Éphésiens 3.14-17a

Semaine 3 - jour 4

Épître aux Éphésiens

Éphésiens 3.14-17a

21:52


Sa prière s'appuie sur ce qu'il a précédemment évoqué. Cela inclut la liberté, l'assurance et la confiance nécessaires pour s'approcher du Seigneur. La raison de sa prière, c'est le mystère de l'Église, un statut nouveau en Christ pour le croyant. Paul prie alors pour que l'Église d'Éphèse soit fortifiée par la connaissance de ce nouveau statut en Christ.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Paul aux Éphésiens ! Nous en sommes au quatrième jour de notre réflexion sur le troisième chapitre, et nous examinerons ensemble le passage des versets 14 à la première moitié du verset 17. Après avoir parlé du « mystère » de Dieu, Paul enchaîne avec une prière pour les Éphésiens, qui s'étend du verset 14 jusqu'à la fin du chapitre. C'est une prière pour l'unité.

Aux verset 14 et 15, Paul dit : « Voilà pourquoi je plie les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, de qui toute famille dans le ciel et sur la terre tient son nom. » Sa prière s'appuie sur ce qu'il a précédemment évoqué. Cela inclut la liberté, l'assurance et la confiance nécessaires pour s'approcher du Seigneur. La raison de sa prière, c'est le mystère de l'Église, un statut nouveau en Christ pour le croyant. Paul prie alors pour que l'Église d'Éphèse soit fortifiée par la connaissance de ce nouveau statut en Christ. Il commence sa prière en évoquant son humilité, en se prosternant devant Dieu.

S'agenouiller pour prier est l'une des postures appropriées pour s'adresser à Dieu. Fléchir le genou exprime une attitude physique d'humilité envers lui. C'est une marque de respect particulière que nous lui témoignons dans la prière. Paul savait qu’« au nom de Jésus, tout genou fléchirait ». Il le rappelle dans plusieurs de ses lettres. Ce principe résonnait particulièrement lors de sa dernière rencontre avec les anciens d’Éphèse. À la fin de cette rencontre, comme le rapporte le livre des Actes des Apôtres, au chapitre 20, versets 36 à 38 : « Après avoir dit cela, il s’est mis à genoux et a prié avec eux tous. Tous ont alors fondu en larmes ; ils se jetaient au cou de Paul et l'embrassaient, attristés surtout parce qu'il avait dit qu'ils ne verraient plus son visage. Puis ils l'ont accompagné jusqu'au bateau. » Plus tard, depuis sa prison à Rome, l’apôtre priait dans cette position quand il intercédait en leur faveur et il le leur confie dans sa lettre.

Paul adresse sa prière au Père, le Créateur, la personne de Dieu qui planifie tout et qui prend les initiatives. Puisque Dieu est notre Père, nous pouvons nous adresser à lui et avoir recours à son aide face à toutes les difficultés. Dans la Bible, la prière est généralement adressée au Père, par l’intermédiaire du Fils, grâce à la puissance et à la direction du Saint-Esprit. Le propos de Paul englobe Dieu comme le modèle parfait de Père pour les croyants et les non-croyants, puisqu'il est le créateur de tout. Ses paroles pourraient également inclure ceux qui sont décédés : « toute famille dans le ciel ». Certains ont suggéré que « dans le ciel » pourrait aussi désigner les anges. Toutefois, il est possible que Paul ait simplement fait référence à tous les êtres vivants, comme il l'avait fait précédemment au verset 9.

En employant l'expression « dans le ciel et sur la terre », Paul fait écho à des passages de l'Ancien Testament tels que le Psaume 135.6 : « Tout ce que l’Éternel veut, il le fait, dans le ciel et sur la terre. » Jésus a également déclaré dans sa grande commission aux disciples dans l’évangile selon Matthieu, au chapitre 28, verset 18 : « Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre ». La prière de l'apôtre n'est pas nouvelle ; elle s'inscrit pleinement dans les enseignements passés, présents et futurs de Dieu concernant la manière de s'adresser au Seigneur dans la prière.

Pour Paul, l'Église est une affaire de famille. Le fondement de toute filiation chrétienne repose sur Jésus-Christ. Chaque chrétien est membre de la famille de Dieu. Le Père est le modèle de la paternité ; il est le Père dont toute famille humaine tire son nom. La famille humaine a un Père archétypal. De plus, l'Église elle-même est une grande famille de Dieu. Dieu nous nomme d'après lui-même, comme son peuple particulier, comme Paul l’affirme dans sa lettre aux Romains, au chapitre 9, versets 25 et 26, en citant une promesse du prophète Osée : « là où on leur disait : ‘Vous n'êtes pas mon peuple’, ils seront appelés fils du Dieu vivant. »

Ceux qui ne connaissent pas Dieu comme leur Père ont un autre père, le diable, le père du mensonge. C’est Jésus lui-même qui le dit. La différence entre ces deux pères radicalement différents réside dans la nouvelle naissance spirituelle. Ceux qui sont nés de nouveau ont Dieu pour Père.

