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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Paul aux Éphésiens. Nous en sommes au troisième jour de notre étude du troisième chapitre et allons examiner ensemble les versets 7 à 13. Paul nous a déjà enseigné dans ce chapitre comment se considérer comme un serviteur de Christ. L’apôtre Paul se considérait comme un prisonnier de Christ.
Cela ne signifie pas que nous nous voyons comme des prisonniers privés de liberté, mais plutôt que, quelles que soient nos circonstances, nous sommes conscients de la présence de Christ en nous. C'est ainsi que les serviteurs se perçoivent. Le serviteur de Christ se considère aussi comme un intendant, un gestionnaire de la grâce de Dieu. Et nous allons découvrir aujourd’hui qu’un serviteur de Christ est un serviteur de la Bonne Nouvelle. Commençons par lire les versets 7 à 11 : « J’en suis devenu le serviteur conformément au don de la grâce de Dieu, qui m'a été accordé en raison de l'efficacité de sa puissance. Moi qui suis le plus petit de tous les saints, j’ai reçu la grâce d’annoncer parmi les non-Juifs les richesses infinies de Christ et de mettre en lumière pour tous les hommes comment se réalise le mystère caché de toute éternité en Dieu, qui a tout créé par Jésus-Christ. Ainsi, les dominations et les autorités dans les lieux célestes connaissent maintenant par le moyen de l'Église la sagesse infiniment variée de Dieu, conformément au plan éternel qu'il a accompli en Jésus-Christ notre Seigneur. »
Après avoir exposé le mystère aux versets deux à six, Paul dit qu’il s'est consacré à la diffusion de cette révélation aux non-Juifs. Le verset sept fait la transition avec les six premiers versets ; il aborde la communication du mystère qui commence au verset huit. Paul ne s'est pas autoproclamé serviteur ; Dieu l'a fait serviteur de l'Évangile. L'idée de l'Église ne provient pas de l'ingéniosité de Paul, mais de la volonté de Dieu. C'est l'œuvre de Dieu. Ce verset n'emploie pas le mot grec désignant un pasteur, mais plutôt un mot dont dérive le mot « diacre ». Il signifie littéralement « serviteur des autres ». Paul conçoit son travail comme un service, et non comme une quête de statut. Il sert selon le don de la grâce que Dieu lui a accordé. Son ministère repose sur les talents que Dieu lui a donnés. Un véritable leader chrétien est celui qui reconnaît que sa responsabilité et sa fonction sont un don de Dieu et qui utilise ce don pour servir les autres.
L'expression « l’efficacité de sa puissance », ou « l’action de sa puissance » exprime l'idée du ministère comme un don spirituel. Dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 9, versets 1 et 2, Paul se compte parmi les apôtres : « Ne suis-je pas libre ? Ne suis-je pas apôtre ? N'ai-je pas vu Jésus-Christ notre Seigneur ? N'êtes-vous pas mon œuvre dans le Seigneur ? Si pour d'autres je ne suis pas apôtre, je le suis au moins pour vous, car vous êtes l’empreinte qui authentifie mon service en tant qu’apôtre dans le Seigneur. » Ces messagers existaient pour équiper les saints. Paul n'était pas différent des croyants auxquels il écrivait, si ce n'est qu'il avait reçu un appel spirituel à diriger comme apôtre auprès des non-Juifs. Cet appel avait également été confirmé par les apôtres Jacques, Pierre et Jean, comme nous le lisons dans la lettre de Paul aux Galates, au chapitre 2, verset 9, et les trois autres étant appelés à servir comme apôtres auprès des Juifs.
Nous sommes tous engagés dans le ministère, dans le service, par la grâce de Dieu, et non en raison de qui nous sommes ou de ce que nous sommes. Dieu ne nous utilise pas à son service parce que nous sommes meilleurs que les autres. Ce n'est pas non plus en raison de notre rôle, de notre personnalité ou de notre statut social. Dieu nous appelle à servir. Tout autre système de service est une usurpation de sa volonté. Tout ministère que nous exerçons doit être envisagé comme un service. Ceux qui perdent ce sens du service perdent en efficacité dans leur ministère. La dépendance envers le Seigneur est au cœur du ministère.
