Éphésiens 4.25-32

Semaine 4 - jour 5

Épître aux Éphésiens

Éphésiens 4.25-32

23:51


Le progrès spirituel découle de l'application progressive de la vérité de Christ à notre expérience. Toute la vie chrétienne repose sur l'œuvre de Christ et sur notre foi en son sacrifice pour résoudre les problèmes de notre existence. Nous l'intégrons à notre vie quotidienne par l'expérience et la pratique.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Paul aux Éphésiens ! Aujourd'hui, nous poursuivons notre réflexion sur le chapitre 4. Nous en sommes au cinquième et dernier jour de notre survol de ce chapitre et nous étudierons ensemble les versets 25 à 32. La seconde partie du livre des Éphésiens se veut pratique : elle met en œuvre les idées que Paul a expliquées. Le progrès spirituel découle de l'application progressive de la vérité de Christ à notre expérience. Toute la vie chrétienne repose sur l'œuvre de Christ et sur notre foi en son sacrifice pour résoudre les problèmes de notre existence. Nous l'intégrons à notre vie quotidienne par l'expérience et la pratique. Les chrétiens se sont dépouillés de leur passé de non-chrétiens, et sont appelés à vivre comme des personnes transformées – on dit « régénérées ». C'est un mode de vie entièrement nouveau. Comment y parvenir ? Paul nous l’indique en énumérant dans la dernière partie de notre chapitre cinq exhortations spécifiques que je vous propose d’écouter : « C'est pourquoi, vous débarrassant du mensonge, dites chacun la vérité à votre prochain, car nous sommes membres les uns des autres. Si vous vous mettez en colère, ne péchez pas. Que le soleil ne se couche pas sur votre colère, et ne laissez aucune place au diable. Que celui qui volait cesse de voler; qu'il se donne plutôt la peine de travailler honnêtement de ses propres mains pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin. Qu'aucune parole malsaine ne sorte de votre bouche, mais seulement de bonnes paroles qui, en fonction des besoins, servent à l’édification et transmettent une grâce à ceux qui les entendent. N'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été marqués d’une empreinte pour le jour de la libération. Que toute amertume, toute fureur, toute colère, tout éclat de voix, toute calomnie et toute forme de méchanceté disparaissent du milieu de vous. Soyez bons et pleins de compassion les uns envers les autres ; pardonnez-vous réciproquement comme Dieu nous a pardonné en Christ. »

L'emploi du mot « c’est pourquoi » au début de notre passage signale que l'enseignement précédent conduit directement à la conclusion qui suit : « C'est pourquoi, vous débarrassant du mensonge, dites chacun la vérité à votre prochain, car nous sommes membres les uns des autres. » Dans les versets précédents, Paul a décrit le péché qui corrompt et trompe. Puisque les chrétiens sont appelés à vivre une vie radicalement différente de celle qu'ils menaient avant leur salut, Paul conclut que « l'homme nouveau » implique de se détourner du mensonge. Cela signifie ne pas se tromper soi-même, ni être malhonnête. La vérité, c'est ce qui est réel. Devenir chrétien, c'est accepter Jésus comme la vérité, le Saint-Esprit comme l'Esprit de vérité et la Parole de Dieu comme vérité. En tant que chrétiens, notre communication avec les autres doit être cohérente avec la réalité du christianisme. Dans nos relations avec autrui, nos paroles doivent donc être en accord avec la vérité.

En Jésus, le mensonge n'a pas sa place. Pratiquer le mensonge est associé aux incroyants qui seront punis. L’apôtre Jean le confirme dans le livre de l’Apocalypse, au chapitre 22, verset 15 : « Dehors les chiens, les sorciers, ceux qui vivent dans l’immoralité sexuelle, les meurtriers, les idolâtres et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge ! » Paul enseigne plutôt à ses lecteurs à dire la vérité avec amour, insistant sur la vérité. La mention du prochain peut faire allusion à l'enseignement biblique d'« aimer son prochain comme soi-même ». La raison invoquée par Paul pour ce commandement repose en partie sur les relations qui unissent les croyants. Le mot grec traduit par « membres » désigne généralement les parties du corps. Paul utilise souvent le corps humain comme image pour l’Église, le corps de Christ. En tant que croyants, nous devons bien nous traiter les uns les autres car nous appartenons les uns aux autres et formons, en définitive, un seul corps.

