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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Paul aux Éphésiens ! Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur les versets 2 à 6 du chapitre 2 ; c’est notre deuxième étude sur ce chapitre. Eh bien, écoutons pour commencer ce que Paul dit dans ce passage. Le deuxième verset est en fait la suite de la phrase qui a commencé au premier verset et se poursuit jusqu'au treizième verset : « …si du moins vous avez appris comment je fais part de la grâce de Dieu qui m'a été confiée pour vous. C'est par révélation qu’il m’a fait connaître ce mystère tel que je l’ai déjà décrit en quelques mots. En les lisant, vous pouvez vous rendre compte de la compréhension que j'ai du mystère de Christ. Il n'a pas été porté à la connaissance des hommes des générations passées comme il a maintenant été révélé par l'Esprit à ses saints apôtres et prophètes. Ce mystère, c'est que les non-Juifs sont cohéritiers des Juifs, qu’ils forment un corps avec eux et participent à la même promesse de Dieu en Jésus-Christ par l'Évangile. »
L’expression « si du moins » au verset 2 exprime l’idée de « assurément ». Le « si » n’implique pas le doute, mais présuppose un fait. Les Éphésiens avaient sans aucun doute entendu parler de la grâce dont Paul leur a fait part. Faire part au monde que la grâce de Dieu a été accordée aux non-Juifs, est la responsabilité que Dieu a confiée à Paul, qui a choisi de ne pas revenir sur sa conversion au christianisme ni sur son appel au ministère. Il présuppose plutôt que les chrétiens d'Éphèse connaissent déjà son témoignage. Il avait exercé son ministère auprès de cette assemblée pendant trois ans. Ils connaissaient bien son histoire.
En fait, après avoir été appelé par Christ sur le chemin de Damas, Dieu dit à Ananias en vision : « Va, car [Paul] est un instrument que j'ai choisi pour porter mon nom devant les nations, les rois et les Israélites. Car je lui montrerai tout ce qu'il doit souffrir pour mon nom ». Paul allait exercer son ministère auprès des païens – les non-Juifs – , des Juifs, des gens du peuple et des chefs politiques. Il allait aussi endurer de dures épreuves pour Christ. Assigné à résidence à Rome, il écrivait à ses amis d'Éphèse et toutes ces prédictions s'étaient déjà réalisées, et continuaient de se réaliser.
Depuis le jour de la Pentecôte jusqu’à aujourd'hui les croyants vivent dans une ère différente de celle des croyants de l'Ancien Testament. Nous vivons dans l'ère de la grâce, une ère entièrement différente de celle de la loi. Le salut par la foi était le même dans les deux ères, mais la manière dont Dieu agit envers les croyants est différente. Dieu agissait envers les croyants de l'Ancien Testament selon les lois d'une entité nationale ; il agit envers les croyants du Nouveau Testament selon le principe de la grâce. Dieu a révélé à Paul son projet de salut auprès des non-Juifs. Dieu a toujours voulu dispenser sa grâce aux peuples du monde entier. Le ministère de Paul s’adressait aux non-Juifs devenus chrétiens. Il devait administrer ce projet de Dieu en tant que principal porte-parole. Paul n'a pas créé son apostolat, c’est Dieu qui l'a établi à cette fonction. Dieu a donné à Paul, en tant qu'apôtre des non-Juifs, la révélation particulière de l'ère de l'Église. Il avait l'autorité d'annoncer la doctrine de l'Église et d'être son représentant dans son ministère parmi les non-Juifs, dont les Éphésiens faisaient partie. Dieu fait grâce à ceux qui ne le méritent pas, qu’ils soient juifs ou non-juifs. Chaque croyant de l'Église est ainsi placé sous l'autorité de la grâce.
De même que Paul, chaque chrétien est un intendant représentant de Dieu sur terre. Tout ce que nous possédons appartient à Dieu, et nous ne sommes que des dépositaires de cette intendance. C’est ce que l’apôtre Pierre nous dit dans sa première lettre, au chapitre 4, verset 10 : « Comme de bons intendants des diverses grâces de Dieu, mettez chacun au service des autres le don que vous avez reçu. » Dieu nous appelle au service des autres, et non pour notre propre intérêt.