Paul était stupéfait que, parmi tous les croyants, Dieu l’ait choisi comme apôtre des non-Juifs. Il se considérait alors tout en bas de l’échelle des saints, même en tant qu’apôtre. Son affirmation n’était pas de l’autodérision, mais révélait la conscience de son indignité à représenter Dieu sur terre. Non seulement Paul était inférieur aux apôtres, mais il était même inférieur au saint le plus humble. Il ne se sentait pas légitime à la fonction d'apôtre. Il se qualifiait lui-même de « moindre de tous les saints », notamment en raison de sa vie avant sa conversion. Il avait alors persécuté l'Église de Christ sous le nom de Saul de Tarse. Malgré son passé, Paul affirmait avoir été spécifiquement appelé par Dieu. Il n'avait pas sollicité cet appel, mais l'avait reçu par grâce, de même que le salut est reçu par la grâce au moyen de la foi. Sa vocation était d'annoncer l'Évangile de Christ aux non-Juifs. Bien qu'il se soit considéré dans une situation si modeste, Paul reconnaissait que la grâce de Dieu qui lui permettait d'exercer son ministère transcendait son passé. Son but n'était pas de se minimiser, mais de magnifier la grâce de Dieu. Paul n'avait aucun mérite pour être appelé au ministère.
L’apôtre qualifie une partie de son message de richesses infinies, insondables, de Christ. Il emploie une formulation similaire dans sa lettre aux Romains, au chapitre 11, verset 33, pour décrire les jugements insondables de Dieu : « Quelle profondeur ont la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies impénétrables ! » En bref, les voies de Dieu sont impénétrables. Ses richesses dépassent l'entendement humain. Nul ne peut pleinement sonder les trésors de Christ pour le croyant. C'est un immense privilège de transmettre un tel message au monde. Charles Spurgeon disait : « J’ose vous affirmer que la grâce de mon Maître est insondable ; il se plaît à pardonner et à oublier les péchés les plus graves, et plus grand est le péché, plus grande est la gloire de sa grâce. Si vous êtes criblés de dettes, il est assez riche pour vous en libérer. Si vous êtes aux portes de l’enfer, il peut vous arracher aux griffes de la destruction. »
Les propos de Paul soulignent une fois de plus que son ministère vient de Dieu et non de son propre chef. Il n'aurait ni pu ni voulu choisir sa voie. Pourtant, Dieu avait un dessein en l’appelant, un projet qui a changé d'innombrables vies. L’apôtre a lui-même confié à son ami Timothée, dans sa première lettre, au chapitre 1, versets 15 et 16 : « Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver des pécheurs. Je suis moi-même le premier d’entre eux, mais il m’a été fait grâce afin que Jésus-Christ montre en moi le premier toute sa patience et que je serve ainsi d'exemple à ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle. »
Ainsi, tout ministère que nous pouvons exercer est un don de la grâce de Dieu. Nul d'entre nous ne mérite de servir le Seigneur. Si nous le faisons, c'est par la grâce pure de Dieu. Nous sommes tous si indignes qu'il est étonnant que Dieu nous utilise. Dieu ne nous doit rien lorsqu'il s'agit de nous utiliser. Ceux qui comprennent clairement comment Dieu les perçoit sont utiles à Dieu. Comprendre la justice absolue de Dieu et notre indignité engendre l'humilité. Il existe une fausse humilité ou une modestie feinte, où l'on s'enorgueillit de son humilité. Nous devrions éprouver un sentiment d'indignité devant Dieu. Cette attitude ne diminue en rien notre utilité à ses yeux ; au contraire, elle est essentielle à la manière dont il nous utilise.