La liste des commandements pratiques, que Paul commence au verset 25, se poursuit avec le thème de la colère : « Si vous vous mettez en colère, ne péchez pas. Que le soleil ne se couche pas sur votre colère, et ne laissez aucune place au diable. » Paul énonce ici deux principes. Premièrement, il enseigne que la colère n'est pas nécessairement mauvaise. La colère en elle-même n'est pas un péché ; il y a des choses qui peuvent justifier la colère des chrétiens. La colère a toute sa place si elle est objective et non subjective. Tous les chrétiens se mettent en colère de temps à autre. La question n'est pas de savoir si nous nous mettons en colère, mais plutôt quelle est la nature de notre colère. La colère subjective, celle qui naît d'une blessure personnelle, est une colère pécheresse. La bonne colère, elle, s'inquiète du traitement injuste infligé à autrui, du fait que des personnes soient lésées injustement. Jésus était en colère parce que les chefs religieux exploitaient le peuple dans le Temple. Leur cupidité sans scrupule a suscité sa colère. La colère saine ne provient ni de l'égoïsme ni de motivations subjectives. La colère objective est une colère juste ; par conséquent, elle n'est pas un péché. La colère saine n'est pas vindicative, mais vise une justice désintéressée pour autrui. La colère malsaine, quant à elle, provient du ressentiment ou d'un intérêt personnel.

Cependant, deuxièmement, une colère justifiée mais incontrôlée conduit rapidement au mal. Être en colère n'excuse pas le péché. La maîtrise de soi est nécessaire pour canaliser sa colère d'une manière qui honore Dieu. Un moyen de maîtriser sa colère est donné par Paul dans son deuxième commandement : ne laissez pas votre colère s'envenimer. Il ne s'agit pas d'attendre le coucher du soleil, comme s'il existait un moment précis de la journée où toute contrariété devait être ignorée. L'important est plutôt de ne pas laisser le temps passer avant de gérer sa colère. Les croyants sont appelés à faire de la gestion de leur colère une priorité. Autrement, l'amertume ou le désir de vengeance peuvent s'amplifier, engendrant des pensées et des actes plus coupables. La colère peut être une émotion utile, mais elle doit être maîtrisée avec précaution et promptitude pour éviter de conduire au péché. Il ne s'agit pas de la subir, mais seulement de la gérer.

Paul vient d'exhorter les chrétiens à ne pas laisser la colère s'envenimer. Être en colère peut nous exposer au péché si nous ne la gérons pas spirituellement. D'où son avertissement ici « ne laissez aucune place au diable », qui découle de la colère en particulier et s'étend à l'idée plus générale de ne donner aucune brèche à Satan dans nos vies. Les versets suivants proposent des pistes concrètes pour appliquer cet enseignement. Le diable « ruse », c'est-à-dire qu'il cherche à tromper. Le croyant doit s'efforcer de ne pas laisser le diable prendre l'ascendant, de le tenir à l'écart de tous les aspects de sa vie. Le moindre espace laissé au diable est un espace de trop. En tant que croyants, nous sommes vulnérables au mensonge qui nous fait croire que nous pouvons progresser spirituellement dans un domaine à la fois, en négligeant les autres. Or, nous devons nous prémunir contre tout aspect de notre vie qui pourrait compromettre notre intégrité et notre témoignage pour Christ. « Le diable rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer », comme nous le dit l’apôtre Pierre dans sa première lettre, au chapitre 5, verset 8. Nous devons donc rester constamment vigilants.

Dans une grande ville comme Éphèse, le vol était probablement courant. Ceux qui ne pouvaient subvenir à leurs besoins par un métier vivaient peut-être presque exclusivement de vols. On sait aussi qu’il était courant que des bandits détroussent les voyageurs dans les montagnes près d'Éphèse. Certains de ces bandits ont pu se convertir au christianisme. Ces personnes risquaient de retomber dans leurs travers. Les paroles de Paul résonnaient particulièrement en eux lorsqu'il écrivait : « Que celui qui volait cesse de voler ; qu'il se donne plutôt la peine de travailler honnêtement de ses [propres] mains pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin. »

La première étape consiste à cesser de mal agir, même si cela implique un changement radical de vie. Paul propose ensuite deux changements positifs dans ce domaine. Premièrement, la solution pratique pour le voleur est assez simple : travailler et gagner sa vie, ne pas voler. Deuxièmement, Paul précise que le « vol » ne se limite pas à prendre des objets matériels. Le travail accompli doit être « honnête ». Les escrocs malhonnêtes sont tout autant des « voleurs » que ceux qui chapardent des fruits dans les paniers ouverts. L'ancien voleur ne doit plus mentir ni manipuler autrui, mais travailler personnellement pour subvenir à ses propres besoins. Comme toujours, Paul présente la conduite chrétienne sous l'angle de ce qu'elle nous permet de faire pour les autres. En l'occurrence, une vie honnête permet au croyant de partager ce qu'il possède avec ceux qui ne peuvent pas subvenir à leurs besoins. Le Seigneur se réjouit grandement lorsqu'une personne qui exploitait autrefois autrui apprend désormais à prendre soin des autres.

