20:53
Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Paul aux Éphésiens ! Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur les versets 4 à 12 du chapitre 4 ; c’est notre deuxième étude sur ce chapitre.
Après avoir exhorté les croyants à l'unité dans le verset précédent, les versets quatre à six énoncent sept éléments qui la constituent. Paul les désigne chacun par le mot « un ». Cette unité s'articule autour de la Trinité. Le verset quatre met l'accent sur l'unité du Saint-Esprit, le verset cinq sur celle du Fils et le verset six sur celle du Père. L'insistance de Paul sur l'égalité divine des trois personnes du Dieu trinitaire est développé à plusieurs reprises dans cette lettre. Écoutons ces trois versets : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous. Il est au-dessus de tous, agit à travers tous et habite en nous tous. »
En reprenant l’idée d’« unité », ce passage souligne la proximité et l’harmonie que nous sommes appelés à manifester en tant que croyants. Premièrement, l’unité dont parle Paul au verset 3 implique une convergence de vues au sein d’un corps uni. Autrement dit, il n’existe pas d’Églises différentes, mais une seule et véritable Église universelle de Christ. Chaque croyant sauvé en Christ est membre de ce seul corps, même s’il se considère comme appartenant à une autre confession que la nôtre. Deuxièmement, le Saint-Esprit est l’unique force spirituelle qui unit tous les croyants en Christ. Troisièmement, tous les croyants sont appelés à la même espérance d’une éternité future avec Christ ; Paul a déjà abordé cet aspect au premier chapitre.
Passons en revue brièvement les sept « un » que Paul relève ici, en se souvenant que le chiffre sept est le chiffre de la perfection dans la Bible :
L’expression « un seul corps » désigne ici l’Église universelle. L’Église est un organisme spirituel. Tous les croyants appartiennent à ce corps spirituel parce qu’ils sont « en Christ ». Nous avons déjà souligné qu’il ne s’agit pas d’une organisation, mais d’un organisme, d’une vie partagée. Il existe une vie commune, quelles que soient les causes de discorde. C’est là l’unité fondamentale de l’Église.
« Un seul Esprit » désigne le Saint-Esprit qui habite en l’Église. Il est la force unificatrice du corps de Christ. Les croyants sont eux-mêmes des temples du Saint-Esprit. Ensemble, ils forment un seul temple dans le Seigneur. Le Père a donné l’Esprit comme gage de notre salut. Il est donc notre garantie de la vie éternelle.
La puissance de l’Église ne provient que du Saint-Esprit. Elle ne provient ni des organisations, ni du nombre, ni de l’influence politique. La puissance de l’Église repose sur le surnaturel, le Saint-Esprit. L’expression « de même que » indique que les croyants forment un seul corps et ont un seul Esprit, car ils ont une seule espérance en Christ. Notre espérance témoigne de notre unité corporelle. Notre vocation est le cadre de notre cheminement avec Dieu. Tous les chrétiens partagent une espérance commune née de leur salut. L’espérance est ce qui unit tous les chrétiens. Nous avons un avenir ensemble en Christ. L’unité découle de notre vocation. Les chrétiens ont un avenir commun en Christ. L'Église se doit d'être universelle. Il n'existe qu'un seul corps de croyants au sein de l'Église universelle. Cette Église universelle comprend tout croyant, où qu'il soit, qui a confiance dans le sang de Christ pour son salut. Il n'y a pas de dénominations dans cette Église. Juifs et non-Juifs sont égaux. L'Église doit fonctionner dans l'unité. Pécher contre l'unité de l'Église universelle, c'est pécher contre le Saint-Esprit qui habite en elle.
« Un seul Seigneur » désigne le Seigneur Jésus. En tant que notre « Seigneur », Jésus nous a rachetés par son sang et nous lui appartenons. La seigneurie implique l'autorité. Le Seigneur a des droits sur nos âmes. Il en est le propriétaire légitime car il les a rachetées.
