Éphésiens 2.18-22

Semaine 2 - jour 5

Épître aux Éphésiens

Éphésiens 2.18-22

15:47


Paul nous offre une autre image de la transformation que Dieu opère, une transformation que lui seul peut réaliser grâce à l'œuvre de Jésus.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Paul aux Éphésiens ! Aujourd'hui, nous poursuivons notre réflexion sur le chapitre 2. Nous en sommes au cinquième et dernier jour de notre survol de ce chapitre et nous étudierons ensemble les versets 18 à 22. Nous avons parlé tout au long de la semaine de la manière dont Dieu a transformé notre vie spirituelle, à commencer par le fait qu'il nous a individuellement, personnellement transformés, nous qui étions morts dans nos transgressions et nos péchés, en êtres vivants avec Christ, ressuscité avec Christ, et « assis » en lui. Hier, nous avons vu que cette transformation inclut aussi le fait que nous sommes passés d'un état lointain à un état proche. Les croyants fidèles sont devenus son « œuvre d’art » ; nous sommes appelés à accomplir les œuvres bonnes qu’il a lui-même préparées pour chacun de nous longtemps à l’avance.

Dans les versets 18 à 22, Paul nous offre une autre image de la transformation que Dieu opère, une transformation que lui seul peut réaliser grâce à l'œuvre de Jésus. Lisons donc ensemble ce passage : « A travers lui, en effet, nous avons les uns et les autres accès auprès du Père par le même Esprit. Ainsi donc, vous n'êtes plus des étrangers ni des résidents temporaires ; vous êtes au contraire concitoyens des saints, membres de la famille de Dieu. Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. C’est en lui que tout l'édifice, bien coordonné, s'élève pour être un temple saint dans le Seigneur. C’est en lui que vous aussi, vous êtes édifiés avec eux pour former une habitation de Dieu en Esprit. »

Paul souligne clairement que Juifs et non-Juifs ont tous accès au salut par Jésus. Il le dit clairement dans sa lettre aux Romains, au chapitre 1, verset 16 : « Je n'ai pas honte de l'Évangile de Christ : c’est la puissance de Dieu pour le salut de tout homme qui croit, du Juif d’abord, mais aussi du non-Juif. » Paul prêchait selon un ordre précis, commençant par les Juifs au sein d’une communauté, puis s’adressant aux non-Juifs, mais son but était de porter le message du salut à tous.

Paul insiste aussi à nouveau sur le rôle de chaque personne de la Trinité. Les trois personnes de la Trinité sont impliquées dans le processus du salut. Le salut se trouve en Jésus, qui nous donne le Saint-Esprit ; le Saint-Esprit habite en nous et nous donne accès au Père. Les trois personnes agissent simultanément de manière distincte, tout en étant identifiées comme un seul et même Dieu. Et grâce à l’action de Dieu, nous ne sommes plus des étrangers ni des résidents temporaires ; mais au contraire nous sommes devenus concitoyens des saints, membres de la famille de Dieu !

Paul présente deux aspects négatifs mis en parallèle avec deux aspects positifs. Avant la venue de Jésus-Christ, les lecteurs non juifs de Paul étaient des étrangers inconnus. Ils n'avaient aucun lien avec Dieu, étant spirituellement morts et n'appartenant pas à son peuple élu, Israël. Ces imperfections ont été remplacées par des bénédictions au moment du salut. Les chrétiens d’origine non juive ne doivent en aucun cas se considérer comme des citoyens de seconde classe dans le royaume de Dieu. Ils sont non seulement des citoyens à part entière, mais aussi des membres à part entière et égaux de la famille de Dieu.

Premièrement, les non-Juifs sont devenus citoyens à part entière. Dans l'Empire romain, la citoyenneté romaine était très importante. Les citoyens d'une nation jouissaient de droits et d'avantages dont les non-citoyens ne bénéficiaient pas. On pouvait naître citoyen ou acquérir la citoyenneté. Par le salut en Jésus, les non-Juifs sont désormais citoyens de la famille de Dieu, au même titre que tous les autres croyants. Paul mentionne également la citoyenneté céleste du croyant dans sa lettre aux Philippiens, au chapitre 3, verset 20 : « Quant à nous, notre droit de cité est dans le ciel, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ. »

Deuxièmement, les non-Juifs sont désormais membres de la famille de Dieu. L'accent est mis ici sur le fait d'être un membre de la famille à part entière. Les non-Juifs sauvés étaient désormais des citoyens officiels du royaume de Dieu et des membres de sa famille, égaux à tous les autres croyants.