Auparavant, les Éphésiens avaient appris comment Dieu avait révélé à Paul l'existence de l'Église. L'idée de l'Église était si révolutionnaire que Dieu a dû la lui faire connaître par révélation. Dieu a révélé directement à Paul l'idée de l'Église de manière unique ; il ne l'a appris d'aucun moyen humain et ne l’a pas découverte par ses propres recherches. Cette idée était inconnue dans l'Ancien Testament. Un « mystère » est une vérité jusqu'alors inconnue et n'a rien à voir avec le côté effrayant ou mystérieux. La doctrine de l'Église était inconnue jusqu'à ce que Dieu rende la grâce accessible à Paul par révélation. Paul a brièvement abordé la nouvelle conception de l'Église au chapitre 2 de sa lettre aux Éphésiens, comme nous l’avons vu la semaine dernière.
Le concept d'Église est une idée du Nouveau Testament. Il n'y avait pas d'Église durant la période de l'Ancien Testament. Dieu s'adressait à un peuple différent, sous une autre autorité. Israël était une entité nationale dotée de lois nationales. Dieu a révélé à Paul la doctrine de l'Église. C'était une vérité inconnue de l'Ancien Testament. L'Église représentait une autorité entièrement nouvelle, en tant que corps de Christ.
Au verset 4 de notre chapitre, Paul souligne que la lecture de sa lettre permet de mieux comprendre le mystère de Christ. L'épître aux Éphésiens semble avoir été écrite pour plusieurs communautés. De ce fait, ses paroles avaient une portée plus large, car elles concernaient un grand nombre de lecteurs. Se rendre compte de la compréhension que Paul avait de la révélation de la grâce, c’est-à-dire percevoir sa connaissance du salut des Juifs et des non-Juifs, signifie que les lecteurs comprenaient sa connaissance de l'unité désormais possible entre Juifs et non-Juifs en Christ.
Le mot biblique traduit par « mystère » ou « secret » ne désigne pas l’inconnaissable, mais une vérité encore inconnue. C’est une vérité connue seulement de ceux à qui elle est révélée. Le « mystère de Christ » était inconnu avant la Pentecôte. Paul emploie le mot « mystère » à quatre reprises dans notre chapitre. Le mystère de Christ est qu’il est le chef d’une nouvelle société de personnes appelée l’Église. C’est précisément ce que Paul explique dans sa lettre aux Colossiens, au chapitre 1, versets 24 à 27, que je vous invite à écouter : « Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous et je supplée dans ma vie à ce qui manque aux peines infligées à Christ pour son corps, c’est-à-dire l'Église. C'est d'elle que je suis devenu le serviteur, conformément à la charge que Dieu m'a confiée pour vous : annoncer pleinement la parole de Dieu, le mystère caché de tout temps et à toutes les générations, mais révélé maintenant à ses saints. En effet, Dieu a voulu leur faire connaître la glorieuse richesse de ce mystère parmi les non-Juifs, c’est-à-dire Christ en vous, l'espérance de la gloire. » Il est indispensable de connaître la vérité avant de pouvoir l'appliquer. Aujourd'hui, une grande partie de l'Église fonctionne sans discernement spirituel. Le discernement requiert la connaissance. La connaissance biblique nous aide à identifier les idées fausses et les mensonges. On ne peut vivre pleinement la vie chrétienne sans comprendre les principes qui la sous-tendent.
Paul n'a pas hésité à affirmer que le mystère qu'il allait révéler lui avait été donné par révélation. Mais cette révélation ne lui avait pas été faite à lui seul. Elle avait également été donnée spécifiquement à l’apôtre Pierre, comme nous le lisons dans le livre des Actes, au chapitre 11, et elle est conforme aux prophéties de l'Ancien Testament, comme celle d’Ésaïe, au chapitre 49, et aux paroles mêmes de Jésus dans le livre des Actes, au chapitre 1, verset 8. Dieu s’est servi de Paul pour annoncer précisément comment Juifs et non-Juifs seraient unis en un seul corps, le corps de Christ. Cette union avait été suggérée par d'autres, mais n'a été explicitée que par la révélation faite à Paul, qui avait confiance que ses lecteurs comprendraient ce que Dieu lui avait révélé.