« Une seule foi » désigne le contenu de la croyance aux principes des Écritures, le corps de notre foi. L'ensemble des vérités de la Parole de Dieu forme la totalité harmonieuse de la vérité divine, qui est « une seule foi ».
« Un seul baptême » identifie une personne comme disciple de Christ, quelqu'un qui reconnaît publiquement Jésus comme Seigneur. Paul parle ici du baptême d’eau, signe visible de l’œuvre commune de Dieu en chaque croyant et, par conséquent, fondement de l’unité. Il n’y a pas de baptêmes distincts pour les Juifs et les non-Juifs, mais bien un seul baptême. Du temps des apôtres et pendant les premiers siècles de l’histoire de l’Église, le baptême – toujours par immersion – était étroitement lié au salut, ayant souvent lieu le même jour que l'acceptation de Christ par les nouveaux convertis.
L'Église ne peut atteindre l'unité par la simple application d'une conformité extérieure. Elle est déjà unie dans les composantes de sa foi. Le principe d'unité est au cœur du christianisme : son unité dans la vérité et la doctrine. Cette vérité devrait s'appliquer à tous les sujets controversés – avec bienveillance toutefois, car les divergences d'opinions sont possibles. Cependant, concernant la divinité de Christ et le salut par la foi, l'unité est essentielle.
Paul a également souligné qu’il n’y a qu’un « seul Dieu et Père de tous. Il est au-dessus de tous, agit à travers tous et habite en [nous] tous. » Il utilise cette formulation pour englober tous les aspects sur lesquels Dieu exerce sa souveraineté. Il n'y a pas de dieu ni d'être supérieur à lui ! Tout véritable disciple de Christ adhère à cette croyance en un seul Dieu. Cette notion est si fondamentale et si cruciale pour la foi qu'on la retrouve dès les premiers mots de l'Écriture : « Au commencement, Dieu… » L'unicité de Dieu est une croyance fondamentale de l’Ancien comme du Nouveau Testament.
Les versets 7 à 11 présentent la répartition des dons au sein de l'Église ; ces dons témoignent de la diversité dans l'unité. Dieu donne à chaque croyant individuellement la capacité de le servir. Les dons spirituels contribuent à préserver l'unité de l'Église locale. Écoutons ce que dit Paul : « Cependant, à chacun de nous la grâce a été donnée à la mesure du don de Christ. C'est pourquoi il est dit : Il est monté sur les hauteurs, il a emmené des prisonniers et il a fait des dons aux hommes. Or, que signifie : Il est monté, sinon qu'il est aussi d’abord descendu dans les régions les plus basses de la terre ? Celui qui est descendu, c'est celui qui est monté au-dessus de tous les cieux afin de remplir tout l'univers. C'est lui qui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme bergers et enseignants. »
Paul revient sur le thème de la grâce, en se concentrant cette fois sur les dons spirituels. Bien que notre foi soit unie sous un seul Dieu, Dieu donne à chacun exactement ce dont il a besoin, selon sa situation et son milieu. Autrement dit, la grâce de Dieu est donnée personnellement. Il sait précisément ce dont nous avons besoin et comment y répondre. Cette grâce est accordée à différents degrés, selon la mesure du don de Christ, comme il l'entend. Les dons spirituels englobent diverses aptitudes, mais tous nos dons doivent œuvrer de concert au service du Dieu unique.
Nous avons vu qu’au chapitre 3, verset 8, Paul enseigne que la grâce lui a été donnée de prêcher aux non-Juifs. Appelé apôtre, il n'a pourtant pas reçu tous les dons de grâce que Dieu dispense, mais il ne s'inquiétait pas des dons qu'il ne possédait pas ; Paul se concentrait plutôt sur le fait de tirer le meilleur parti de ce que Dieu lui avait donné.
