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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Paul au Éphésiens en compagnie de Tom Holladay ! Nous en sommes à notre troisième semaine et nous allons étudier ensemble le chapitre trois en cinq étapes. Ce chapitre aborde le mystère de Christ révélé aux versets 1 à 13. La seconde partie de ce chapitre met l'accent sur la prière de Paul pour la force spirituelle et conclut la première partie de sa lettre aux versets 14 à 21.
Le premier passage, des versets 1 à 13, mentionne Paul lui-même comme prisonnier pour les non-Juifs, au verset 1 : « Moi Paul, je suis le prisonnier de Jésus-Christ pour vous, les non-Juifs. » Il présuppose que ses lecteurs connaissent son appel à les servir ; il le leur rappelle au verset 2. L'Évangile lui a été révélé, dit-il au verset 3, comme il l'avait déjà mentionné. C'était une information qu'il ignorait auparavant, nous le lisons aux versets 4 et 5. Le mystère dont Paul parle au verset 6 est que, par l'Évangile, les non-Juifs – les païens – sont désormais membres de la famille de l'Église en Jésus.
Au verset 7, Paul dit qu’il est ministre de cet Évangile par la grâce de Dieu. Bien qu'il ait été le moins susceptible d'occuper ce rôle, Dieu lui a confié la mission d’annoncer Christ aux non-Juifs, verset 8. Il a cherché à apporter la lumière à tous concernant le plan et la grâce de Dieu, verset 9. Cela faisait partie du plan éternel de Dieu, versets 10 et 11. Paul affirme aussi que nous avons, par notre foi en Jésus, l'assurance et la possibilité de nous adresser à Dieu, verset 12. Il exhorte également ses lecteurs à ne pas se décourager face à son emprisonnement, verset 13.
L'emprisonnement décrit par Paul était sa première incarcération à Rome, qui a eu lieu entre 60 et 62 ap. J.-C. environ. Durant cette période, Paul était assigné à résidence en attendant son procès. Malgré cette détention, il a pu, pendant deux années entières, prêcher librement l'Évangile à tous ceux qui venaient à lui. Ainsi, même certains membres de la maison de César se sont convertis. Nous le découvrons dans sa lettre aux Philippiens, au chapitre 4, verset 22. De plus, pendant cette période, Paul a écrit quatre lettres qui font aujourd'hui partie du Nouveau Testament : les lettres aux Philippiens, aux Colossiens et à Philémon, ainsi que sa lettre aux Éphésiens. Son emprisonnement lui a permis vraisemblablement d'écrire d'autres lettres qui, elles, n’ont pas été intégrées aux livres de la Bible.
La seconde partie de notre chapitre – les versets 14 à 21 –, contient une prière personnelle de Paul. Il s'est agenouillé - verset 14 - et a demandé à Dieu de fortifier les Éphésiens par son Esprit, versets 15 et 16. Il désire que Christ demeure dans le cœur de l'église d'Éphèse par la foi, verset 17. Il souhaite qu'ils connaissent la profondeur de l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, versets 18 et 19.
Paul conclut le chapitre par une louange au Seigneur, aux versets 18 à 21. Pour lui, Dieu est capable de faire infiniment plus que tout ce que nous pouvons demander ou imaginer, verset 20. Dieu mérite toute la gloire en toutes choses et en tout temps, verset 21. Cette prière conclut également la première partie de la lettre de Paul, les chapitres suivants abordant de nouveaux thèmes et des questions d’ordre pratique pour la vie de l'Église.
Durant sa captivité romaine, Paul était assigné à résidence. Le jour, il pouvait circuler librement dans la maison sous la surveillance de soldats, mais chaque nuit, il était enchaîné à un soldat pour l'empêcher de s'évader avant son procès devant César. Pourtant, il se considérait comme le prisonnier de Jésus-Christ. Il savait que Jésus était le Seigneur de sa vie, et non le gouvernement romain ; aussi, s'il était prisonnier, il était le prisonnier de Jésus.