Le verset cinq de notre chapitre expose la signification du « mystère » présenté précédemment dans ce chapitre. Ce verset développe davantage l'idée du mystère du Nouveau Testament. Personne ne comprenait le concept d'Église dans les « générations passées », c'est-à-dire jusqu’au jour de la venue du Saint-Esprit. L'ère de la loi est différente de l'ère de la grâce. Les gens de l'Ancien Testament ignoraient que les non-Juifs seraient intégrés au plan de Dieu par la fondation de l'Église. Aucune révélation de l'Église n'avait été faite avant Paul. Le mot « maintenant » indique que Dieu a révélé l'ère de l'Église aux apôtres du Nouveau Testament. Paul a écrit sa lettre aux Éphésiens plus de trente ans après la Pentecôte, qui a marqué le début de l'Église. La révélation divine à Paul ne portait pas sur l'existence de l'Église, mais sur le développement de sa doctrine. Le Saint-Esprit est l'agent de la révélation. Il a donné aux apôtres et aux prophètes la vérité de la doctrine de l'ère de l'Église, comme l’affirme l’apôtre Pierre dans sa deuxième lettre, au chapitre 1, versets 20 et 21 : « Sachez avant tout qu'aucune prophétie de l'Écriture n’est une affaire d’interprétation personnelle, car ce n'est jamais par une volonté d'homme qu'une prophétie a été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » L'Esprit a révélé à Paul cette doctrine. La nature de l'union des Juifs et des non-Juifs au sein de cette nouvelle Église était un aspect qui n’avait pas encore été révélé. Dans l'Ancien Testament, le salut des non-Juifs par le Messie est prophétisé, mais la réunion des Juifs et des non-Juifs dans l'Église n'est jamais évoquée. La théocratie de la nation d'Israël a pris fin le jour de la Pentecôte.
L'idée du mystère de l'Église a été révélée aux « apôtres et prophètes » du Nouveau Testament. Au premier siècle, les apôtres et les prophètes étaient les instruments de Dieu pour communiquer l'idée de l'Église aux hommes. Ces responsables étaient « saints » en ce sens que Dieu les avait consacrés pour un service particulier. Les apôtres et les prophètes étaient « saints » parce que Dieu les avait choisis spécifiquement pour fonder l'Église. Paul a proclamé la doctrine du mystère, le secret révélé, mais tous les apôtres et prophètes connaissaient la dispensation de la grâce auprès des Juifs comme des non-Juifs.
Au verset 6, Paul définit le « mystère » : « Ce mystère, c'est que les non-Juifs sont cohéritiers des Juifs, qu’ils forment un corps avec eux et participent à la même promesse de Dieu en Jésus-Christ par l'Évangile. » L’idée centrale est que Juifs et non-Juifs sont cohéritiers dans la nouvelle économie, ou dispensation de la grâce. Trois expressions décrivent cette nouvelle entité : Juifs et non-Juifs sont cohéritiers dans l’Église ; ils sont membres d’un même corps, et ils participent à la promesse en Christ. Trois expressions, trois privilèges !
Ce verset répète trois fois le mot « ensemble » en grec : « héritiers ensemble », « membres d'un même corps » et « participants ensemble à la promesse en Jésus-Christ ». Juifs et non-Juifs appartiennent conjointement au même corps.
