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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Paul aux Éphésiens ! Nous en sommes au quatrième jour de notre réflexion sur le deuxième chapitre, et nous examinerons ensemble les versets 11 à 17.
Paul passe de son exposé sur le salut par la grâce au moyen de la foi à une explication de notre unité en Christ. L’œuvre de réconciliation de Dieu ne se limite pas à la relation entre Dieu et chaque individu, même si elle doit y commencer. Elle s’étend aussi aux groupes de personnes en conflit, comme l’étaient les Juifs et les non-Juifs à l’époque de Paul. Avant de rencontrer Jésus, les non-Juifs se trouvaient dans une situation désespérée : étrangers, exilés, sans espoir et sans Dieu. Cela montre qu’ils étaient non seulement spirituellement morts, mais aussi qu’ils n’avaient pas le même accès à Dieu que les Juifs. S'adressant aux chrétiens non juifs, Paul commence par souligner que ces personnes ne sont pas circoncises. Cela contrastait fortement avec la pratique des Juifs circoncis, pour qui ce rituel était un signe indispensable d'appartenance au peuple élu de Dieu. De plus, ces croyants non juifs étaient souvent rejetés comme « les incirconcis » par les adeptes du judaïsme traditionnel. Autrement dit, ils étaient à la fois considérés comme des étrangers et traités comme tels. Pour le judaïsme traditionnel, il s'agissait de personnes n'appartenant pas à la famille de Dieu. Paul le leur rappelle aux versets 11 et 12 de notre chapitre : « C’est pourquoi, souvenez-vous qu'autrefois vous étiez identifiés comme non juifs dans votre corps, appelés incirconcis par ceux qui se disent circoncis et qui le sont dans leur corps, par la main de l'homme. Souvenez-vous qu'à ce moment-là vous étiez sans Messie, exclus du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. »
Paul souligne ici que ces attitudes étaient entièrement d'origine humaine. La circoncision physique était une pratique que les hommes pouvaient adopter, mais elle n'était qu'un symbole. La circoncision spirituelle, la « véritable » circoncision - la « circoncision du cœur » comme l’appelaient les prophètes -, était une chose que seul Dieu pouvait changer. Au verset 13, Paul amorce une transition pour montrer que cette séparation fondée sur la circoncision a pris fin grâce à Jésus : « Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang de Christ. » Par lui, tous les hommes peuvent croire et devenir membres de l'unique famille de Dieu. Ces chrétiens non juifs ne sont plus exclus, mais font désormais partie de la famille de tout le peuple de Dieu. Ce changement n'a absolument rien à voir avec la valeur humaine ou les efforts humains. Il est uniquement dû à la grâce de Dieu. Ils sont rapprochés des choses de Dieu, et le sang de Christ accomplit cela par son sacrifice.
Ce rapprochement ne se produit en effet que par le sang de Christ. Les païens qui ne sont pas en Jésus-Christ restent aussi éloignés qu'ils l'ont toujours été. Cette réconciliation n'a lieu qu'en Jésus. Il est important que Paul établisse un lien entre l'immense amour de Jésus et son sacrifice. Beaucoup pensent que prêcher Christ crucifié se résume à une image sanglante et violente. Or, le sens de Christ crucifié n'est pas le sang, mais l'amour. Prêcher Christ crucifié, c'est prêcher un Jésus rempli d'amour : un amour qui se donne, il est sacrificiel ; un amour généreux, il s’offre à tous ; un amour qui sauve, il nous délivre du mal. Beaucoup proposent différentes manières de s’approcher de Dieu. Certains pensent qu'on peut y parvenir en observant la loi ou en appartenant à un groupe, comme Israël ou même, parfois, l'Église. Mais le seul moyen de s'approcher de Dieu est par « le sang de Christ ». Paul mentionne cette expression une seule autre fois, dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 10, verset 16, à propos du repas du Seigneur, de la Cène : « La coupe de bénédiction que nous bénissons n'est-elle pas la communion au sang de Christ ? » La lettre aux Hébreux, au chapitre 9, verset 14, souligne que le sang de Christ peut purifier notre conscience des œuvres mortes afin que nous servions le Dieu vivant. Et l’apôtre Pierre ajoute, dans sa première lettre, au chapitre 1, verset 19, que le précieux sang de Christ est semblable à celui « d'un agneau pur et sans défaut ». Le sang de Christ est parfait pour effacer les défauts qui nous séparaient de Dieu et pour nous rendre acceptables à ses yeux. Ce que Jésus a accompli sur la croix, en souffrant comme un pécheur coupable à la place des autres, nous rapproche de Dieu.