L’apôtre Paul va plus loin encore et déclare ceci aux non-Juifs au verset 20 de notre chapitre : « Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. »

Puisque nous formons un seul corps et avons le même accès à Dieu, il s'ensuit que nous sommes tous bâtis sur un fondement commun. Ce fondement, ce sont les apôtres et les prophètes originaux, et leur révélation éternelle, consignée dans le Nouveau Testament. En ce sens qu’il s’agit d’établir un fondement de révélation faisant autorité suprême pour tout le peuple de Dieu, il n’y a plus aujourd’hui d’apôtres ni de prophètes. Le fondement est déjà posé. Que jamais personne d’autre ne pose un autre fondement !

La famille et le royaume de Dieu sont « édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes ». Paul mentionne à nouveau les « apôtres et les prophètes » au chapitre suivant, les désignant comme des figures importantes de la fondation de l’Église. Puis, au chapitre 4, il les désigne comme des responsables d’Église dont le rôle consistait notamment à équiper les croyants pour le service. Les apôtres étaient ceux qui étaient personnellement liés à Jésus ; leur nom signifie littéralement « envoyés », et ils furent les premiers à faire part aux autres le message de Christ. Les prophètes comprenaient les personnages de l’Ancien Testament et les premiers responsables de l’Église qui proclamaient la vérité de Dieu. Bien que des personnes puissent exercer d’une moindre façon des fonctions similaires aujourd’hui, ces rôles d’apôtres et de prophètes comme fondements de l’Église étaient propres à la période du Nouveau Testament.

Paul rappelle également à ses lecteurs le chef suprême : « Jésus-Christ lui-même est la pierre angulaire ». La pierre angulaire était la première pierre utilisée pour établir les fondations d’un édifice ancien. Les apôtres et les prophètes étaient les fondements, mais Jésus était la « première pierre » ou la pierre angulaire sur laquelle l'Église a pu commencer. Un commentateur a dit fort justement que « cette structure et cette cohésion peuvent avoir pour fondement l'ordre sacré de l'Église dans son aspect visible. Mais le ciment n'est pas de ces choses ; il est entièrement divin ; il est l'Esprit, qui s'empare de chaque saint pour Dieu et les unit tous en les articulant à leur chef, Jésus-Christ. » Paul déclare aux verset 21 et 22 de notre chapitre : « C’est en lui que tout l'édifice, bien coordonné, s'élève pour être un temple saint dans le Seigneur. C’est en lui que vous aussi, vous êtes édifiés avec eux pour former une habitation de Dieu en Esprit. »

Les croyants font partie de cette structure - l'Église -, qui est un temple saint dans le Seigneur. Jésus en est la pierre angulaire, les apôtres et les prophètes en sont les fondements, et les autres croyants en sont les membres, les pierres qui composent ce temple symbolique où Dieu est adoré.

Dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 6, versets 19 et 20, Paul compare également chaque croyant à un temple : « Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu. Vous ne vous appartenez pas à vous-mêmes, car vous avez été rachetés à un grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps et dans votre esprit qui appartiennent à Dieu. » Bien que l'image soit légèrement différente, l'idée est pertinente dans ce contexte. Nous devons tous nous considérer comme un temple de Dieu et mener une vie sainte. De plus, nous servons chacun comme membre d'un temple saint qui comprend tous les autres croyants. Nous sommes appelés à vivre purs en tant que corps de l'Église afin de plaire à Dieu dans notre adoration. Ces deux aspects sont d'une grande importance pour Dieu. Comme dans l'Ancien Testament, le temple pouvait être souillé et nécessitait d'être purifié. Les croyants doivent également confesser leurs péchés et être unis comme un corps pour vivre d'une manière qui plaise à Dieu.

En demeurant fidèles à notre fondement commun, l’Église tout entière, peuple de Dieu, s’élève harmonieusement, telle une sainte Église où Dieu demeure dans sa beauté et sa gloire. Cela nous révèle que l’Église est un édifice, conçu à la perfection par le Grand Architecte. Elle n’est pas un amas de pierres jeté au hasard dans un champ. Dieu agence l’Église pour sa propre gloire et pour accomplir ses desseins. Cela nous révèle aussi que l’Église est une demeure, un lieu où Dieu habite. Elle ne doit jamais être une maison vide, un lieu quasi-musée, sans âme qui vive. L’Église doit être à la fois le lieu de vie de Dieu et de son peuple. Cela nous révèle enfin que l’Église est un temple, saint et consacré à Dieu. Nous y servons comme prêtres, offrant à Dieu le sacrifice spirituel de nos paroles et de nos cœurs, c’est-à-dire nos louanges.

