, n’est rien à côté de l’Esprit Saint qui nous donne la vie et nous fait renaître pour vivre dans la présence de Dieu, en faisant de nous ses enfants pour faire partie de sa famille, l’Église.
Si la colère est la réponse de Dieu au péché, Jésus, par amour pour nous, a permis que la colère du Dieu juste soit déversée sur lui sur la croix. Il l'a prise pour nous. Ce que Paul nous dit ici, c'est qu'avant l’intervention de Jésus-Christ dans nos vies par son Esprit Saint, nous sommes spirituellement morts. Ce n’est donc pas seulement d’une réanimation spirituelle dont nous avons besoin, mais d’une résurrection. C’est pourquoi ce qu’il s’est passé le jour de Pâques, le jour de la résurrection de Jésus-Christ, est si important : Jésus est mort sur la terre pour nous et il vit dans le ciel à jamais pour nous. Le péché entraîne la mort. Aussi attirant, amusant, excitant ou tentant que cela puisse paraître pendant notre vie ici-bas, une seule la vérité demeure : le salaire du péché, c'est la mort, la mort spirituelle, la séparation d'avec Dieu. Le péché tue. Il tue notre innocence, il tue nos idéaux, il tue notre volonté humaine. Mais cela ne doit pas être la fin de notre histoire. Dieu a projeté une nouvelle fin à cette histoire grâce à ce que Jésus-Christ a fait pour nous. Nous y reviendrons demain.
Pour conclure aujourd'hui, je voudrais prendre un instant pour parler à Dieu avec vous des réalités avec lesquelles nous sommes aux prises aujourd'hui. Soyons ouverts et honnêtes avec Dieu à ce sujet. Pendant que nous lui parlons, disons-lui simplement : « Notre Père du ciel, nous te remercions de tout notre cœur pour tout ce que Jésus-Christ a accompli pour que nous puissions venir à toi remplis de confiance, en sachant que tu nous entends et que tu nous écoutes. C’est grâce à lui que nous ne sommes plus morts spirituellement. Le diable continue de nous tenter et veut nous détourner de toi par des mensonges. Il cherche toujours à nous séduire, surtout pendant les épreuves que nous vivons tous et qui sont souvent difficiles à surmonter. Pardonne-nous lorsque nous cédons et péchons. Nous nous souvenons des temps où nous vivions loin de toi. Ces temps ont duré parfois de longues années. Nous vivions dans l’égoïsme, nous ne pensions pas à toi, et nous nous préoccupions que de nos propres désirs. Nous en rougissons encore, comme l’apôtre Paul en a rougi, lui qui a persécuté les premiers chrétiens. En le faisant, c’est Jésus-Christ qu’il persécutait, comme il a dû l’avouer. Mais tu ne l’as pas rejeté, tu l’as appelé pour qu’il te serve. Alors, Seigneur, c’est remplis de confiance que nous venons à toi aujourd’hui. Conduis-nous dans la vérité par ta Parole, qui est la vérité. Permets que nous laissions ton Esprit ouvrir notre esprit pour que nous soyons instruits et te suivions, toi qui veux que nous vivions en communion avec toi. Nous voulons nous consacrer entièrement à toi, être saints comme tu es saint. Merci de nous avoir redonné la vie en toi. Accepte notre louange et notre prière au nom de Jésus, amen. »