Paul poursuit au verset 14, en décrivant comment la foi en Christ transforme notre état spirituel : « En effet, il est notre paix, lui qui des deux groupes n'en a fait qu'un et qui a renversé le mur qui les séparait, la haine. » Jésus ne se contente pas de donner la paix ; il est la paix, notre paix. C’est grâce à qui il est et à ce qu’il a accompli sur la croix, par l’effusion de son sang, que nous pouvons être en paix avec Dieu. Dans sa lettre aux Romains, au chapitre 5, verset 1, Paul l’exprime ainsi : « Déclarés justes sur la base de la foi, nous avons la paix avec Dieu par l’intermédiaire de notre Seigneur Jésus-Christ. » Par Jésus, Paul et ses lecteurs, Juifs et non-Juifs, ont été unifiés. Tous peuvent désormais faire partie d’une même famille : égaux par le salut offert en Jésus-Christ.
Paul fait une référence intéressante à la suppression d’un « mur de séparation, l’hostilité ». Le sens de cette expression a suscité de nombreux débats. Certains y voient un lien avec le mur du Temple juif. Dans le Temple, entre le parvis des non-Juifs et le parvis des femmes, se dressait une barrière physique, un véritable mur de séparation entre Juifs et non-Juifs. On se souvient qu’à l'époque où ces lignes ont été écrites, Paul était assigné à résidence à Rome, en attente de son procès. Les Juifs l'accusaient à tort d'avoir fait entrer un non-Juif dans le Temple, franchissant ainsi le mur de séparation qui séparait Juifs et non-Juifs. Paul a clairement affirmé qu'en Jésus, ce mur a disparu. Cependant, il se pourrait aussi que Paul n’ait pas eu en tête un mur physique, mais plutôt une barrière personnelle qui existait auparavant entre Juifs et non-Juifs. Cela semble bien correspondre au contexte du passage, qui traite de l'intégration des non-Juifs à la famille de Dieu. L'emploi de l’image du mur fait probablement référence à l'idée d'une muraille, qui séparait les habitants de la ville - les citoyens - de ceux qui vivaient à l'extérieur - les étrangers. Ce mur, c’était la haine, tout le contraire de l’amour. La haine divise, l’amour unit. Grâce à l’œuvre de Jésus-Christ, le mur de la haine s’effondre.
La source de conflit entre Juifs et non-Juifs résidait dans le fait que les non-Juifs n'observaient pas la loi. Mais puisque Jésus a accompli la loi pour nous et qu'il a porté le châtiment de notre transgression, nous sommes réconciliés par son œuvre sur la croix, qui a anéanti la source de la discorde. C’est ce que Paul confirme au verset 15 de notre chapitre : « Par sa mort, il a rendu sans effet la loi avec ses commandements et leurs règles, afin de créer en lui-même un seul homme nouveau à partir des deux, établissant ainsi la paix. » La question de la loi comme source de justice ne se pose plus. Cette source d'inimitié entre Juifs et non-Juifs a disparu. Paul veut dire que le but de la loi a été accompli. Il qualifie la loi de bonne ailleurs dans plusieurs lettres dont celle aux Romains au chapitre 7, verset 12 : « la loi est sainte, et le commandement est saint, juste et bon », mais il insiste ici sur le fait qu'elle ne sépare plus Juifs et non-Juifs, qu’elle a perdu son pouvoir. Au contraire, le croyant doit se concentrer sur le salut commun en Jésus, qui fait de nous une seule famille. La question de la loi comme source de justice ne se pose plus. Cette source d'inimitié entre Juifs et non-Juifs a disparu.
Au lieu du conflit traditionnel entre Juifs et non-Juifs, Dieu, avec l'Évangile, a voulu une famille fondée sur Christ plutôt que sur la loi, enracinée dans le salut plutôt que dans la circoncision. Ce changement a engendré la paix. Paul commence sa lettre par la paix, la souligne tout au long et la termine par la paix. Il a fortement insisté sur la paix, à la fois en tant que Juif parmi les non-Juifs et en s'adressant à une ville qui avait longtemps connu la guerre et les conflits.
La paix véritable ne se trouve qu'en Jésus-Christ. C’est bien ce que Dieu a voulu, comme Paul le dit aux versets 16 et 17 de notre chapitre : « Jésus-Christ a voulu les réconcilier l'un et l'autre avec Dieu en les réunissant dans un seul corps au moyen de la croix, en détruisant par elle la haine. Il est venu annoncer ‘la paix à vous qui étiez loin et à ceux qui étaient près’. » Juifs et non-Juifs sont réunis en un seul corps, l'Église, où notre unité en Jésus est bien plus grande que nos différences passées.
