Éphésiens 3.17b-21

Semaine 3 - jour 5

Épître aux Éphésiens

Éphésiens 3.17b-21

23:37


Après avoir demandé à Dieu que Christ habite dans le cœur des Éphésiens par la foi, Paul prie pour qu’ils soient assurés de leur confiance en l'amour.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Paul aux Éphésiens ! Aujourd'hui, nous poursuivons notre réflexion sur le chapitre 3. Nous en sommes au cinquième et dernier jour de notre survol de ce chapitre et nous étudierons ensemble les versets 17 à 21. Écoutons tout d’abord notre texte de la deuxième partie du verset 17 au verset 19 : « Je prie que vous soyez enracinés et fondés dans l'amour pour être capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ, et de connaître cet amour qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu. »

Après avoir demandé à Dieu que Christ habite dans le cœur des Éphésiens par la foi, Paul prie pour qu’ils soient assurés de leur confiance en l'amour. Premièrement, nous sommes « enracinés » en Christ. Paul utilise l'image d’une plante ou d'un arbre solidement ancré par des racines profondes, qui forment la force et le fondement de la vie. L'amour, en particulier entre chrétiens, est la marque distinctive de notre foi. Il est aussi destiné à maintenir le chrétien enraciné, à le maintenir uni à Christ et à le faire grandir vers la maturité. Les racines du croyant sont en Christ, et non en une autre source. Deuxièmement, le croyant est fondé, édifié en Christ. Cette image architecturale évoque un édifice construit par la puissance de Christ. L'idée est que l'édification du croyant repose sur l'amour. Ceci résulte de la force que lui apporte le Saint-Esprit. Dans sa lettre aux Colossiens, au chapitre 2, verset 7, Paul dit à ses lecteurs : « Tout comme vous avez accueilli le Seigneur Jésus-Christ, marchez en lui ; soyez enracinés et fondés en lui, affermis dans la foi telle qu’elle vous a été enseignée, et soyez-en riches en exprimant votre reconnaissance à Dieu. » C’est en marchant avec Christ, en suivant ses voies dans la reconnaissance que nous nous enracinons et nous édifions dans l’amour.

Le but de la présence de Christ au plus profond de notre être est en effet que nous soyons enracinés et fondés dans son amour et remplis de toute la plénitude de Dieu. Si les chrétiens laissent leur foi se raviver au fil du temps, ils seront alors « enracinés et fondés dans l’amour ». Aimer est une chose, mais avoir un amour mature en est une autre. Christ trouvera une place de choix dans nos cœurs lorsqu'il deviendra le maître de nos vies.

Notre vie chrétienne est guidée et enracinée par l'amour que nous trouvons en Christ. Notre vie spirituelle a besoin d'un fondement solide. Un amour tiède, qui s'envole au gré des difficultés, ne suffit pas. Il est essentiel que Christ devienne la figure dominante de notre vie. Lorsque nous le permettons, toutes nos attitudes et tous nos comportements sont centrés sur notre Seigneur. Nous accueillons sa présence par la foi. En progressant dans cette voie, nous devenons enracinés et fondés, c'est-à-dire que nous mûrissons en Christ. Avez-vous perdu l'envie de communier avec Dieu ou de le servir ? Alors, deux choses vous sont nécessaires : accueillir l'Esprit de Dieu pour vous fortifier intérieurement, et laisser Christ habiter en vous.

Pourquoi Paul prie-t-il pour que les croyants soient enracinés et fondés dans l’amour ? Il nous le dit aux versets 18 et 19 de notre chapitre : « pour être capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ, et de connaître cet amour qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu. » Comme nous l’avons dit, Paul souhaite que ses lecteurs progressent dans la compréhension de l'amour de Dieu, ce qui requiert la force spirituelle que Dieu leur donne. Cela s'applique à chaque personne individuellement, aussi bien à l'Église d'Éphèse qu'« avec tous les saints ». Paul utilise l'expression « tous les saints » à onze reprises dans ses écrits du Nouveau Testament, se référant toujours à des groupes entiers de croyants. Ce terme n'est pas employé dans la Bible pour désigner une catégorie de personnes privilégiées, prétendument plus spirituelles que les autres. L’auteur de la lettre aux Hébreux, au chapitre 13, verset 24, utilise une salutation similaire à « tous les saints ». Et l’apôtre Jean, dans le livre de l’Apocalypse, au chapitre 8, verset 3 parle des « prières de tous les saints » au ciel. Chaque chrétien, c’est-à-dire, chaque « saint », est appelé à comprendre la nature de l’amour de Dieu pour nous. Cet amour est accessible à tous, sans exception.

