Éphésiens 5.1-6

Semaine 5 - jour 1

Épître aux Éphésiens

Éphésiens 5.1-6

19:08


Le chapitre 5 aborde deux thèmes importants : l’obéissance à Dieu dans nos vies et la relation juste entre époux. Cette première partie explique comment les croyants doivent imiter Dieu, en particulier l’amour de Christ.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Paul au Éphésiens en compagnie de Tom Holladay ! Nous en sommes à notre cinquième semaine et nous allons étudier ensemble le chapitre cinq. Aujourd'hui, nous allons concentrer notre attention sur les six premiers versets de ce chapitre. Si vous nous avez accompagnés tout au long de cette étude de la lettre de Paul aux Éphésiens, vous avez peut-être l'impression d'être submergés par un flot de vérités. Ce livre regorge en effet de vérités puissantes qui ne cessent de se révéler.

Avant d'aborder le chapitre 5 de cette lettre, je tiens à vous rappeler le contexte général. Les chapitres 1 à 3 traitent de notre richesse en Christ, de tout ce qu'il nous a donné. Quant aux chapitres 4 à 6, ils concernent notre marche avec Christ, ce que nous sommes appelés à faire grâce à notre foi en Jésus-Christ. Notre marche avec lui découle de la richesse que nous possédons en lui, de tout ce qu'il nous a donné. Et cette richesse en Christ devrait toujours se traduire par une marche nouvelle avec lui. Cette vision d'ensemble nous permettra de mieux apprécier la beauté de ce flot de vérités et de comprendre comment celles-ci s'articulent. Ici, Paul conclut sa réflexion au chapitre 4 sur la manière dont les chrétiens doivent se comporter les uns envers les autres. Au chapitre 5, l’apôtre poursuit ainsi ses précieux enseignements sur la manière dont les chrétiens doivent vivre leur foi. Plutôt que d'imiter le monde ou d'être dominés par les choses terrestres, les chrétiens sont appelés à être remplis du Saint-Esprit. Des défauts spécifiques tels que l'immoralité sexuelle, les propos grossiers et la perte de temps sont déconseillés. Au contraire, les croyants doivent se soumettre les uns aux autres par respect pour Christ, offrant ainsi un puissant témoignage au monde. Écoutons donc ensemble les versets un à six : « Soyez donc les imitateurs de Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés, et vivez dans l'amour en suivant l'exemple de Christ, qui nous a aimés et qui s'est donné lui-même pour nous comme une offrande et un sacrifice dont l’odeur est agréable à Dieu. Que l’immoralité sexuelle, l’impureté sous toutes ses formes ou la soif de posséder ne soient même pas mentionnées parmi vous, comme il convient à des saints. Qu’on n’entende pas de paroles grossières, de propos stupides ou équivoques – c’est inconvenant – mais plutôt des paroles de reconnaissance. Vous le savez bien en effet, aucun être immoral, impur ou toujours désireux de posséder plus – c’est-à-dire idolâtre – n'a d'héritage dans le royaume de Christ et de Dieu. Que personne ne vous trompe par des paroles sans fondement, car c'est pour cela que la colère de Dieu vient sur les hommes rebelles. »

Le chapitre 5 aborde deux thèmes importants : l’obéissance à Dieu dans nos vies et la relation juste entre époux. Cette première partie explique comment les croyants doivent imiter Dieu, en particulier l’amour de Christ, du verset 1 à 21. Nos objectifs pratiques se résument au mot « imitateurs ». Paul emploie ici un ton impératif : l’expression « soyez les imitateurs » est un commandement. Il exhorte ceux qui suivent Dieu à l’imiter, c’est-à-dire à s’efforcer de faire comme il le ferait.

