Éphésiens 2.4-7

Semaine 2 - jour 2

Épître aux Éphésiens

Éphésiens 2.4-7

14:21


Dieu est riche en compassion ! Cette phrase fort bienvenue introduit la distinction établie par Paul entre la vie des incroyants, y compris les chrétiens avant leur conversion, et celle des croyants nés de nouveau en Christ. La différence entre ces deux groupes réside en Dieu, et non en nous.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Paul aux Éphésiens ! Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur les versets 4 à 7 du chapitre 2 ; c’est notre deuxième étude sur ce chapitre. L’espérance revient ! Après avoir décrit la mort spirituelle inévitable sans Dieu, Paul déclare : « Mais Dieu est riche en compassion. A cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts en raison de nos fautes, il nous a rendus à la vie avec Christ – c’est par grâce que vous êtes sauvés –, il nous a ressuscités et fait asseoir avec lui dans les lieux célestes, en Jésus-Christ. Il a fait cela afin de montrer dans les temps à venir l'infinie richesse de sa grâce par la bonté qu’il a manifestée envers nous en Jésus-Christ. »

Dieu est riche en compassion ! Cette phrase fort bienvenue introduit la distinction établie par Paul entre la vie des incroyants, y compris les chrétiens avant leur conversion, et celle des croyants nés de nouveau en Christ. La différence entre ces deux groupes réside en Dieu, et non en nous. Paul ne dit pas : « Mais ensuite nous avons fait… » Il fait uniquement référence à la puissance de Dieu.

Deux raisons expliquent le changement opéré par Dieu dans nos vies. Premièrement, Paul évoque la compassion divine – on dit aussi la « miséricorde divine ». L’idée est très proche de celle de bonté. Dieu est associé à la compassion dans toute l’Écriture, en particulier dans l’épître aux Romains, où Paul développe ses enseignements les plus complets sur le salut. Deuxièmement, Paul mentionne le grand amour de Dieu pour nous. Dieu possède l’amour et nous l’accorde. Dieu est amour et manifeste son amour en nous sauvant du péché. La différence entre notre condition d’incroyants et celle de croyants sauvés ne repose manifestement pas sur nos efforts, nous le verrons demain, mais sur la compassion et l'amour de Dieu dans nos vies. Sans lui, nous ne pouvons rien faire, pas même exprimer la foi nécessaire pour accepter son don du salut. Jésus lui-même nous le dit, comme nous le lisons dans l’évangile selon Jean, au chapitre 15, verset 5 : « Sans moi vous ne pouvez rien faire. »

Avec les mots « mais » et « à cause de », Paul explique pourquoi Dieu réconcilie les croyants avec lui, et ces raisons se trouvent entièrement en Dieu. Il s’agit de sa grande compassion et de son immense amour, qu’il déploie sur nous. Comme nous étions corrompus par nature et pécheurs dans nos pratiques, nous ne pouvions posséder aucun mérite ni aucun droit auprès de Dieu ; et il a fallu une grande bonté pour mettre fin à tant de souffrances et pardonner de telles transgressions. On pourrait imaginer un Dieu d’une telle compassion et d’un tel amour qui ne concentrerait pas cette compassion et cet amour sur nous. Mais derrière la bonne nouvelle du salut offert en Jésus se cache le fait qu’ils nous sont offerts.

Dieu n’a pas attendu que nous soyons dignes d’amour. Il nous aimait même lorsque nous étions morts dans nos transgressions, ne lui offrant rien qui puisse être aimé.

Certains pervertissent l'idée de la compassion et de l'amour de Dieu pour justifier leur orgueil. Ils s'imaginent que Dieu nous aime parce que nous sommes aimables. Or, l'amour de Dieu est si grand qu'il s'étend même aux plus détestables – aux enfants de la colère mentionnés au verset précédent. Toute raison de la compassion et de l'amour de Dieu se trouve en lui et en lui seul. Nous ne lui donnons aucune raison de nous aimer, et pourtant, dans la grandeur de son amour, il nous aime malgré tout de cet amour immense. Par conséquent, nous devons cesser de chercher à nous rendre aimables à Dieu, mais tout simplement recevoir son grand amour, tout en reconnaissant notre indignité. C'est le secret de la grâce dans la vie chrétienne.