Ce que nous faisons pour Dieu, nous le faisons parce qu'il a pourvu à nos besoins en Christ. Chaque exhortation de l'Écriture repose sur la grâce de Dieu. Dieu donne sa grâce en raison de qui il est, et non en raison de qui nous sommes. Il se donne lui-même et nous fait des dons. Il nous donne aussi la grâce d'utiliser ces dons pour sa gloire.
L'individualité a son importance ; mais rappelons-nous que la solidarité et l'individualité ne sont pas incompatibles, loin de là ! L'Église a une fonction collective et une fonction individuelle. Chacun devrait se contenter de la place que Dieu lui assigne dans le corps de Christ. Nous n'envions pas ceux qui ont de plus grands dons et nous ne méprisons pas ceux qui en ont moins. Refuser sa place dans l'Église, c'est rejeter le dessein de Dieu pour elle. Si la main refuse de fonctionner comme une main, le corps perd beaucoup de sa fonction. Sachons que Dieu donne au moins un don spirituel à quiconque reçoit Christ. Ce don est permanent. Peu importe l'âge ou la richesse du chrétien. Ce don a un grand impact sur l'Église locale.
Nous recevons tous la grâce selon la mesure du don de Jésus. C’est sur ce fondement que Dieu distribue les dons spirituels par son Église : la grâce, don gratuit et immérité de Dieu. Nul ne mérite ni n’a gagné les dons spirituels.
Le verset huit est un résumé ou une paraphrase du Psaume 68, un Psaume qui exprime l'idée qu'un vainqueur militaire avait le droit d'offrir des présents à ceux qui avaient combattu à ses côtés. De même qu'un conquérant militaire distribue son butin à ses compagnons, Christ fait des dons à l'Église. La citation elle-même fait référence à deux actions accomplies en Jésus. Premièrement, l’ascension de Jésus. Après son ascension, le Saint-Esprit est descendu à la Pentecôte et a donné des dons spirituels au peuple de Dieu. Deuxièmement, Jésus « a donné des dons aux hommes ». L'enseignement de Paul ne porte pas sur le nombre ni même la nature des dons d'une personne. Il s'agit plutôt d'encourager les chrétiens à utiliser les dons que Dieu leur a accordés pour servir autrui.
Les versets 9 et 10 sont une parenthèse expliquant ce qui vient d'être dit au verset précédent. Christ a acquis le droit d'offrir des dons par sa mort, son ensevelissement, sa résurrection et son ascension. L'ascension présuppose une descente préalable de Christ sur terre. Ici, son ascension se fait de la terre au ciel. Cette ascension symbolise sa victoire sur le péché, Satan et la mort. Le sens de l'ascension de Christ ne peut être autre que sa première descente sur terre lors de son incarnation et de sa mort. Jésus est descendu dans le tombeau avant de monter au ciel. Sa mort a donné la victoire sur le péché. Le but évident de cette citation est de montrer comment le Psaume 68 s'applique à Christ. Le Psaume 68 fait référence à l’Éternel, et le passage des Éphésiens fait référence à Christ, démontrant ainsi que Jésus est l’Éternel, c'est-à-dire Dieu lui-même.
Le verset 10 relate la descente de Christ sur terre et son ascension au ciel. Jésus, descendu sur terre et mort sur la terre, est néanmoins celui qui est monté au ciel. Il est monté à la droite du Père, en tant que Roi divin, sur le trône de Dieu qui règne sur tout l'univers. Jésus est Dieu et ne pourrait être plus divin ou plus « complet » qu'il ne l'est déjà. Il a accompli toutes les alliances et les prophéties des Écritures. L'accomplissement de « toutes choses » fait référence à l'œuvre achevée de Jésus. Grâce à cette œuvre, Dieu peut pleinement accueillir ceux qui croient en Jésus et leur accorder le droit d'accéder à sa présence.
Le verset 11 mentionne certains des responsables spirituels que Jésus-Christ offre comme « dons » à l'Église. Premièrement, il est important de noter que ces responsables sont donnés par Dieu. Bien que Dieu encourage l'apprentissage et la formation, l'appel de Dieu est la priorité absolue pour chacun d'eux.