Paul explique également l’état d’esprit qui doit motiver les chrétiens à l’obéissance. La raison pour laquelle nous devons imiter Dieu est que nous sommes ses enfants bien-aimés. Être fils de Dieu implique la nécessité de l'imiter. C'est là le cœur même de la vie chrétienne. Dieu aime ses enfants ; nous lui sommes « chers », comme le rappelle l’apôtre Jean dans sa première lettre, au chapitre 3, verset 1 « Voyez quel amour le Père nous a témoigné pour que nous soyons appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes ! » Les croyants en Christ jouissent d’une relation père-enfant avec Dieu. Un enfant cherche naturellement à imiter ce qu’il voit chez un père aimant. De même, les croyants en Jésus doivent imiter ce qu’ils apprennent de Dieu. Paul mentionne fréquemment les enfants dans cette lettre. Bien que la plupart de ces mentions ne soient que des illustrations, cela peut suggérer que l'église d'Éphèse comptait de nombreux jeunes et parents, un sujet que Paul aborde dans le dernier chapitre de sa lettre.

En plus d'imiter Dieu, les croyants sont appelés à agir constamment par amour, ce que nous dit le verset 2 de notre chapitre : « Vivez dans l'amour en suivant l'exemple de Christ, qui nous a aimés et qui s'est donné lui-même pour nous comme une offrande et un sacrifice dont l’odeur est agréable à Dieu. » L'expression traduite par « vivez dans l'amour » n'apparaît qu'ici dans l'Écriture. L'expression grecque signifie « persévérer dans l'amour désintéressé ». La Bible du Semeur la traduit par « que votre vie soit dirigée par l’amour ». Il s’agit d’une pratique constante et intentionnelle. Nous devons prendre garde à notre conduite. L'exemple à suivre pour vivre selon ce principe, c'est Christ !

La description de Jésus-Christ dans ce verset s'articule autour de quatre thèmes. Premièrement, l’amour de Christ pour l'humanité. Deuxièmement, le sacrifice de Christ, accompli pour nous. Troisièmement, ce sacrifice est décrit comme un « sacrifice d'agréable odeur », faisant référence à l'idée d'une offrande parfumée dans le tabernacle ou le temple. Quatrièmement, Jésus a donné sa vie pour nous, en sacrifice à Dieu, à la fois pour notre bien et en acte d'adoration envers le Père. La lettre aux Hébreux développe ce thème plus en détail, montrant que Jésus-Christ a offert un sacrifice unique et définitif. Par conséquent, les croyants en Jésus ne sont plus soumis aux sacrifices de la loi juive – la Torah –, mais sont unis à Christ.

Après avoir encouragé des manières positives d'imiter Dieu, Paul aborde au verset 3 la condamnation de trois domaines considérés comme pécheurs par les croyants : « Que l’immoralité sexuelle, l’impureté sous toutes ses formes ou la soif de posséder ne soient même pas mentionnées parmi vous, comme il convient à des saints ». Ces domaines sont regroupés comme s'ils formaient un tout. Si tel est le cas, l'accent est mis par Paul dans ce passage sur l'immoralité sexuelle.

Premièrement, Paul mentionne directement l'immoralité sexuelle. Ce terme général peut englober toute inconduite sexuelle, y compris les communications inappropriées et la pornographie. Toutefois, dans le contexte de ce passage, il désigne généralement les comportements sexuels physiques, tels que les relations sexuelles avant le mariage, l'adultère et les relations homosexuelles.

Deuxièmement, « l'impureté » fait référence à toute forme de vie impure ou souillée. Au chapitre 4, Paul a expliqué en détail comment les non-croyants sont pris au piège de divers péchés. Les chrétiens peuvent et doivent s'efforcer d'être libres de ces corruptions. Cela va au-delà de l'« immoralité sexuelle » au sens flagrant du terme, englobant ce que les non-chrétiens pourraient considérer comme des zones grises en matière de pureté sexuelle.