Nous ne nous donnons pas la vie par nous-mêmes ; c'est Dieu qui le fait. Nos péchés nous séparent complètement de Dieu, spirituellement et quant à notre destinée éternelle. Pourtant, les transgressions mentionnées par Paul au verset 1, qui nous rendent « morts », n'ont pas suffi à empêcher Dieu de nous rendre à la vie. Il est remarquable que nous soyons rendus à la vie « avec Christ ». Cela implique, une fois encore, que Jésus est vivant ; il est ressuscité des morts et règne à la droite de Dieu.

Quand on pense à ce qui s'est passé lors de Pâques, quand on pense à ce qui s'est passé sur la croix, quand on pense à ce qui s'est passé lors de la résurrection, ce n'est pas seulement de l'histoire en général qu’il s’agit. Il est question véritablement de notre histoire. Ce que Jésus a fait pour nous a mis fin à nos péchés et nous a donné la vie. Ces versets parlent du fait que nous avons été rendus à la vie. Nous avons été ressuscités. Nous avons été accueillis. Vivants, ressuscités et accueillis ! Ces trois mots décrivent qui nous sommes désormais en Christ. Dieu nous a rendus vivants avec Christ alors même que nous étions morts dans nos transgressions et nos péchés.

Revivre implique le pardon. La fin de ce verset souligne une fois de plus que notre salut est entièrement dû à la grâce de Dieu. Les lecteurs de Paul étaient déjà des chrétiens sauvés. Ce salut s'était accompli par la grâce de Dieu, un fait que Paul tient à leur rappeler afin qu'ils demeurent reconnaissants et vivent pleinement consacrés au Seigneur. Voilà ce que Dieu a fait pour ceux qui étaient morts dans le péché. Il a partagé notre mort afin que nous puissions partager sa vie de résurrection. Le vieil homme est crucifié et, en Jésus, nous sommes de nouvelles créatures : le passé disparaît et toutes choses deviennent nouvelles. Paul tient à dire que c’est l’œuvre de la grâce de Dieu, qui n’implique en rien le mérite de l’homme. Notre salut – notre délivrance – de la mort spirituelle est l’œuvre de Dieu accomplie pour ceux qui ne le méritent pas.

En plus d'être rendus vivants en Christ, Dieu nous a « ressuscités avec lui ». Nous sommes désormais vivants par la même puissance qui a ramené Jésus d'entre les morts. Dans l'avenir, nous nous tiendrons auprès de Christ dans les lieux célestes. Fait intéressant, Paul parle de cela comme si c'était déjà arrivé. Il considère que ce n'est qu'une question de temps. Il avait la ferme conviction que ceux qui ont véritablement cru en Christ peuvent espérer l'éternité avec le Seigneur. Paul enseigne ailleurs que rien ne peut nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ et l’apôtre Jean, dans sa première lettre, au chapitre 5, ajoute que Dieu veut que les croyants sachent – qu'ils aient la certitude – qu'ils ont la vie éternelle.

L'idée des « lieux célestes » n'est mentionnée que dans l'épître aux Éphésiens. Paul y fait déjà référence au premier chapitre. Au chapitre 3, verset 10, nous verrons qu’il parle de la sagesse de Dieu désormais révélée à ceux qui sont dans les lieux célestes. Et au chapitre 6, verset 12, Paul évoque notre combat contre les forces spirituelles du mal dans les lieux célestes. Cette expression désigne bien plus que le seul ciel : elle englobe le monde spirituel tout entier, au-delà du monde physique connu.

Voici la position actuelle du chrétien. Nous avons une nouvelle demeure, un nouveau champ d'existence : nous ne sommes plus de ceux qui habitent sur la terre, mais notre citoyenneté est dans les cieux. Paul le dit clairement aussi dans sa lettre aux Philippiens, au chapitre 3, verset 20 : « Notre droit de cité est dans le ciel, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ. » Nous ne siégeons pas encore dans les lieux célestes avec Jésus-Christ. Nous siégeons plutôt dans les lieux célestes en Jésus-Christ. Puisque notre vie et notre identité sont en Christ, comme il siège dans les lieux célestes, nous y siégeons aussi. Grâce à lui, nous avons droit au royaume de Dieu, nous anticipons cette gloire et nous sommes infiniment heureux de posséder ce salut et d'être en communion avec Jésus-Christ.