Paul passe d'une opposition entre le vol et le travail à une opposition entre les paroles pernicieuses et les paroles encourageantes. Dans les deux cas, son intention est d'expliquer que les chrétiens doivent s'efforcer consciemment de vivre différemment de ce qu'ils étaient avant leur conversion. De même que le vol est associé aux incroyants, les paroles pernicieuses sont associées à ceux qui ne connaissent pas Christ. C’est pourquoi il ajoute cette exhortation au verset 29 de notre chapitre : « Qu'aucune parole malsaine ne sorte de votre bouche, mais seulement de bonnes paroles qui, en fonction des besoins, servent à l’édification et transmettent une grâce à ceux qui les entendent. » Il est intéressant de noter que Paul indique clairement que nous avons le contrôle de nos paroles. Cela réfute l'excuse courante : « Je n'ai pas pu m'en empêcher.» Selon la Bible, nous sommes responsables des paroles que nous utilisons. Les chrétiens ont le contrôle de leurs paroles, qui exercent une influence considérable sur la façon dont le monde les perçoit. Paul propose deux principes de communication. Premièrement, nous devons parler de manière constructive et aborder des sujets importants. Deuxièmement, nous devons adapter notre discours aux situations qui se présentent à nous. Ce qui est parfaitement acceptable dans un contexte peut paraître impoli ou blessant dans un autre. L'objectif est de faire preuve de bienveillance envers ceux qui nous écoutent. Nous ne devons pas privilégier nos propres sentiments, mais avoir à cœur d'aider les autres par nos paroles.

Paul ajoute ici une remarque intéressante : « N'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu. » Le mot grec signifie « causer du chagrin » ou « rendre triste ». Cette remarque de Paul est fondamentale pour la compréhension chrétienne du péché. En bref, les croyants peuvent attrister le Saint-Esprit par leurs actions pécheresses.

Ceci relie plusieurs idées essentielles. Premièrement, cela signifie que les chrétiens sauvés sont toujours capables de pécher. Deuxièmement, cela signifie que Dieu se soucie réellement de la manière dont nous vivons après notre salut. Troisièmement, cela est lié à la sécurité éternelle ; Paul ne nous met pas en garde contre le risque d’être rejetés à cause du péché. Quatrièmement, cela fait partie des motivations des chrétiens à mener une vie pieuse. La sécurité éternelle n’est pas une autorisation de pécher, car les vrais croyants ne veulent pas attrister leur Sauveur ni l’Esprit qui les guide !

Dans le même esprit, Paul nous rappelle que le Saint-Esprit les a « marqués d’une empreinte pour le jour de la libération ». Paul a également développé cette idée d’être scellé par l’Esprit au premier chapitre de sa lettre, qui a lieu au moment du salut. Bien que nous puissions attrister le Saint-Esprit, nous ne pouvons le perdre. Le mot grec traduit par « marqué d’une empreinte » signifie ‘être fermé et marqué’. Un exemple classique est le sceau de cire apposé sur une lettre. Cela implique à la fois sécurité et identification. Nous sommes marqués par le Saint-Esprit en prévision du jour où nous rencontrerons Jésus-Christ. La Bible en français courant traduit le verset 30 ainsi : « N’attristez pas le Saint-Esprit que Dieu vous a accordé ; il est la garantie que le jour viendra où Dieu vous délivrera complètement du mal. »

Nous ne devons pas craindre de perdre le Saint-Esprit, mais nous devons craindre de l’attrister. Jésus est décrit comme « attristé » dans l’Écriture, mais c’est le seul endroit où il est mentionné que le Saint-Esprit peut être attristé. Dans le cas de Jésus, il était attristé par « l’endurcissement du cœur » des autres. De même, nous pouvons attrister ou décevoir le Saint-Esprit lorsque nous sommes obstinés et refusons de suivre la volonté de Dieu.

Paul énumère rapidement six péchés que les chrétiens doivent s'efforcer d'éviter au verset suivant : « Que toute amertume, toute fureur, toute colère, tout éclat de voix, toute calomnie et toute forme de méchanceté disparaissent du milieu de vous. » Chacun de ces péchés pourrait faire l’objet d’une seule étude !

Le premier péché est l'amertume, un défaut d'attitude qui peut engendrer des conflits avec autrui. L'amertume est étroitement liée à la jalousie et à l'insatisfaction.