Deuxièmement, il existe une variété de responsables. Les apôtres voyageaient principalement pour annoncer l'Évangile et fonder de nouvelles assemblées. Les pasteurs et les enseignants se concentraient sur la direction d'une assemblée particulière ou, éventuellement, de groupes d'Églises de maison locales. La structure du texte grec original semble lier les fonctions de « berger » et d'« enseignant » en une seule et même fonction.
Troisièmement, il est important de noter que cette liste était destinée à un public précis. Paul écrivait aux chrétiens d'Éphèse au sujet des types de responsables qu'ils rencontraient. Il était lui-même apôtre. Nous vivons aujourd'hui après cette période initiale d'apôtres et de prophètes. Bien que certains puissent servir de manière similaire, ils diffèrent des apôtres et des prophètes du Nouveau Testament.
Les évangélistes sont, littéralement, ceux qui annoncent la Bonne Nouvelle. Ce terme n'est employé ailleurs qu'à propos de Philippe et de Timothée, à qui il fut commandé d'exercer la fonction d'évangéliste. Les pasteurs sont mentionnés ailleurs par Paul comme anciens ; ils dirigent des assemblées locales. Les enseignants sont ceux qui ont la capacité de communiquer efficacement la Parole de Dieu. Tous les pasteurs doivent avoir la capacité d'enseigner, mais certaines personnes peuvent avoir des dons d'enseignement sans pour autant être appelées à être pasteurs.
La mission principale de tout responsable chrétien est d'« équiper les saints pour le ministère ». C’est ce que le verset 12 de notre chapitre explique. Cela implique de former les croyants à servir Dieu ici-bas. Il est important de noter que cette formation ne se limite pas aux connaissances théoriques ; elle met fortement l'accent sur la pratique. Les responsables sont appelés à former les autres membres de l'Église au service des autres. De plus, le ministère est un véritable engagement. Il requiert de l'énergie et la priorité donnée aux besoins des autres. Il est difficile d'exercer un ministère à distance, car un engagement personnel est nécessaire pour avoir un impact maximal.
La raison pour laquelle les responsables d'Église doivent former chaque croyant au service d'autrui est « l'édification du corps de Christ ». Dans de nombreuses Églises modernes, on attend d'un seul pasteur qu'il assure la totalité ou la majeure partie du ministère auprès des membres de la congrégation. Dans ce cas, les autres n'utilisent pas leurs dons spirituels. Lorsque les fidèles ne servent pas, la croissance de la congrégation stagne. Au lieu de laisser cela se produire, les responsables d'Église sont appelés à se concentrer sur la formation des autres au service. Ainsi, chaque croyant grandit en maturité et fait des disciples.
Prions donc le Seigneur pour que ce soit le cas dans nos propres communautés chrétiennes : « Notre Dieu et notre Père, nous te sommes si reconnaissants d’avoir donné ton Fils unique pour qu’il vive parmi nous et nous montre comment te suivre, pour qu’il meure sur la croix afin de pardonner toutes nos fautes, pour qu’il ressuscite et triomphe du pouvoir de la mort afin de nous donner la vie éternelle, et pour qu’il monte au ciel pour régner avec toi afin de nous amener jusqu’à toi le jour où il viendra nous chercher. Merci parce qu’en attendant son retour, Jésus nous a donné des responsables d’Église qui ont reçu des dons particulier pour nous diriger. Que ton Esprit Saint les remplissent afin qu’ils soient capables de nous enseigner, de nous guider et d’être des exemples fidèles que nous serons heureux de suivre pour mieux te servir en servant les autres. Nous te le demandons au nom de Jésus, amen. »
Eh bien, rejoignez-nous demain. Nous allons étudier ensemble les versets 13 à 16 du chapitre quatre de l'Épître aux Éphésiens.