Paul passe du passé au présent, puis à l'avenir, comme nous le lisons au verset 7 de notre chapitre : « Il a fait cela afin de montrer dans les temps à venir l'infinie richesse de sa grâce par la bonté qu’il a manifestée envers nous en Jésus-Christ. » Un jour, Dieu révélera toute la puissance et la gloire de sa grâce. Au chapitre 1 verset 19, Paul évoquait l'« incommensurable grandeur » de la puissance de Dieu envers ceux qui croient. Il parle maintenant de l’infinie richesse de sa grâce à venir. La grandeur de Dieu dépasse clairement toute mesure humaine, tant dans ce que nous recevons aujourd'hui que dans ce qu'il nous a promis pour l'avenir.

La grâce de Dieu est à nouveau présentée comme une bénédiction liée à sa bonté. Cette bonté a pour but de nous conduire à la repentance. Dieu fait preuve de bonté envers les croyants, mais de jugement envers les incroyants. La bonté doit également se manifester dans la vie des croyants qui cherchent à suivre le Seigneur. Paul le rappelle dans plusieurs de ses lettres. Dans sa lettre à Tite, au chapitre 3, verset 4, il dit que : « Lorsque la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes ont été révélés, il nous a sauvés. » La grâce est un geste de bonté de Dieu envers ceux qui croient.

Cette œuvre accomplie en nous reflète infiniment plus la gloire de Dieu que notre propre gloire, et Dieu utilisera son œuvre dans l'Église pour manifester sa gloire à travers les âges.

Charles Spurgeon disait : « Sa grâce est infinie, et même bien plus. Le Seigneur possède toute la grâce dont l’univers entier a besoin, et bien plus encore. Elle déborde : aucune demande ne saurait l’appauvrir, ni même diminuer son immense compassion ; il restera toujours une source inestimable de compassion, aussi pleine qu’au moment où il commença à bénir les hommes. »

Une façon de percevoir la grandeur de la grâce de Dieu est de voir comment il supplie l'humanité de la recevoir. Lorsque nous offrons un cadeau à quelqu'un et qu'il le refuse, nous avons tendance à accepter son refus et à le laisser tranquille. Dieu n'agit pas ainsi avec nous ; même lorsque nous refusons sa bonté, il puise dans son immense réserve de grâce et persiste auprès de nous, nous demandant d'accepter ce don gratuit.

Nos vies ont un but précis aujourd'hui : Dieu nous conduit vers l'éternité. Voilà qui doit nous permettre de faire face aux frustrations, aux défauts et aux échecs que nous affrontons chaque jour. Dieu a fait tout cela afin que, dans les siècles à venir, il puisse nous montrer la bonté de sa grâce pour l'éternité. Quelle belle perspective pour nos vies qui sont bien plus que la naissance, une courte existence sur terre puis la mort ! Voilà ce que Dieu nous promet dans sa grâce : la vie sans fin en sa présence ! Remercions donc notre Seigneur pour sa grâce surabondante : « Notre Dieu et notre Père, comment ne pas te remercier pour ta grâce, ce geste si bienveillant envers nous qui croyons en toi ! Si nous croyons, c’est parce que c’est toi qui nous as conduits à la foi et qui a permis que nous puissions saisir ta grâce infinie. C’est donc humblement que nous nous approchons de toi et que nous voulons prendre ta main, toi qui veux saisir la nôtre. Ne nous lâches pas Seigneur quand nous nous relâchons ! Ne t’éloignes pas de nous, lorsque nous nous écartons de tes voies. Oh notre Dieu, nous nous approchons de toi dans la reconnaissance et voulons vivre à jamais en ta présence. C’est au nom de Jésus que nous te louons, t’adorons et t’implorons, amen. »