S’il était arrêté et en attente de son procès, c’était entièrement à cause de son œuvre missionnaire auprès des non-Juifs. Paul a souffert pour la vérité même qu’il voulait expliquer aux Éphésiens, et cela ne l’a jamais fait reculer. Il ne voulait surtout pas qu’on le plaigne de son emprisonnement, mais désirait que ses lecteurs comprennent que sa captivité était pour eux l’occasion de fortifier leur foi.
On ignore la date exacte à laquelle Paul a écrit chacune de ses épîtres de prison, mais la période de deux ans qu'il a passée en résidence surveillée à Rome est datée entre 60 et 62 ap. J.-C. L'emprisonnement de Paul à Rome est attesté par le livre des Actes des Apôtres, où l'on trouve la mention de sa garde par des soldats, au chapitre 28, verset 16, de la permission de recevoir des visites, au chapitre 28, verset 30, et des occasions qu'il a eues de propager l'Évangile, au même chapitre, verset 31. Ces détails, ainsi que la mention par Paul de sa présence parmi « ceux qui appartiennent à la maison de César » dans sa lettre aux Philippiens, au chapitre 4, verset 22, confortent l'hypothèse selon laquelle Paul a écrit ses épîtres de prison depuis Rome.
Le temps que Paul a passé en prison avait pour but de répandre l’Évangile dans la capitale des non-Juifs, Rome. Luc, l’auteur du livre des Actes, au chapitre 23, verset 11, déclare que le Seigneur lui-même lui a dit : « Prends courage, Paul : de même que tu as rendu témoignage de ce qui me concerne à Jérusalem, il faut aussi que tu rendes témoignage à Rome. » Le temps de captivité de Paul nous est tout aussi profitable aujourd’hui qu’il l’a été pour les Églises du premier siècle qu’il aimait tant. Jésus n'était pas seulement présent auprès de Paul ; il lui a adressé des paroles de réconfort. Ces mots, « Prends courage ! », nous indiquent que la nuit avait plongé Paul dans une profonde détresse, tant émotionnelle que spirituelle. Jésus était là pour réconforter son fidèle serviteur qui s’était tant dépensé pour lui. Vous pensez peut-être que les choses vont mal pour vous en ce moment, mais vous n'en connaissez peut-être même pas la moitié. Jésus, lui, le sait, et pourtant, il vous dit : « Prends courage ! » Pourquoi ? Non pas parce que tout va bien ; mais parce que Dieu règne toujours et qu'il maintient sa promesse que toutes choses concourent au bien de ceux qui l'aiment, de ceux qui sont appelés selon son dessein. C’est Paul lui-même qui le dit dans sa lettre aux Romains, au chapitre 8, verset 28.
Bien que les lettres de Paul écrites en prison reflètent sa situation terrestre de prisonnier à Rome, il affirme clairement que sa captivité a été avant tout pour Christ.
La Bible du Semeur et la Bible en français courant offrent une version du verset 1 plus complète de l’original : « C’est pourquoi moi Paul, le prisonnier de Jésus-Christ pour vous, les non-Juifs… »
Paul aborde un nouveau sujet. Après avoir évoqué l'idée que le croyant non-juif était désormais un « homme nouveau » (ce qui s'applique également au croyant juif), il explique comment Dieu lui a révélé de manière unique l'idée de l'Église. L’expression « C’est pourquoi » fait écho aux versets 11 à 22 du chapitre 2, dont nous avons parlé la semaine dernière, qui traitent de l'idée que Juifs et non-Juifs sont intégrés à l'Église, une entité nouvelle. Cela s'est produit grâce à leur union avec Christ.
L'emploi du terme « moi, Paul » est emphatique. Dieu a donné à Paul, plus qu'à tout autre apôtre, une compréhension profonde de l'Église, cette entité nouvelle née le jour de la Pentecôte.
Pour Paul, il était prisonnier de Jésus-Christ, non de Rome. La main souveraine de Jésus-Christ l’accompagnait partout. Le mot « de » indique qu’il appartenait à Jésus-Christ. Sa vision de la vie était très différente de celle des autres personnes en difficulté. Il était convaincu que rien ne pouvait l’atteindre sans la permission du Seigneur. Paul n’a jamais dit qu’il était prisonnier de César. Il se considérait toujours comme un « prisonnier de Jésus-Christ ».