Premier privilège, Juifs et non-Juifs sont « cohéritiers ». Cela signifie qu'en tant qu'« héritiers », nous recevons certains biens. Les non-Juifs sont, en effet, cohéritiers des Juifs. Ici, le terme « héritier » désigne tout ce que l'on reçoit par le salut. Tous les croyants possèdent conjointement un héritage avec Christ. Les non-Juifs devaient être cohéritiers des Juifs au sein de l'Église. C'était une idée révolutionnaire. Les non-Juifs d'Éphèse n'étaient plus considérés comme des « étrangers et des résidents temporaires », mais ils recevaient désormais un héritage avec Dieu. Les non-Juifs sont « cohéritiers » car ils sont cohéritiers avec Christ et les Juifs par la régénération. Cela se réalise par leur intégration au corps appelé l'Église.
Deuxième privilège, Juifs et non-Juifs sont « membres du même corps ». Les non-Juifs ne sont plus des étrangers, mais bénéficient des mêmes avantages que les Juifs dans la nouvelle ère du salut. Ils jouissent de privilèges complets devant Dieu. Juifs et non-Juifs ont la même position devant Dieu en Christ. Les non-Juifs sont membres à part entière du corps de Christ. Ils ne sont en aucun cas des citoyens de seconde classe dans l'Église. Le « mystère » est donc l'union complète des Juifs et des non-Juifs au sein du « même corps », c'est-à-dire leur statut éternel « en Christ ». Juifs et non-Juifs sont membres du même corps unitaire et collectif appelé l'Église, qui, en tant que corps unique, n'a qu'un seul chef.
Troisième privilège, la « promesse en Christ » est partagée par Juifs et non-Juifs. Cette promesse est unique. Les croyants participent à l'unique promesse d'être « en Christ ». « En Christ » désigne notre statut auprès de Dieu ; c'est notre relation éternelle avec lui. Le mystère réside dans l'existence d'un nouveau corps, l'Église, où Juifs et non-Juifs partagent le même statut en Christ.
La « promesse » dont parle Paul ici est celle du don du Saint-Esprit à chaque croyant et à l'Église. L'Évangile a rendu possible l'union des croyants, Juifs et non-Juifs, dans un même corps.
Les trois privilèges mentionnés dans ce verset sont propres à l'Église. Aucun d’entre eux n’existait en Israël jusqu’à la Pentecôte. Israël et l'Église sont distincts. Dans l'Ancien Testament, Israël bénéficiait d'un privilège particulier devant Dieu. Israël était une nation ; l'Église, elle, est un organisme, et non une organisation. Dieu n'a fondé l'Église qu'à la Pentecôte, comme le souligne le chapitre 2 du livre des Actes. Il l'a instituée par le baptême du Saint-Esprit. L’apôtre Paul le dit si bien dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 12, verset 13 : « Le corps forme un tout mais a pourtant plusieurs organes, et tous les organes du corps, malgré leur grand nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en va de même pour Christ. En effet, que nous soyons juifs ou grecs, esclaves ou libres, nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps et nous avons tous bu à un seul Esprit. » Voilà ce qui rend l'Église unique !
Approchons nous donc de Dieu dans la reconnaissance pour ces privilèges uniques : « Notre Père, nous t’adorons ! Tu es un Dieu si grand et si parfait. Ton projet pour le monde que tu as créé dans l’amour et avec amour nous dépasse. Nous ne savons pas pourquoi tu as décidé de garder tes desseins cachés jusqu’à la venue du Saint-Esprit après l’ascension auprès de toi de notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ. Nous ne savons pas pourquoi tu as choisi ton peuple Israël pour préparer la venue du Messie. Mais nous acceptons humblement tes décisions, et le moment que tu as choisi pour les mettre en œuvre. Nous sommes heureux de savoir que tu nous as choisis de toute éternité, et te remercions de nous avoir appelés et comblés de ta grâce pour que nous t’appartenions pour l’éternité. Merci parce que tu nous a unis à ton Église sans faire de distinction de race ou de peuple. Merci d’avoir eu compassion de nous, merci pour ta bonté infinie, merci pour ton pardon sans limite. Nous confessons humblement nos manquements, nos erreurs, nos fautes et nos égarements. Reprends-nous Seigneur, pour que nous revenions toujours à toi lorsque nous chutons. Merci pour ta patience envers chacun de nous. Sois loué, notre Père, et accepte notre prière au nom de Jésus, amen. »