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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Paul aux Éphésiens. Nous en sommes au troisième jour de notre étude du quatrième chapitre et allons examiner ensemble les versets 13 à 16. Le verset 13 termine la phrase du verset précédent. Je vous propose d’écouter ce passage que nous aborderons verset par verset : « jusqu'à ce que nous parvenions tous à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à la maturité de l’adulte, à la mesure de la stature parfaite de Christ. Ainsi, nous ne serons plus de petits enfants, ballottés et emportés par tout vent de doctrine, par la ruse des hommes et leur habileté dans les manœuvres d’égarement. Mais en disant la vérité dans l'amour, nous grandirons à tout point de vue vers celui qui est la tête, Christ. C'est de lui que le corps tout entier, bien coordonné et solidement uni grâce aux articulations dont il est muni, tire sa croissance en fonction de l'activité qui convient à chacune de ses parties et s'édifie lui-même dans l'amour. »
Nous avons vu hier que les responsables d'Église doivent équiper les croyants pour le service, afin d'édifier la communauté des fidèles. Le verset 13 ajoute trois raisons supplémentaires. Premièrement, Paul souhaite que les croyants vivent en unité. Cette unité repose sur les fondements de notre foi. Elle n'implique aucun compromis avec les croyances essentielles, ni aucune absence de croyance. Deuxièmement, les croyants sont appelés à progresser dans la connaissance du Fils de Dieu. Le rôle des responsables d'Église est de préparer les chrétiens à servir autrui de manière concrète. Or, la connaissance est un élément crucial d'un service efficace. Troisièmement, Paul souhaite que chaque croyant grandisse en maturité. Il s'agit de croissance spirituelle, qui inclut le développement du fruit de l'Esprit, ainsi que notre amour pour Dieu et pour notre prochain. Le but ultime est d’être rempli de Christ, de posséder la plénitude de Christ dont Paul a déjà parlé dans sa lettre. L’apôtre a souvent écrit sur l’importance de la maturité pour les croyants. Par exemple, dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 14, verset 10, il nous dit : « Frères et sœurs, ne raisonnez pas comme des enfants. Au contraire, pour le mal, soyez des bébés, mais par rapport au raisonnement, soyez des adultes. » L’auteur de la lettre aux Hébreux, au chapitre 5, verset 14, ajoute que « celui qui en est au lait est inexpérimenté dans la parole de justice, car il est un petit enfant. Mais la nourriture solide est pour les adultes, pour ceux qui, en raison de leur expérience, ont le jugement exercé à discerner ce qui est bien et ce qui est mal. » Là encore, en affirmant clairement qu'il s'agit d'une unité de foi, Paul n'a pas ordonné une unité structurelle ou organisationnelle, mais une unité spirituelle autour d'une foi commune. L’« unité de foi » est un système doctrinal cohérent et un contenu objectif de nos croyances. Nos principes de vie découlent de notre compréhension des Écritures et de notre foi. L’application constante de ces principes à notre expérience nous conduira à la maturité spirituelle, à une construction édifiante.
L’« unité de foi » ne signifie pas une conformité doctrinale totale entre les chrétiens, car elle concerne l’unité autour de la personne de Christ. Il n’y aura jamais d’accord sur toutes les nuances de la théologie ici-bas. Les apôtres argumentaient entre eux, et Pierre avoue dans une de ses lettres que l’enseignement de Paul était parfois difficile à comprendre. En fait, la foi, dans ce contexte, se réfère aux doctrines fondamentales concernant Jésus-Christ. Il existe une vérité essentielle sur laquelle tous les chrétiens doivent s’accorder.
La croissance spirituelle commence par la compréhension des Écritures, puis par la perception de leurs principes, ensuite par leur assimilation, et enfin par leur application constante à la vie quotidienne. Dieu accélère notre croissance lorsqu'il met à l'épreuve notre compréhension et notre application des Écritures. D'autres épreuves de maturité surviendront après que nous aurons atteint la maturité spirituelle. À ce moment-là, le croyant parviendra à une compréhension encore plus profonde de la manière dont Dieu, par sa souveraine providence, agit dans les événements de sa vie.
Paul lui-même ne considérait pas avoir atteint le niveau où il n'avait plus besoin de progresser, comme il l’avoue dans sa lettre aux Philippiens, au chapitre 3, versets 12 à 14 : « Ce n'est pas que j'aie déjà remporté le prix ou que j'aie déjà atteint la perfection, mais je cours pour tâcher de m’en emparer, puisque de moi aussi, Jésus-Christ s’est emparé. Frères et sœurs, je n’estime pas m’en être moi-même déjà emparé, mais je fais une chose : oubliant ce qui est derrière et me portant vers ce qui est devant, je cours vers le but pour remporter le prix de l’appel céleste de Dieu en Jésus-Christ. » Même lorsque des croyants, individuellement ou collectivement, atteignent un certain stade d'édification spirituelle, ils n'ont pas encore atteint la maturité absolue. Celle-ci ne se manifeste que lorsqu'ils sont auprès du Seigneur.