Auparavant, Paul décrivait l'Église collective de Jésus, des apôtres, des prophètes et de tous les autres croyants comme un temple. Ici, il inclut également ses lecteurs comme une partie importante de cette construction. Cette œuvre s'accomplit « par l'Esprit ». Nous adorons Dieu par l'Esprit, nous vivons par l'Esprit, nous sommes conduits par l'Esprit, nous marchons par l'Esprit, nous sommes instruits par l'Esprit et nous sommes lavés, sanctifiés et justifiés par l'Esprit. De même que le salut est entièrement dû à la grâce de Dieu, la réussite dans la vie chrétienne est entièrement due à la puissance de Dieu par le Saint-Esprit.

Paul souligne une fois de plus la réalité de l'unité chrétienne. L’Église est centrée sur Dieu, et cette Église – le peuple de Dieu – est composée de tous ses membres qui œuvrent ensemble pour l’adorer. Quelles que soient leurs origines, juives ou non-juives, et quels que soient leurs péchés passés, Dieu peut pardonner. Il crée une nouvelle famille parmi les croyants, nous unissant dans cette vie et dans l’éternité.

Lors de la construction du temple de Salomon, les pierres furent préparées loin du site même. On raconte qu'on n'y entendait ni marteau, ni hache, ni aucun autre outil en fer. De même, Dieu nous prépare d'abord, puis il nous intègre à son édifice.

Le grand théologien méthodiste irlandais Adam Clarke, après avoir expliqué comment l'œuvre de Dieu dans l'Église glorifie sa sagesse, sa puissance et son amour, invitait ses auditeurs et ses lecteurs à adorer le Seigneur ainsi : « Louons Dieu pour sa glorieuse Église car rien n'est plus noble que l'Église, puisqu'elle est le temple de Dieu ; rien n'est plus digne de vénération, puisque Dieu y demeure ; rien n'est plus ancien, puisque les patriarches et les prophètes ont œuvré à son édification ; rien n'est plus solide, puisque Jésus-Christ en est le fondement ; rien n'est plus élevé, puisqu'elle s'élève jusqu'aux lieux célestes en Jésus-Christ ; rien n'est plus parfait et harmonieux, puisque le Saint-Esprit en est l'architecte ; rien n'est plus beau, car elle est ornée de pierres de tous les âges, de tous les lieux, de tous les peuples, des plus grands rois aux plus humbles paysans, des plus brillants savants aux plus simples croyants. Il n’y a rien de plus vaste, car il s’étend sur toute la terre et embrasse tous ceux qui ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. Il n’y a rien de plus divin, car c’est un édifice vivant, animé et habité par le Saint-Esprit. »

Que cet éloge soit aussi notre louange ! Prions ensemble pour que Dieu nous donne la force de participer activement et fidèlement à la construction de son Édifice, l’Église : « Seigneur notre Dieu, lorsque nous apprenons comment l’Église a évolué au cours de son histoire, et que nous l’observons aujourd’hui, nous ne sommes pas fiers. Nous voyons ses manquements, ses trahisons, ses égarements, son orgueil, son infidélité. Et pourtant, ton Église est toujours vivante. Lorsqu’elle disparaît dans un pays, elle rejaillit dans un autre. Ton Évangile est toujours annoncé, ta Parole est enseignée, ton Esprit œuvre toujours dans la vie de millions de croyants de par le monde. Notre Dieu et notre Père, lorsque nous nous examinons nous-mêmes, nous voyons aussi nos manquements et nos fautes. Nous voyons combien nous pouvons offenser le Saint-Esprit en refusant de le laisser agir en nous. Mais nous savons aussi que nous sommes à toi, et que tu nous aides à améliorer notre comportement, notre service, notre foi. Et nous t’en sommes si reconnaissants. Continue de nous transformer et de renouveler notre intelligence pour que nous puissions te servir dans la pureté et contribuer ainsi à bâtir ton Église, que tu aimes et veux qu’elle devienne irréprochable. Nous te le demandons au nom de Jésus, amen. »

Eh bien, rejoignez-nous la semaine prochaine, au cours de laquelle nous étudierons ensemble le chapitre 3 de la lettre aux Éphésiens.