La prière ici est pour l'immensité de la compréhension. Le mot « capable » en grec est plus fort qu’en français ; il faudrait sans doute dire « pour être vraiment capable ». Lorsque les chrétiens sont solidement enracinés et fondés dans l’amour, lorsque leur foi est inébranlable, ils sont alors en mesure de comprendre ce que représente l’amour de Christ pour le monde.

Paul exprime ensuite avec poésie l'immensité de l'amour de Dieu, qui embrasse toutes les dimensions physiques possibles. Il emploie une formulation similaire dans sa lettre aux Romains, au chapitre 8, versets 38 et 39 : « J'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » L'Ancien Testament utilise fréquemment les notions de « hauteur » et de « profondeur » pour exprimer des mesures. Paul emploie ces termes figuratifs pour parler de l'amour immense de Dieu, comme Jésus-Christ l’a manifesté parmi nous. Son amour a des dimensions et il peut être mesuré. Charles Spurgeon disait fort bien : « Hélas, pour beaucoup de religieux, l’amour de Jésus n’est pas du tout une chose solide et substantielle – c’est une belle fiction, une croyance sentimentale, une théorie formelle, mais pour Paul, c’était un fait réel, substantiel et mesurable ; il l’avait envisagé de différentes manières, et il était manifestement réel pour lui, quoi qu’il en soit pour les autres. » Paul a écrit sur une chose que nous pouvons savoir. Il ne s'agit pas de spéculations, de conjectures, d'émotions ou de sentiments, mais bien d'une vérité avérée, de la vérité. Ceux qui pensent que la religion est simplement une question de croyance et non de connaissance, sont en contradiction flagrante avec tous les enseignements des Écritures.

L’expression que Paul utilise nous révèle l’étendue de l’amour de Dieu pour nous. La « largeur » désigne la plénitude de cet amour, manifestée dans le mystère de l’Église. La « longueur » représente la durée de cet amour à travers les âges. La « profondeur » illustre la portée de cet amour. La « hauteur » indique que son amour s’étend jusqu’au ciel. La compréhension de l’amour de Dieu trouve son origine dans l’application constante de sa Parole dans notre vie au quotidien. La Parole de Dieu est essentielle pour comprendre la nature de Dieu, et en particulier son amour. Pouvons-nous vraiment saisir l’immensité de l’amour de Dieu ? En fait, pour comprendre les dimensions de cet amour, nous devons nous tourner vers la croix. La croix pointait dans quatre directions, en somme dans toutes les directions, car l’amour de Dieu est assez vaste pour englober chaque personne ; l’amour de Dieu est assez long pour durer toute l’éternité ; l’amour de Dieu est assez profond pour atteindre le pire des pécheurs ; l’amour de Dieu est assez élevé pour nous conduire au ciel !

Paul souhaite que ses lecteurs fassent l'expérience de l'amour de Christ d'une manière qui dépasse la simple connaissance. Cela ne signifie pas que le savoir soit sans importance. Au contraire, Paul veut que les Éphésiens comprennent que l'amour de Dieu est, en soi, au-delà de notre entendement. Nous ne le comprendrons jamais pleinement. Il suggère que le véritable amour, l'amour de Dieu, ne se limite pas à la simple connaissance ; il doit se manifester par des actes. Paul a qualifié l'amour de « plus grand des dons de Dieu » dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 13. La Bible parle souvent de l'amour de Dieu, affirmant que « Dieu est amour ». L’amour est sa nature même. Il ne peut qu’aimer. Son amour s’exprime dans sa relations parfaite avec les trois personnes qui le caractérise : le Père, le Fils et le Saint-Esprit s’aiment d’un amour tel que leur amour est leur nom propre. Le désir de Paul de voir ses lecteurs grandir dans l'amour de Dieu a un but précis, celui d’être remplis de Jésus autant que possible. Il sait que l'amour, en pensées et en actions, est la clé pour que cela se réalise dans la vie d'un croyant.