Un des bienfaits de la maturité chez un croyant est de ne pas se laisser tromper par les faux enseignements. Ceux qui ne sont plus des enfants peuvent résister au mensonge et à la tromperie. L'image de Paul, celle d'être « ballotté par les vagues », fait écho à la lettre de l’apôtre Jacques, au chapitre 1, verset 6, qui nous exhorte à demander la sagesse « avec foi, sans douter, car celui qui doute ressemble aux vagues de la mer que le vent soulève et agite de tous côtés. » Les faux enseignements évoluent constamment. Les personnes immatures peuvent facilement être dupées et croire à la véracité de ces enseignements.
Cela peut se produire de deux manières. Premièrement, les croyants peuvent être trompés par la ruse humaine. Il s'agit du pouvoir de persuasion ; un beau parleur peut exercer une influence considérable sur autrui. Deuxièmement, une personne peut être trompée par la fourberie et les manœuvres trompeuses. Ce sont des plans maléfiques qui peuvent paraître louables, mais qui, en réalité, promeuvent le mensonge. À la fin de sa lettre, Paul ajoute que les croyants doivent prendre « toutes les armes de Dieu afin de pouvoir résister dans le jour mauvais et tenir ferme après avoir tout surmonté. » Nous y reviendrons.
Nous mesurons notre croissance en évaluant le chemin parcouru depuis l'enfance jusqu'à un développement plus avancé. Les Églises et les chrétiens immatures sont fragmentés car ils ne consultent la Parole que de temps à autre ou attendent le dimanche suivant avant de l'assimiler. Ils vivent dans une inertie spirituelle. Les personnes immatures ont souvent du mal à puiser dans la Parole de Dieu pour résoudre un problème particulier, car elles ignorent ou ne se souviennent pas de ce que Dieu dit à ce sujet. Ces croyants peuvent être chrétiens depuis longtemps, mais n'ont jamais progressé en Christ. Ils n'atteignent jamais le stade où leur âme est édifiée. Ils n'ont pas assimilé suffisamment de principes de la Parole pour structurer leur vie spirituelle. Ils n'ont pas non plus mis en pratique les doctrines et les principes appris. Paul accordait une grande importance à la haute estime de la vérité et à la gravité de l'erreur. On ne peut vivre la vie chrétienne sans une compréhension claire et une foi inébranlable en la vérité.
Si ces personnes ne peuvent pas intégrer la Parole, c'est parce qu'elles ne la connaissent pas. Si elle n'est pas assimilée, elles ne peuvent pas l'appliquer. Elles n'ont pas atteint la maturité spirituelle qui leur permettrait, quelle que soit leur situation, de savoir comment y faire face grâce à la Parole de Dieu. Par conséquent, ce sont des chrétiens instables, ballottés par toutes les idées déformées qui se présentent. Ils n'ont pas assez de vérité en eux pour reconnaître le mensonge, et ils sont incapables de contester ou de réfuter les points de vue humains qui pourraient les attaquer.
Un autre signe de maturité chez un chrétien est la capacité de dire la vérité avec amour. Il est intéressant de noter que la capacité de promouvoir le bien avec la bonne attitude s'oppose directement à l'immaturité et à l'illusion. Les croyants immatures peuvent tomber dans les pièges suivants : soit dire la vérité sans amour, soit montrer de l'amour sans la vérité. Le premier problème favorise le légalisme ; le second, la dépravation. Le commandement de Dieu est de croître en maturité, une progression qui inclut à la fois l'action et la connaissance.
Dire la vérité avec amour concerne aussi bien la manière dont les chrétiens communiquent avec les croyants qu'avec les non-croyants. Les chrétiens sont appelés à vivre en harmonie les uns avec les autres, comme une famille. Avec les non-croyants, il nous est dit d'être toujours prêts à « défendre l'espérance qui est en nous, devant tous ceux qui nous en demandent raison… avec douceur et respect, en gardant une bonne conscience », comme nous le recommande l’apôtre Pierre dans sa première lettre, au chapitre 3, verset 15. Il n'y a aucune raison pour qu'un chrétien soit mesquin pour être juste lorsqu'il partage sa foi avec autrui. Au contraire, nous devrions dire la vérité avec amour, laissant l'Esprit de Dieu agir avec audace en nous et à travers nous pour aider les autres à parvenir à la foi en Christ.