Le deuxième défaut que Paul exhorte à rejeter est la fureur. Le terme grec employé ici évoque une ardeur intense et passionnée. On pourrait la décrire comme de la rage. La colère qui nous submerge et nous pousse à agir de manière incontrôlée ou inconsidérée n'est pas une colère juste, c'est de la fureur.

Troisièmement, Paul mentionne la colère. Il vient de préciser que toute colère n'est pas un péché. Pourtant, la colère est ici citée comme un péché à rejeter. Bien que la « colère juste » existe, ce type de sentiment est temporaire, lié à une situation précise et enraciné dans un sens de la justice. Paul fait ici référence à une colère plus matérielle, née des frustrations de la vie. Il s'agit de la colère « persistante » qui devient une habitude. Les irritations et les contrariétés sont inévitables, mais nous pouvons nous efforcer de limiter la colère que nous exprimons.

Quatrièmement, Paul appelle à rejeter « tout éclat de voix », utilisant un mot grec qui implique cri, agitation et vacarme. Les croyants ne doivent pas être connus pour être des personnes odieuses, tapageuses, perturbatrices ou importunes. Ce mot est également traduit par « querelle », Paul insistant sur le fait que les croyants doivent se départir de toute attitude conflictuelle.

Cinquièmement, Paul s'élève contre la calomnie, qui consiste à répandre des racontars, des ‘qu’en-dira-t-on’, des mensonges sur autrui. La calomnie ne se limite toutefois pas aux mensonges. Toute tentative de rabaisser autrui de manière inappropriée, avec l’intention de causer la discorde constitue une calomnie.

Sixièmement, Paul aborde la notion de méchanceté. Il utilise ici un mot grec qui implique une intention malveillante. Ce terme véhicule l'idée de nuire et de blesser délibérément. Il s'agit d'une attitude qui consiste à espérer activement voir les autres subir des conséquences, des préjudices ou des difficultés. La méchanceté est l'attitude qui conduit à la vengeance. Les croyants ne doivent pas être connus pour le mal, mais doivent vaincre le mal par le bien.

Le dernier verset de cette section contient trois brefs commandements : « Soyez bons et pleins de compassion les uns envers les autres ; pardonnez-vous réciproquement comme Dieu nous a pardonné en Christ. » Premièrement, Paul exhorte explicitement ses lecteurs à faire preuve de bonté. Il ne s'agit pas simplement d'une serviabilité générale, mais bien de compassion envers les autres croyants de l'assemblée. Deuxièmement, Paul utilise un mot grec qui signifie « tendre » ou « compatissant ». On l'interprète parfois aussi comme « courageux ». Ici, Paul l'emploie pour souligner l'idée de sympathie. Les croyants ne doivent pas être connus pour leur dureté, mais pour leur compassion. La parabole du Bon Samaritain dans l’évangile selon Luc, au chapitre 10, illustre la compassion que Christ nous demande de manifester envers les autres.

Troisièmement, Paul exhorte ses lecteurs à se pardonner les uns les autres. Cette instruction est accompagnée d'une explication, faisant référence au pardon que les croyants ont reçu de Jésus-Christ. Le pardon est une caractéristique essentielle de la foi chrétienne. La Bible nous rappelle souvent le pardon de Dieu envers nous et la nécessité absolue de pardonner aux autres. C’est ainsi que Jésus nous a enseigné comment prier, lorsqu’il nous dit, dans le « Notre Père » de demander à Dieu de « pardonner nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ».

À la fin de notre survol de ce chapitre si important sur la façon dont nous devons mener notre vie de chrétiens, revêtus de l’homme nouveau, je vous invite à implorer avec moi l’aide de notre Seigneur pour y parvenir : « Seigneur, notre Dieu et notre Père, nous te remercions pour l’enseignement pratique que Paul nous donne dans sa lettre aux Éphésiens comme dans toutes ses lettres. Merci de l’avoir inspiré, car ce qu’il nous enseigne, c’est ta Parole, la vérité. Délivre-nous de notre tendance à mentir. Toi qui as fait mourir le ‘vieil homme’, notre ancienne façon de vivre, aide-nous à changer d’attitude progressivement pour haïr le mensonge et Satan, le père du mensonge. Nous t’aimons et voulons vivre dans la vérité. Toi qui est la Vérité, continue de nous transformer pour que nous soyons de plus en plus intègres. Nous ne voulons pas attrister l’Esprit Saint que tu nous as donné, nous ne voulons pas renier ton Fils Jésus-Christ qui a tout fait pour que nous menions une vie toujours plus conforme à ta volonté. C’est donc en son nom que nous te prions, toi que nous adorons, amen. »