Le ministère principal de Paul s'adressait aux non-Juifs, comme il le précise à son ami Timothée, dans la deuxième lettre qu’il lui a adressée, au chapitre 1, versets 11 et 12 : « J'ai été établi prédicateur et apôtre, chargé d’enseigner les non-Juifs. Voilà pourquoi j’endure ces souffrances, mais je n'en ai pas honte, car je sais en qui j'ai cru et je suis persuadé qu'il a la puissance de garder le dépôt qu’il m’a confié… »
Paul était prisonnier pour les non-Juifs. Le mot grec « pour » signifie « au nom de ». Les chaînes de Paul à Rome ont été profitables aux non-Juifs. C'est pour eux que Dieu a formé l'Église et pas seulement pour les Juifs. C’est pourquoi Paul pouvait dire dans sa lettre aux Colossiens, au chapitre 1, verset 24 : « Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous et je supplée dans ma vie à ce qui manque aux peines infligées à Christ pour son corps, c’est-à-dire l'Église. »
L’attitude exemplaire de Paul met en évidence le principe suivant : la confiance en la souveraineté de Dieu nous permet d’accepter toute situation qui se présente à nous et de rester dans la joie quelles que soient nos circonstances.
La plupart d'entre nous se concentrent sur leurs circonstances plutôt que sur ce que le Seigneur fait dans nos vies. Nous ne devrions pas nous focaliser sur nos circonstances, mais sur le Seigneur. Si nous avons une confiance totale dans le point de vue de Dieu sur notre situation, notre vision de la vie changera radicalement. Nous pouvons trouver une joie immense dans l'épreuve. C'est vivre par la foi plutôt que par la vue.
Considérons-nous que nos circonstances sont l'œuvre du Seigneur, ou bien qu’il les permet ? Sommes-nous sous son contrôle ? Dieu offre aux chrétiens une perspective différente. Nous pouvons considérer les choses du point de vue de Dieu. Aujourd'hui, beaucoup de chrétiens s'inquiètent de l'évolution culturelle de leur pays. Cependant, nous devrions examiner les problèmes culturels actuels à la lumière du fait que Jésus est maître de toute l'histoire. Au lieu de considérer son emprisonnement comme un obstacle au service de Jésus-Christ ou une interruption de ce service, Paul l’a perçu comme une partie essentielle de ce que signifie être serviteur pour lui. Il l'a accepté pleinement en tant que serviteur. Et c’est ainsi qu’il nous invite à accepter nos propres situations en tant que serviteurs de Dieu. N’attendons pas que les circonstances soient idéales pour le servir !
Alors, prenons un instant pour prier aujourd'hui et parlons à Dieu de nos circonstances. Et je vous encourage à dire simplement : « Seigneur notre Dieu, tu connais les circonstances que nous traversons en ce moment, les bonnes et les mauvaises. Tu vois ce à quoi nous nous confrontons jour après jour. Tu nous as toujours aidés à les traverser, mais nous confessons que nous pensons plus à nos difficultés qu’aux autres, nous nous concentrons sur nos épreuves et ne considérons pas comment nous pouvons te servir dans les moments difficiles que nous traversons. Aide-nous à recentrer nos pensées sur toi. Nous pensons aussi à tous ceux qui sont persécutés dans le monde à cause de leur foi en toi. Remplis-les de ta joie, pour qu’ils puissent résister dans leurs détresses et qu’ils n’abandonnent pas leur combat pour toi. Rends-nous sensibles à leurs souffrances, et à être généreux quand nous pouvons les aider et les encourager. Nous te le demandons au nom de Jésus, amen. »
Rejoignez-nous demain. Nous poursuivrons notre étude sur ce que signifie être un
Serviteur en examinant ensemble les versets 2 à 6 du chapitre 3 de la lettre aux Éphésiens.