Dans l'usage biblique du nom, celui-ci révèle le caractère. Ainsi, un nom est plus qu'un simple élément qui distingue une personne d'une autre. Un nom révèle la véritable nature d'une personne. L'Écriture affirme que notre relation à Dieu s'articule autour de la famille. Notre descendance du Père influence notre nature. Nous appartenons à une même souche qui tire sa nature de Dieu le Père. Un père est celui qui éduque, discipline, prend soin, subvient aux besoins et guide ses enfants. Il partage avec eux les bons comme les mauvais moments.

Tous les êtres humains, d'une certaine manière, ont leur origine en Dieu le Père, et d'une autre manière, non. D'un côté, il y a la famille spirituelle de Dieu, et de l'autre, l'idée que Dieu a institué la famille comme institution divine. Ceci est particulièrement important à notre époque en raison des attaques dont la famille fait l'objet. La famille trouve son origine dans la nature même de Dieu le Père. Notons en passant qu’en rappelant que toute la famille de Dieu porte son nom, Paul montrait à quel point il était sensible à l'idée de l'unité essentielle du Corps de Christ. Dieu est le Père des Juifs et des non-Juifs.

Au verset 16 et 17 de notre chapitre, Paul poursuit la prière commencée au verset 14 en insistant sur la gloire de Dieu : « Je prie qu'il vous donne, conformément à la richesse de sa gloire, d'être puissamment fortifiés par son Esprit dans votre être intérieur, de sorte que Christ habite dans votre cœur par la foi. » Paul emploie ici une formulation similaire à celle que nous trouvons dans sa lettre aux Romains, au chapitre 9, verset 23 concernant « la richesse de sa gloire envers des vases de compassion qu'il a d'avance préparés pour la gloire. » La gloire de Dieu est mentionnée tout au long de la lettre aux Éphésiens afin de ramener constamment ses lecteurs vers Dieu. Paul demande ensuite à Dieu, par le Saint-Esprit, une force spirituelle profonde pour ces chrétiens d'Éphèse. L'importance qu'il accorde à la Trinité dans ce passage est à nouveau manifeste. Il s'incline devant le Père, mentionne ici le Saint-Esprit et évoque Christ au verset 17 dans le cadre de cette même prière.

L'« être intérieur » désigne la dimension spirituelle de la personne. Paul parle de son « être intérieur » dans sa lettre aux Romains, au chapitre 7, versets 22 et 23, affirmant qu'il trouve sa joie dans la loi de Dieu qui réside dans son être intérieur, ou dans son esprit. L’apôtre désire que le Saint-Esprit agisse avec puissance dans la vie spirituelle des Éphésiens, à l'image des premiers croyants relatés dans le livre des Actes des Apôtres. Paul lui-même en a fait l'expérience tout au long de son ministère. Cette puissance ne provenait pas de simples émotions, mais bien de la prière humble.

Dieu nous accorde des grâces. Il ne s'agit pas tant de nous donner des richesses que de nous fortifier grâce à celles que nous possédons déjà. Dieu désire que nous vivions en accord avec notre position en Christ. Nous prenons d'abord conscience de notre privilège en Christ, puis nous l'appliquons à notre vie. Dieu nous donne selon la grandeur de sa richesse, fruit de sa gloire. Il ne nous donne pas selon notre manière de vivre ; il donne selon la grandeur de sa richesse, non la nôtre. Le terme de « gloire » indique que ces richesses appartiennent à Dieu de par sa nature même.

Notre Dieu désire ardemment que les croyant soient assez forts pour résister à la tentation. Il utilise son Esprit pour fortifier notre être intérieur. C’est bien par l'Esprit qu’il nous rend forts. L’« homme intérieur » désigne l’être le plus profond du croyant. C’est au plus profond de notre être que Dieu nous fortifie par son Esprit. Nombre de chrétiens n’atteignent jamais la pleine force de leur être intérieur car ils n’intègrent pas les privilèges dont ils disposent déjà à leur expérience. C’est ce qu’on appelle la pauvreté spirituelle. La croissance en Christ est nécessaire à notre développement spirituel. En appliquant les principes de la Parole de Dieu, nous grandirons en Christ. Cela nourrira notre être intérieur, et nous pourrons dire avec confiance ce que Paul affirme aux Corinthiens, dans sa deuxième lettre, au chapitre 3, verset 18 : « Nous tous qui, sans voile sur le visage, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés à son image, de gloire en gloire, par l'Esprit du Seigneur. »