Troisièmement, Paul évoque la « soif de posséder », c’est-à-dire la « convoitise ». La convoitise, condamnée directement dans les Dix Commandements – « Tu ne convoiteras pas… » – désigne un désir ardent pour ce qui appartient à quelqu’un d’autre. Dans ce contexte, il s'agit le plus souvent de convoitise pour la femme d'un autre. Il y a aussi une connotation d'« avidité ». Cela élargit encore l'avertissement de Paul concernant le péché sexuel pour inclure les actes manifestes, les actes subtils, et désormais même les pensées et les attitudes. Paul affirme que de telles choses ne devraient pas exister parmi les croyants. En tant que chrétiens, nous sommes capables de pécher et d'échouer, mais nous ne devons jamais rester passifs face à cela. Lorsque nous sommes convaincus d'avoir péché, en tant que croyants, nous devons le confesser et chercher activement à changer de conduite.

La nécessité pour les croyants de se responsabiliser mutuellement ne signifie pas porter des jugements. Il s'agit de la santé de toute l'Église. Paul qualifie une Église pure de « digne des saints ». Il cherchait à éviter les problèmes rencontrés dans l’Église de Corinthe, où l'immoralité sexuelle était tolérée et causait des troubles à toute la congrégation. Trouver un juste équilibre entre communion fraternelle et pureté peut s'avérer difficile, mais c'est indispensable.

Le verset 3 condamne trois formes d'immoralité sexuelle, englobant tous les aspects de notre comportement et de notre attitude. Puis, au verset 4, Paul aborde trois types de paroles inappropriées : « Qu’on n’entende pas de paroles grossières, de propos stupides ou équivoques – c’est inconvenant – mais plutôt des paroles de reconnaissance. »

Premièrement, l’apôtre interdit les « paroles grossières ». Ce terme est mentionné immédiatement après une discussion sur l'immoralité sexuelle, il se réfère donc probablement aux plaisanteries grivoises à connotation sexuelle. Le terme grec signifie littéralement « obscénité ». De tels mots sont non seulement étroitement liés à des attitudes et des actes immoraux, mais ils sont aussi offensants et blessants.

Deuxièmement, Paul condamne les « propos stupides ». Paul semble parler de paroles idiotes, absurdes ou manifestement dénuées de sens. Cela recoupe probablement les notions d'« obscénités » et de « plaisanteries grossières » également mentionnées dans ce verset. De plus, les paroles stupides ou insensées peuvent inclure des propos vulgaires, des paroles prononcées par ignorance ou des paroles incontrôlées.

Troisièmement, Paul recommande d'éviter les propos équivoques. Il dénonce ici tout humour vulgaire, obscène, grossier ou ordurier. Dieu permet certes l'humour, et ce verset n'enjoint en aucun cas les croyants à être impassibles et austères. Cependant, les plaisanteries grossières, vulgaires ou méchantes sont à proscrire. Comme les autres types de paroles mentionnés, les plaisanteries grivoises sont étroitement liées aux péchés de l'esprit, tels que la débauche, et doivent être évitées. Au lieu d'être grossiers et vulgaires, Paul encourage une attitude de gratitude. C'est une bien meilleure alternative aux propos vulgaires !

Suite aux instructions données aux versets 3 et 4, Paul en conclut au verset 5 que ceux qui vivent ainsi ne sont pas de véritables croyants : « Vous le savez bien en effet, aucun être immoral, impur ou toujours désireux de posséder plus – c’est-à-dire idolâtre – n'a d'héritage dans le royaume de Christ et de Dieu. » Au chapitre 2, Paul a bien expliqué que

ceux qui persistent dans le péché sont sous l'influence de Satan, et non de Christ. Dans ce verset précis, Paul établit une distinction entre ceux qui vivent dans ce genre de péchés et ceux qui appartiennent au royaume de Dieu. C'est pourquoi certains pensent que Paul sous-entend que ceux qui tombent dans de tels péchés perdront leur salut. Bien que ce verset isolé dissocie le salut de ceux qui participent à ces péchés, d'autres passages confirment l'opinion de Paul selon laquelle rien ne peut séparer le croyant de Dieu. Dans sa lettre aux Romains, au chapitre 8, versets 37 à 39, il dit ceci : « Au contraire, dans tout cela nous sommes plus que vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. En effet, j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. »