Paul a comparé l'Église à la tête et au corps. La notion de « tête » dans la littérature grecque diffère de notre conception du XXIe siècle. Il ne s'agit pas ici du chef d'une organisation ou d'un gouvernement. Le Nouveau Testament emploie le terme « tête » au sens de source. Dans ce contexte, Christ est la source de la croissance, le corps grandit en Christ, et chaque membre remplit sa fonction. Le corps répond à la tête et à sa providence.
Connaître et faire l'expérience de Christ est le but de la croissance spirituelle. Cette croissance nous rapproche de l'idéal de Christ. Nous nous conformons à notre tête car nous sommes intimement unis à lui. Dans ce passage, Paul utilise l'image de la tête et du corps humains pour illustrer la relation du chrétien avec le Seigneur. Le corps reçoit sa direction de la tête ; l'Église reçoit sa direction de Christ. En tant que tête, Christ est la source de toutes les fonctions du corps et de sa croissance. Christ est la source de croissance tant pour l'individu que pour l'Église. Un chrétien et une Église matures comprennent et s'approprient pleinement Christ comme leur but ultime. Il ne suffit pas de comprendre superficiellement qui il est et ce qu'il est. Tel est le but de Dieu pour chaque individu et pour l'Église. Plus nous le connaissons, plus nous l'apprécions et vivons à son image.
Après avoir décrit Jésus-Christ comme la tête, au verset 15, Paul aborde maintenant le reste du « corps » spirituel de l'Église. Voici ce qu’il dit au verset 16 de notre chapitre : « C'est de lui que le corps tout entier, bien coordonné et solidement uni grâce aux articulations dont il est muni, tire sa croissance en fonction de l'activité qui convient à chacune de ses parties et s'édifie lui-même dans l'amour. » Chaque membre doit œuvrer en harmonie, selon sa vocation et son but, pour que le corps fonctionne correctement. Cela signifie que lorsqu'une personne est faible, c'est tout le corps de Christ qui en souffre.
Un corps sain, fonctionnant en harmonie, « fait croître le corps ». Spirituellement parlant, lorsque les membres du corps de Christ travaillent ensemble dans l'unité, comme nous le devrions, l'Église « s'édifie dans l'amour ». Elle attire d'autres personnes à l'Évangile, et ces personnes rejoignent la famille de Dieu. Une Église reconnue pour proclamer la vérité avec amour sera considérée comme une Église saine, un corps sain. C’est ainsi que tous les membres du corps œuvrent ensemble pour accomplir la mission de l'Église.
Ceci est un message important pour les communautés chrétiennes d'aujourd'hui. La santé de l'Église, plus que sa taille, est ce qui détermine son succès. Rappelons-nous que c’est le christianisme vivant et authentique qui a été le facteur déterminant de la croissance numérique rapide et de l'expansion de l'Église primitive. Une Église bien organisée unit toutes les dynamiques du corps de Christ. Ses membres savent comment collaborer.
Nous formons un seul corps spirituel. Le Saint-Esprit nous a unis au moment de notre salut, lorsqu'il nous a baptisés dans le corps de Christ, comme Paul le rappelle dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 12, verset 13 : « En effet, que nous soyons juifs ou grecs, esclaves ou libres, nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps et nous avons tous bu à un seul Esprit. » C'est notre position éternelle devant Dieu. Cependant, l'Esprit désire que nous expérimentions également cette vérité dans nos relations avec les autres croyants, afin qu'il existe une communion fraternelle et une édification mutuelle.
Alors que nous terminons notre étude aujourd’hui, je vous invite à renouveler ensemble dans la prière notre engagement devant le Seigneur pour accomplir ce qui fait la grandeur d'une Église. Car une Église n'est rien d'autre que ses membres : « Seigneur, je protégerai l'unité de mon Église en agissant avec amour envers les autres membres, en refusant les commérages, en suivant l’enseignement des responsables ; je protégerai l'unité. Seigneur, je partagerai la responsabilité de mon Église. En priant pour sa croissance, en invitant les non-pratiquants à y assister, en accueillant chaleureusement les visiteurs, je partagerai la responsabilité d'aller à la rencontre des autres. Seigneur, je servirai dans le ministère de mon Église en découvrant mes dons et mes talents que les autres membres reconnaîtront, en étant équipé pour te servir, en développant un cœur de serviteur. Et Seigneur, je renouvelle aujourd'hui mon engagement envers toi à soutenir le témoignage de mon Église en assistant fidèlement aux réunions pour être avec les autres croyants, en ne négligeant pas nos rassemblements, en menant une vie de prière, et en étant généreux avec mon temps comme avec mon argent. Et je renouvelle mon engagement envers toi à te suivre en communion avec les autres croyants. Au nom de Jésus, amen. »
Rejoignez-nous demain ! Nous concentrerons notre attention sur les versets 17 à 24 du chapitre 4 de la lettre aux Éphésiens, et nous verrons ensemble comment Dieu opère des changements incroyables dans nos vies de croyants.