Plus la force d'appliquer la Parole de Dieu grandit en nous, plus le péché diminue. Nous prenons grand soin de notre être extérieur, de notre corps. À plus forte raison devrions-nous prendre soin de notre être intérieur, de notre vie spirituelle ! Et Paul est certain que « même si notre être extérieur se détruit, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour ». C’est encore aux Corinthiens qu’il l’affirme, dans sa deuxième lettre au chapitre 4, verset 16. La vie spirituelle intérieure du croyant peut s'engourdir ; elle peut perdre sa vitalité auprès de Dieu. L'âme peut atteindre un point d'affaiblissement où la vie chrétienne perd tout dynamisme. Seul l'Esprit de Dieu peut nous insuffler une force nouvelle pour nous transformer de chrétiens apathiques en croyants dynamiques, débordants de vie spirituelle.

Si un pauvre nous donnait quelque chose selon ses moyens, ce ne serait pas grand-chose. En revanche, si un milliardaire donnait selon ses moyens, ce serait considérable. Si, par contre, un riche nous donnait cinq euros, ce ne serait pas à la mesure de ses moyens. Eh bien, Dieu ne nous donne pas selon nos critères, mais selon la mesure de son immense richesse ! Il nous comble de cette richesse. Il nous donne à la mesure de sa richesse, et non pas chichement. Les chrétiens jouissent déjà d'un privilège spirituel auprès de Dieu. Il est triste de constater que beaucoup vivent au quotidien sans s'approprier ce privilège. Nous sommes riches, mais spirituellement, nous pouvons être misérables.

La première partie du verset 17 est une déduction du verset 16 : « de sorte que Christ habite dans votre cœur par la foi. » Nous avons besoin du Saint-Esprit pour nous fortifier et sortir de notre léthargie spirituelle, et nous devons laisser Christ habiter en nous. Nous avons besoin de sa présence personnelle dans nos vies.

Le mot « habiter » vient de deux mots grecs signifiant « en bas » et « habiter une maison ». Leur combinaison évoque l'idée de s'installer chez soi. Ainsi, « habiter » signifie être chez soi, résider en permanence dans un lieu. Ici, il s'agit bien sûr d'une présence vécue plutôt que d'une position géographique. La présence de Christ dans nos cœurs signifie qu'il y est « chez lui ». Jésus-Christ peut demeurer au plus profond de la vie du croyant.

Par la foi, nous pouvons faire l'expérience de la présence de Christ dans nos cœurs. C'est la foi qui rend cette présence en nous acceptable à Dieu. Notre vie spirituelle stagne car notre foi s'est affaiblie. Il nous faut raviver pleinement notre foi. Une foi vivante nous permet de dépendre constamment de lui. Jésus-Christ trouvera une place de choix dans nos cœurs lorsqu'il deviendra dominant dans nos vies. Mettons donc tous les dons et la puissance que le Saint-Esprit nous a donnés à son service pour qu’il réside toujours dans notre cœur ! Ici, Paul met l’accent sur la croissance dans la foi plutôt que dans la connaissance, bien que les deux soient importantes. Au chapitre 2, verset 22, il utilise également l'idée d'une « habitation de Dieu par l'Esprit ». De même, il exprime ce vœu aux Colossiens, au chapitre 3, verset 16 de sa lettre : « Que la parole de Christ habite en vous dans toute sa richesse ! »

Eh bien, terminons notre étude aujourd’hui en demandant à Dieu que le désir de Paul pour les chrétiens d’Éphèse soit le nôtre, pour nous-mêmes et pour l’ensemble des membres de la famille de Dieu : « Seigneur, toi qui nous aimes tant, nous nous approchons de toi avec joie car tu nous as comblés de ton amour. Tu nous as donné ta parole, celle qui par ton Esprit nous transforme. Nous voulons découvrir toute la richesse de ta parole, non pas seulement pour mieux la connaître, mais pour mieux la vivre. Qu’elle vienne faire sa demeure au plus profond de notre être. Qu’elle soit notre référence chaque fois que nous devons prendre une décision, chaque fois que nous sommes tentés de faire le mal. Qu’elle nourrisse notre intelligence et nous renouvelle au quotidien. Ta Parole en nous, c’est toi qui vis en nous, toi la Parole de vie ! Nous sommes heureux de faire partie de ta famille et d’être à ton service. C’est au nom de Jésus que nous t’adressons notre louange et nos requêtes, amen. »

Rejoignez-nous demain. Nous conclurons ensemble notre étude du chapitre 3 de la lettre aux Éphésiens.