Dans le contexte plus large de l'épître aux Éphésiens, l'intention de Paul est de distinguer la vie des croyants de celle des non-croyants. Les croyants sont appelés à vivre d'une manière radicalement différente. Au lieu de l'immoralité sexuelle et des propos vulgaires, ils doivent mener une vie pure et vivre dans la gratitude. Les incrédules sont marqués par leurs mauvaises actions et n'hériteront pas du royaume de Dieu. Cependant, les croyants reçoivent assurément le don de la vie éternelle. C'est pourquoi ils doivent vivre à l'image de Dieu, en se détournant des pratiques pécheresses qu'ils menaient avant de connaître Christ.

Les chrétiens sont capables de pécher, même s'ils sont sauvés. Heureusement, Christ est prêt à pardonner, et le salut que nous avons reçu est éternel. Ceux dont la vie est marquée par des péchés persistants, comme ceux mentionnés ici par Paul, ont cependant des raisons d'examiner attentivement leur vie spirituelle.

Au sujet des non-croyants, Paul met en garde les chrétiens contre les raisonnements du monde, et dit au verset 6 : « Que personne ne vous trompe par des paroles sans fondement, car c'est pour cela que la colère de Dieu vient sur les hommes rebelles. » Les non-croyants peuvent entraîner les croyants dans l'immoralité sexuelle ou des propos insensés, généralement en leur faisant croire qu'il n'y a pas de mal réel à cela. Les croyants ne sont pas à l'abri de la tentation sexuelle, mais ils sont capables de la reconnaître, d'y résister et de la remplacer par des actions conformes à la volonté de Dieu. Comme Paul dit ailleurs dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 10, verset 13 : « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine. Dieu est fidèle, et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous puissiez la supporter. »

Paul rappelle ensuite à ses lecteurs le sort réservé à ceux qui cherchent à les tromper : le jugement de Dieu. La « colère de Dieu » a été mentionnée par Jésus, et souvent par Paul, ainsi que par l'apôtre Jean. Ce jugement reflète la conviction de Paul que ceux qui n'imitent pas Dieu sont incrédules et subiront sa colère. Les croyants, en revanche, sont sauvés de la colère de Dieu par le sang de Christ. Il ne s'agit pas ici de péchés occasionnels, mais de ceux qui vivent, ou prennent l'habitude, de tels comportements.

Prions donc pour que Dieu préserve nos églises locales des faux enseignants et encourage ses fidèles à imiter Dieu dans leurs pensées et leur conduite morale : « Seigneur notre Dieu, toi qui nous délivre du mal sous toutes ses formes, nous venons à toi reconnaissants pour tout ce que tu as fait et continues de faire en nous. Tu veux nous modeler à ton image, pour que nous soyons purs et entièrement consacrés à toi. Permets donc que nous ne tombions pas dans les pièges de ceux qui pourraient nous encourager à mal nous conduire. Permets que nous ne succombions pas aux tentations. Tu vois combien le mal est banalisé, parfois même dans nos églises. Corrige-nous Seigneur, quand nous nous laissons aller à des pensées et des propos contraires à ce que ta Parole nous enseigne. Merci parce que tu es toujours fidèle ! Merci parce que c’est toi qui nous donnes les moyens de résister aux mauvais désirs. Nous voulons nous concentrer sur les œuvres bonnes que tu as préparées toi-même pour nous. Nous voulons les accomplir pour te plaire en nous détachant de nos plaisirs égoïstes. Purifie ton Église, Seigneur, et que ta Parole soit enseignée fidèlement pour que nous soyons édifiés en toi. C’est au nom de Jésus que nous te le demandons, amen. »

Eh bien, rejoignez-nous demain. Nous parlerons ensemble de la manière dont nous pouvons marcher dans la lumière, en étant être remplis de l'Esprit de Dieu.