Ayant reçu de telles richesses, Paul avait à cœur de faire connaître cet Évangile à tous. Il désirait que chacun puisse voir et communiquer ce mystère – un mystère précisément parce qu’il était inconnu et inconnaissable jusqu’à ce que Dieu le révèle. Juifs et non-Juifs peuvent communier au sein de l'Église, tel est le mystère caché dans l'Ancien Testament. Depuis toujours, Dieu a gardé l'idée de l'Église secrète dans ses projets pour l’humanité. Il ne l'a révélée qu'à l'époque du Nouveau Testament. Comme nous l’avons dit, sous Israël, le mode de vie qu'il avait institué s'exerçait à travers une nation. Dans l'Église, ce mode de vie s'exerce selon le principe de la grâce, par l'intermédiaire du corps de Christ. Dieu le Père a créé l'univers par l'intermédiaire de Jésus-Christ. Il a le droit de révéler ce qu'il veut, quand il le veut. Aujourd'hui, les croyants vivent sous l'ère de la grâce, qui est le mystère de l'Église. Le plan de Dieu était de révéler que l'Église est au cœur de sa sagesse infinie au moment qu’il a lui-même choisi.
La révélation du mystère à l’époque des premiers chrétiens avait de grandes implications. Paul écrivait que la communauté des croyants chrétiens – l’Église – était le moyen de révéler la sagesse de Dieu à travers ce mystère. Fait intéressant, cette révélation spécifique est faite aux dominations et aux autorités dans les lieux célestes. La Bible du Semeur et la Bible en français courant parlent des « autorités et des puissances du monde céleste. » Qui sont ces dominations et ces autorités ? La mention des lieux célestes inclut le domaine spirituel. Ceux qui appartiennent au domaine spirituel ne peuvent être que Dieu (Père, Fils et Saint-Esprit), les saints anges, Satan et les démons. Puisque l’accent est mis sur la révélation, et que Dieu connaît déjà toutes choses, il semble que Paul parle des anges. Il sous-entend que la sagesse de Dieu est révélée, même aux anges du domaine spirituel, grâce à ce qui se produit au sein de l’Église. Au chapitre 6, verset 12 de la lettre aux Éphésiens, nous verrons que Paul suggère que cela inclut à la fois les anges fidèles et les anges déchus, qui servent Satan, lui-même un ange déchu. Cela signifie également que les êtres angéliques ne sont pas omniscients. Ils peuvent apprendre et progresser en sagesse. Certains mystères de Dieu demeurent cachés même à ceux qui se trouvent dans le monde spirituel. L’apôtre Pierre, dans sa première lettre, au chapitre 1, verset 12, nous dit que : « Les hommes qui vous ont prêché l'Évangile par le Saint-Esprit envoyé du ciel vous ont maintenant annoncé ce message, dans lequel les anges eux-mêmes désirent plonger leurs regards ! » Il est réconfortant aussi pour les chrétiens de savoir que Dieu, dans sa souveraineté, agit contre les puissances et les principautés du mal. La présence de l'Église signifie que ces autorités n'ont pas réussi à contrecarrer à temps le dessein de Dieu. Cela est particulièrement vrai dans le combat spirituel.
D’une certaine manière, l'Église est le théâtre où les anges contemplent l'œuvre de Dieu à travers la transformation de ses membres. Ils y perçoivent la sagesse divine.
L’expression « par le moyen de l’Église » au verset 10 indique que l'Église est l'intermédiaire de la sagesse de Dieu. Elle est l'instrument d'enseignement des anges. En observant l'œuvre de Dieu à travers l'Église et ses membres, les anges découvrent la « sagesse infinie de Dieu ». Chaque conversion témoigne au monde invisible de l'œuvre de Dieu. Le salut des âmes les émerveille. Ils constatent que la croissance en Christ manifeste la grandeur de Dieu. Êtres supérieurs, les anges contemplent avec émerveillement l'œuvre de Dieu à travers les êtres inférieurs. Les anges apprennent en observant l'œuvre de Dieu dans le croyant.
L'Église s'inscrit dans le plan de Dieu, par lequel il manifeste sa sagesse aussi bien aux anges rebelles qu'aux anges vertueux. Il agit ainsi malgré les faiblesses que l'Église peut présenter. L'Église est le lieu où les anges contemplent l'œuvre de Dieu dans le monde. Quelle responsabilité pour chaque croyant ! En ce qui concerne les apôtres, Paul va jusqu’à dire, dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 4, verset 9 : « Il me semble que Dieu a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été donnés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. »
Voilà pourquoi la sagesse de Dieu est si diverse et multiforme !