L’amour de Christ pour le croyant est au cœur de ce que le chrétien doit savoir de lui. En grec, « savoir » signifie connaître par l’expérience. C’est un terme d’application. La connaissance de l’amour de Christ surpasse toute autre connaissance. Rien d’autre ne la surpasse. Le mot « surpasse » vient de la combinaison de deux mots grecs : jeter et au-delà, évoquant l’idée de transcender. Il est impossible de faire pleinement l’expérience de l’amour de Christ ; il est trop grand, trop vaste, trop étendu. Nous pouvons en saisir une part, mais jamais la totalité.

« Être rempli » signifie être pleinement comblé. Ce fait d'être rempli de toute la plénitude de Dieu implique un engagement total. Dieu désire que nous lui ressemblions pleinement. Si nous nous laissons remplir de Dieu, nous ne pouvons pas, en même temps, être remplis de nous-mêmes. Paul souhaite que les Éphésiens soient rempli de Jésus autant que possible. Il sait que l'amour, en pensées et en actions, est la clé pour que cela se produise dans la vie d'un croyant. Notre but est bien d’être remplis de toute la plénitude de Dieu, même si nous n’y parvenons pas complètement. Et nous ne pouvons trouver la plénitude de Dieu qu'en Christ. C'est dans notre position « en Christ » que nous sommes complets. Comme Paul le dit dans sa lettre aux Colossiens, au chapitre 2, versets 9 et 10 : « C’est en lui qu’habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité. » Connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, nous conduit à la plénitude de Dieu. Puisque Dieu est infini, nous ne pouvons être remplis de sa plénitude infinie, nous qui sommes des êtres « finis ». La plénitude, ici, concerne la place prépondérante de Dieu dans nos vies. Cette plénitude nous est déjà acquise au moment du salut. Cependant, nous devons appliquer concrètement cette vérité à notre expérience au quotidien, comme Paul l’explique aux Éphésiens.

Cette compréhension aide les croyants à s’aimer les uns les autres : nous aimons parce que Dieu nous aime en premier. Dieu nous donne avant même d’attendre quoi que ce soit de nous. Il nous donne l’amour en abondance et attend de nous que nous aimions les autres. La connaissance de l’amour de Christ pour nous dépasse tout autre amour. Si nous comprenons pleinement son amour, il aura un impact divin sur nous.

L’amour humain aime recevoir ; l’amour biblique aime donner. L’amour humain se nourrit de romantisme, d’apparence, ou même d’engagement envers les autres, mais tout cela reste bien loin de l’amour de Christ. Son amour ne dépend pas de l'amour que les autres lui portent. L'amour humain est réciproque. L'amour de Dieu est un amour inconditionnel, qui ne tient pas compte des sentiments ou des actions des autres. Cet amour ne cesse d'aimer, même s'il est rejeté. Le monde ne peut pas comprendre l'amour de Christ ; il demeure une énigme pour lui. Les croyants sont donc appelés à faire l'expérience de l'amour de Dieu afin d'être comblés de sa plénitude. Cette plénitude est un don de Dieu à ceux qui vivent en communion avec lui.

Les versets 20 et 21 concluent la prière de Paul dans ce passage, qui a commencé au verset 14. Quelles que soient nos demandes qui puissent paraître audacieuses, Dieu peut faire tout ce que nous lui demandons et bien plus encore : « A celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l'Église et en Jésus-Christ, pour toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! »

Ce passage est un éloge, une louange ; on dit aussi une doxologie. Cette doxologie convient parfaitement à la conclusion du premier argument majeur de la lettre aux Éphésiens. Les trois premiers chapitres traitent de notre statut devant Dieu en Christ. Nous avons le même statut que Jésus devant Dieu. Il n'est donc pas surprenant de trouver ici un éloge si appuyé ! Le verset 20 contient deux descriptions de Dieu qui concernent les croyants : Dieu est capable d'accomplir des choses qui dépassent nos espérances, et Dieu est inépuisable dans ce qu'il pourvoit.

Nous louons Dieu plutôt que de célébrer nos propres réussites. Dieu peut accomplir ce que nous ne pouvons pas faire et nous faire aimer ce que nous n'aimerions pas autrement. Dieu est à l'œuvre. Il n'est ni passif ni indifférent à nos vies. Si les croyants laissent Christ demeurer en eux dans une communion profonde, alors Dieu agira « infiniment » au-delà de leurs espérances. Dieu est d'une générosité sans borne envers son peuple. Il peut faire bien plus que ce que nous « demandons » dans la prière ou même que ce à quoi nous pensons. Cela dépasse notre entendement. Bien sûr, cela ne signifie pas que nous pouvons ordonner à Dieu de nous donner ce que nous désirons, mais cela signifie qu'il peut exaucer nos prières au-delà de ce que nous pouvons formuler. C'est Dieu qui en a le pouvoir, et pas nous.