La paix que Christ apporte aux croyants inclut l'unité, en tant que membres d'un seul corps, l'Église. Cette unité est illustrée de manière éloquente par un symbole de mort : la croix. Bien que Paul mentionne fréquemment le sacrifice de Jésus dans la lettre aux Éphésiens, c'est le seul endroit où la croix est explicitement citée. Il s'en sert pour souligner son propos suivant, où il note que la crucifixion de Jésus a mis fin à l'hostilité spirituelle entre Juifs et non-Juifs. Plus important encore, elle a levé l'obstacle spirituel entre l'homme et Dieu. Le lien entre « croix » et « mort » est évident. La croix de Christ, instrument d'exécution, a anéanti ces barrières spirituelles.
Juifs et non-Juifs ont tous deux contribué à la crucifixion de Jésus. De même, Juifs et non-Juifs ont pu bénéficier du sacrifice qu'il a accompli sur la croix. Par Christ, Juifs et non-Juifs ont eu un accès égal au salut par la foi en Jésus, devenant ainsi membres d'une seule famille de Dieu. Paul enseigne ceci dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 1, verset 18 : « Le message de la croix est une folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui sommes sauvés, il est la puissance de Dieu. » La croix est incompréhensible pour les non-croyants, mais pour ceux qui sont sauvés, elle représente la puissance de Dieu capable de transformer des vies.
Nous constatons ici l'importance que Paul accorde à l'œuvre de Jésus sur la croix. Il reprend cette idée à plusieurs reprises. Cette unité n'est pas le fruit du hasard ; elle est le résultat d'un combat acharné mené par Jésus.
Cela signifie que la prière sacerdotale de Jésus dans l’évangile de Jean, au chapitre 17, « pour que tous soient un » n'était pas « simplement » une prière. C'était une prière qu'il a prononcée en sachant que son œuvre sur la croix y répondrait, et une prière qu'il était prêt à prononcer en sachant que son agonie servirait à exaucer ce vœu. Ce rassemblement des Juifs et des non-Juifs en Jésus est un accomplissement partiel du dessein éternel de Dieu, tel que Paul l’exprime au chapitre 1, verset 10, celui de « tout réunir sous l'autorité du Messie. » Dieu utilise le rassemblement des Juifs et des non-Juifs au sein de l'Église comme une préfiguration de son œuvre ultime : réunir toutes choses en Jésus-Christ, notre Messie.
Jésus est notre paix et il a explicitement prêché la paix. Paul nous rappelle que Jésus est « venu » sur terre pour annoncer la paix. Il existait de toute éternité avant sa venue et pourtant, il est venu offrir la paix à tous les peuples, Juifs et non-Juifs. Il a offert la paix aussi bien aux non-Juifs « éloignés » qu’à la nation juive « proche ». Par l’intermédiaire des apôtres et des premiers croyants, Jésus a offert la paix à ceux d’Israël ainsi qu’à ceux qui vivaient « lointains », bien au-delà de la Terre promise.
En fait, Dieu s’est toujours soucié des peuples bien au-delà de la seule nation d’Israël. Les exemples de Jonas - la compassion de Dieu pour Ninive -, de Daniel - les Babyloniens -, de nombreux Psaumes qui invitent toutes les nations à louer Dieu, et de Jésus lui-même, tous ces exemples révèlent que l’amour de Dieu s’étend à tous ceux qui croient en lui. Grâce à la croix de Christ, tous les hommes ont le même accès à Dieu. Ce message devait être diffusé à toutes les nations ou à tous les groupes de peuples, comme Jésus le demande aux disciples avant de monter au ciel après sa résurrection, ce qui se produisait déjà pendant le ministère de Paul à Éphèse et bien au-delà.
Louons donc ensemble notre Dieu qui a voulu nous réunir en Jésus-Christ : « Notre Dieu et notre Père, nous te sommes si reconnaissants de l’œuvre de Jésus-Christ sur la croix et n’avons pas honte de la proclamer autour de nous, même si le message de la croix est absurde aux yeux de ceux qui nous entendent et qui ne croient pas. Que la puissance de ce message agisse en eux et qu’ils puissent te reconnaître comme leur Seigneur et leur Dieu. Tu as eu compassion de nous, veuille avoir compassion d’eux. Nous pensons à l’Église aujourd’hui avec toutes ses divisions. Nous voudrions tant que toutes les églises qui se disent chrétiennes soient réunies sous l’autorité de Jésus-Christ, le Messie. Permets qu’elles se soumettent à ta Parole, observe tes commandements, et propagent le message de la Bonne Nouvelle. Reprends nos communautés défaillantes qui s’éloignent de toi pour qu’elles se repentent et reviennent à la source de la foi. Aies compassion d’elle et réunit-la sous ton autorité. C’est au nom de Jésus et pour sa gloire que nous te le demandons, amen. »