L’Église s’inscrit dans le plan éternel de Dieu. Ce dessein éternel de Dieu est de se glorifier sur la terre. L’un des moyens qu’il emploie est de se glorifier à travers l’Église. Le cœur du salut réside en Christ et son œuvre à travers son peuple. Jésus-Christ est fondamental dans ce plan. Dieu accomplit inexorablement ce plan pour la création, en vue d’un but ultime. Il vaincra Satan et tous ses émissaires. Parfois, nous pourrions croire que Satan est en train de gagner la bataille, mais Dieu a le contrôle de tout. Rien n’échappe à son attention.
Après avoir exposé le projet de Dieu pour l’Église, Paul démontre les implications de la certitude de ce projet. Les chrétiens possèdent désormais une audace et une confiance que les autorités hostiles ne peuvent intimider, comme nous le lisons au verset 12 de notre chapitre : « C'est en Christ, par la foi en lui, que nous avons la liberté de nous approcher de Dieu avec confiance. » Notre position en Christ nous confère les privilèges énumérés dans ce verset. La liberté dont il est question ici est la confiance d’entrer en la présence de Dieu grâce à l’œuvre de Christ.
Les chrétiens ont le droit d’accéder à la présence de Dieu. Nous avons la liberté de nous approcher du Père. Nous pouvons puiser du courage dans la certitude que Dieu prendra soin de nous, car nous avons accès à sa souveraineté. Nous avons accès à la présence de Dieu en plaçant notre foi en lui. Nous pouvons nous approcher de Dieu avec « confiance ». Ce terme exprime la certitude. La « confiance » est une persuasion. Nous avons été pleinement persuadés par le passé, et cette conviction est aujourd’hui inébranlable. Nous accédons à Dieu par la foi. La foi est le moyen par lequel nous acquérons la liberté, l’accès à Dieu et la confiance en lui. Les chrétiens ont la certitude que Dieu les acceptera et ne les rejettera jamais.
Le verset 13 de notre chapitre conclut la phrase commencée au verset 2. Paul exhorte à ne pas se décourager ; comme si Dieu n'était pas maître de la situation ! « Aussi, je vous demande de ne pas perdre courage à cause des souffrances que j'endure pour vous : elles sont votre gloire. »
Parce que nous avons la liberté de nous approcher de Dieu avec assurance, parce que nous savons que le projet de Dieu pour nous a été planifié de toute éternité et pour l’éternité, nous ne perdons pas courage devant lui. En disant « aussi », Paul fait le lien avec les versets 2 à 12 – n’oublions pas qu’il s’agit d’une seule longue phrase dans le grec original. Sur la base de ce que Paul venait d’affirmer, les Éphésiens ne devaient pas se décourager face aux épreuves qu’il traversait en prison à Rome. Car, même si notre être extérieur se détériore, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour. Paul a traversé une période d'épreuves et de détresses pour avoir propagé l'Évangile. Il a été emprisonné à Rome à cause de son œuvre missionnaire. Jésus l'avait averti qu'il rencontrerait des difficultés à cause de son ministère sur le chemin de Damas. Le ministère est semé d'embûches. Mais c’est là notre gloire ! Les bienfaits mentionnés au verset 12 - liberté, accès et confiance - sont la gloire des croyants dans l'Église. Leur gloire ici-bas est un prélude à leur gloire éternelle.
Voilà de quoi louer Dieu ! Faisons-le ensemble en terminant notre étude : « Seigneur notre Dieu et notre Père, nous faisons partie de ton dessein éternel et nous t’en remercions. Tu as de bons projets pour nous, et nous sommes remplis de reconnaissance pour tout ce que tu as fait et continues de faire dans nos vies. Tu as transformé la vie de Paul, lui qui te persécutait en persécutant ton Église et en voulant faire échouer ton plan de salut pour les Juifs comme pour les non-Juifs. Merci de nous accepter tels que nous sommes, de pardonner nos fautes, et de nous permettre de te servir fidèlement avec confiance. Nous savons que nous avons un libre accès auprès de toi. Pardonne-nous lorsque nous oublions de te servir. Permets que nous te glorifions non seulement auprès des autres croyants mais aussi des anges qui nous regardent et participent à ta gloire en te louant jour et nuit. Au nom de Jésus, amen. »