Il nous arrive à tous d'être incertains quant à nos prières et nos intercessions. Parfois, c'est une question de foi ou d'audace qui nous empêche de prier avec plus de ferveur.

Les chrétiens charnels et indifférents ignorent tout du pouvoir de Dieu en eux. Ils sont tellement englués dans des schémas contraires aux préceptes bibliques qu'ils ignorent même que Dieu peut les utiliser ou exaucer leurs prières, au-delà de la manière dont ils organisent leur vie. Tout cela les empêche de voir ce que Dieu peut accomplir par son Esprit dans leur vie. Il leur offre la force de vivre au-delà de ce que nous pourrions vivre autrement. Par l’Esprit Saint, nous avons en nous la force de dépasser les limites que nous nous imposons !

Le chapitre trois conclut la première partie de l'épître aux Éphésiens, qui traite de notre position véritable en Christ. Les chapitres quatre à six expliquent comment appliquer cette position auprès de Dieu à notre vie. Il est essentiel de savoir qui nous sommes avant d'agir.

Dieu mérite d'être glorifié pour ce qu'il a accompli pour nous en Christ et dans l'Église. Si Dieu agit, c'est à lui qu'appartient la gloire. Puisque l'action vient de lui, la gloire lui revient. En grec, le mot « gloire » est précédé de l'article défini « le ». La gloire est due au Père. C'est sa propre gloire. L'Église est un chef-d'œuvre de la grâce de Dieu. La grâce est ce que Dieu fait par-dessus nos propres actions. Le Père reçoit la gloire dans l'Église car il a accompli une œuvre merveilleuse en agissant ainsi pour elle. Grâce à Christ, l'Église universelle possède une position auprès de Dieu pour toujours. Nous avons souligné que notre statut est identique à celui de Jésus devant Dieu. Dieu est glorifié en cela car c'est Lui qui a agi concernant l'Église ; c'est son œuvre qui a rendu l'Église possible. Nous ne pouvons pas dissocier l'Église en Christ de la gloire suprême de Dieu. Puisque Jésus est le médiateur de la manière dont Dieu nous bénit, Jésus est le seul moyen de glorifier Dieu. Ainsi, chaque génération devrait glorifier Dieu. C’est ainsi que nos louanges à Dieu dureront pour l'éternité.

Nous louons Dieu, car il est la source de tout ce que nous sommes et de tout ce que nous faisons. La première partie de la lettre aux Éphésiens traite de notre identité : nous avons un privilège devant Dieu grâce à Christ. La seconde partie de l'Épître aux Éphésiens – les chapitres quatre à six – explique ce à quoi nous devrions nous consacrer en raison de notre identité. Ce que Dieu a fait pour nous est la raison pour laquelle nous faisons ce que nous faisons.

En terminant notre étude de ce chapitre, je vous invite donc à louer Dieu avec la multitude de ceux qui le glorifient dans leur cœur et dans leur vie : « Notre Père du ciel, toi seul es digne de recevoir notre louange et notre adoration. Tu veux nous remplir de toute ta plénitude par ton Esprit, et grâce à l’œuvre de Jésus-Christ. En retour, nous plaçons toute notre confiance en toi et te rendons gloire avec la multitude de ceux que croient en toi dans ton Église, ta famille, que nous aimons et voulons aimer de tout notre cœur. Pardonne nos disputes, nos jalousies, nos ressentiments envers les fidèles de nos communautés locales, envers ceux qui ne pensent pas ou n’agissent pas exactement comme nous le voudrions. Aide-nous à nous concentrer sur toi, sur ton amour inconditionnel pour nous, toi qui nous as toujours aimés quand nous te haïssions et qui nous aimes toujours quand nous te trahissons. Que ta gloire éclate parmi ceux qui t’appartiennent, et qu’ils te glorifient en retour en s’aimant les uns les autres. C’est au nom de Jésus que nous te le demandons, amen. »

Eh bien, rejoignez-nous la semaine prochaine. Nous étudierons ensemble le quatrième chapitre de la lettre aux Éphésiens.